Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 164 : L’usine à rêves
Lorsque j’arrive sur le parking, je suis déjà perdue et je ne sais pas où je dois me garer. Il y a une multitude de places avec des numéros, sans doute attribuées aux gens qui travaillent ici, des places sans numéro et des places « visiteurs », mais qui se situent très proches de l’entrée, sans doute pour les gens riches ou hauts-placés qui viennent rendre visite à Hunter.
J’hésite une minute ou deux, mais je me décide finalement pour une place visiteur, puisque c’est ce que je suis et j’en serais malade de savoir que j’ai pris la dernière place libre à quelqu’un qui travaille ici, mais je n’arrive pas à me sentir à l’aise d’être si proche de l’entrée alors que je ne suis personne. J’ai décidemment de gros problèmes d’estime, mais je ne m’en occupe pas et je décide de gagner le hall en récupérant un peu d’assurance.
Tout est moins impressionnant puisque c’est la deuxième fois que je viens, mais dès que je pénètre dans la fourmilière, je panique tout de même un peu. Automatiquement, je porte ma main à mon poignet pour envoyer un petit signal à Hunter, qui me répond la seconde suivante. Ça me réconforte instantanément, car même si je ne le vois pas, je sais qu’il est là, qu’il pense à moi, qu’il vient de répondre à mon « appel à l’aide » et ça me donne suffisamment d’assurance pour avancer dans le hall chic.
Les harpies de l’accueil m’observent déjà de leurs yeux curieux, mais je décide de ne pas m’imposer de leur parler. Je sais déjà que je bafouillerais, que je serais mal à l’aise et je connais le chemin qui mène tout de même au bureau de mon petit-ami, alors je ne vois pas pourquoi je me poserais trente-six questions.
Lorsque j’appuie sur le bouton de l’ascenseur, je remarque les yeux qui se posent sur moi, les sourcils qui se froncent chez les hommes en costumes qui passent par là en se demandant ce qu’une jeune fille vient faire ici sans être accompagnée. Je ne suis donc pas étonné lorsque l’un d’eux approche en lançant un regard agacé aux harpies de l’accueil, comme si elles faisaient mal leur travail.
- Je peux vous aider Mademoiselle ? demande-t-il.
- Non merci, je viens voir Hunter, réponds-je avec toute ma petite assurance.
Il fronce les sourcils un peu plus fort, comme s’il ne voyait pas de qui je parle.
- Monsieur Grimmal, précise-je.
- Oh ! s’étonne-t-il en les relevant jusqu’en haut de son front cette fois. Si vous aviez rendez-vous, vous pouvez vous adresser à l’accueil, son assistante viendra vous chercher quand il sera disponible…
- Je n’ai pas rendez-vous, merci, réponds-je d’une voix ferme.
J’entre dans l’ascenseur qui vient de s’ouvrir sous ses yeux médusés, et je suis plus que fière de moi lorsque je croise les bras en me retournant pour le fixer sans ciller alors qu’il se demande sans doute s’il doit m’intercepter ou non. Il ne prend pas sa décision assez vite il faut croire, parce que les portes se referment et je monte au dernier étage sans me faire jeter du bâtiment. Je rappuie automatiquement sur le soleil à mon poignet après cette petite interaction angoissante et je ne suis pas surprise qu’il fasse vibrer mon bracelet deux fois de suite en se demandant sans doute ce qu’il m’arrive.
Dès que je suis au dernier, je file dans le couloir comme le vent jusqu’à apercevoir mon assistante préférée à son bureau.
- Bonjour Lia ! chantonne-je.
- Bonjour Hestia ! m’accueille-t-elle. Les vacances étaient agréables ?!
- Très…
Je fouille dans mon sac à main pour en sortir le petit cadeau que je lui avais pris chez Sélène et elle rougit de plaisir en me disant que je n’aurais pas dû.
- Ce n’est pas grand-chose… Mais j’ai pensé à vous quand je l’ai vu, j’avais remarqué que vous en faisiez collection, précise-je en désignant la petite étagère au fond de son open-space.
Elle est visiblement extrêmement touchée par l’attention et elle finit par relever des yeux hésitants sur moi :
- Et si on se tutoyait ? propose-t-elle.
