Les Elémentaires tome 2 : La Quête de la Gemme
Bonjour à tous !
J’espère que vous allez bien ! Pour ma part c’était un peu la course, j’avoue, pour vous sortir ce chapitre « « « à temps » » ». À temps dans le retard, bien évidemment. Mais j’ai fait mon possible !
Bonne lecture à tous !
******************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************
L’inconnu plonge sur Szèl et attrape ses joues.
-Szèl ?! Weezeezii sfaa uuluuwaaniiaa Éolia, ootcheezee iieelaaii iiseeii ?!
-Ee, ootcheezee iieelaaii ooloosaawii Iiwoouu !
-Uuluuwaaniiaa, aaoos eeiisfii zoojaaziiwaanoos, aaoos eeiisfii zoojaaziiwaanoos !
La silhouette, qui ressemble de plus en plus à un « homme », prend alors Szèl dans ses bras nouvellement apparus. Szèl lui rend son étreinte en riant, sa tête arrivant à peine au niveau de son torse.
-O Szèl, aaoos slaaii aiis eelooiizoofeewii tchuueelleeiivaawaa… Eeiiluunuunee zaaoo liiliizeetchii…
-Iilee jeesseeiiaan jaantsii woozeeliieefiisfoos zaaoo eeseeinii woolleeaanii Evwèen !
-Iiwoouu eemaasoonii… Jaantsii woozeeliieefiisfoos…
Ils restent ainsi un long moment. En fait, ils nous ignorent complètement. Ils se serrent dans les bras, sautillent même de joie ! C’est vraiment adorable, je vois Fey pencher un peu la tête, attendrie, et Kusiya sourit. Quant à moi, je suis pensif. Ev… Evén… Non, Ev… Evwèen ? C’est ça, Evwèen ! Enfin bref tout ça pour dire que je suis sûr d’avoir déjà entendu ça quelque part…
Mais oui, je sais où ! C'est l'ami de Szèl, celui qui l'a aidé à nous revoir ! Bon sang, ça ne fait même pas si longtemps mais j'ai l'impression que c'était il y a une éternité...
Il n’empêche qu’il… Est plus âgé que je le pensais. Quand je dis qu’il ressemble à un homme, c’est car vraiment, on dirait qu’il a le double de l’âge de Szèl ! Bon, moins vieux que Faaiüu bien sûr, mais quand même !
Enfin, ce n’est pas trop grave. Ils ont l’air si proche et heureux tous les deux… Mais c’est pas le même soulagement qui habitait Vinhizi plus tôt, non, c’est une autre joie qui les traverse. Surtout Evwèen – bon sang quel nom farfelu – en fait.
Il regarde Szèl comme Avkor regarde Fey.
En tout cas, ledit Evwèen se tourne enfin vers nous, et s'incline poliment.
-Mes excuses pour mon impolitesse.
Sa voix, lorsqu'il parle en humain, ressemble à un vent un peu fort et crispant qui passe par les fentes d'une fenêtre. C'est un peu grinçant, mais ça se sent qu'il fait des efforts pour parler le mieux possible, alors je ne dis rien.
Et puis surtout, il parle en humain, et ça, c'est cool ! Même si la pauvre Alev soupire...
-Allons allons, ce n'est rien ! Affirme Kusiya. Vous êtes un proche de Szèl, c'est normal.
-Vous le savez, pourtant je crains que nous ne nous soyons jamais rencontrés.
Il se redresse.
-Mon nom est Evwèen, je suis un érudit de l'Air, gardien des archives à la section de la déesse Éolia.
Il est tellement… Enfin, rien qu’avec son titre on sent qu’il est quelqu’un d’important. Gardien des archives… Je comprends mieux pourquoi sa « petite plaisanterie » a tourné au vinaigre, et que ça a fini… Comme ça.
-Enchantée. Je suis Fey, voici Kusiya, Alev et Etian.
-C’est un plaisir. Sourit la prêtresse.
Alev fait un signe de tête poli.
-Szèl nous a parlé de vous ! J’affirme. Heureusement que vous étiez là ! J’aurai jamais pu rencontrer mon fan sinon !
-Votre… Fan ?
Il regarde Szèl, avant de rire un peu.
