Les Survivants - Saison 2

Chapitre 4 : Wreck beach

1567 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 28/05/2026 11:10

Épisode 4 : Wreck beach

Par Myfanwi


Le réveil fut compliqué. Couchés sur une sorte de plage, les survivants eurent bien du mal à retrouver leurs esprits. Jessica se remit rapidement sur ses pieds et encouragea... ou plutôt ordonna sèchement aux autres d'en faire de même, n'hésitant pas à les bousculer un peu pour obtenir ce qu'elle voulait, et notamment Kumiko, installée à côté d'elle. William et Canigou se trouvaient plus loin, sur un autre monticule sableux.


Canigou, encore un peu secoué par les récents événements, peu intéressé par l'agitation, fut lui attiré par une série de gargouillements à sa droite. Alain se trouvait toujours au sol, le corps agité de spasmes étranges et anormaux. L'homme se retourna subitement sur le ventre et le regard vitreux, manqua de peu d'attraper le chien par la patte. Le shetland aboya férocement dans sa direction pour alerter William de la menace imminente. Le vieil homme attrapa le chien par le collier et le tira en arrière. Il lança un regard vers Jessica et finit par l'appeler à l'aide en essayant de maintenir le zombie à distance avec un bâton.


La militaire, alerte, regarda autour d'elle. Malheureusement, leur équipement avait disparu avec le navire. Trempés jusqu'aux os, ils ne pouvaient que grelotter de froid et se débrouiller avec ce qu'ils trouvaient dans les décombres. Ils devaient se dépêcher. De grandes nappes de sang flottaient déjà à la surface de l'eau et des crânes émergeaient peu à peu des profondeurs. Ils allaient bientôt se retrouver envahis de tous les côtés, d'autant plus qu'une brume épaisse empêchait une bonne visibilité. Jessica fouilla dans un tas de déchet et récupéra un morceau de verre tranchant comme poignard de fortune. Elle fit ensuite à un signe de tête à Kumiko, qui avait, elle, réussi à garder son katana, et les deux femmes s'engagèrent dans l'eau pour rejoindre William de l'autre côté.


— Tout va bien, vous n'êtes pas blessé ? demanda-t-elle en arrivant sur l'autre berge.


William se contenta d'un regard nerveux vers Alain pour toute réponse. Jessica attrapa un gros caillou et l'écrasa sur le visage de l'homme qui leur avait pourri l'existence ces dernières heures. Son crâne éclata comme du pop corn et il retomba au sol, inerte.


Un « Plouf » sonore avertit les survivants que Canigou avait décidé d'avancer sans eux. Après un dernier regard pour la petite plage, le groupe décida de le suivre. Kumiko passa la première, son katana à la main. Jessica resta, elle, en arrière pour veiller sur William, toujours en difficulté après sa douche improvisée. De l'eau jusqu'au ventre, ils avancèrent tous les trois à la queue leu leu, alors que les grognements des zombies s'intensifiaient derrière eux.


Kumiko ne tarda pas à repérer une grosse caisse à leur droite, dans la brume. Malheureusement, elle aurait mieux fait de regarder ses pieds, puisqu'une vive douleur lui traversa brutalement la voute plantaire. Elle poussa un cri aigu et sautilla sur place pour se déloger.


— Qu'est-ce qui se passe ? s'alerta Jessica. Il y a un problème ?


— Attention ! la prévint Kumiko en japanglais. Aïe, aïe !


Ne pouvant pas l'examiner dans l'eau, Jessica décida de la porter dans ses bras. La Japonaise ne pesait presque rien, ce qui facilita grandement le transport. Son imprudence permit néanmoins à ses compagnons d'éviter eux aussi le danger, à savoir un grand champ de morceaux de verre tranchants et pointus. La militaire accéléra la cadence, pressée de regagner la terre ferme. Ils rejoignirent rapidement Canigou, la truffe au sol, en train d'inspecter les environs.


Un gémissement l'alerta et il pencha la tête sur le côté pour analyser la dangerosité de l'intrus. Il s'approcha et repéra très vite qu'un individu couvert de sable essayait de se dégager. Il hésita un instant, mais sa truffe lui apprit que celui-ci était bien vivant. Il poussa une plainte pour alerter les autres et commença à gratter le sable pour essayer d'aider la victime.


Jessica tourna la tête vers le chien. William posa une main sur son épaule.


— Allez voir ce que veut le chien, je m'occupe d'elle.


La militaire hocha la tête et déposa Kumiko sur le sable. Elle se dirigea ensuite vers Canigou et l'homme enseveli. Le chien fit un tour sur lui-même, impatient, puis gratta de nouveau le sable. L'homme s'avérait être en réalité une femme, et Jessica la reconnut. Il s'agissait de Nathanaëlle, une des survivantes de son île. Couverte de sable et de sang, elle se trouvait dans un état lamentable. Elle gémissait pitoyablement, les bras tendus vers la militaire, appelant à l'aide.


