Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 150 : Les bureaux d'Hunter

4470 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/07/2026 12:13

Chapitre 150 : Les bureaux d’Hunter


Nous entamons cette deuxième semaine de vacances en nous rendant au zoo le lundi, puisque je n’y suis jamais allée, et c’est une catastrophe. Je ne tiens pas une heure avant de ne plus supporter de voir les animaux dans des si petits enclos et je fais presque une crise à mes amis pour sortir de cet endroit. Eden est choqué et soutient que c’est la première fois qu’il voit une gonzesse ne pas apprécier le zoo, tandis qu’Hunter se sent idiot et dit que s’il avait eu l’esprit moins occupé par le travail, il aurait réalisé tout de suite que j’allais réagir comme ça. Il passe son trajet jusqu’au restaurant où nous nous rapatrions à s’excuser de m’y avoir emmené tandis que je lui assure que ce n’est pas de sa faute et que je geins à en pleurer des conditions de vies de ces pauvres animaux.

Quand nous sommes garés sur le parking pour attendre nos amis, il me prend dans ses bras pour me réconforter jusqu’à ce que je me remette de cette sale expérience, et il prend le temps d’embrasser chacune des larmes qui roule sur mes joues pendant mon chagrin.

-         J’ai l’impression d’être une gamine, m’excuse-je en essuyant mes dernières larmes du bout des doigts.

-         Mais non, tu es simplement toi mon chat, sensible et empathique… Ce sont nos réactions qui sont étonnantes, pour être honnête avec toi, je n’y avais jamais réfléchi et je me sens con d’avoir observé des animaux dans des petits enclos sans réagir… Il faudrait plus de personnes comme toi et le monde se porterait mieux, ne doute pas de toi, réplique-t-il en embrassant ma joue avec amour.

Son portable vibre et le tableau de bord affiche son cher bras droit.

-         Winston ! Rachetez-vite le zoo ! Libérez les animaux ! plaisante-je timidement.

-         J’y penserai, affirme Hunter en embrassant mes lèvres furtivement avant de décrocher son téléphone en sortant de l’habitacle.

Il fait les cents pas sur le parking, il est pendu au téléphone depuis ce matin, et j’attends donc nos amis toute seule près de l’entrée. Il ne nous rejoint pas avant que nous ayons engloutit la moitié de nos plats, et il mange celui que je lui ai commandé rapidement pour nous rattraper en s’excusant pour sa présence en pointillé du jour.

*

Lorsque nous remontons en voiture, il ne prend pas la direction de chez nous et je l’interroge du regard.

-         Il faut que je fasse un saut au bureau, s’excuse-t-il. Je dois signer quelques documents et récupérer un dossier, c’est un peu agité en ce moment.

-         Quoi ? Nous allons… dans tes bureaux ? m’étonne-je.

-         Oui pourquoi ?

-         Je ne sais pas… Monsieur Millionaire va vraiment débarquer dans ses locaux en sweat, pantalon cargo et rangers… ?! m’exclame-je en éclatant de rire.

-         Je m’habille comme ça tous les jours ! Tu devrais le savoir ! s’amuse-t-il.

-         Mais je ne sais pas, j’imaginais quand même que tu te changeais pour aller là-bas ! Enfin Hunter, tu ne peux quand même pas aller jouer au directeur sérieux dans cette tenue de rockeur ! m’esclaffe-je.

-         Bien sûr que si ! beugle-t-il en affichant une tête vexée.

Je ris un peu plus en me tortillant sur mon siège, hilare d’imaginer tous les hommes sérieux qui travaillent pour un gamin tatoué en sweat et rangers alors qu’ils doivent tous être dans des petits costumes impeccables avec des cheveux grisonnants.

-         Tu es vraiment trop Hunter, tu es… à part, c’est dingue, murmure-je affectueusement en me calmant.

-         Ils me connaissent, répond-il en haussant les épaules. Je viens bosser comme ça depuis le début, ça ne choque plus personne, j’imagine qu’ils n’y font même plus attention…

-         Alors à quoi servent tous tes costumes ? Avant de savoir, j’imaginais que tu aimais faire la fête dans des tenues distinguées… quand j’ai appris à te connaitre, je n’y ai plus réfléchi du tout, et depuis que je sais ce que tu fais, j’étais persuadée que c’était pour aller au boulot.

