Les Survivants - Saison 1

Chapitre 5 : Escape plan

1688 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 28/02/2026 09:46

Épisode 5 : Escape plan

Par Olivia14


Hoân avait quitté le bus suite à la dispute qui avait éclaté à l'intérieur. Il avait pris, seul, la décision de rejoindre les premiers survivants, partis explorer les environs pour trouver des ressources. Il le savait : de toute façon, la zone n'était pas sûre, il ne serait à l'abri nulle part. Le bruit sourd de ses pas sur l'asphalte rythmait les échos des morts-vivants, qui lui parvenaient de partout sans qu'il puisse déterminer leur position. Les jappements d'un chien au loin s'éloignèrent tristement.


Serpentant souplement d'ombre en ombre, il parvint à la station où il pensait retrouver ses compagnons. Arrivant sur place, un bruit d'effondrement le fit sursauter, comme si tout un pan de mur s'était écroulé. Pour se rassurer, il jeta un coup d'œil à son équipement, très sobre : une couverture enroulée autour de son bras, qui lui avait déjà plusieurs fois sauvé la vie, et deux pauvres couteaux. Ses couteaux. Son seul moyen de s'en tirer en cas d'attaque. Avançant prudemment, enjambant les premiers débris, il se retrouva à l'intérieur de la station.


Éclairées par la lumière blafarde qui régnait dehors, des milliards de particules de poussière avaient envahi l'atmosphère. Leur reflet aurait été presque joli sans l'atroce odeur de mort et de pourriture qui se dégageait de l'endroit. Un frisson parcourut Hoân. Derrière lui, le son entêtant d'un cadavre se traînant sur le sol se faisait déjà entendre... Il fit un pas et son regard accrocha une silhouette allongée là, dans un coin...


Douglas.


Très ébranlé par la découverte de la mort de cet homme qu'il respectait beaucoup, le jeune garçon se pencha sur lui. Essayant de ne pas trop regarder ses blessures horribles (l'énorme entaille qu'il avait au front, les traces de griffures et de morsures qui lui sillonnaient le corps), il lui ferma les yeux et récupéra, pour se souvenir de lui et de son courage, les médailles militaires qu'il gardait dans sa poche. Il trouva aussi une corde sur lui, qui pouvait se révéler fort utile. En se relevant, Hoân déglutit avec difficulté. Et si le chauffeur avait raison ? La réalité le frappa en plein cœur : ses autres compagnons étaient peut-être morts, eux aussi...


Mais ce n'était pas une raison pour ne pas avancer. Il restait de l'espoir. Il fallait qu'il découvre où ils étaient. Suivant la trace créée par les dizaines de cadavres laissés pour compte sur le sol, protégeant son visage avec son bouclier-couverture improvisé, il progressa prudemment, presque accroupi.


*********


Il les avait repérés très rapidement, au son de leurs voix. Ils étaient à l'étage inférieur, il les aperçut par l'effondrement du sol. Il braqua sa lampe-torche sur eux. Ses compagnons, enfin.


Mais il devait rester prudent. Il les appela doucement, pour vérifier si leurs esprits étaient bien toujours là, si leurs corps étaient toujours...


— Janet ? David, Britney ? chuchota-t-il.


— On est là, répondit immédiatement David sur le même ton. On est là, Hoân, on va bien !


— Vous êtes sûrs ? Vous n'avez pas été mordus au moins ?


— Non, non, pas nous, Douglas est mort, mais nous, on va bien. Par contre, il faut absolument qu'on se tire d'ici très vite, les zombies vont être attirés par le bruit, utilise la corde et rejoins-nous !


Efficacité. Il lui fallait penser efficacité. Hoân passa lentement sa tête par l'entrebâillement de la porte qui l'avait laissé passer quelques minutes avant : ah. Il compta rapidement un, deux, trois, non cinq, sept... Il avait attiré presque une dizaine de zombies dans le coin. Et rien pour bloquer cette fichue porte ! Par acquit de conscience, il la referma quand même. C'était dérisoire, mais il eût été fou de ne pas l'avoir fait. Il respira profondément. Il avait le choix entre les tirer tous de là ou les rejoindre à leur étage.


— Vous... Vous avez de quoi vous éclairer en bas ?


— Non...


Bon, c'était aussi simple de les rejoindre directement. Une fois en bas, Hoân les éclaira un peu plus et constata rapidement qu'ils n'avaient pas tout leur équipement sur eux, notamment David, qui avait (encore) perdu sa hache. Mais il fallait faire quelque chose. Ils savaient qu'au-dessus d'eux, derrière la porte si fragile, les morts-vivants continuaient de s'agglutiner.


