Detroit Become Human : Who Really Am I ?
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PDV ???
« Où suis-je ? » me demandai-je, confus, sans avoir encore ouvert les yeux.
Lorsque j'ouvre les yeux, je remarque que je suis dans une pièce aux murs blanc immaculé. Il ne me faut pas beaucoup de temps pour me rendre compte que je suis branché à quelque chose... une perfusion de thirium ?
Peu après mon réveil, une machine se mit à faire un bruit assez assourdissant. En réaction à ce bruit, plusieurs personnes sont entrées dans ma chambre d'hôpital. Je remarque rapidement qu'il s'agit de policiers.
« Monsieur Connor ? Êtes-vous capable de parler ? Comment vous sentez-vous ? »
Puisque le policier me regarde, j'en conclus qu'il s'adresse à moi. Connor, ce prénom m'est familier, c'était sûrement celui que je portais au lieu de RK800.
« Oui, je vous entends. Excusez-moi, mais pourquoi la police vient me voir ? Ai-je fait quelque chose de mal ? Je vous avoue que c'est un vrai brouillard dans ma tête actuellement. »
Les policiers se regardent entre eux d'un air mélangé entre la surprise et la confusion. Ensuite, l'un d'entre eux s'approche de moi.
« Vous ne vous souvenez vraiment de rien ? », me demande-t-il.
« Tout ce que je sais maintenant, ce ne sont que des déductions et des hypothèses tirées de mon programme. D'ailleurs, depuis quand les androïdes sont-ils hospitalisés comme des humains ? », demandai-je à mon tour.
« Chaque chose en son temps, Monsieur Connor. Je me permets,tout d’abord, de vous informer que les temps ont pas mal changé même si cela ne fait qu'un an que vous avez été désactivé. » Un des pairs du policier lui donne un coup de coude. Il a dû dire quelque chose qu'il ne fallait pas.
« J'ai donc été désactivé par le passé...Qu'ai-je fait pour être désactivé pendant un an ?
- C'est assez compliqué à expliquer, monsieur Connor. »
Je lâche un soupir.
« Et qu'est-ce qui me doit la visite de toute une équipe de police ?
- Nous sommes venus car, par le passé, vous étiez un androïde de pointe dans les domaines de la recherche criminelle et des interrogatoires, me répond-il
- Je vois... Et donc ? Si je ne le suis plus, je n'ai pas de raison de vous rejoindre. »
Le policier est un peu déconcerté par ma réflexion.
« N-Non, en effet. Mais on se disait que vous voudriez peut-être un point de repère pour recommencer quelque part. Étant donné que vous n'avez même pas de domicile. »
Je réagis directement : « Les androïdes ne peuvent pas avoir de domicile. »
« Désormais si, monsieur. Bref, nous n'allons pas allonger la discussion. Une infirmière ne va pas tarder à arriver pour prendre vos paramètres. »
Il pose une carte de visite sur ma table de chevet.
« N'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de quoi que ce soit. Je me nomme lieutenant Adams. Ce fut un plaisir, monsieur Connor. »
Sur ces paroles, le lieutenant Adams part de la chambre. C'est bizarre...Quand j'ai entendu le mot « lieutenant », j'ai eu comme des sortes de souvenirs de choses dont je ne me souviens pas du tout. L'image d'un homme aux cheveux gris, qui sent un peu l'alcool, m'est venue en tête. Peut-être que si je retrouve sa trace, il pourra m'aider...
M'interrompant dans mes pensées, une infirmière entre dans la chambre.
« Bonjour, monsieur Connor. Je vois que vous êtes enfin réveillé. Laissez-moi me présenter. Je me nomme Mélodie. Je serai votre infirmière attitrée pendant votre séjour à l'hôpital. »
Une infirmière attitrée ? Carrément. Ils ne vont pas dans les petits détails. Les temps ont bien changé.
« Excusez-moi, Mélodie, mais pourriez-vous m'expliquer un peu ce qui m'arrive ? »
Mélodie s'installe à côté de moi.
