The Darkside
Chapitre 6 : The Darkside, par delà le miroir
1402 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 03/05/2026 13:24
Ulysse rêvait. Il rêvait encore une fois de ce jour là. C était une fois de trop, plus qu il ne pouvait en supporter.
Il se promenait en compagnie d Ariane et de leur mère, se dirigeant vers le bois tout prêt de chez eux, où ils avaient l habitude de se rendre par beau temps. C était il y a tout juste 10 ans, à une époque durant laquelle, sans se douter de rien, la petite famille vivait sa vie. Les jumeaux se tenaient de part et d autre d Anna Thiel, chacun lui tenant la main. Ils s y accrochaient de toutes leurs forces comme si en la lâchant, les jumeaux risqueraient de perdre leur mère à tout jamais. Ulysse se souvint tristement des yeux bleus de sa mère, aussi profonds que l Océan, ainsi que de sa chevelure dorée, où se reflétaient à la perfection les rayons du soleil, qui retombait en cascade sur ses épaules. Mais le plus douloureux, c était le souvenir de son rire. Le rire d Anna Thiel était aussi doux que le ronronnement d un chat et aussi clair que la plus pure des sources cristallines. Savoir qu il ne l entendrait plus jamais avait mis Ulysse dans un tel état de détresse qu il avait eu l impression que sa vie ne se résumerait plus qu à ce manque insoutenable.
Cette journée aurait pu se passer comme la petite famille l avait prévue. Ils auraient cueilli des mûres à même les branches épineuses des arbustes et les auraient dégustées en se tâchant les doigts ou bien, ils auraient tenté de discuter avec les oiseaux qui peuplaient la forêt en imitant leurs trilles. Mais hélas, rien de tout cela ne se produisit. A cause de lui. La mère et les jumeaux s étaient installés à une table de pic-nique pour déjeuner lorsqu il s est approché. Ce jour là, il portait un long manteau noir ainsi que des bottes militaires. Sur sa tête, était posé un chapeau à larges bords également noir qui dissimulait la partie supérieure de son visage. Ulysse n avait pas eu le temps de pousser le moindre cri que sa mère gisait déjà à ses pieds, inerte. Le sang qui s écoulait de sa gorge tranchée léchait les chaussures du garçon. Ulysse se souvint être resté tétanisé, transi d effroi, et il savait pertinement que ce traumatisme ne l avait jamais vraiment quitté. Il se dissimulait au fond de lui, comme une ombre insaissiable qui tentait de le faire sombrer à la moindre occasion. Ulysse se rappelait avoir été tiré de son hébétude par un hurlement strident, déchirant l air.
- ARIANE ! Avait il crié, de sa voix enfantine.
Le jeune garçon avait regardé dans la direction d où provenaient les éclats de voix démesurés de sa jumelle, et ce qu il vit à cet instant l avait horrifié. Sa soeur, apprêtée dans une petite robe bleu sarcelle, se trouvait acculée contre un arbre par l homme de tout à l heure.
Celui qui a tué ma mère... avait soudain réalisé l enfant.
L inconnu menaçait Ariane avec un couteau dentelé. Une arme plutôt inhabituelle, surtout pour un assassin.
- AIDE MOI GRAND FRÈRE ! Avait elle gémit, deséspérée.
Ses yeux brillaient, remplis des larmes qu elle n osait laisser couler, à cause de la peur. Ulysse n avait alors pas hésité une seconde.
Ariane et lui s étaient promis de toujours se protéger l un l autre. Et aujourd hui, plus que n importe quel autre jour, sa jumelle avait besoin de lui. Lorsque l homme avait brandi son arme d un air menaçant, le garçon n avait pas hésité une seule seconde. Il s était précipité droit sur l inconnu pour protéger sa soeur, faisant barrière de son propre corps. Le meurtrier, surpris, avait raté le cou du garçon d une bonne demi-tête, laissant à la place une profonde estafilade partant de l oreille gauche d Ulysse et s arrêtant juste en dessous de son oeil droit. Le jeune homme savait qu il rêvait, et pourtant la douleur se dégageant de la plaie à vif semblait bien réelle. Le garçon avait l impression qu on appliquait un tison brûlant sur son visage. Ulysse alors en sursaut, luttant un instant pour reprendre son souffle. Après avoir cligné plusieurs fois des yeux et s être accoutumé à la lumière ambiante, le jeune homme remarqua qu il se trouvait dans un lit moelleux, garni de plumes.
- Comment te sens tu ? J ai bien cru que tu ne te rêveillerais jamais, entendit il soudain au dessus de lui.
Le garçon leva la tête et se retrouva nez à nez avec une fille aux yeux ambrés. De minuscules filaments enflammés jaillissaient de ses doigts, appliqués vers le coeur du jeune homme. Mais cela ça passait encore. En effet, le plus troublant, c était que la fille avait la peau bleutée, le même bleu clair qu un ciel d été sans nuage. Ulyss manqua de sauter au plafond, pensant dans un premier temps qu il hallucinait. Il se rendit cependant compte que tout cela s avérait réel, lorsque l inconnue le jaugea d un regard interrogateur. Ulysse voulut crier, hurler ou même se dégager vivement. Le garçon se retint, mais poussa à la place un petit cri étranglé.
- Bah qu est ce qu il y a ? T as jamais vu une Ombre ou quoi ? Lança la jeune femme, en passant sa main dans ses courts cheveux noirs.
Et bien non à vrai dire... Rétorqua l adolescent pour lui même.
Ignorant son hébétude, l inconnue sourit et le jeune homme put remarquer de petites dents pointues quu dépassaient d entre ses lèvres entrouvertes. Elle continua à le détailler, comme si Ulysse faisait parti d une nouvelle espèce qui venait d être découverte. Le jeune homme ressentit une pointe de gêne lorsque le regard de la jeune femme se posa sur son visage. Il songea à sa cicatrice, qui s avérait tout à fait visible. Mais heureusement, l inconnue avait l air de s en ficher.
- Une quoi ? Demanda le garçon, d un air bête.
Le jeune homme remarqua alors que sa jambe blessée ne le faisait plus du tout souffrir. Elle était en effet enroulée de bandages, complètement guérie. En évitant d éviter le regard ambré de l étrange jeune femme, Ulysse remarqua un arc posé juste à côté de son lit de fortune.
- C est toi... Le mystérieux archer qui m a sauvé dans la forêt ?! S exclama t il, incapable de refréner sa surprise.
Mais son interlocutrice balaya sa question d un geste de la main.
- Plus tard les questions, lança t elle.
Voyant qu Ulysse semblait un peu perdu, elle ajouta tout de même :
- Ne t en fais pas, le Conseil t expliquera tout... Enfin, si il décide te le laisser la vie sauve bien sûr, conclut l inconnue, pas le moins du monde inquiète du sort que pouvait subir le garçon.
- Qu est ce que vous avez tous avec la mise à mort par ici ? Ne put s empêcher de maugréer le jeune homme.
L archère partit d un rire franc, ignorant sa question une fois de plus.
- Je sens qu on va bien se marrer toi et moi, déclara t elle malicieuse.
Ouais... De fou, pensa Ulysse.
- Au fait, je m appelle Susanna, enchaîna la jeune femme en aidant l adolescent à s extirper de son lit.
Et je souhaite la bienvenu au Camp des Réfugiés, un endroit merveilleux où se réunissent tout les parias et criminels de l Empire dont la tête est mise à prix. N est ce pas le paradis ?
A vrai dire, je pense plutôt être en enfer là, songea le garçon, blasé.
- Mais où suis je encore tombé ? Gémit silencieusement Ulysse.