-         Les costumes sont pour les rencontres avec les entreprises, les candidats si tu préfères… Les cocktail, les rencontres, les évènements mondains de ce genre, explique-t-il.

-         Les cocktails… mon petit-ami va à des cocktails d’entreprise…, répète-je en levant les yeux au ciel.

Il tourne alors sur un parking gigantesque et je suis complétement choquée lorsque je vois l’immense tour vitrée au pied de laquelle nous filons. J’ai déjà vu cette tour des dizaines de fois au loin, en me rendant au gymnase majoritairement, et je ne peux pas croire que ce soit là qu’Hunter travaille. J’en suis complétement muette, plus nous nous approchons et moins je peux y croire, car ses révélations ne deviennent plus seulement des mots mais une situation concrète et je me rends compte que j’étais très loin d’avoir intégré son travail.

Il se gare sur une place tout près de l’entrée, où il est inscrit « directeur » et la claque est encore plus grosse. C’est presque comme si je m’étonnais de réaliser qu’il ne m’avait pas menti, je suis plus étonnée de découvrir que cette histoire est vraie que si Hunter avait éclaté de rire pour me dire qu’il plaisantait depuis plus d’une semaine.

-         Tu viens ? demande-t-il.

Je me rends compte qu’il est déjà dehors, ma portière ouverte, et que j’ai toujours les yeux rivés sur la petite pancarte qui indique son statut.

-         Euh… je ne sais pas, souffle-je.

-         Viens, tu pourras voir où je suis quand je ne suis pas avec toi…, m’encourage-t-il.

-         Je… je ne sais pas…, m’angoisse-je en observant les grandes portes automatiques un peu plus loin.

Il me tend simplement une main, que je prends automatiquement et il me relève du siège avant de me prendre par la taille pour m’entrainer vers l’entrée. Un homme qui vient d’en sortir arrive à notre niveau et incline la tête rapidement :

-         Monsieur le directeur, le salue-t-il poliment.

Hunter le salue tandis que les cheveux se dressent pratiquement sur ma tête. Lorsque nous croisons une femme qui sort ensuite, le délire recommence.

-         Vous avez passé un bon weekend Monsieur le directeur ? Enchantée Mademoiselle, me salue-t-elle poliment.

Hunter répond et je n’entends rien, la situation est en train de beaucoup trop m’impressionner. Mes peurs de passer pour une fille vénale me sautent au visage et je me détache immédiatement du bras d’Hunter pour marcher à côté de lui sans le toucher. Il me lance simplement un petit regard, mais il ne commente pas, et je le suis donc en ouvrant des yeux choqués jusqu’au grand hall.

Il est immense, il possède un imposant bureau d’accueil avec deux femmes, des petits canapé ici et là et de grandes plantes en pots pour habiller le tout. L’endroit fait tellement classe, tellement sérieux… tous les hommes sont en costumes, les femmes de l’accueil en tailleur avec des coiffures strictes et des sourires professionnels malgré leur jeune âge. Des hommes et des femmes en discussion le traverse ici et là, il y a une sorte de petit mouvement perpétuel et des téléphones qui bipent sans interruption.

J’ai beau cligner des yeux, les personnes présentes continuent de saluer Hunter, de l’appeler « Monsieur le directeur », de répondre au téléphone en annonçant être « les bureaux de Monsieur Grimmal » ou quelque chose du genre et je suis en état de choc absolu.  

Un homme âgé saute sur Hunter dès qu’il le voie et il le noie d’informations auxquelles je ne comprends rien, j’en déduis simplement qu’il doit être un des hommes proches de lui, comme Winston. Il ne prend même pas la peine de me saluer, il fait comme si je n’existais pas et mes yeux tombent sur mes pieds.

J’observe ma robe, mes collants en dentelles et mes Dr Marteens, en ayant l’impression d’être une vraie petite punk au milieu de ce hall tiré à quatre épingles. Je rabats discrètement mes longs cheveux sur mes seins, pour couvrir ma robe gothique, puis je triture mon sac à main pour essayer de calmer mon cœur qui bat trop fort.

-         Hestia ? répète Hunter.

