La tirade pied-de-nez par

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Poème / Humour / Parodie

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Catégorie: G , 450 mots
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La tirade Pied-de-Nez

 

Nous courons tous après les revues de nos pairs. Lorsque tombe une critique, acerbe ou dithyrambique, c’est la sueur froide, avant d'en tirer parti ! On s’intéresse si peu à notre petite production…

Certes, en général la lectrice est plutôt bienveillante.

Mais parfois elle consent un caquet laconique - une revue neutre, paresseuse, sans avis, juste pour marquer son passage.

Née dans un mouvement d’humeur bien vite refoulé, voici une protestation vengeresse après une revue vraiment trop plate !

.oOo.

Ah, Non ! C'est un peu court, jeune fille !

On eût put griffonner, sans trop user sa bille,

Bigarrer la tournure, un brin risquer l'habile :

Agressif : « Moi, Dame, si j'avais un tel style,

Il faudrait sur le champ que je tire la chasse ! »

Amical : « Concis, sobre, ou même faignasse :

Vos contes confondraient la fable et le polar ! »

Descriptif : « Sans relief ! ... inodore... vrai nanar !

Chaque soir sur fanfic avaler même pilule ! »

Curieux : « De quoi vous sert cet étrange bidule ?

De bouche-trou, Madame, ou d'attrape-gogo ? »

Gracieux : "Aimez-vous à ce point les blaireaux

Pour tous les caresser dans la pente du poil,

Que vous les cajoliez au point d'ôter tout voile ?"

Truculent : "Ca, Madame, lorsque vous écrivez,

L'inflation gagnant vos lourdes vacuités

Elève-t-elle ces lacunes au vide sidéral ?"

Prévenant : "Vêtez-vous votre style abyssal

Pour meubler l'immaculée blancheur de vos pages ?"

Tendre : "Restez nichée, évitez le tapage

Laissez les mots standard vous garder de l'audace."

Pédant : "Le poisson seul, que désigne Amyntas

Pétraodontidé, eut en ses joues enflées

Tant de conformisme, d'ordinaire boursouflé !"

Cavalier : "Quoi, Mary, ce néant à la mode ?

Pour parler sans rien dire c'est vraiment commode !"

Emphatique : "Les yeux glissent, sans heurter de relief,

Sur votre prose lisse, en vain cherchant grief."

Dramatique : "Au faîte de toute platitude !"

Admiratif : "Plan sous toutes les latitudes !"

Lyrique : "Est-ce quelconque et bon pour le siphon !"

Naïf : "Ces revues ressassées, que ne les revoie-t-on ?"

Respectueux : "Souffrez Dame, qu'on vous salue,

Pour avoir hasardé rien écrire de plus."

Campagnard : "C'te revoyance est y point merveille

A bâiller aussi creux que le cul d'ma bouteille ?"

Militaire : "Revue de latrines, à vos corvées !"

Pratique : "Passe-partout vide et facile à ranger,

Invariable, réglé, égal, uni et fade !

Philosophe enfin, imitant Alcibiade :

"Le voici donc ce vers, qui renferme en entier

De son auteur constant, la pensée atrophiée!"

Voilà ce qu'en revue, vous auriez écrit,

Si vous aviez un peu le respect et l'envie,

De dépasser enfin les louanges atones,

Vous gardant, non comme ici, d'en faire des tonnes !

.oOo.

Pardon à Cyrano, qui ne méritait pas

Qu'on le persécutât de cet odieux plagiat !

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