— William, tu peux venir voir ?


L'intéressé, occupé avec Kumiko, lui répondit d'un signe de tête qu'il en avait encore pour deux minutes. Chirurgien de terrain, il avait heureusement les bases pour les premiers secours. Il retira doucement la chaussure la Japonaise, puis retira le morceau de verre. À défaut, puisqu'il n'avait rien pour désinfecter sous la main, il arracha un morceau de sa chemise déjà en piteux état et nettoya la blessure à l'eau de mer, avant de nouer le tissu autour de la plaie pour limiter l'hémorragie. Il se retourna ensuite pour aller aider la deuxième victime.


Voyant la femme entre de bonnes mains, Jessica retourna vers le littoral. La grosse caisse qui avait coûté la blessure de Kumiko pouvait sans doute contenir de l'équipement. Elle profita de la crédulité de Canigou pour l'envoyer en éclaireur. Le chien hésita, mais, loyal, décida de s'aventurer dans la brume en longeant la plage, méfiant. Jessica continua de l'encourager à bonne distance en faisant de grands gestes vers la caisse. Peu en confiance, Canigou se sentit de plus en plus mal à l'aise et opprimé. Il ne comprenait pas ce que cette grande quille voulait de lui et cela le stressait. Sa queue retomba entre ses pattes et il recula en lui lançant un regard culpabilisateur.


De son côté, William commençait à s'inquiéter. L'état de Nathanaëlle était bien plus grave que celui de Kumiko. Gravement blessée et en état d'hypothermie, il aurait pu l'aider avec du matériel approprié et surtout une couverture. Malheureusement, il n'avait rien de tout ça sous la main. Elle était transportable, certes, mais deviendrait vite un poids mort comme feu Alain avait pu l'être. Néanmoins, presque inconsciente, elle avait au moins l'avantage d'être plus silencieuse que lui.


— Elle est vivante, avertit-il, à l'attention de Jessica et Kumiko. Elle est en très mauvais état, mais on peut la porter. Par contre, il va falloir faire très attention, elle pourrait...


Il mima un couteau sous la gorge.


— ... Et ce serait une Alain bis.


Jessica l'ignora complètement. Tout ce qui l'intéressait, c'était l'équipement de cette foutue caisse. Puisque Canigou n'était pas décidé à l'aider, elle décida d'y aller elle-même. Inquiet, le chien fut tenté de la suivre, mais toujours apeuré, il ne fit que longer la plage avec nervosité en chouinant. Autour d'eux, les zombies étaient de moins en moins sujets à la pression de l'eau et se rapprochaient peu à peu de leur position. Ils avaient déjà perdu trop de temps, il fallait bouger et vite.


Le pied de la militaire s'enfonça dans le sable, un peu plus profondément. Devant elle, la caisse en fit de même. Elle ignorait qu'il y avait des sables mouvants en Norvège, mais après tout, on en apprenait tous les jours, n'est-ce pas ? Elle se dépêcha de tendre les bras et ne parvint à sauver qu'un seul objet avant que la caisse ne disparaisse entièrement dans le sable : une trousse de premier secours. Le hasard faisait bien les choses, puisqu'il s'agissait précisément de ce dont ils avaient besoin. Elle revint sur ses pas, un peu déçue de ne pas avoir pu récupérer plus de choses.


Kumiko, déjà sur ses jambes, fouillait maintenant les caisses et barils abandonnés autour d'eux, à la recherche de plus d'équipement. Elle n'y trouva rien d'intéressant et rejoignit le groupe. Jessica lança un regard à son nouveau groupe et poussa un soupir. Les zombies arrivaient, ils devaient bouger.


— William, aidez Kumiko à marcher. Je m'occupe de porter Nathanaëlle. On ne peut plus attendre ici.


Tout le monde s'exécuta. Canigou partit en tête à la recherche d'un chemin praticable. Il parvint sans difficulté sur l'autre berge. Le groupe le suivit et réussit à gagner enfin la vraie plage. Au nord, devant eux, une véritable décharge à ciel ouvert les attendait désormais, derrière une plage couverte de corps, certains couchés, d'autres errant parmi les décombres.


— Oh ! Regardez, cria William, une poupée gonflable !


Tous les regards se tournèrent vers le morceau de plastique insolite qui flottait à la surface de l'eau. À qui pouvait-elle bien appartenir ? Ils n'eurent cependant pas le temps de se pencher sur son cas, car une voix familière retentit non loin de là.


— Est-ce qu'il y a quelqu'un ? cria-t-elle. Vous m'entendez ?


Jensen. Sa voix portait des hauteurs et il semblait avoir besoin d'aide.

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