Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 87 : Une sonate pour dire Je t'aime ♡
2933 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 03/04/2026 12:03
Chapitre 87 : Une sonate pour dire « Je t’aime » ♡
Après une bonne heure de bain à nous embrasser et nous sourire comme des idiots, nous sommes contraint d’en sortir puisque l’eau devient un peu trop froide pour rester agréable. J’enfile rapidement une robe de nuit noire, fluide et à bretelles fines, élégante mais confortable, histoire d’être prête pour dormir tout en restant bien apprêtée.
Hunter met simplement un short et nous fuyons devant la cheminée pour pallier la fin légèrement fraiche de notre bain. J’étale devant le foyer le grand plaid du canapé, puis celui d’Alma et enfin le mien au sommet pour nous faire un petit nid confortable devant les flammes. Nous nous y installons confortablement, Hunter s’appuyant contre le canapé en me prenant contre son torse alors que la chaleur du feu nous réchauffe plus qu’efficacement. J’ai la tête et une main contre son torse nu que je caresse du bout des doigts en observant les flammes qui dansent inlassablement devant moi.
Il caresse mon dos tendrement jusqu’à ce qu’il attrape mon élastique pour dénouer délicatement mes cheveux qui retombent en cascade dans mon dos.
- Ça y est, tu en avais marre ? demande-je en souriant.
- Pas vraiment marre, mais ce n’est pas toi…, répond-il en caressant mes cheveux pour les coiffer doucement.
- Pas moi ?
- Je ne sais pas, c’est comme ça que j’ai l’habitude de te voir…
Je relève le nez pour le regarder, avec ses cheveux humides en bataille :
- Je te vois toujours avec les cheveux vers l’arrière et je te préfère pourtant comme ça, souligne-je en passant mes doigts dedans pour les ébouriffer un peu plus.
- Et pourquoi ?
- Parce que c’est vraiment toi, naturel et pas coiffé, réponds-je.
- Tu comprends donc pourquoi je te préfère avec les cheveux lâchés et non coiffés, réplique-t-il en me souriant.
Je souris jusqu’aux oreilles en l’embrassant et lorsque je me détache de lui, il continue :
- Et puis tu viens de me parler du beau château imaginaire d’Hestia, il est absolument évident que ça nécessite que tu arbores ton apparence de nymphe lorsque nous discutons de ce monde fantastique auquel tu appartiens, souligne-t-il.
Je glousse en lui lançant mes yeux les plus séduits et il m’embrasse encore chastement alors que je le dévore du regard :
- Il est évident que tu y as ta place, mon beau prince charmant dans mon magnifique château… ça fait sens.
- Je suis entièrement d’accord avec toi.
Nous nous embrassons un peu plus et nous ne tardons pas à être complétement réchauffés, entre nos câlins et les flammes chaleureuses. Lorsque nous reprenons un peu notre souffle, il se met à rire :
- Tu imagines que nous avons failli passer à côté de cette douce soirée pour nous retrouver dans une boite de nuit ?
- Nous aurions passé notre temps dans un coin, avec de grands yeux apeurés à regarder Eden et Alma se déchainer sur la piste de danse ! pouffe-je.
- Apeurés ? J’aurais plutôt dit assassins ! plaisante-t-il.
- C’est parce qu’il y a un peu trop de violence en vous jeune homme, rétorque-je en plissant les yeux.
Il éclate de rire et je me redresse pour m’assoir en tailleur :
- Qu’est-ce que tu aurais envie de faire maintenant ? Je ne suis pas contre rester à nous câliner mais j’imagine que tu préfèrerais jouer aux échecs ? propose-je gentiment.
- Tu sais ce qui me ferait vraiment plaisir ? demande-t-il.
- Dis-moi.
- J’adorerais que tu me joues du piano mon cœur…
Je lui souris de toutes mes dents et je me lève pour m’installer au piano tandis qu’il s’assoit face à moi sur les plaids, appuyé en arrière sur ses bras et les jambes étendues devant lui.
- Tu as une musique préférée ? Je la connais peut-être… ? propose-je.
- Je n’en ai pas, mais j’irais bien dans un classique pour le cliché. Lettre à Elise ?
- Evidemment.
Je me lance donc dans la musique et un sourire s’accroche automatiquement sur ses lèvres. Je joue un moment en me laissant bercer par la musique, me remplir de joie à l’idée qu’il veuille que je joue pour lui. Voir le bonheur dans ses yeux alors que je joue est un sentiment puissant, qui me fait oublier ces heures que j’ai pu passer à tâtonner les touches pour recréer des mélodies. Maintenant que je sais jouer par cœur une multitude de chansons, j’ai le sentiment de les avoir apprises uniquement pour vivre un jour ce moment suspendu hors du temps où je rends heureux l’homme de ma vie.
