Detroit Become Human : Who Really Am I ?
04 décembre 2039 (29 jours avant la fin du pari) — 08:02:34
Parc public de Détroit
PDV Connor
— Alors Connor, qu'est-ce que tu aimes faire dans ton temps libre ?
— Lors de mon temps libre ? Euh... Je ne sais pas. Je n'ai jamais vraiment eu de temps libre...
— Il y a des activités que tu as déjà eu envie de faire ? Ou qui t'intriguaient un tout petit peu ?
— Normalement, aujourd'hui, j'avais prévu d'aller à la bibliothèque de Détroit. J'aimerais en apprendre plus sur ce qui s'est passé en 2038. Peut-être que cela m'aidera à débloquer ma mémoire.
— On pourrait faire ça oui... ouuu alors, on pourrait faire un peu de sport en équipe ! D'après le lieutenant Adams, tu la joues souvent en solitaire... Pour pouvoir t'épanouir, il faut que tu t’ouvres aux autres, même si ce n'est pas dans le but de retrouver un criminel.
— Je ne sais pas trop, Mélodie... Je n'ai pas été conçu pour faire du sport. J'ai beau avoir une bonne condition physique, je ne suis pas un androïde programmé pour ça.
— Tu arrivais bien à pourchasser des déviants par le passé. Ce n'est pas une petite partie de tennis qui va te tuer !
Mélodie me prend par le bras pour m'emmener sur le terrain de tennis du parc.
— Je t'ai même pris une tenue à ta taille ! Bon... On repassera sur le choix de la couleur...
— Je dois vraiment me changer... ?
Mélodie se contente de me répondre avec un hochement de tête. Je sens déjà que ça va mal finir cette histoire.
Je pars donc me changer et, à mon retour, Mélodie est également en tenue de sport.
— Alors, comment tu me trouves ?
— C'est une tenue basique pour faire du sport. Tu ne devrais pas avoir trop de mal dans tes mouvements.
Elle me regarde d'un air blasé.
— Je ne t'ai pas demandé une description détaillée de ma tenue... "
Plus on avance dans la matinée et plus on enchaîne les matchs, plus je sens que ce sport m'agace. Certains mouvements ne me viennent pas naturellement. On n'arrête pas de se faire battre. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à jouer à un simple sport ?
— Non, Connor ! Ce n'est pas comme ça qu'on fait un coup en revers.
Mélodie me montre pour la 12e fois en 36 minutes comment faire ce mouvement.
— J'en ai marre, Mélodie. On ne pourrait pas faire autre chose ? Ce que tu veux, sauf ça.
— Quelque chose cloche ?
— Non. C'est juste que je sens bien que ce sport n'est pas fait pour moi.
— Bon d'accord.
Elle réfléchit un instant.
— Je sais ! On pourrait aller manger un bout à mon restaurant préféré.
— Mélodie...Les androïdes n'ont pas besoin de s'alimenter.
— Et alors ? Qui dit qu'il est nécessaire de devoir s'alimenter pour profiter d'un bon plat entre amis ?
— Personne ? Je suppose.
Nous allons chacun nous changer pour remettre nos tenues quotidiennes puis nous nous rejoignons à la sortie du parc.
— Il n'est pas très loin en plus !
— Écoute, je n'ai vraiment pas faim là maintenant.
— N'exagère pas et ton argument est invalide. Tu viens de me dire que les androïdes n'ont pas besoin de manger.
Une fois arrivés devant le restaurant, Mélodie et moi nous nous asseyons à table.
Mélodie commande ce qui, au vu de son enthousiasme lors de son choix, doit être son plat favori. De mon côté, la liste de tous les plats me donne presque la tête qui tourne. Pourquoi avoir autant de plats alors que le but principal est simplement de se nourrir ? Finalement, je n'ai même pas le temps de dire ce que je compte prendre, que Mélodie fait le choix à ma place.
— Je suis sûre que tu vas aimer ce que je t'ai commandé !
Je lui réponds avec un mini-sourire crispé.