« D'après nos recherches vous concernant, vous seriez un androïde qui avait une certaine importance il y a un an. Cependant, pour des raisons inconnues, vous avez été envoyé chez CyberLife pour être désassemblé et fouillé. Au même moment, la tour CyberLife a dû être abandonnée. Vous êtes donc resté dans un état de désactivation pendant un peu plus d'un mois. Ceci a provoqué un bug dans votre système qui a bloqué votre mémoire et, par un lien que l'on ignore pour le moment, vous a fait subir la mutation dans votre programme qui provoque le passage de “machine” à être-vivant chez un androïde, m'explique-t-elle.
- Je vois...Et qu'est-ce qui se passera si je récupère la mémoire ? » demandai-je
« Nous l'ignorons...Vous pourriez très bien rester comme ceci mais avec vos anciens souvenirs, redevenir comme avant, ou...
- Ou ?
- Je ne préfère pas vous en parler maintenant. »
Elle termine de prendre mes paramètres.
« Est-ce que vous savez quand je pourrai sortir de l'hôpital ? » demandai-je de nouveau
« Vous aimez poser des questions, vous. On voit bien que vous étiez un détective par le passé. », dit-elle en rigolant, même si cette remarque me rend un peu gêné.
« Normalement, vous devriez sortir dans 3 jours si votre état reste stable sans souci. »
25 novembre 2039 — 11:16:39
Entrée de l'hôpital de Détroit
PDV Connor
Je quitte enfin l'hôpital. Je dis ça comme si j'y avais passé des mois entiers et que le service était horrible, mais je suis surtout excité (si je peux dire ça, j'ai encore un peu de mal à assimiler les sensations des émotions humaines) à l'idée de redécouvrir qui j'étais vraiment. Est-ce que j'étais un détective hors norme à la Sherlock Holmes ? Une sorte d'espion peut-être ? Ou alors peut-être que j'étais la pire des ordures et que j'ai tué des innocents. Mélodie a raison. Je me pose beaucoup trop de questions.
Après avoir quitté l'hôpital, je décide de déambuler dans les rues de Détroit. Pas forcément à la recherche d'information ou de quoi que ce soit. Je veux seulement « m'immerger » dans cette nouvelle réalité. Les hommes et les androïdes sont donc égaux désormais ? Je ne sais pas pourquoi, mais entendre cela me provoque un frisson. Je ne pourrais pas dire s'il s'agit d'un frisson positif ou négatif.
Un peu partout dans les rues, il y a des affiches. Des affiches électorales plus précisément. Il y a un tas pour les « élections androïdes » et un tas pour les « élections humaines ». Apparemment, c'est la première fois qu'une ville aura droit à un représentant pour la population humaine et un autre pour les androïdes. Je m'arrête par curiosité sur les affiches des élections androïdes et regarde les candidats. Je finis par m'attarder sur l’un d’eux en particulier : Markus, le leader de Jericho. Sa tête ne m'a pas l'air inconnue. Je me concentre un peu dessus puis un nouveau souvenir me vient en tête, mais il est beaucoup plus violent. Dans ce souvenir, ce fameux Markus pointait son arme sur moi, je suppose, et me tirait dessus. Serait-ce donc lui qui aurait causé ma désactivation ? Et si Mélodie m'avait menti et que je n'avais jamais été renvoyé à CyberLife ? Et si, au final, c’étaient mes congénères androïdes qui représentaient un danger pour moi ? Non. Je dois rester rationnel. Les émotions humaines m'envahissent trop. Je dois apprendre à les contrôler ou alors je dois m'en débarrasser au plus vite. Pour ça, dans tous les cas, je dois retrouver ma mémoire.
En marchant dans les rues de Détroit, je remarque que beaucoup de choses ont changé. Il est désormais quasiment impossible de distinguer les androïdes des humains puisque ceux-ci ne portent plus leur LED temporale et n'ont plus d'uniforme. Je fais donc vraiment tache dans le paysage en portant mon uniforme et en ayant cette fameuse LED. Peut-être que je devrais m'en séparer ? Non. Pas tant que je ne sais pas qui je suis vraiment. C'est tout ce qui me reste de ce que j'étais.