Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 98 : L'oasis de paix

1862 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 21/04/2026 12:06

Chapitre 98 : L’oasis de paix


Je file dans les rues en essayant de me calmer mais ce n’est pas simple. Je suis tellement chamboulée et en colère, tellement déçue de Kai, tellement haineuse envers tout ce réseau de malheur qui l’aura plus ou moins entrainé dans la drogue. Je pourrais me battre à mains nues contre « son patron » comme il dit, parce que je l’accuse d’une grande partie des maux de Kai. Mais en attendant, je décide de couper tout ça, toutes ces émotions et ces inquiétudes, cette colère qui me ronge. Il faut que je prenne soin de moi, que je me ménage de ce monde violent et terrifiant… je ne peux plus, je ne peux juste plus gérer les problèmes de Kai, il faut que j’extériorise cette angoisse que j’ai ressenti toute l’après-midi, la haine qui me brûle les veines, la déception qui me poignarde…

Je pense alors à Hunter, qui se défoule au gymnase pratiquement tous les jours pour évacuer et je file en direction de chez moi pour aller chercher mes gants de boxe et le rejoindre.

*

Dès que je me gare sur le parking du gymnase, c’est comme si je ressentais la présence d’Hunter. A peine un pied hors du véhicule et je me mets à courir en direction des portes, je cours à toute vitesse vers mon oasis de paix, vers les bras qui effaceront mes peurs et mes soucis. Je m’enfile dans le bâtiment comme un courant d’air, courant toujours tête baissée en direction de la petite salle où je sais qu’il se trouve toujours.

Dès que j’entends les coups réguliers, je m’apaise déjà, mais dès que je passe la porte, c’est une vague de paix qui déferle sur moi. Heureusement qu’il me remarque parce que je n’arrête même pas ma course folle, je lui fonce immédiatement dans les bras où il m’accueille en riant.

Et enfin, le calme.

Je reste calée au creux de sa gorge quelques minutes, il me laisse faire, comme s’il sentait que ça n’allait pas et que j’en avais besoin. Il s’assoit sur sa séance, sur son échauffement, simplement pour me garder perchée contre lui en me berçant doucement.

-         Ça va mon amour ? demande-t-il au bout d’un moment. 

-         Ça va, souffle-je contre sa peau. Encore deux minutes s’il te plait.

Je me laisse encore deux minutes pour être réconfortée par sa peau et son odeur. Deux minutes pour inspirer la sécurité totale dans laquelle je me sens en sa compagnie, pour évincer toutes les particules de mal-être que j’ai ressenti toute l’après-midi alors que mon camé de semi-frère tremblait comme une feuille dans l’attente de sa dose. Deux minutes pour évacuer la culpabilité extrême que je ressens actuellement d’avoir donné l’argent d’Hunter à Kai, alors que je ne le reverrai peut-être jamais.

C’est cette dernière pensée qui me fait relever le nez de sa gorge et il m’observe en m’interrogeant du regard, de ses deux beaux yeux verts desquels je ne veux plus jamais sortir. Je glisse mes mains sur ses joues pour l’embrasser et je prends le temps de le faire alors que sa patience avec moi ne connait visiblement aucune limite.

-         J’en avais besoin, murmure-je.

-         J’ai vu ça… Qu’est-ce qui ne va pas ? demande-t-il d’une voix douce.

-         C’est Kayla… il est dur de passer du temps avec elle, sa réalité n’est pas la mienne et j’avais besoin de revenir dans le rêve qu’est ma vie, avoue-je en caressant ses joues.

Il se penche pour m’embrasser encore un peu et j’en profite en ronronnant jusqu’à ce qu’il me repose par terre en retirant ses gants :

-         Tu es en tenue de sport ? s’étonne-t-il. Je pensais juste que tu venais me rejoindre comme ça.

-         Oh non, j’ai besoin de me défouler, j’ai même pris mes gants ! annonce-je fièrement en fouillant dans mon sac.

Il affiche immédiatement un air tout heureux et alors que j’attache mes cheveux en une haute queue de cheval, il attrape mon cou pour l’embrasser férocement tandis que je glousse déjà de bonheur malgré la tension qui réside encore dans mes muscles après cette soirée forte en émotion.

-         On se fait la séance de d’habitude ? s’enthousiasme Hunter en se plaçant devant moi pour scratcher mes gants avec tendresse.

-         Non, aujourd’hui tu ne t’occupes pas de moi, réponds-je avec assurance.