Il m’écoute jouer une bonne demi-heure sans dire un mot, les yeux rivés sur moi, avant de finalement parler à la fin d’un morceau :
- Tu as des musiques préférées ?
- Plein, affirme-je.
- Comment as-tu choisi celles que tu voulais apprendre ? demande-t-il avec curiosité.
- Il y avait un cd que j’écoutais toujours… c’était un album entier de reprises faites par un pianiste, et je l’écoutais sans cesse. Chaque musique me parlait différemment, elles éveillaient toutes en moi des émotions, des envies, des rêves… J’ai passé des heures à les reproduire à l’oreille et à les apprendre. Lorsqu’une émotion me traversait, je jouais la musique associée…, explique-je.
Je me mets à jouer le morceau que je jouais à Kai pour le calmer lorsqu’il était en colère, simplement pour occuper mes mains.
- C’est très beau Hestia… Alors tu as une chanson pour chacune de tes émotions ? reprend-il.
- Oui, pour la joie, la tristesse, l’amour, l’ennui, l’apaisement… il y en a beaucoup, confirme-je.
- L’amour ? demande-t-il avec curiosité.
Mes joues chauffent légèrement alors que la musique que j’ai joué pour lui hier traverse mon esprit et je suis obligée de me concentrer pour continuer celle de Kai correctement.
- Oui, l’amour, confirme-je.
- Je croyais que tu n’avais jamais été amoureuse ? demande-t-il d’une voix douce.
- Je ne l’étais pas mais je rêvais d’amour…, réponds-je timidement. Comme beaucoup de jeunes filles j’imagine, l’homme formidable qui changerait ma vie… le mariage splendide et la vie parfaite… J’étais amoureuse de l’amour, de l’idée d’aimer un jour un homme si fort que tout me paraitrait beau…
- J’adorerais l’entendre.
Mon cœur accélère un peu lorsque j’interromps la musique de Kai, alors que je sais qu’il n’y a pratiquement aucune chance qu’il se souvienne de ce morceau en considérant la quantité de musiques que j’ai joué depuis. Mes doigts se mettent à caresser les touches et les notes s’envolent dans la pièce, j’ai presque l’impression qu’elles partent de mon cœur pour voler directement dans le sien.
Il se lève pour me rejoindre, il s’appuie sur le piano pour me regarder jouer et je fixe mes yeux sur mes mains alors que mon esprit voyage. Je repasse tous nos moments, la première fois que j’ai croisé ses beaux yeux, nos premiers touchers, nos premières caresses, nos premiers câlins… Notre Noël hors du temps et notre premier baiser, tout ceux qui ont suivi depuis, la tendresse dans ses gestes, la douceur dans son regard, l’intensité de ses bras qui me serrent contre lui, le réconfort de sa proximité alors qu’il est juste devant moi à me regarder lui jouer mes sentiments.
Toute notre histoire danse devant mes yeux alors que mes doigts survolent les touches, jusqu’à notre discussion si intime dans la baignoire, mon ouverture à lui, mes confidences et mes rêves…
Je ne me suis jamais offerte corps et cœur à un homme comme je l’ai fait avec lui, et lui rendre un soupçon de ce qu’il m’apporte en jouant pour lui la musique qui représente l’amour à mes yeux est magique. Ce sont les cinq minutes les plus douces de mon existence et lorsque mon doigt se pose doucement sur la dernière touche, que la dernière note résonne dans la pièce, un joli sourire s’épanouit sur mes lèvres sous l’émotion.
- Je t’aime Hestia, dit-il d’une voix douce.
Je relève doucement le nez pour poser mes yeux sur lui alors que je n’ose pas croire à ce qu’il vient de me dire aussi simplement, dans un moment aussi beau. Il me regarde avec une tendresse infinie, la tête légèrement penchée sur le côté, le corps complétement détendu et serein alors que mon cœur accélère à mesure qu’il réalise ce qu’il vient de se passer.
C’est comme si le temps se figeait pour me laisser réfléchir, il ne bouge pas, il continue de me couver de son regard attendri alors que je ne réponds même pas. Comme chaque fois qu’un évènement me prend au dépourvu, alors même que je rêve depuis des semaines qu’il prononce ces mots, je reste complétement muette et immobile. Mais il ne le prend pas mal, il patiente sereinement en attendant que je me remette en marche, comme s’il me connaissait déjà par cœur et savait que ses mots me bouleverseraient. Il me regarde simplement de ses yeux émeraudes, à quelques dizaines de centimètres de moi.
