Histoires en Vrac

Chapitre 4 : Où Tombent les Dragons

382 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 12/08/2026 15:19

Où Tombent les Dragons


Imaginez un temps de souffrance et de peur,

Une époque teintée de sinistres horreurs :

Les dragons essorés, là-haut dans les nuages,

Répandent le malheur jailli du fond des âges.


Écailles de métal, souffle pestilentiel,

Leurs dents brisent les murs des nobles citadelles.

Sont un festin de sang et de vivante chair

Hommes adultes, vieillards, les enfants et leurs mères.


La raison leur échappe, consumée par le mal 

Qui leur emplit le cœur d’une rage animale.

Les gardiens révérés des sagesses d’antan

Ne sont plus que, dès lors, des fauves dégoûtants.


Se laissant dominer par leurs sombres pensées,

Ces bêtes se déchirent comme des insensés.

L'enflammé firmament sous les souffles torrides,

Brûle de vains duels et luttes fratricides.


Et le perdant, alors, chute à travers l'éther ;

Ses ailes de bronze se brisent sur la terre

Où le dragon, vaincu, se heurte et se débat,

Luttant contre la mort l’entraînant ici-bas.


Levant soudain les yeux vers son destin scellé,

Le pauvre moribond se laisse enfin aller.

Point final embrasé d’un sauvage martyre,

Il pousse un dernier cri comme ultime soupir.


Tel les rois de jadis, descendant à la tombe,

Faisaient de leurs servants une grand' hécatombe,

Villages et forêts sont ainsi le bûcher 

Du malheureux dragon, en sa course fauché. 


Rouge et noire est le jour dans la brume fétide

Qui tapisse de suie nos visages livides.

Virevoltent au vent de vives escarbilles, 

Succombent nos enfants, comme brûlent brindilles.


Quand la cendre retombe et que le feu s'étouffe,

Quand croulent nos foyers d’une ultime secousse,

Quand les os du dragon gisent là purifiés,

Quand viennent les corbeaux pour tous les sacrifiés,


La pâle Séléné jette ses rais blafards 

Sur les visages fous de survivants hagards

Qui errent, sans espoir, dans les ruines brûlées 

D’où s’élèvent les cris des âmes affolées.


Mais séchez là vos yeux et redressez le torse : 

Un héros, par vengeance, a rassemblé ses forces.

Aux couleurs estompées de ce tableau de larme,

S'oppose la lueur de cet appel aux armes.

Laisser un commentaire ?