-         Quoi ? couine-je en le dévisageant de mes yeux écarquillés.

-         Il faut que je passe dans mon bureau…, commence-t-il d’une voix douce.

-         Je t’attends ici, le coupe-je immédiatement.

-         Quoi… ? Tu ne veux pas…

-         Non ! le coupe-je encore. Je t’attends ici.

Il a l’air peiné mais il se fait entrainer par les trois hommes qui sont arrivés entre temps et que je n’avais même pas vu. Avant même que je n’ai le temps de dire « ouf », les portes de l’ascenseur se referment sur eux tous, alors qu’Hunter a déjà les sourcils froncés et observe les trois dossiers ouverts que lui tendent les hommes.

Je me retrouve alors plantée comme une cruche au milieu du hall et je me sens terriblement seule. Je fais tache comme je n’ai jamais fait tache dans ma vie, je suis pétrifiée par mon intimidation et je n’arrive pas à enclencher mes jambes pour foncer me terrer près de la voiture pour l’attendre.

Deux minutes s’écoulent et je me sens tellement mal que ma main se porte toute seule à mon poignet pour appuyer sur mon petit soleil. Dès que mon bracelet vibre en retour, je m’apaise instantanément et je le fixe en le tenant toujours, de plus en plus réconfortée puisqu’il le fait vibrer trois fois à intervalles réguliers.

-         Mademoiselle ?

Je relève le nez vivement pour me retrouver face aux sourires à cent mille watts des deux femmes du bureau d’accueil qui sont venues jusqu’à moi. Si j’ai déjà eu l’impression de me retrouver face à Ursula la sorcière, j’ai clairement le sentiment que je suis désormais face à ses deux murènes, deux créatures sournoises qui me dévisagent avec des yeux dévorés par la curiosité en échangeant des coups d’œil complices entre elles.

-         Peut-on vous aider Mademoiselle ? reprend l’autre.

-         Euh… non… je… j’attends Hunter… enfin Monsieur Grimmal, me corrige-je vite.

Elles échangent un coup d’œil excité avant de reporter leur attention sur moi :

-         Vous aviez rendez-vous avec le directeur, Mademoiselle ?

-         Euh…non… pas de rendez-vous je…

-         Ah bon ? Il est rare de voir des gens sans rendez-vous venir voir le directeur… ? Vous êtes ici pour une rencontre professionnelle ? Peut-être privée… ? demande la première en haussant les sourcils avec son sourire carnassier jusqu’aux oreilles.

-         Peut-on vous offrir un thé ? Un café ? Vous débarrasser de votre sac ? continue la deuxième.

Je suis ensevelie sous les questions des murènes, qui s’approchent centimètre par centimètre avec leurs immenses yeux intenses et leurs mains aux griffes plus longues que des chats.

-         Je… Ça ira… je vais sans doute sortir…, couine-je en reculant d’un petit pas.

-         Mais non Mademoiselle ! Patientez ici ! s’exclame la première en pointant les canapé.

-         Monsieur le directeur est arrivé avec vous, non… ? Il risque de revenir vous chercher ici… ?

J’ai l’impression qu’elles n’ont pas vu notre entrée et qu’elles sont à la chasse aux informations, pour comprendre comment cette gothique bizarre s’est retrouvé plantée au milieu du hall alors qu’elles ne la connaissent pas et qu’Hunter vient bizarrement d’arriver au même moment dans le bâtiment… ce qui est louche, en effet.

Je ne sais même pas ce que j’ai le droit de dire, ni ce que je veux qu’elles sachent de tout façon et encore moins subir leur jugement.

-         Je suis une amie de fac…, bafouille-je.

Ma réponse ne leur convient pas, elles échangent un coup d’œil frustré. Visiblement, mon attitude peureuse les met en confiance, parce qu’elles deviennent beaucoup plus directes :

-         Une amie de fac ? Mais que faites-vous ici ?

-         Vous étiez avec Monsieur Grimmal ?

Je recule encore d’un pas lorsqu’une voix féminine autoritaire résonne :

-         Les harpies ! Qu’est-ce que vous fichez ?! Les téléphones sonnent en continu ! Vous n’êtes pas payé à ne rien faire et s’ils ne sont pas décrochés d’ici dix secondes, j’en informe le directeur ! tonne-t-elle.

