Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 159 : La mer et les coquillages
3767 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 12/08/2026 11:54
Chapitre 159 : La mer et les coquillages
Lorsque mes yeux papillonnent, il fait grand jour et même grand soleil. Je suis toujours dans la voiture et le tableau de bord indique sept heures du matin. Je cligne encore des yeux, je fais doucement la mise au point sur ce paysage éclatant et j’ai un temps d’arrêt face à l’immense étendue bleue devant moi. Mon esprit se réveille, mes yeux papillonnent encore et soudain je les entends, mes vagues.
Je reconnais mon océan, ma plage, et surtout l’homme merveilleux qui marche dans le sable à une dizaine de mètres devant la voiture. Il est pied nus, son pantalon cargo est remonté à mi-mollet et il porte sa chemise à la main. Les rayons du soleil illuminent son torse dessiné, je vois quelques mouettes qui planent dans le ciel et je n’ai plus qu’à tourner la tête sur ma droite pour que mes yeux tombent sur l’hôtel de Sélène. Les larmes me montent aux yeux automatiquement et je pose une main sur mes lèvres pour accuser le divin choc qui me percute, de pair avec l’amour qui inonde chacune de mes cellules.
Je sors de la voiture et je trottine vers Hunter tandis que quelques larmes roulent sur mes joues. Il se retourne juste à temps pour m’accueillir dans ses bras et je m’accroche à lui avec force :
- Merci… merci…, murmure-je.
- Tu voulais quelques jours au paradis…, chuchote-t-il. Et je me suis rendu-compte en roulant que je savais exactement comment t’y emmener, alors je suis descendu directement ici.
Je relève le nez de son torse pour le dévisager entre mes larmes de bonheur :
- Tu as quelques jours ?
- J’ai appelé Winston en arrivant, je lui ai annoncé que je prenais des vacances, que je prendrais ma décision en me reposant un peu…
- Des vacances…, souffle-je sans y croire. Et qu’a-t-il dit ?
- Il nous a dit de profiter… Que tant que je répondais au téléphone en cas d’urgence, il gèrerait le bateau.
- Et combien de temps resterons-nous ?
- Tout le temps dont tu auras besoin mon cœur.
Je me hisse sur la pointe des pieds pour l’embrasser avec tout mon amour, pendant de longues minutes, et lorsque je me détache de ses lèvres, il m’observe en souriant, détaillant encore ma robe blanche et ma couronne de fleurs toujours vissée sur ma tête.
- Je me marierais bien avec toi sur une plage…, chuchote-t-il.
*
Après une petite heure sur ma plage, je me souviens qu’Hunter n’a pas fermé l’œil de la nuit et je l’entraine donc jusqu’à l’accueil du petit hôtel de Sélène. Dès que je passe la porte, son visage s’illumine et elle se jette presque sur moi pour me serrer dans ses bras. Nos retrouvailles sont longues, pleines d’émotions et de larmes, jusqu’à ce qu’elle remarque que le type derrière moi n’a pas l’air d’être un client ordinaire qui attend son tour.
- Dis-moi que je rêve ma chérie ?! s’exclame-t-elle. Est-ce que c’est lui ?! Tu m’as emmené ton Hunter ?!
- Oui ! piaille-je. Ou plutôt c’est lui qui m’a emmené, il m’a fait la surprise ! Sinon je t’aurais prévenu que j’arrivais ! Je ne le savais pas moi-même !
Sans autre forme de procès, elle attire dans ses bras Hunter qui lui tendait une main et il rit en lui rendant son étreinte affectueuse.
- Et où est mon youyou ?! demande-t-elle.
- Il n’est pas là, il est resté à la maison…, soupire-je.
Elle est un peu déçue, mais elle reprend vite du poil de la bête en nous mitraillant de questions. Elle veut tout savoir de cette surprise, tout savoir tout court, mais nous sommes interrompus par l’arrivée d’un vrai client cette fois et nous sommes donc obligés de nous calmer tandis qu’elle ouvre son ordinateur pour nous réserver une chambre.
- Je suppose que je ne te mets pas une aussi petite chambre que la dernière fois…, dit-elle en souriant.
- Non ! glousse-je.
- Quelle est votre meilleure chambre ? Est-elle disponible ? demande Hunter.
Sélène est un peu étonnée, car même si je lui ai bien sûr raconté qu’Hunter n’est pas un baron de la drogue mais un honnête homme, je ne lui ai pas dit son salaire.