-Je vois, il est vrai que ce terme le décrit bien.
-Vous parlez vraiment bien humain. Complimente Kusiya.
-Similairement aux prêtresses, connaître toutes les langues sont une obligation des érudits.
-Oh !
Fey se tourne vers Alev, Evwèen comprend, et lance immédiatement :
-Aeryas, sanva. Adayo etrrar Evwèen, erhiki Ara, alarsa aarkhiv rrism Iiliorha Éolia.
Alev sursaute un peu, surprise d’entendre du Feu, mais elle sourit peu après.
-Aeryas ayktar. Alev, Khatan Nérro.
-Taror yukra.
-Yufarrik.
La flamme hoche la tête, et recule d’un pas.
-Merci beaucoup, ça lui a fait très plaisir ! Affirme Fey.
Elle pose une main au niveau de sa gemme, ce qui écarte un peu les branches autour d’elle. Un léger rayon de soleil passe sur la pierre, et je n’y fais pas vraiment attention…
Jusqu’à ce que je vois Evwèen observer Fey avec une certaine insistance.
Je plisse les yeux. Cela ne dure qu’une petite seconde, mais une de trop. Pourquoi est-ce qu’il a fait ça ? Ce regard, je n’ai aucune idée de ce qu’il veut dire.
Mais je n’aime pas ça.
Je serre un peu les poings. J’ai un mauvais pressentiment, pourquoi il l’observait comme ça… Par réflexe, je fais un pas en direction de Fey.
Avant de me reprendre. Est-ce que je suis en train de douter d’un ami de Szèl ? Il était peut être surpris de voir une autre gemme, ou de voir cette couleur, c’est un érudit il doit être curieux… Je deviens vraiment paranoïaque.
Je secoue la tête, pour chasser mes dernières pensées négatives.
-Maintenant que les présentations sont faites…
Evwèen se tourne vers Szèl.
-Pourquoi avoir appelé Vinhizi ?
-Ah, bien sûr !
Szèl se tourne vers ses amis de l’Air, et leur explique le plan. Trouver un lieu de rendez-vous, parler à Faaiüu, lui demander comment rencontrer les déesses pour qu’elles nous révèlent où se trouve la gemme. Enfin, c’est ce que je pense qu’il dit, puisqu’il leur parle en Air. Ce qui est logique, mais du coup, impossible pour moi de tout retranscrire.
Les deux sont très attentifs, et aucun n’interrompt Szèl pendant son discours. Enfin, le venteux hoche la tête, et termine avec :
-Ooshaaïi eeseeiitchaam !
-Hm...
Evwèen place une main sur son menton, pensif.
-Donc je dois faire la massagère ? Insiste Vinhizi.
-Oui ! Enfin, si tu l'acceptes bien sûr. Répond Kusiya.
-Aucun problème ! Vous veillez sur Szèl, je dois vous remercier !
D'un geste assuré, elle frappe sur son torse, faisant voltiger un peu d'air autour d'elle.
-Comptez sur moi !
-Pas si vite, jeune fille.
Evwèen se redresse.
-Un problème, monsieur Evwèen ? Demande Fey.
-Non, non, au contraire.
Il sourit.
-J'ai une bien meilleure idée.
Il se tourne, observant le ciel.
-Les érudits de l'Air ont tous un privilège particulier ; puisqu’ils sont les gardiens du savoir, ils ont l’autorisation de consulter Notre Ainé Faaiüu quand ils le souhaitent. En d’autres termes…
Il nous observe de nouveau, triomphant.
-Nous connaissons son emploi du temps dans les moindres détails !
Il rit un peu.
-Et il se trouve que, dans environs trois heures, Notre Ainé Faaiüu se rendra à la Source Perdue, un lieu que seuls lui et les érudits connaissent, puisqu’il s’agit de sa retraite favorite.
-Oh, alors c’est là qu’il va ?! S’exclame Vinhizi.
-En effet, mais surtout. Il s’y rend toujours seul.
Mes yeux s’illuminent, c’est magnifique, quelle aubaine ! Mais l’éclat disparaît très, très vite. C’est beau. C’est même beaucoup trop beau…
Je vois Szèl sourire, absolument ravi par le plan de son ami, Fey et Kusiya hochent la tête, et Alev semble parfaitement neutre. Je suis le seul à… réagir comme ça.