Ma sauveuse est une grande femme blonde, impeccable avec sa robe tailleur grise, son oreillette vissée à l’oreille et ses escarpins. Elle doit avoir vingt-cinq ans à peine mais elle terrifie les « harpies » qui repartent à toute vitesse à leur bureau.

-         Vous aviez rendez-vous… ? demande-t-elle avec un air légèrement étonné.

-         Non…

Elle détaille mes habits, des pieds à la tête, pas avec un regard qui me juge mais qui m’analyse intelligemment.

-         Vous connaissez bien Monsieur le directeur, non… ? devine-t-elle finalement.

-         Oui…mais… je vais sortir je…, réponds-je timidement.

-         Venez avec moi, ordonne-t-elle en me souriant avec assurance.

Elle m’entraine vers l’ascenseur et je la suis sans réfléchir, sans doute simplement parce qu’elle me l’a ordonné. Elle tape sur le dernier étage avant de reposer ses yeux sur moi :

-         Vous êtes une amie de Monsieur Grimmal ? Mademoiselle… ?

Elle est très assurée et vive, mais elle m’inspire immédiatement confiance comparé aux deux autres.

-         Hestia, réponds-je.

-          Je m’appelle Lia, répond-elle en me tendant une main.

-         Oh…, souffle-je face à ce prénom qui m’est familier.

Elle hoche la tête avec un air entendu, comme si ma réaction confirmait ses pensées, qu’elle avait deviné que son prénom devrait me dire quelque chose puisque je connais effectivement bien Hunter.

Les portes s’ouvrent et je la suis le long du couloir où seuls ses talons résonnent.

-         Où allons-nous ? demande-je.

-         Je vous emmène dans le bureau de Monsieur Grimmal.

-         Je ne veux pas déranger Hunter ! m’angoisse-je.

Elle a simplement un petit rire amical et nous arrivons au bout du couloir, où un dégagement contient un bureau à côté des murs vitrés, le sien je présume, et elle le dépasse pour m’entrainer vers la dernière porte derrière celui-ci.  Elle toque rapidement avant de l’ouvrir sans attendre la réponse, et je découvre le bureau d’Hunter.

C’est une grande pièce, dont le mur du fond est entièrement vitré, il y a quelques canapés, et simplement un grand bureau sur le fond de la pièce, devant les immenses vitres, où Hunter est assis devant des tas de dossiers que lui présentent cinq hommes en costume. Ils relèvent tous le nez dès que nous entrons et si les hommes affichent des têtes perdues, Hunter a les yeux contrits :

-         Je suis navré mon cœur, je me suis fait sauter dessus, je fais au plus vite, s’excuse-t-il immédiatement.

Un blanc monumental accueille ses propos, les hommes me dévisagent de la tête au pied comme s’ils se demandaient s’ils avaient bien entendu ce qu’il vient de dire et il n’y a que Lia qui n’a pas l’air étonné par l’information. Elle devient immédiatement ma plus grande alliée dans ce bâtiment terrifiant et je me raccroche au calme et à l’assurance qui suinte d’elle.

-         J’ai trouvé Mademoiselle au milieu du hall, je me suis permise de vous l’amener, annonce-t-elle.

-         Merci Lia. Assieds-toi mon chat, je n’en ai pas pour longtemps, m’encourage-t-il en me désignant un canapé.

Cette fois, les hommes ne peuvent plus se poser de questions et ils échangent des regards entre eux qui me donnent envie de pleurer. Lia capte tout de suite mon malaise :

-         Je vais emmener Mademoiselle avec moi… Si ça vous va ? me demande-t-elle.

-         Euh… oui, j’aimerais beaucoup, murmure-je.

Elle m’offre encore son hochement de tête assuré et son sourire franc avant de repartir en direction de son bureau. Je la suis en trottinant et elle me désigne la chaise en face de son bureau, où je m’assois en rivant mes yeux sur la vue de la ville, impressionnante depuis cette hauteur.

-         Vous fréquentez Monsieur Grimmal ? demande-t-elle gentiment en organisant des papiers sur son bureau.

-         Oui… Vous êtes l’assistante d’Hunter ? demande-je.