Son calme m’apaise, il m’offre une ancre inébranlable et j’arrive enfin à réaliser ce qu’il vient de se passer alors que les papillons au fond de mon ventre prennent un envol magistral, que mon cœur devient si léger qu’il s’envole dans l’atmosphère et que les larmes envahissent mes yeux alors que je peux enfin réellement m’autoriser à imaginer passer toute ma vie avec lui. L’émotion devient si forte au sein de mon corps que je suis toujours incapable d’esquisser un geste mais mon amour envahit chaque recoin de mon être, le réchauffe et l’enveloppe de coton, me permettant enfin de lui répondre après un silence bien trop long dont il n’a pas l’air de me tenir rigueur.
- Je t’aime aussi Hunter…, murmure-je.
- Je le sais mon amour. Tu me l’as dit hier en jouant cette magnifique sonate pour moi, je ne le savais simplement pas encore à ce moment-là.
Il se penche un peu plus sur le piano pour se rapprocher de moi et je me lève enfin pour attraper ses joues et l’embrasser alors que l’amour que je ressens pour lui éclate comme un feu d’artifice dans mon cœur.
Mes mains posées sur ses joues tremblent comme des feuilles, même mes jambes me paraissent faibles, mon cœur au complet est si à fleur de peau que j’ai peur de vaciller. Une fois de plus, il le ressent, il contourne le piano pour m’attirer contre son torse, il cale une main au creux de mon dos et l’autre sur ma nuque, des mains fermes, qui me soutiennent plus qu’elles ne se posent alors que nous nous embrassons amoureusement. Cette soirée est tellement forte en émotions pour moi que j’ai un besoin irrépressible qu’il me porte, dans tous les sens du termes. J’ai besoin de sa force, de son calme, de son assurance… alors je glisse mes mains tremblantes derrière sa nuque en me hissant sur la pointe des pieds et il comprend. Il me soulève immédiatement contre lui pour me porter alors que je relâche enfin mon corps le long du sien comme une petite poupée de chiffon pour n’avoir qu’à profiter de ses lèvres. Je serre simplement sa nuque dans mes bras comme je l’ai tant fait, en sachant cette fois que nous sommes amoureux l’un de l’autre et ça change absolument tout.
Je ne me suis jamais sentie autant à ma place, je ne l’ai jamais perçu comme aussi mien, je n’ai jamais ressenti une telle assurance quant à notre relation. Il me parait désormais évident que nous finirons notre vie tous les deux, je ne peux même pas imaginer que nous puissions nous séparer un jour alors que nous nous aimons. Je peux enfin rêver de la robe blanche avec raison, mettre un visage sur l’homme qui m’accompagne dans mon château imaginaire, un nom sur ma future famille heureuse…
Maintenant que l’émotion se calme, j’ai besoin de lui dire et je détache mes lèvres des siennes pour le regarder :
- Je t’aime de tout mon cœur Hunter, je veux me marier avec toi, murmure-je en lui souriant.
Il éclate de son doux rire alors que ses yeux deviennent plus tendres que jamais :
- Toi et ta vérité absolue Hestia… Si tu savais comme je peux t’aimer exactement comme tu es… et nous nous marierons.
Je fonds encore sur ses lèvres et il m’emmène devant le feu, sur notre petit nid de plaids où il nous allonge avec précaution avant de m’embrasser plus intensément en se glissant à demi au-dessus de moi. Je passe mes mains sur son dos pour caresser sa peau douce, je me laisse complétement porter par l’amour qui s’échappe de nos cœurs et par nos lèvres qui se le murmurent à leur façon. Il me câline un peu plus en calant sa main sous ma nuque pour la saisir avec douceur tandis que l’autre effleure mes côtes avec légèreté. Je me régale de son baiser emplit d’amour.
Comme à chaque étape de notre couple, la neige tombe.
Les flocons tourbillonnent sur le ciel noir d’encre, la neige s’épaissit et je savoure les petits cotons duveteux qui dégringolent alors que nous nous sommes avoué nos sentiments. Il faut croire que la neige est indissociable de notre couple, que la magie de Noël nous suivra jusqu’au bout. De mon premier baiser avec lui, jusqu’à celui-ci, alors qu’il vient de me dire qu’il m’aime.
Le feux crépite à côté de nous, nos souffles s’harmonisent, nos muscles se tendent à l’unisson à mesure que la passion nous chatouille. Nous échangeons quelques beaux regards étourdis, plein de sentiments et d’étoiles, comme si nous nous faisions rêver l’un l’autre et il n’y a pas plus belle émotion que celle que je suis en train de vivre en cet instant.