Un vent d'Aventures

Chapitre 33 : Une histoire de gaz

828 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 29/09/2026 10:03

Cela faisait maintenant deux jours qu'ils naviguaient vers l'île des intendants, et le moral des troupes était au plus bas. Shin avait le mal de mer et recouvrait régulièrement le parquet en bois de tâches aux senteurs exotiques, Balthazar passait son temps à se plaindre de l'eau, et, vu qu'il y en avait partout, difficile de l'ignorer, Grunlek s'était mis en tête d'améliorer son bras métallique et passait tout son temps dans la cale du bateau. Quant à Théo, il essayait de rester calme et de ne pas les étrangler un à un dans leur sommeil, par manque d'exercice et de sang.


Ce matin-là, Bob était sur la proue du bateau, se plaignant du brouillard. Théo, qui passait par là, leva les yeux en l'air. Bien sûr, le mage vit qu'il était là et décida donc de s'attaquer à lui. Le ton monta très rapidement entre les deux hommes au sang chaud, comme d'habitude.


— Et toi là ! Tu vas la prendre quand ta douche du mois ? Parce que sans vouloir être offensant, ça sent l'ours dans notre cabine. En plus tu pètes la nuit.


— Moi, je pète ?! On en parle du fait que t'as manqué de cramer les cheveux de Grunlek juste à cause d'un cauchemar ?!


— Comme si c'était de ma faute ! Puis tu peux parler ! On a tous manqué de finir asphyxiés à cause de tes gaz !


— C'était Shin !


— Shin ses prouts sentent les nénuphars !


— Qu'est-ce que t'en sais, t'as déjà été renifler ?!


— BAH OUI ! 


La porte menant au sous-sol du bateau s'ouvrit soudainement. Shin courut jusqu'au bord du bateau et recracha tout son dîner, décorant la coque d'une bouillie verdâtre bien sympathique. Il se dirigea ensuite vers Théo et Bob, toujours en pleine engueulade. Bob, en voyant Shin, le prit directement à parti.


— Shin ! Dis-lui !


— De quoi ? demanda l'archer, perdu.


— Que tes prouts sentent les nénuphars enfin !


— C'est pas parce que c'est un demi-élémentaire que ses prouts sentent l'eau ! hurla Théo. C'est du racisme en plus ! Puis si c'est pas lui, c'est le nain, vu la quantité de bière qu'il ingurgite, ses prouts sont pas très frais !


— Et les tiens, on en parle ?! Ils sentent quoi, toi, tes prouts ?! Hein Théo de Silverberg ?! 


Shin, yeux écarquillés, ne vit pas Grunlek arriver. Le nain tapota le bras du demi-élémentaire, et demanda en bâillant ce qui était en train de se passer. Shin lui expliqua brièvement que ça parlait de pets, et que ça les concernait, et que c'était à peu près la seule chose qu'il avait comprise.


— Mes prouts, ils sentent pas ! hurla Théo, en colère.


— Si !


— Non !


— Sans vouloir compliquer encore l'affaire, intervint Grunlek, les vibrations viennent de ton lit Bob. Je crois que c'est toi qui pètes. Mais ça arrive à tout le monde, tu sais.


— AH ! cria Théo. J'en étais sûr ! C'est toi qui pètes ! En plus t'as dit que tu supportais pas les œufs une fois, et on a mangé des œufs hier !


— Ça veut rien dire ça ! En plus j'en ai pas mangé ! J'ai pas pété je vous dis ! C'est lui là ! Mes prouts, c'est des prouts fusées, pas des bombes puantes ! On les entend même pas ! 


Un silence de mort tomba sur les aventuriers. Théo finit par prendre la parole, déglutissant.


— Vous croyez que... C'est un esprit ? Si ça se trouve un fantôme vient dans notre chambre la nuit. On sait pas ce qu'il se passe dans les mers, si ça se trouve un pirate avait des gaz en mourant et...


— Pourquoi pas un Léviathan ? ajouta Bob, en riant, se moquant de lui. 


... Oh ouais, c'est vrai ça ! Pourquoi ne pas rajouter un Léviathan ? pensa l'auteur, alors que son cerveau était en train de rendre l'âme. Alors qu'ils étaient en pleine discussion, un grondement sous le bateau se fit entendre, avant qu'une odeur horrible ne se fasse sentir. Bob se jeta à terre en spasmant, mourant sous le manque d'oxygène.


— C'est le Léviathan qui pète ! s'étonna Shin, avant que son estomac se torde de nouveau et qu'il courre à la rambarde. 


Un immense serpent venait d'apparaître. Il prit la parole. Oui. Le Léviathan.


— Je suis désolé, les amis, j'ai mal au ventre. J'ai mangé le Kraken hier et il n’est pas très bien passé.


— C'est pas grave, confia Théo. Mon ami couché au sol pète aussi la nuit, on comprend parfaitement. Pas vrai, Bob ? 


Le pyromage était tombé dans les pommes, en pauvre petite nature qu'il était. Le Léviathan salua le paladin avant de plonger dans les profondeurs, en les gratifiant d'un magistral pet. Ainsi se termine cette histoire de gaz, l'auteur a besoin d'oxygène pour survivre encore quelques minutes.


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