-         Tout à fait, depuis deux ans. Je suis sa tête et ses mains quand il est dépassé ! Et il a de quoi être dépassé, il n’a pas encore quatre bras et il a besoin de dormir, argumente-t-elle en haussant les sourcils avec un visage impressionné.

-         C’est si intense ? demande-je. Je ne me rends pas compte, il me dit toujours que ça va, mais je vois bien qu’il est épuisé parfois…

-         Ça dépend des périodes, ce sont des temps forts et des temps calmes qui se suivent, selon les rachats et les discussions.

-         Et en ce moment, c’est un temps fort ? devine-je. Hunter est pendu au téléphone depuis une semaine…

-         Exactement, c’est pour ça que ces idiots lui ont sauté dessus, soupire-t-elle.

Je retiens un petit rire nerveux en l’entendant qualifier les hommes dans le bureau d’idiots, mais elle me plait décidemment bien.

-         Enfin…, reprend-elle. Quand les rencontres auront eu lieu, que la décision sera prise… tout ça se calmera et les choses se mettront en place.

Je n’ai pas la moindre idée de ce dont elle parle alors je change de sujet.

-         Winston était dans le bureau ? demande-je avec curiosité.

-         Oh non, Monsieur Winston ne travaille pas aujourd’hui.

Je ris de l’information, parce qu’il a déjà appelé Hunter trois fois depuis ce matin et Lia comprend visiblement immédiatement, puisqu’elle rit avec moi.

-         Monsieur Winston et Monsieur Grimmal ne savent pas ce que sont les jours de repos, confirme-t-elle.

-         Je ne crois pas ! glousse-je. Je n’ai en tout cas jamais vu Hunter décrocher complétement, il regarde toujours au moins ses mails !

Elle glousse un peu plus avec moi et les hommes nous interrompent en sortant. Ils me lancent des regards en passant, toujours plus ahuris en voyant qu’Hunter se dirige droit sur moi mais ils passent tous le coin du mur avant de le voir se pencher pour m’embrasser tendrement. Je rougis des pieds à la tête mais Lia sourit simplement en fixant son écran d’ordinateur.

-         Je suis désolé mon cœur, ce n’était pas prévu. J’ai réglé les choses, nous pouvons y aller, dit-il gentiment.

-         Si tu as besoin de travailler, je peux rentrer en bus…, glisse-je à voix basse.

Lia sourit encore en tapant sur son clavier et Hunter lève les yeux au ciel en me tendant une main pour me relever de mon siège.

-         Bien sûr que non, je vais te ramener à la maison, mais je vais devoir bosser. Lia, tu peux m’envoyer ce que j’ai à faire aujourd’hui s’il te plait ? demande-t-il.

-         C’est déjà fait patron ! confirme-t-elle en lui souriant.

Je me tourne vers elle :

-         Vous êtes adorable, merci de vous être occupée de moi. Vous êtes vraiment une belle personne et je vous apprécie, dis-je avec sincérité.

Elle tourne des yeux exorbités vers moi tandis qu’Hunter éclate doucement de rire.

-         Merci pour votre compliment… je… ne sais pas quoi dire…, bafouille-t-elle.

C’est la première fois que je ne la vois pas assurée et ses joues sont roses, alors je lui souris de toutes mes dents, heureuse de l’avoir touchée. Elle échange un coup d’œil attendri avec Hunter qui rit toujours et il m’entraine dans le couloir en attrapant mon cou pour tirer ma tempe contre ses lèvres.

-         Heureusement que Lia t’a trouvée au milieu du hall… mon pauvre petit oisillon qui m’appelait déjà à l’aide avec son bracelet…, chuchote-t-il contre ma peau.

-         Merci d’avoir répondu, ça m’a rassuré, ronronne-je en savourant le deuxième baiser qu’il pose sur mon front.

La deuxième traversée du hall est encore plus particulière, puisqu’il a toujours son bras sur mes épaules et que les gens continuent de le saluer, mais en me dévisageant vraiment comme si j’étais un drôle de parasite accroché à lui. Je suis donc concrètement confronté aux regards que je ne voulais pas voir se poser sur moi. J’essaie de les ignorer de mon mieux en me concentrant sur les caresses que me fait Hunter du bout des doigts et nous quittons finalement ce drôle de rêve.

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