Pourtant, je ne peux pas m’en empêcher. C’est trop beau pour être vrai…
-Cependant, c’est assez loin d’ici, nous devrions partir maintenant.
Il se tourne vers nous.
-Vous êtes prêts à partir ?
-Oui, il ne faut pas perdre davantage de temps. Affirme Fey en hochant la tête.
Kusiya explique à Alev rapidement, elles sont toutes d’accord, puis, elles m’observent.
-Et toi Etian ? Demande la prêtresse.
Je sursaute un peu. Les autres se penchent, clairement inquiets devant mon silence.
-Etian ? Insiste Szèl.
-Tout va bien, jeune homme ? Souffle Evwèen.
Je serre un peu mes poings dans mon dos, puis soupire. C’est un ami de Szèl, il nous a déjà aidé, pourquoi je me méfie autant… Ce mauvais pressentiment a intérêt à partir se recoucher.
-Non, non tout va bien ! Désolé, j’étais ailleurs. J’explique.
Je vois que Fey ne me croit pas une seconde. Elle approche de moi et prend ma main.
-Je vais rester près de toi !
Je serre sa main en souriant.
-Merci, Fey.
-Attention, décollage dans trois… deux… un…
Je sens mes pieds se lever du sol, alors qu’une majeure partie des corps de Szèl, Vinhizi et Evwèen disparaissent.
-C’est parti ! S’écrie le venteux.
Je jette un dernier coup d’œil derrière moi, pour observer l’île devenir de plus en plus petite, jusqu’à disparaître sous les nuages glissant pour nous boucher la vue. Enfin, j’espère que tout ira bien pour Aljaras…
Oui, il n’y a pas moyen que Fajro aille le trouver. Ça va bien se passer.
Tenant toujours la main de Fey, j’observe autour de moi. Encore une fois, on se déplace à toute berzingue ! Les nuages filent à une vitesse folle en dessous de nous, je suis sûr qu’on survole l’océan, mais pour aller où…
Je me demande quelle est cette Source Perdue. Je me demande ou est ce qu’on va atterrir. Je me demande si j’ai raison d’avoir ce mauvais pressentiment. Je me demande beaucoup de choses, en fait…
Je souffle profondément, et profite du paysage autour de moi. Au moins, c’est toujours aussi magnifique. Serrant davantage la main de Fey, je ne vois pas le temps passer.
-Attention les enfants, nous traversons les nuages. Clame Evwèen.
… Je n’ai vraiment pas vu le temps passer.
J’ouvre les yeux, le ciel est différent, mais je sursaute en me rappelant de quelque chose.
Instinctivement, je me tourne vers Alev ; celle-ci le voit et me sourit, pour me rassurer... Mais ça ne marche pas des masses. Je veux dire, un nuage, ça reste humide ! Et on en a pas traversé un pour arriver ici !
Comme si l'univers voulais me répondre, je vois Alev se recroqueviller, près de Kusiya, jusqu'à ne plus devenir qu'une maigre flammèche. Tout disparait ! Son visage, ses bras, ses jambes... Elle n'est vraiment plus qu'une boule de feu !
La prêtresse tend la main, le bas de son corps disparait pour entourer la flamme d'une orbe protectrice.
C'est à cet instant qu'on traverse le nuage. Et que, surpris, je me prends tout de plein fouet.
-Foua !
Je m'agite un peu par réflexe, seul mon bras tenant Fey reste (relativement) immobile. Je retrouve cependant vite mes esprits, devant une saule hilare.
-Oui bah ça va hein, j'étais surpris !
-C'est toujours drôle, quand tu es surpris !
-Pfff.
Je ne peux pas m'empêcher de rire un peu tout de même. Mais je me tourne vers Alev et Kusiya ; la capitaine a retrouvé sa forme habituelle. C'est impressionnant qu'elle puisse à ce point se... réduire ? Je ne sais pas si c'est vraiment le bon terme...
Enfin c'est pas grave, l'important, c'est que je suis impressionné !
Je regarde sous mes pieds. Je ne sais pas du tout ou on est, je ne reconnais rien du tout... J'ai l'impression de voir une forêt, au sud d'un immense désert. On descend si vite que j'ai à peine le temps de voir ce qui nous entoure.