- J’ai une grande chambre au sommet de l’hôtel, avec une vue sur la mer imprenable et un grand balcon… ou bien une grande chambre au rez-de-chaussée, traversante, avec le jardin d’un bout et la plage de l’autre… ça dépend de ce qui vous tente les jeunes, répond-elle gentiment.
Hunter se tourne vers moi et je ne réfléchis même pas :
- Le jardin et la plage !
- Je vous réserve ça, répond Sélène en souriant. Le tarif est bien évidemment réduit pour toi ma chérie.
Je m’apprête à la remercier, mais Hunter décline l’offre poliment. Sélène est encore plus étonnée et lui indique le prix exorbitant que ça nous couterait pour une première semaine, comme si elle était sûre que ça suffirait à le dissuader. Il lui dit d’une façon élégante qu’il tient à payer le plein tarif pour la remercier de s’être occupée de moi comme elle l’a fait et qu’il tient aussi à payer toutes les options possibles. Sélène me lance un regard interrogateur, et j’hoche la tête pour lui signaler qu’il n’est pas fou.
Elle est mortifiée lorsqu’Hunter paye le prix ahurissant que ça représente sans lâcher le morceau malgré ses insistances pour nous réduire le forfait. Lorsque tout est réglé, Sélène s’occupe du client après nous et nous nous dirigeons vers la petite porte non loin de son bureau, qui mène à la seule chambre en rez-de-chaussée. Je suis encore plus heureuse de mon choix à l’idée que je n’aurai qu’à sortir de ma chambre pour discuter avec Sélène et nous ouvrons notre porte sur la suite qui devient automatiquement mon endroit préféré au monde.
Sur ma gauche se trouve le salon, dans les tons beiges, confortable et reposant avec ses belles portes fenêtres qui donnent sur une terrasse puis le jardin de Sélène, dans lequel j’ai passé des heures à lire à l’ombre des oliviers et où j’entends déjà les cigales qui chantent. Sur ma droite, un panneau japonais sépare le salon de la chambre et je vois la plage depuis le seuil de la porte puisqu’il est ouvert, réalisant que nous n’aurons qu’à passer la porte de la chambre pour atterrir les pieds dans le sable.
- C’est magnifique…, souffle Hunter.
Je bondis déjà en avant, j’ouvre toutes les portes fenêtres en grand pendant qu’Hunter pose nos sacs dans la chambre. Les voilages blancs s’agitent sous la brise marine, le chant des cigales résonne à mes oreilles, et Hunter est avec moi.
- Je suis officiellement au paradis…, gémis-je en attrapant ses joues.
- Et je suis ravi d’enfin le découvrir, réplique-t-il.
Nous nous embrassons avec tendresse, puis je force Hunter à se coucher pour dormir au moins quelques heures. Je reste avec lui dans le lit le temps qu’il s’endorme, je caresse son torse avec amour pour le papouiller et sa respiration ne tarde pas à s’apaiser. Lorsqu’il dort à poings fermés, j’attrape son portefeuille et je sors de notre chambre. Sélène tourne la tête vivement, comme si elle m’attendait de pied ferme et je file à la place que j’ai tant occupée sur la chaise derrière elle.
- J’espère que tu as emmené ce portefeuille pour que je le rembourse ! s’exclame-t-elle à voix basse.
- Pas du tout, glousse-je. Je vais simplement aller faire un tour dans les boutiques de la côte pour nous acheter quelques tenues adaptées à nos vacances…
Elle insiste pour lui rembourser une partie de la chambre, et je me décide donc à lui dire les choses. Je lui explique la vérité sans détour et sa mâchoire se décroche au fur et à mesure. Je termine mon récit en lui expliquant qu’il est encore bien capable de faire un don à l’hôtel pour compenser la chambre à prix réduit dont j’ai profité pendant un mois. Lorsqu’elle se cabre, je lui assure que je suis d’accord avec lui, que cet endroit est mon refuge, mon paradis, qu’elle est comme une marraine pour moi et que j’ai envie de lui rendre en partie ce qu’elle m’a apporté. Elle me gronde très clairement, mais ça ne l’empêche pas de venir avec moi faire les boutiques dès que son employé de jour arrive enfin pour la remplacer à l’accueil.