- Avec plaisir ! rayonne-je.
Elle se lève dans la foulée pour me serrer dans ses bras et je ris en lui rendant son accolade.
- Merci Hestia, il est super, tu n’aurais pas dû… mais ça me touche beaucoup que tu aies pensé à moi…
- C’est normal voyons.
Nous discutons une minute de plus de nos vacances, j’apprends qu’elle prend les siennes au mois d’août mais la sonnerie de son téléphone nous interrompt.
- Tu venais le voir je suppose ? demande-t-elle avant de décrocher.
- Oui…
- Il est en réunion, va l’attendre dans son bureau, il devrait en avoir pour un petit quart d’heure, dit-elle gentiment.
J’hoche la tête silencieusement puisqu’elle a répondu, et je m’enfile dans le bureau d’Hunter sans me faire prier. Il est comme la dernière fois que je l’ai vu, à une exception près, un drôle de panier est posé sur son bureau. Je m’en approche avec curiosité et j’en sors son contenu, à savoir tout un tas de petites trousses absolument ravissantes. Ce sont visiblement des trousses de toilettes, avec des poches partout, des motifs tous aussi jolis les uns que les autres, avec des carrés de cotons de différentes tailles dans l’une d’elle. Je ne sais pas ce que ça fiche sur le bureau d’Hunter, mais je suis séduite et j’attrape la plus grosse trousse pour l’observer en me demandant si je ne pourrais pas lui piquer si c’est à lui… Elle est parfaite, d’une bonne taille, avec tous ses rangements bien pensés et ses jolis cotons démaquillants lavables qui feraient bien de remplacer mes disques jetables…
Je suis encore en pleine admiration lorsque Lia entre cinq minutes après avec deux cafés.
- Qu’est-ce que c’est ? demande-je immédiatement en levant la trousse que je tiens toujours.
- Pas de panique ! Monsieur Grimmal n’a pas d’amante ! rit-elle. Ce sont des cadeaux.
- Des cadeaux ? Quelqu’un imagine qu’Hunter a besoin de se démaquiller ou d’une trousse avec des motifs d’orange ou de citron ? m’amuse-je.
- Non, c’est une couturière passionnée indépendante qui a offert ce panier à Monsieur Grimmal avant-hier… elle imaginait qu’il pourrait financer la petite entreprise qu’elle veut monter pour vendre ses créations. Elle a décidé de créer des trousses de toilettes imaginées pour les femmes qui aiment l’organisation, avec plein de compartiments pour séparer les choses, de différentes tailles, avec des motifs qui les rendent plus jolies que les classiques blanches… Elle fait aussi des à-côté, comme ces cotons démaquillants, tout est en coton bio, lavable… enfin tu vois le genre.
- Je vois très bien, quelle jolie idée ! Et la trousse est géniale, je vais la piquer à Hunter ! Je vais tout lui piquer ! m’enthousiasme-je.
- Je ne pense pas qu’il en aura l’utilisation, en effet !
- Il a déjà accepté ? roucoule-je.
- Bien sûr que non… Ce n’est pas le genre de projet sur lequel on se penche ici… Je ne sais déjà pas bien comment cette femme a pu avoir un rendez-vous, elle a dû mentir…
- Quoi ? Mais pourquoi ? C’est un joli projet, d’une passionnée, éco-responsable, joli, bien fait… elle ne doit pas demander si cher que ça… ?
- Oh non, cinq mille euros il me semble, une broutille…
- Alors pourquoi ne pas lui donner… ?
- Euh… je ne sais pas, c’est presque une plaisanterie pour une entreprise comme la nôtre… Quel genre de profits Monsieur Grimmal pourrait-il bien se faire sur de la vente de trousse de toilettes fait main… ?
- Moi je crois à ce projet, ces trousses sont géniales, boude-je.