On se dirige vers un lac... Non, juste au nord d'un lac ! La Source Perdue doit en être une partie un peu isolée.
Et enfin, on atterrit. Tout en douceur, si je peux me permettre ! Je me méfie peut-être de cet Evwèen, mais je ne peux pas lui retirer qu'il maîtrise l'atterrissage. Ce dernier, ainsi que Vinhizi et Szèl, réapparaissent peu après.
-Nous sommes arrivés. Affirme l'érudit.
-Merci beaucoup Evwèen ! T’es le meilleur !
-Tu exagères, ce n’était que mon devoir !
Szèl saute dans ses bras. Après une courte célébration, il le lâche, et se tourne vers Vinhizi.
-Vinhizi… Yy iiweelii fuuniivoowaaiizoo zuuthii aaoos eeseeinii weefuuii syyfaawaaziisfee léézii Evwèen.
-TCHAANOO ?! Aalleeoo tchiifuuwee ?! S’écrie la brise.
-Iilee aaii zaaoosfii laanlaawoo aa wuuloofiiaawaa tchoowaansiis. Insiste Evwèen.
Szèl souffle profondément.
-Faantchiiziinaazaa zuuthii eelee ziillaanii Waasoofoofuuii shiitcheevoosaaloo loowaaziinoonaaoo Faaaiuuu, aaiitchuu aazaaeetsiioofaazoo weefuuii zaawaasfooziinoos !
-Aalleeoo iiseeii eemaasoonii, lilizetchi ! Rétorque Vinhizi.
-Iiwoouu oilee jeesseeiiaan aavaatchooseewaanii, aaiitchuu ooiitsii, ooshaaïi oilee fuuiiwee shiitchoo fuusiieeiioo zuuthii aaiitchuu aasaatsiifaa aavaatchooseewaaniioos eemaasoonii.
Alors que Vinhizi s'agite, Evwèen pose une main sur son épaule.
-Oilee zooveetseeaalaav jeetchaa loozeevaa.
-Evwèen !
-Aaoowoos aii looweezaa. Coupe l’érudit. Jaantsii aaiishüu aaseeiisfeezaa woollii zeeniisfaavoolaatsii zaaoo Szèl, aaiishüu aazaatsiivoos aawiieezooshoo ooshaaïi tchiiweezoo waafuuii waashüu… « uueenliitchaazoo ».
Il secoue la tête.
-Ooshaaïi aaiishüu fuuiiwee eewiitchaas weezeezii zootsaatsee wiizaasoovoo sfii voomooniiziieen.
Ces mots semblent faire réagir Vinhizi. Elle se tourne vers le plus âgé.
-Aalleeoo naaiioo, aaiishüu eewiitchaas aanloosliis sfii voomooniiziieen, naawaaooee jaantsii sfii joozeeloos aasiiheev aafiieefuuiisaahee !
-Neenviiroosee, aaiishüu fiioos zooveetseeaalvii wiineeiiaalee. Sourit Evwèen.
-Ootcheezee iieelaaii fuusiieeiioo tchoonaavii loouu zuuthii… Weeliiziiaa…
Le venteux semble légèrement confus, puis il se met à rire.
-Aasoohaavii zuuthii ootchee aaiitchuu Zoovffii fuusiieeiioo heenoovaanii wiizaasoovoo zaaoo ziieetsoos !
Je le vois prendre Vinhizi dans ses bras, Evwèen donne une tape amicale dans son dos, et les deux... S'éloignent ?
-Nous allons partir. Affirme l'érudit.
-Quoi ?! Mais pourquoi ?! Je m'écrie.
-C'est moi qui leur ai demandé. Je veux pas qu'ils se mettent davantage en danger... Affirme Szèl.
-Et en cas d'urg... urgace ?
-Urgence. Murmure Evwèen à son oreille.
-En cas d'urgence, on pourra venir vous aider ! Termine la brise.
Kusiya hoche la tête, semblant convaincue. Fey s'avance, et prend doucement la main de Vinhizi.
-Un immense merci pour votre aide à tous les deux, sans vous, nous serions encore coincés sur l'île...
-De rien...