Nous bavardons de tout et de rien pendant les longues heures que nous passons dans les petits commerces de la plage. Je nous trouve tout ce qu’il faut, des maillots de bain, des shorts, des claquettes, un paréo et j’en passe… Il est étrange d’être si habituée à l’argent d’Hunter, d’avoir pris sa carte sans même me poser de question, de dépenser son argent comme s’il était le mien… Ça me remet un peu en question à cause des paroles de Beaumont, mais j’écarte vite ces pensées puisque je sais qu’elles sont complétement fausses… je me sens juste assez proche de lui pour considérer que ces dépenses sont pour nous, tout comme j’aurais lapidé mon argent pour lui sans le moindre problème si j’en avais eu.
*
Je rentre dans notre chambre sur la pointe des pieds, mais c’est inutile.
- Mon chat… ? m’appelle-t-il en baillant.
Je passe la séparation que j’avais fermée et il ouvre des yeux surpris en voyant les nombreux sacs que je porte.
- Tu as déjà fait des achats ?! s’amuse-t-il.
Je saute sur le lit en gazouillant de bonheur avant de lui sortir article par article ce que j’ai acheté pour lui, en lui expliquant le pourquoi du comment. Il valide largement les shorts noirs classiques que je lui ai pris pour aller avec ses tee-shirt, son short de bain noir classique, ses sandales en cuir classiques, sa serviette de plage classique… mais il éclate de rire à s’en tenir le ventre lorsque je sors son dernier article : un bob pas classique du tout. Il est vert pétant avec une ancre rouge sur le devant et il ne comprend pas ce qu’il m’est passé par la tête jusqu’à ce que je sorte d’un de mes sacs ma casquette verte que nous avions acheté à la capitale. Il est plié en deux lorsque je la mets sur ma tête en souriant et que j’abats le bob hideux sur la sienne.
Il met un temps fou à s’en remettre, mais il garde son bob sur son crâne avant de croiser les bras :
- Allez, montre-moi donc plutôt ce que tu t’es acheté…, ordonne-t-il en réprimant son rire qui persiste.
Je m’exécute et il demande évidemment le défilé qui va avec. Je parade donc dans mes nouvelles petites robes courtes et légères, avec mes claquettes en cuir assorties aux siennes, et il est élogieux à chacune d’entre elles. Les choses manquent de déraper quand je lui présente mon paréo noir transparent, que je porte autour de ma taille sur mes sous-vêtement, mais il se calme en voyant à quel point je suis heureuse de lui montrer le reste de mes achats. Des sous-vêtements, des lunettes de soleil, des oreillers de plage… et de la crème solaire, pour éviter de cuire comme des homards comme je l’avais fait la première fois.
A la fin de mon inventaire, nous partons manger au restaurant de l’hôtel avant qu’il ne ferme pour l’après-midi. Quand nous regagnons notre chambre, il prend les choses en main et il installe toutes nos affaires dans les commodes de la chambre. Il installe les transats sur notre terrasse de plage, il met en route la petite douche extérieure qui nous permettra de nous rincer, puis il s’occupe de notre terrasse du jardin, et termine en installant le grand hamac. C’est dedans que nous passons l’après-midi, il passe simplement un short, moi une robe, j’attrape un livre et nous nous blottissons l’un contre l’autre en son sein, à l’ombre des oliviers qui le soutiennent.
Je retrouve immédiatement la quiétude de l’endroit, le calme qui m’a bercé pendant un mois et qui est largement amélioré grâce à Hunter qui termine tranquillement sa nuit à côté de moi tandis que je lis, la tête posée sur son torse.
Pour notre première soirée sur la terrasse de l’hôtel, je passe une de mes robes griffées que nous avions acheté à la capitale tandis qu’il met une chemise et nous passons une belle soirée à siroter des cocktails en écoutant le groupe du soir en nous câlinant. Je suis épuisée par ma nuit en voiture, Hunter est encore fatigué après ses quelques heures de sommeil rattrapées en plein jour et nous nous couchons avant minuit.
Je suis mieux que jamais, blottie contre lui dans le grand lit blanc, avec la porte fenêtre grande ouverte par laquelle j’entends le bruit des vagues. Je me laisse bercer en embrassant sa peau toutes les deux minutes, pour le remercier de m’offrir cette vie magnifique et cet amour unique.
*
Le lendemain est notre première vraie journée plage, et je ne résiste pas, j’appelle Eden et Alma en visio pendant que nous marchons en direction de la mer. Ils décrochent, mais ils ne voient pour l’instant que ma tête en gros plan avec mes lunettes de soleil.
- « Alors ? Ce voyage d’affaires ?! » demande Alma.