David eut rapidement une idée et proposa de rechercher le jerrican qu'ils avaient aperçu peu avant l'effondrement de la pièce. Ils commencèrent à inspecter les lieux. De toute évidence, des survivants avaient fait, avant eux, un abri de cette station et s'y étaient réfugiés quelque temps. Et vu l'odeur d'excréments et d'urine qui les prit rapidement à la gorge, ils n'avaient rien nettoyé en partant. Au milieu d'un tas de déchets organiques, Britney repéra un coffre en métal. Derrière lui s'ouvrait un grillage, éventré, qui semblait donner sur une sorte de souterrain. La jeune femme donna un petit coup discret sur la porte du coffre. Il semblait contenir quelque chose. Janet s'approcha et fit remarquer qu'il devait servir à bloquer le passage... Ou à le protéger. Il semblait, vu les traces laissées au sol, que le coffre avait été régulièrement déplacé. Et le passage laissait percer un léger courant d'air frais...


Janet et Hoân aidèrent Britney à tirer le coffre, pendant que David continuait ses recherches, tombant rapidement sur sa hache.


Britney ouvrit le coffre avec bout du canon de son M16, la peur lui faisant serrer les dents. Elle jeta un coup d'œil à l'intérieur et poussa un soupir de soulagement. Pas de zombie caché dans le coffre, mais des ressources qui pouvaient leur être très utiles : des couvertures, une sorte de trousse de premier secours, deux petits jerricans de taille et de couleur différentes, et un étrange vase en terre cuite, recouvert par un tissu mouillé. Britney inspecta rapidement le contenu des jerricans : le noir contenait de l'eau, et le rouge de l'essence. Parfait. On délaissa prudemment le vase en terre.


Soudain, des coups sourds de plus en plus forts retentirent tout autour d'eux, amplifiés par la résonance de la pièce. Il leur fallait sortir au plus vite. Ils se précipitèrent vers le souterrain qu'ils avaient découvert. Mais l'intérêt qu'elle avait pris à la recherche avait désintéressé Britney de son état de santé. Maintenant qu'il fallait courir, elle se rappela une douleur violente à la cuisse... Surprise de ne plus sentir ladite cuisse, elle baissa les yeux...


— Aïe...


David se tourna vers elle et le morceau de métal qui lui transperçait la jambe. Il n'hésita pas : il confia son baluchon à Janet et prit Britney sur ses épaules. Mis à rude épreuve depuis le début de la journée, les nerfs de celle-ci lâchèrent. La fièvre la prit. Elle ne se sentait vraiment pas bien et la peur ne faisait qu'accroître son malaise.


La situation commençait à tourner en défaveur des survivants. Mais ils devaient agir, partir. Hoân passa le premier le passage, suivi de Janet, puis de David et de son blond fardeau. Le jeune garçon avait placé sa lampe de poche dans sa bouche, libérant une de ses mains pour son couteau. Derrière lui, Britney semblait avoir perdu tout son sang-froid et tout son bon sens. Elle gémissait de plus en plus fort, presque hystérique, et ses cris se répercutaient dans le souterrain, transformant la lueur d'espoir créée par le courant d'air que les survivants sentaient sur leur visage, en crainte immonde.


Et cette crainte se confirma. Devant eux, bouchant le passage qui les menait vers la sortie, vers la vie, Hoân remarqua un trou dans le mur, tout près du sol, tout près d'eux. Et, sortant de ce trou, une main. Non, deux mains, trois, quatre commençaient à se faufiler auprès d'eux. David, de plus en plus ralenti par Britney, joua le tout pour le tout et mit un grand coup dans la cuisse blessée. Son réflexe paya. La gorge paralysée par la douleur, la jeune chanteuse se tut.


— David, il faut que tu la déposes et que tu nous aides, lança sèchement Janet.


David obtempéra. Le coup qu'il avait porté à Britney lui avait, paradoxalement, rendu son calme. Mais elle menaçait de le perdre à tout instant. Boitillant près du mur, les phalanges blanchies par l'effort qu'elle faisait en tenant son arme, elle s'avança près de l'ouverture. Derrière eux, la porte avait cédé. Ils devaient passer, coûte que coûte.


Elle réagit très vite, passa son M16 en mode automatique et vida son chargeur sur les zombies qui leur barrait la route. Elle serrait encore la queue de détente quand David la prit sur son épaule, passant au pas de course au milieu du passage qu'elle avait dégagé. Janet et Hoân les suivirent jusqu'au bout du couloir, où une échelle les attendait pour les conduire dehors.


Leurs forces décuplées par la terreur, ils poussèrent la plaque d'égout qui les séparait de l'air libre et surgirent au milieu de la route. Derrière eux, ils voyaient la station, investie par les morts-vivants.


Mais ils avaient réussi. Ils revenaient au bus avec de l'eau et du carburant. Britney avançait difficilement, quoique toujours sous le coup de l'adrénaline, soutenue par David. Hoân les précédait et Janet fermait la marche, toujours prudente.


********


Au début, ils pensèrent s'être trompés de rue. Mais ils durent rapidement se rendre à l'évidence.


Le bus était parti.


Sans eux.


Britney, la fiévreuse Britney, résuma sobrement l'opinion générale :


— Mais quels trous du cul !

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