Vinhizi détourne le regard, un peu embarrassé, avant de reculer.
-Bon courage à vous, les enfants. Sourit Evwèen.
-Zaavryyloos eefwaazaansaa ! Ooshaaïi aa woosaatchaasii Szèl !
-Aa woosaatchaasii Vinhizi !
Dans un coup de vent, les deux disparaissent plus loin. Szèl reste immobile quelques secondes, son regard fixant le vide laissé par ses deux amis. Il a l’air si… si triste…
Alors, je m'approche.
-Szèl ? Ça va aller ?
-Ah ! Oui, oui, t'en fais pas.
Il me sourit, un de ses immenses sourires, mais cette fois, tout éclat est... absent. Je pose une main sur son épaule.
-Quand la situation sera réglée, on va trouver un moyen de te réunir avec eux, promis.
-Hehe, merci, Etian. Mais c'est impossible, être banni de l'Air, c'est à vie...
-Alors on va renverser le gouvernement, lancer la révolution, et tout casser jusqu'à ce que tu sois heureux !
-Pfff, tu es sérieux ?
-On ne peut plus sérieux ! Personne n'a le droit de rendre triste mon fan ! Tant que ton sourire aura pas retrouvé son éclat, j'abandonnerai pas !
Il écarquille les yeux, et détourne la tête, clairement embarrassé. Ses joues forment même des petits tourbillons. C'est à ce moment là que je réalise ce que je viens de dire. Et que, franchement, j'ai envie de m'enterrer.
C'était... J'ai pas les mots pour dire à quel point je me sens ridicule. Je sens mon visage brûler sur place.
-Oups, euh... Pardon...
-Non, non ! T'excuse pas ! Vraiment ça me fait plaisir que tu penses ça.
Finalement, on se sourit tous les deux, un peu timidement.
Jusqu'à ce qu'un « hm hm ! » de Kusiya nous ramène droit sur Terre.
-Oui pardon ! On sursaute tous les deux.
Fey pouffe un peu, Alev roule des yeux mais ne peux pas s'empêcher de sourire. Seule Kusiya, la pauvre, semble sérieuse.
-Désolée de vous déranger dans votre idylle, mais il y a quelque chose que je dois vous confier...
Notre quoi ?! J'ai envie d'agiter les mains, de lui dire qu'elle se trompe complètement, mais une petite voix me dit que c'est pas le moment. Elle a l'air... Très, très sérieuse.
-Tout va bien ? Demande Szèl.
-Eh bien, j'espère être seulement paranoïaque, mais quelque chose me chiffonne...
Elle regarde Szèl, l'air sincèrement désolée.
-Au sujet d'Evwèen...
Le venteux sursaute.
-Quoi ?! Mais qu'est-ce qu'il a fait ?!
-Kusiya, il nous a beaucoup aidé... Souffle Fey.
-Oui, je sais, et je lui en suis profondément reconnaissante... Mais...
Elle se tourne vers Fey.
-Tu n'as pas vu qu'il... a observé ta gemme ?
Les autres sursautent un peu, même Alev, qui a dû reconnaître quelques mots.
-Comment ça ? Insiste la saule.
-Ça n'a duré qu'une seconde, mais son regard était tourné vers ta gemme. De manière... Assez insistante.
-Kusiya, enfin... Commence Szèl.
-Je l'ai vu aussi !
Tout le monde se tourne vers moi.
-Au moment où ta gemme a brillé, il t'a observé... C'était bizarre, je me suis un peu méfié aussi...
-Etian...
Le pauvre venteux est de plus en plus désemparé. Mon cœur se serre, je me sens tellement mal pour lui... Immédiatement après, je reprends :
-Mais je suis sûr que c'est pour rien ! Peut-être qu'il était surpris de la couleur, ou un truc du genre ! Je dis pas que ton ami est quelqu'un de peu recommandable !
-J'espère bien...
Il baisse un peu la tête, sa voix devenant un faible souffle.
-Evwèen... Ça fait des années qu'il s'occupe de moi... Quand je me dispute avec mes parents, il me loge, quand je suis blessé, il me soigne, quand j'ai une question sur les humains, il y répond...
Il croise les bras.