- Attention, je les trouve ravissantes Hestia ! Mais ce n’est simplement pas ce qui se fait ici… Les plus petits budgets sont de vingt-mille euros environ, et les projets sont… un peu plus ambitieux… S’il achetait cinq mille euros d’action dans cette entreprise, alors il mettrait sans doute plusieurs années à se faire rembourser cette somme ridicule, pour finalement toucher trois fois rien après ça… Ce n’est simplement pas ce qu’il fait… je ne sais pas quoi te dire…
- Alors quoi ? Cette femme est venue ici avec son projet, son rêve, elle lui en a parlé et elle n’aura jamais l’attention de qui que ce soit alors qu’elle ne demande que cinq mille euros pour se lancer… ?
- Dit comme ça, ça parait moche, mais c’est comme ça que ça marche…
Je suis véritablement outrée et je serre ma trousse contre mon cœur, dévastée de me dire que cette couturière doit croiser les doigts avec espoir alors qu’Hunter et les Winston n’ont sans doute même pas prévu de la prévenir qu’ils refuseront.
La porte s’ouvre à ce moment-là sur Hunter, qui s’arrête net sur le seuil en me découvrant :
- Mon cœur ?! s’exclame-t-il alors que son visage s’illumine.
- Tu ne vas pas accepter de collaborer avec la couturière ?! m’offusque-je.
Il fronce les sourcils, sans doute parce qu’il ne sait même pas de quoi je parle, mais ses yeux passent de la trousse que je tiens, au panier sur son bureau, et il doit percuter puisqu’il échange ensuite un regard interdit avec Lia, sans doute parce qu’ils pensent la même chose alors que je pense l’inverse exact.
- Je vais vous laisser…, dit-elle d’une petite voix avant de mettre les voiles.
Dès qu’elle referme la porte, Hunter est près de moi, et je lui montre ma trousse :
- Elle est géniale ! Je cherche une trousse dans ce genre depuis des années Hunter ! Elle est terriblement pratique, jolie, douce et élégante…
Il pose une fesse sur son bureau en croisant les bras, attentif, et je lui offre donc tout un exposé pour lui expliquer à quel point ces produits sont formidables et qu’ils rejoindront notre appartement dès aujourd’hui. Il ne m’interrompt pas, il m’écoute et bon sang, que je l’aime pour ça.
- Vraiment Hunter, je ne vois pas pourquoi tu ne t’intéresse pas à ce projet… Il coûte trois fois rien, tu réaliserais le rêve d’une femme passionnée et tu ravirais toutes les futures clientes qui cherchent ce genre d’objets depuis des années sans en trouver, moi la première. C’est exactement le genre de projet que je pensais que tu réalisais, et je viens de découvrir que tu ne te penches même pas dessus… que c’est une blague pour votre entreprise…
Il hoche la tête lentement pendant quelques secondes, pendant lesquelles j’observe le bureau luxueux autour de moi, que je pense aux hommes en costumes qui le parcourent sans cesse, à l’armée d’avocats qui travaille ici…
- Evidemment que tu ne t’intéresses pas à ce genre de choses…, souffle-je finalement. C’est ridicule pour vous… pour les Winston… pour toi…
- Tu crois à ce projet ? demande-t-il finalement.
- Oui mais…
Il contourne son bureau pour s’assoir sur son siège, avant de tirer un petit dossier de sous le panier de la couturière, qu’il me tend. Je m’assois donc dans la chaise face à lui et je l’ouvre pour observer le business plan qu’elle a dû faire avec amour et espoir. Je ne peux m’empêcher de sourire en voyant les couleurs et les graphiques… je ne peux voir que son esprit créatif, qui a dû se prendre la tête sur des chiffres barbants, mais qui a voulu rendre le tout joli… les chiffres sont effectivement ridicules après ceux que j’ai déjà vu pour les alimentaires ou les bûcherons et je mords ma lèvre, parce que je ne sais pas bien comment je pourrais vendre la chose à Hunter en voyant qu’il gagnerait si peu en investissant dans le projet.
Je relève le nez et il m’observe, le menton posé sur ses mains croisés, impassible, comme s’il attendait de voir ce que j’ai à en dire sans chercher à m’influencer.
