Entres les mondes, entres nous

Chapitre 20 : Confidence

740 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/07/2026 22:18

Il se faisait tard et ils avaient décidé de passer la nuit à Cardiff avant de rentrer.

La chambre d’hôtel baignait dans une pénombre tranquille. Le souffle régulier de Jack, endormi dans la pièce voisine, se devinait à travers la cloison. Jonathan, lui, s’éveilla brusquement, une sensation étrange l’arrachant au sommeil. Il tendit la main… et son cœur se serra. Le lit était vide. Rose n’était pas là.

Il se redressa, inquiet, scrutant la pièce. La lumière douce de la lampe de chevet révélait Rose, assise près de la fenêtre, les genoux ramenés contre elle, le regard perdu dans la nuit. Elle ne l’avait pas entendu se lever.

— Rose… murmura Jonathan, la voix enrouée par le sommeil. Tu ne dors pas ?

Elle tourna la tête vers lui, ses yeux brillants d’une fatigue mêlée d’angoisse.

— Je n’y arrive pas. Chaque fois que je ferme les yeux… je le vois. William. Comme s’il était là, dans le noir, à m’attendre.

Jonathan se glissa hors du lit et s’approcha doucement pour s’agenouiller près d’elle. Il posa une main rassurante sur son bras.

— Tu es en sécurité ici. Il ne peut pas t’atteindre.

Rose secoua la tête, la voix tremblante :

— Tu ne comprends pas… il a toujours su où me trouver. Même quand je croyais être libre. Et depuis cette photo, j’ai l’impression qu’il peut surgir de chaque ombre.

Jonathan la fixa, le regard grave mais profondément tendre.

— Je comprends plus que tu ne le crois. Mais tu n’es plus seule. Tu m’as moi, tu as Jack. Et nous ne le laisserons pas t’enfermer dans cette peur.

Rose inspira profondément, ses épaules frémissant. Elle posa doucement sa tête contre lui, cherchant refuge dans sa chaleur.

— J’aimerais tellement pouvoir croire qu’il n’a plus aucun pouvoir sur moi…

Jonathan serra doucement sa main.

— Alors crois en nous. En ce que nous avons construit.

Rose ferma les yeux, puis reprit d’une voix encore plus basse :

— C’est Mickey qui m’a aidée à comprendre que je me trompais. Que je cherchais le Docteur à travers William.

Jonathan fronça légèrement les sourcils, attentif.

— Tu confondais…

Rose hocha la tête, le souffle court.

— William avait cette intensité, cette même façon de regarder que… Et moi, j’étais encore dévastée par le vide que le Docteur avait laissé. Alors j’ai cru que c’était la même chose. Mais Mickey m’a ouvert les yeux : il m’a dit que William n’était qu’une ombre, une illusion qui se nourrissait de mon manque.

Elle inspira profondément, ses doigts serrant la manche de son pyjama.

— Alors je l’ai quitté. Et c’est là que j’ai commencé à chercher le vrai Docteur. Chaque pas que j’ai fait, chaque monde que j’ai traversé… c’était pour le retrouver.

Jonathan la fixa, son regard brillant d'une résolution ferme et bienveillante.

— Et tu as réussi. Tu as affronté l’impossible… et tu m’as retrouvé. Pas William. Pas une illusion. Moi. Le Docteur humain, né de cette séparation.

Rose releva les yeux vers lui, submergée par l'émotion.

— Oui. Et c’est pour ça que je ne veux plus jamais qu’il ait de pouvoir sur moi. Parce que je sais enfin faire la différence.

Jonathan enveloppa ses mains dans les siennes.

— Tu as choisi. Tu as quitté William, tu as traversé l'univers pour chercher le Docteur… et tu m’as trouvé. Et cette fois, je te le promets, je ne te laisserai plus jamais seule.


Il l'aida à se relever et la ramena jusqu au lit. Rose se laissa aller contre lui, son souffle devenant enfin plus calme et régulier. Dans le silence de la nuit, elle comprit qu’elle n’était plus la jeune femme vulnérable du passé. William pouvait bien rôder dans ses souvenirs : désormais, elle avançait sans crainte.

Jonathan resta éveillé encore un long moment, veillant sur son sommeil. Puis, rassuré par la paix qui s’était réinstallée dans la pièce, il ferma les yeux à son tour.

La nuit pouvait bien garder ses ombres ; eux avaient trouvé leur lumière.



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