-J'sais pas pourquoi il a observé Fey, mais c'est pas... Evwèen est pas méchant ! Il est tellement prévenant et patient et...
Il termine dans un murmure :
-C'est plus un père pour moi que mes deux parents réunis...
Kusiya et moi nous regardons, avant que la prêtresse ne soupire.
-Désolée, Szèl, je ne voulais pas te faire douter de ton ami. Il tient énormément à toi, ça se voit.
-Oui ! Et puis il voulait peut-être juste me parler, mais n'en avait pas le temps ! Affirme Fey.
-Y'a forcément une explication. On trouve ça bizarre avec Kusiya, mais c'est sûrement rien.
Un peu rassuré, Szèl parvient à sourire. Le pauvre, non seulement toute cette situation lui pèse, mais en plus on accuse son ami... Cela ne calme pas ma méfiance, cependant. Ça me semble toujours… trop beau.
Mais qu’est-ce qu’Evwèen aurait à gagner alors qu’il aime tellement Szèl… ?
-Bon, on devrait avancer. Affirme Fey.
-Oui, tu as raison. Renchérit Kusiya.
Le venteux et moi hochons la tête, et nous commençons à avancer. Alev reste derrière nous, pour surveiller nos arrières. Je l'observe un instant, et...
-R… Hm… Rarrr… Rarrio ? Non, Rarria !
Elle sursaute, puis me souris gentiment.
-Etrrar yoarr, Etian.
Je sens mes yeux s'illuminer. Elle m'a appelé Etian ! Sa voix était un peu rocailleuse, le « t » en particulier, mais je m'en contrefiche ! Je me sens vraiment content !
Sautillant un peu, j'avance pour suivre les autres. Une chose est assez étrange, je ne sens aucun vent... Je sens de l'air autour de moi évidemment, mais tout semble... figé. Comme si le vent n'allait pas jusqu'ici. Ça explique peut-être pourquoi Faaiüu aime autant cet endroit.
Nous faisons le tour du lac, et après une dizaine de minutes de marche, Fey aperçoit une grotte plus loin, cachée par les plantes.
J'essuie un peu mon front, heureusement qu'on marche à côté d'un lac... Je l'observe un instant, me demandant s'il y a un village là dessous mais... Si l'endroit s'appelle la Source Perdue, c'est car elle doit être isolée de tous.
Enfin j'espère.
-Attention à la tête. Annonce Kusiya.
Elle soulève quelques plantes, qui cachaient l'entrée de la grotte, pour s'y engouffrer. Je la suis de prêt, et mon souffle se coupe instantanément.
Je n'ai jamais vu un paysage pareil...
L'eau du lac créé une source, ronde, au milieu de la grotte. Tout autour se trouve un chemin de pierre, laissé à l'abandon depuis au moins des siècles. Les plantes et même quelques champignons ont pris le dessus, mais puisqu'ils sont laissés tranquilles depuis si longtemps, ils sont bien plus gros et lumineux qu'ils ne devraient l'être.
J'ai l'impression d'avoir fait un pas dans un autre monde.
Je ne peux m'empêcher de sourire, les autres font de même.
-Ça m'étonne pas que Faaiuu se sente bien ici...
-Mais personne n'a essayé de venir ? Jamais ? Je demande.
-Je pense que non, l'eau n'a pas été touchée depuis des lustres. Affirme Kusiya.
-OOSHAAÏÏ IILEE AATCHIIFF EETCHIINOOAANIIAA ZUUTHII LOOUU OOZOOTSAAFAA EEOONOOZAATSEEM !!!
On se retourne en poussant un cri de surprise - et un peu de peur il faut bien l'admettre. Quelqu'un vient de nous hurler dans les oreilles ! Une bourrasque me fait reculer de quelques pas !
-Zuufuuii AANWAAZII weenaavaalzii slaaii zaanaanootchiisoo wuuseen iiwooaanaa zaaniisoowaa fiintchiisiiveelee zaaoo… O !
Quelques feuilles bougent un peu plus loin, une tornade auparavant colérique se calme, et prend forme, une canne venteuse se pose sur le sol.
-Jeunes gens, toutes mes excuses, je ne vous avais pas reconnus !
Faaiüu nous observe, souriant.
-Comme je suis heureux de vous revoir !