- Je sais que ça parait ridicule et que tu gagnerais trois fois rien même si ça fonctionnait comme elle le veut…, admets-je. Mais, c’est un projet éco-responsable, ce que je sais que tu apprécies, c’est une passionnée, ce que tu cherches, et c’est son rêve, le principe même de ton usine à rêves. C’est tout le principe, tu gagnes des milles et des cent grâce à des abrutis comme les Alimentaires et tu fais du bien aux gens comme elle… tu leur permets de tenter leur chance, de vivre de leur passion… Je sais que tu as des petits-budgets de vingt à trente mille euros… tu pourrais peut-être créer des mini-budgets… de cinq à dix milles…
Je ne sais pas comment j’ose, mais j’ose lui donner des conseils dans son travail alors que je n’y connais rien.
- Tu validerais ce projet ? demande-t-il de sa voix impassible.
- Oui, réplique-je en rougissant.
- Très bien…
Il décroche le téléphone fixe de son bureau et appuie sur une touche.
- Nous n’avons qu’à dire que ça fera partie du budget Hestia…, répond-il tranquillement.
Mes yeux s’écarquillent doucement à mesure que je comprends ce qu’il est en train de me dire, et j’entends la voix de Lia dans le haut-parleur, qui demande à Hunter de quoi il a besoin.
- Lia, tu te souviens de la petite couturière qui est venue mercredi ? demande-t-il en me regardant droit dans les yeux.
- « Oui… ? »
- Contacte-là, dis-lui que j’accepte de collaborer avec elle, vois pour faire un contrat, contacte les services qu’il faut… Enfin, tu connais la chanson…
Je rougis approximativement cent fois plus, soufflée de voir comme il est simple pour lui de changer la vie de quelqu’un, comme il est désormais simple pour moi de changer la vie de quelqu’un… Je ne peux pas croire à ce qu’il est en train de se passer.
- « Euh… tout de suite Monsieur Grimmal ! »
Elle a l’air aussi choquée que moi mais aussi heureuse lorsqu’elle raccroche et je saute sur mes pieds pour contourner le bureau et me jeter sur les cuisses d’Hunter en enlaçant sa nuque, alors que son siège tourne sous mon arrivée de boulet de canon et que nous rions en nous embrassant.
- Merci pour elle, merci pour moi ! gazouille-je.
- Je vais encore me faire réprimander par mon équipe de vieux grincheux, plaisante-t-il à voix basse.
- Tu n’auras qu’à me mettre ça sur le dos ! glousse-je.
- Mais c’est ce que je ferai ! réplique-t-il.
Je fonds encore sur ses lèvres et nous nous embrassons amoureusement un moment avant que je ne reprenne le petit panier pour lui présenter une deuxième fois les produits en lui expliquant où je mettrai quoi et pourquoi c’est du génie.
*
Le meilleur cas de figure arrive au bout d’une petite heure.
Lia toque à la porte, puis passe sa tête :
- Monsieur Grimmal, réunion dans cinq minutes pour le budget du premier semestre, lui rappelle-t-elle.
- Merci Lia, je raccompagne Hestia.
Nous nous levons, et j’ai le bonheur de découvrir que la grande salle qui longe le grand open-space de Lia est la salle de réunion, où l’armée de Winston que je connais sont en train de rentrer. Les hommes tournent tous la tête vers moi comme s’ils voyaient un fantôme, quelques minutes à peine avant leur réunion sur les Alimentaire et les Bûcherons, c’est trop bon.
Ils me saluent, mais je ne peux pas manquer leurs têtes, leurs têtes atterrées, presque dégoûtées, leurs regards sombres voir noirs… Bon sang ! Ils sont encore plus mauvais envers moi que la première fois. Beaumont le premier d’ailleurs, qui m’assassine du regard tandis que je ne réponds même pas à son bonjour…
Aujourd’hui, tout ça me glisse sur la peau et je tiens fièrement le panier remplit des jolies trousses de ma couturière, alors qu’Hunter tient ma taille et que Lia me salue gentiment.
- Et bien, tes hommes sont d’une humeur charmante aujourd’hui, glousse-je une fois dans l’ascenseur.
- Oui… Je suis navré pour leur attitude mon chat…, s’excuse-t-il avec des yeux soucieux.