Je leur raconte les grandes lignes puis Eden tente d’appeler Calyouk pour qu’il me fasse un coucou, mais impossible pour le loup de venir se coller à Alma, alors il reste terré dans son coin avec des yeux boudeurs.
- « Sale bête ! Bon, où est mon Hunty ?! » demande Eden.
Je tourne l’écran vers Hunter, qui se penche pour faire coucou à nos amis.
- « Mais qu’est-ce que Hunty fou torse nu ? »
- « Dis donc, il doit faire beau où vous êtes, vous avez tous les deux des lunettes de soleil ! » souligne Alma en approchant son nez de l’écran.
Je glousse automatiquement et j’échange un regard rieur avec Hunter.
- Le voyage d’affaires est terminé…, annonce-je. Hunter a travaillé si dur ces derniers temps…
- « Ça c’est clair ! » confirme Alma.
- Que nous avons décidé de nous offrir…, commence-je.
Je braque la caméra sur Hunter et il se penche tout près de l’écran :
- Des petites vacances ! s’exclame-t-il sur un ton chantant.
- « Quoi ?! Mais depuis quand tu prends des vacances toi ?! » beugle Eden.
Je retourne la caméra, qui se braque donc sur la plage et l’océan, créant une tempête émotionnelle chez nos amis. Eden beugle, Alma piaille sans interruption et je l’imite très rapidement pour tout lui expliquer. En fait, Hunter se retrouve très vite tout seul sur la plage.
Puisque notre chambre est au rez-de-plage, elle se trouve à une quarantaine de mètres maximum et après avoir montré la mer et la plage sous toutes les coutures à Alma, je ne résiste pas à l’envie de faire un saut chez nous pour lui montrer notre suite. Je lui présente toutes les pièces, mais surtout le joli jardin de Sélène, mon paradis secret, puisque la suite ne comporte normalement que la terrasse et un petit bout de verdure alors que j’ai mes entrées. Je n’ai qu’à passer la haie de lauriers pour flâner dans le magnifique jardin qui s’y cache… Je lui montre les endroits où je lisais, les jolis bancs en pierre, les petites fontaines, les arbres fruitiers, les oliviers… et j’arrive même à zoomer sur une cigale.
Après mon appel, lorsque je retourne à la recherche de mon amoureux, je le trouve assis sur sa serviette, un livre dans les mains. Il est incontestablement le plus bel homme de cette plage et je savoure son joli tatouage en le rejoignant d’un pas sautillant. Je me jette derrière lui sur les genoux, et il tourne sa tête aux trois quart pour m’accueillir.
Trop euphorique par notre première vraie journée ici tous les deux, je me jette sur ses lèvres pour l’embrasser passionnément et il sourit sous la surprise avant de lever un bras pour attraper ma tête et me presser contre lui.
Je découvre le bonheur le plus total, dans mon paradis et avec l’homme de mes rêves… Bon sang, je sens que ces vacances vont être un bonheur…
- Je veux venir ici tous les ans, chuchote-je en me détachant à peine de ses lèvres.
- Nous viendrons tous les ans, confirme-t-il.
- Plusieurs fois par an ? tente-je.
Il me sourit avec tendresse :
- Autant de fois par an que tu le voudras mon amour…
J’embrasse une dernière fois ses lèvres avant d’attraper la crème solaire dans notre sac pour lui en mettre. Cette activité devient rapidement une de mes préférés puisqu’il y a pire que de caresser son torse au complet sous toutes les coutures et avec une bonne raison de le faire. Vient ensuite mon tour, j’attache mes longs cheveux en chignon, puis je m’allonge sur le ventre sur ma serviette, les bras croisés et la tête posée dessus.
Il passe un genoux de chaque côté de mes fesses, et je frissonne lorsqu’il détache la ficelle de mon maillot pour libérer mon dos. Il me met ensuite la crème, recouvrant mon buste fin en quelques minutes avec ses grandes mains et je suis frustrée, jusqu’à ce qu’il fasse durer mon bonheur en me caressant gentiment une minute ou deux.
- Tu vas faire ça tous les jours ? demande-je avec malice.
- Bien sûr que oui.
- Je ne veux plus repartir ! Combien de temps restons-nous ? demande-je.
- Au moins une semaine, c’est ce que nous avons réservé pour l’instant…
- C’est trop chouette, soupire-je en fermant les yeux.
Il rattache mon maillot avant de s’allonger à côté de moi en reprenant son livre, qui traite de je ne sais trop quoi en rapport avec son travail.
- Je crois que ça va me faire un bien fou à moi aussi…, commente-t-il.