-         Pourquoi … ? demande-t-il en relevant des yeux peinés.

-         Déjà parce que tu n’as même pas transpiré avant mon arrivée, alors j’imagine bien que tu n’as pas encore eu le temps de te mettre dans ta séance…

-         Ce n’est pas grave…, balaie-t-il immédiatement d’un coup de main.

Sauf que si, c’est très grave à mes yeux maintenant que je viens d’expérimenter une dose d’anxiété de cheval et une colère vibrante qui me donne envie de me défouler toute la nuit.

-         Hunter, je ne veux pas t’empêcher de faire tes séances et que tu te détendes ! Et puis je connais les enchainements, ça fait plusieurs séances que tu me coach... Je vais me lancer, je vais répéter tout ça sur un punchingball, j’ai un besoin dingue de me défouler, tu ne peux même pas imaginer !

-         Vraiment ? s’inquiète-t-il.

Je me tourne vers lui en me mettant en garde pour l’amuser, ce qui fonctionne alors que je fais mine de venir l’attaquer :

-         Oui Monsieur le Raton, j’ai envie de boxer aujourd’hui, pas d’apprendre, simplement de me déchainer contre un sac jusqu’à l’épuisement total !

Je lui lance un petit coup de poing dans le ventre et il rit un peu avant d’attraper mes joues avec une moue boudeuse :

-         Tu es vraiment sûre que c’est ce que tu veux faire ? Qu’on fasse chacun notre séance d’un côté de la salle ? vérifie-t-il.

J’attrape sa taille pour le tirer dans mes bras en le rassurant de mes yeux les plus doux :

-         Oui mon amour et tu vas très bien t’en sortir, comme tu le fais depuis des années… Ce n’est pas parce que je suis là que tout doit changer, je peux aussi m’adapter à toi tu sais. Alors fait ta séance en profitant simplement que je sois dans la même salle que toi, ordonne-je finalement avec fermeté.

-         D’accord, répond-il en se penchant.

Il m’embrasse avec application, un peu trop d’application pour que je ne sente pas déjà les petites chatouilles qui se réveillent au creux de mon ventre mais lorsqu’il me relâche, il a les yeux déterminés. Je peux littéralement voir au fond de ses yeux qu’il se remet dans sa séance, je vois le switch qui est en train d’approcher alors qu’il passe ses gants et se remet en mouvement pour se chauffer.

Je me dirige vers le sac le plus proche de lui mais je garde les yeux sur sa personne jusqu’à voir le moment que je préfère, l’apparition des flammes noires dans ses yeux qui signifient qu’il est en mode létal. J’en ai des petits frissons de le voir comme ça mais je me reconcentre vite.

Je répète les enchainements qu’Hunter m’a appris dans ses mains et sur son ventre, je les enchaine encore et encore en me défoulant de toute ma faible force sur le sac qui pend devant moi en essayant d’évacuer toute ma colère, ma peur et ma frustration.

Nous nous déchainons pendant bien longtemps, sans doute deux bonnes heures puisque j’entends les musiques qui s’éteignent au fur et à mesure dans les salles alentours et la grosse porte d’entrée qui claque régulièrement avec les départs des sportifs du gymnase. En tout cas, c’est thérapeutique et je comprends drôlement mieux Hunter qui se dépense comme ça pratiquement tous les jours. Plus je me défoule et plus mes problèmes s’envolent, plus mon inquiétude s’évapore et mon esprit s’allège.

Je ne veux définitivement pas penser à Kai et à ses mauvais choix, pas maintenant, pas ce soir alors que je suis heureuse et dans une vie qui me convient. J’aurai largement le temps de réfléchir à tout ça cette semaine lorsque je serai seule chez moi alors j’évacue jusqu’à la dernière goutte de mes inquiétudes contre ce sac qui se balance devant moi.

Je suis interrompue dans ma séance par les mains gantées d’Hunter qui se posent sur ma taille :

-         Tu faiblis Rocky, tu ne veux pas mettre un terme à ta séance ? demande-t-il gentiment.

Je me retourne pour le découvrir comme je l’aime, tout transpirant et à bout de souffle. Je sais qu’Eden n’est pas chez eux, il est à la fête, probablement même là-bas avec Alma, sans heure de retour... Je saute donc dans les bras d’Hunter pour l’embrasser avec passion :

-         Ramène-moi vite à la maison, souffle-je.

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