- J’ai l’habitude, ne t’en fais pas… Et puis je m’en moque, je ne suis pas une habituée de ce lieu… il ne me reverront pas de si tôt… Honnêtement, j’ai enfilé la robe d’Ophélia simplement pour leur fiche la trouille, admets-je.
- Quoi ?! rit-il en m’interrogeant du regard.
- Je voulais les embêter, leur faire croire que je venais pour te convaincre de choisir les Bûcherons ! Je me suis dit que ce serait drôle ! Ils m’ont assez embêtée pour que je leur rende leur monnaie de leur pièce ! J’espère juste qu’ils serrent les fesses en t’attendant.
Hunter éclate de rire, il rit tellement qu’il continue en sortant dans le hall, où son beau rire envahit la pièce et attire l’attention sur nous.
- Je ne suis pas étonné de voir mon neveu rire comme ça alors que tu es là Hestia ! s’exclame Winston qui arrivait vers l’ascenseur. Je suis ravi de te revoir, comment vas-tu ?
- Je suis ravie de vous revoir aussi ! Je vais bien et vous ? réponds-je gentiment.
Il embrasse ma joue affectueusement avant d’observer le panier dans mes mains.
- Très bien ma chérie… Je vois que ces petites créations ont trouvé une heureuse propriétaire…
- Oui ! Elles sont magnifiques ! réponds-je avec aplomb.
Hunter me couve du regard avant de regarder Winston :
- Je viens d’accepter de collaborer avec Madame Dubois…, avoue-t-il en réprimant un sourire malicieux.
Alors que je m’inquiétais un peu de sa réaction, Winston éclate de rire :
- De mieux en mieux ! Je suppose que c’est grâce à Hestia…, ajoute-t-il avec des yeux attendris.
- Un peu, avoue-je d’une petite voix.
- Evidemment, confirme Hunter, hilare.
- C’est bien… c’est très bien…
- Vous le pensez vraiment ? Vous croyez en ce projet ? m’étonne-je.
- Oh… je n’irais pas jusque-là… mais disons que je trouve ça très bien que mon Hunter t’ait trouvé… Et puis ce ne sont que des broutilles, perdre cinq mille euros ne fera pas couler l’entreprise ! Je vois plutôt ça comme des frais d’entreprise, un diner quelconque…, s’amuse-t-il.
J’hoche la tête sans savoir quoi répondre, parce que ces gens sont à mes yeux déconnectés de la réalité, mais Winston étant toujours adorable avec moi, je ne le juge pas.
- Tu me rejoins en salle de réunion Hunter ?
- J’arrive, confirme-t-il.
Il nous laisse là-dessus et Hunter me raccompagne jusqu’à la voiture d’Eden où je grimpe avant d’ouvrir la fenêtre pour espérer obtenir un dernier baiser. Il observe l’habitacle en bazard, appuyé sur le bord de la fenêtre ouverte.
- Ça sent le chien là-dedans, commente-t-il.
- Ça sent le chien le plus merveilleux du monde, le reprends-je gentiment.
- Et ce bazard… Eden ne comprend pas le principe de partager ou quoi…, bougonne-t-il.
- Je m’en moque ! Arrête de faire ta mauvaise tête ! ris-je.
- Je ne fais pas ma mauvaise tête, je me dis simplement que nous devrions t’acheter une voiture à toi, cette idée de partage est ridicule, surtout en considérant qu’il habite pratiquement chez Alma…
- Il en est hors de question Hunter, je ne te laisserai pas m’acheter une voiture, tu te rends compte de ce que tu dis ? m’inquiète-je.
- Tout à fait… nous en rediscuterons.
- C’est hors de question, insiste-je.
Il ne répond pas, il préfère m’embrasser et lorsque j’enclenche la marche arrière, il se penche une dernière fois :
- Je rentrerai très tard mon chat, j’ai beaucoup de chose à faire… mais dès demain soir, je suis tout à toi.
- Pas de soucis, j’irai peut-être au restaurant avec Alma alors… ?
- Parfait, amusez-vous bien… Et je ne crois pas te l’avoir dit, mais tu es toujours aussi jolie dans cette robe, elle me fait toujours le même effet, glisse-t-il avec ses yeux séduits.
Je glousse, un baiser de plus de l’homme de mes rêves et je repars.