Quelques minutes plus tard, nos plats finissent par arriver. Mélodie me souhaite un bon appétit et commence à manger. Même si l'assiette est attirante, une petite voix dans ma tête m’intime de ne pas toucher à de la nourriture humaine. Cette petite voix n'est rien d'autre que mon programme qui m'avertit que je n'ai pas les logiciels nécessaires pour être capable de digérer la nourriture humaine et que, par conséquent, cela pourrait endommager temporairement certains de mes biocomposants. Cependant, pour faire plaisir à Mélodie, je fais abstraction de cet avertissement et prends une bouchée de ce plat. Je n'ai également pas la capacité de goûter les aliments, il m'est donc impossible d'aimer quelque plat qu'on me serve.
— Alors ? Qu'est-ce que tu en penses ?
— D-Délicieux. dis-je d'un air peu convaincant
Il est 14h quand on quitte enfin le restaurant (je ne pensais pas que Mélodie allait commander autant de desserts après le plat principal). Mélodie, toujours pleine d'enthousiasme, souhaite continuer la journée sur cette lancée, sauf que trop d'enthousiasme tue l'enthousiasme.
— Viens, Connor ! Je sais ce que nous allons faire maintenant !
— Mélodie, écoute... Je...
— On pourrait aller voir un film ou alors aller voir la vue panoramique de Détroit !
— Mélodie !
Elle se tourne brusquement vers moi avec des yeux interrogateurs.
— J'apprécie ton enthousiasme, mais je sens bien que cette approche n'est pas la bonne solution pour moi. Et puis, sans vouloir être offensant... J'ai l'impression qu'on fait surtout ce que TOI tu aimes.
— Mais, tu m'as dit toi-même que tu ne sais pas ce que tu aimes.
— Je t'ai dit à plusieurs reprises que je n'accroche pas au sport qu'on faisait ce matin. Et ici, j'ai refusé plusieurs fois de prendre un second plat, tout simplement car je n'aimais pas manger un bout avec toi !
Je me rends seulement compte à l'instant, à la vue du visage de Mélodie, de ce que je viens de dire.
— D-Désolé, Mélodie... Ce n'est pas ce que je...
— Écoute, Connor. Si tu n'as pas envie de traîner avec moi, c'est ton choix. Mais sache que je te considérais comme mon ami. Apparemment, ce sentiment n'était pas partagé... "
Elle me rend un sourire triste en guise d' « au revoir » et part de son côté. Je reste comme un idiot sur le trottoir, laissant Mélodie disparaître de mon champ de vision.
04 décembre 2039 (29 jours avant la fin du pari) —16:32:29
Appartement de Connor
PDV Connor
Bizarrement, je commence à apprécier ce petit appartement. Même si je n'ai pas besoin de me nourrir ou de dormir, cet endroit me sert de refuge dès que j'ai besoin d'être un peu seul pour faire mes recherches et pour lire un peu.
Soudain, j'entends toquer à la porte.
— Connor... ? C'est moi, Mélodie. Est-ce qu'on pourrait discuter ?
Je me lève et range en vitesse toutes les traces de mon enquête personnelle (je préfère la garder secrète pour le moment... Je ne sais pas encore à qui je peux faire confiance), avant d'aller lui ouvrir et de l'inviter à entrer. On s'assoit tous les deux sur le canapé.
— Je tenais à m'excuser pour mon comportement d'aujourd'hui... J'étais tellement enthousiaste à l'idée de faire plus ample connaissance avec toi que j'en ai oublié que tout ça est nouveau pour toi...
— Ne t'inquiète pas. Je te dois aussi des excuses. Je me suis mal exprimé tout à l'heure. Je ne voulais pas dire que je n'aimais pas ta compagnie, au contraire, je la trouve plustôt... plaisante ?
Mélodie me sourit.
— Je te promets qu'à l'avenir, j'essaierai d'être un peu plus à ton écoute et d'aller à ton rythme.
Je lui souris sincèrement en retour.
— Et moi, je te promets d'essayer d'y donner un peu plus du mien la prochaine fois qu'on jouera au tennis. Cependant, ne compte pas sur moi pour écrire le prochain guide Michelin.
Suite à cette plaisanterie, on se met à rire tous les deux.
05 décembre 2039 (28 jours avant la fin du pari) — 06:03:12
Appartement de Connor
PDV Connor
Alors que je me prépare pour aller travailler, je remarque que le lever du soleil est plus éblouissant que jamais : il est plus chaleureux, plus jaune.