Un monde en feu

Chapitre 3 : Un worgen à Teldrassil

Par beb156

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Gahahli ne pouvait plus rester dans l'ignorance plus longtemps.

Bien qu'elle sortait d'un accouchement, elle ne cessait d'entendre depuis des jours des rumeurs sur les dégâts causés par le récent Cataclysme à travers le monde et elle tenait à les voir de ses propres yeux. Au moins ceux qui affectaient ses terres ancestrales.

Qu'importait le choc que cela lui ferait.

Transportant son enfant— qu'elle avait baptisé Fyrvas en hommage à son défunt père — dans un porte bébé attaché à son dos et toujours accompagné de son Sabre-de-Nuit elle décida de louer un voilier elfique pour longer la côte nord-ouest de Kalimdor. Il n'était pas question de retourner sur le continent, seulement de constater les dégâts depuis la côte. Avec un bébé dans les bras, cela aura été trop risqué de toutes façons, le continent étant moins sûr depuis le Cataclysme.


Lorsqu'elle descendit au village portuaire de Rut'theran, originellement niché entre les racines de Teldrassil, elle constata que malgré la violence du tremblement de terre, le sommet de Teldrassil avait subi le moins de dégâts. À ses racines par contre, c'était une toute autre histoire. Gahahli senti son cœur se serrer quand elle vit ce qui en restait. Les racines avaient été sérieusement endommagées par la mer déchaînée, le village partiellement détruit et reposant désormais sur une archipel d'îlots, complètement séparé de l'île où l'Arbre-Monde avait été planté.

Mais elle ne fut pas au bout de ses peines quand elle embarqua à bord du voilier elfique et que celui-ci longea la côte de Sombrivage.

La région avait également été sévèrement endommagée, le terrain était craquelé et inondé par endroit de ruisseaux et de tourbillons. Des bourrasques de vents faisaient dangereusement oscillé les pins qui n'étaient pas encore tombés. Et le village portuaire d'Auberdine, source de souvenirs précieux pour la jeune elfe comme la première fois où elle était revenu sur le continent avec son père depuis qu'ils s'étaient installé à Teldrassil, le jour où elle avait prit le bateau pour les Royaumes de l'Est à l'insu de son père ou sa première rencontre avec Ouladre qu'elle prît sur le moment pour un démon... Tout avait été complètement détruit.

Gahahli eut de plus en plus de mal à respirer à la vue de ce qui restait du village, désormais un village fantôme dans tous les sens du terme. Elle n'a jamais ressenti autant de peine face à autant de ravages depuis où la Horde et la Légion Ardente avait débarqué sur ses terres, mit sa forêt et son village natale à feu et à sang et lui avait prit sa mère. C'était il y a des années, la jeune elfe n'était encore qu'une enfant mais elle s'en souvenait comme si c'était hier. Ce fut depuis ce jour funeste qu'elle avait commencé à nourrir une haine farouche envers les démons et une certaine défiance envers les orcs et ceux qui pratiquaient la magie démoniaque.


Cette fois, le responsable de cette catastrophe était un dragon du nom d'Aile-de-Mort.

Gahahli ne le connaissait que de nom et de réputation, mais elle avait déjà été confronté à une de ses progénitures par le passé, à savoir la dragonne Onyxia, qui à l'époque avait infiltré l'Alliance pour la corrompre et l'anéantir de de l'intérieur.

De ce que la jeune elfe de la nuit savait à son sujet, Aile-de-Mort était le chef du Vol draconique Noir et autrefois un protecteur bienveillant connu sous le nom de Neltharion le Gardien de la Terre. Puis il fut corrompu par les Anciens Dieux, trahi ses confrères dragons et jura d'anéantir toute vie sur Azeroth, de détruire ce qu'il avait juré de protégé, devenant ainsi Aile-de-Mort le Destructeur.

Cela rappela à l'elfe de la nuit les précédents ennemis auxquels ses compagnons d'armes avaient été confrontés ses dernières années. Notamment Arthas, autrefois prince de Lordaeron qui devait protéger son royaume du Fléau mort--vivant pour au final trahir les siens et se joindre corps et âme au Fléau jusqu'à en devenir le maître, le Roi Liche. Il y avait également le prince déchu des elfes de sang, Kael'thas, qui avait pour mission de sauver son peuple de la misère après avoir été décimé par Arthas suite à sa trahison, et qui avait été amené à conclure un pacte avec les démons. Et puis il y avait Illidan que Gahahli connaissait que trop bien, autrefois un elfe de la nuit, chasseur de démon par profession, qui séduit par le pouvoir avait fini par devenir l'un d'entre eux, ce qui lui avait valu d'être banni et appelé le Traître par les siens.

Mais qu'avaient-ils donc tous à trahir ceux qu'ils avaient juré de sauver et de protéger ? se demandait l'elfe aux cheveux bleus. À sacrifier leur propre âme à leurs ennemis jurés pour un peu de puissance ? Serait-ce leur fardeau d'avoir un peuple ou un monde à protéger qui leur faisaient perdre toute lucidité au point de les trahir ? Et bien étaient suffisamment corruptible pour se laisser abuser et embobiner par leurs propre ennemis et se joindre à leur cause ?

La dernière fois qu'on avait entendu parlé d'Ailde-de-Mort était durant la Seconde Guerre opposant la Horde et l'Alliance, environ une vingtaine d'années auparavant, quand à l'instar de sa fille Onyxia des années plus tard il avait infiltré l'Alliance de Lordaeron pour la détruire de l'intérieur et s'était temporairement allié à l'ancienne Horde, les aidant notamment à réduire en esclavage les dragons du Vol Rouge. Mais après une série de revers, ils avait finir par se retirer dans les profondeurs de la terre. On le crût mort durant tout ce temps, jusqu'à ce qu'il sortit finalement du Tréfond plus puissant que jamais, provoquant ainsi le Cataclysme qui venait d'ébranler Azeroth.


Le voilier descendit plus au sud et Gahahli aperçu le site d'excavation du Glaive du Maître où reposait les restes d'un géant "sans-visage" ayant servi les Anciens Dieux, un certain Soggoth le Rampant, qui était sous l'occupation du Marteau du Crépuscule. Avant le Cataclysme, seul ressortait de la terre le crâne du géant évoquant vaguement une pieuvre et dans laquelle était plantée d'une gigantesque épée qui donnait son nom au site. L'excavation avait beaucoup progressé depuis et avait pratiquement exhumé le buste.

Le Marteau du Crépuscule. Gahahli, son père et ses compagnons d'armes avaient déjà été confronté à cette secte infâme à plusieurs occasion entre l'affaire Onyxia, l'invasion de Outreterre et la guerre contre le Roi Liche. Il s'agissait d'un culte fanatique nihiliste qui servait et vénérait les Anciens Dieux, œuvrant avec ferveur pour la fin du monde. Et ils s'étaient sentis poussés des ailes depuis le Cataclysme qui pour eux n'était que le début de la fin qu'ils attendaient tant, "l'Heure du Crépuscule" comme ils l'appelaient.

Encore une organisation que la jeune elfe méprisait et haïssait de toute son âme, encore plus que la Horde, la Légion Ardente ou le Fléau mort-vivant. Elle avait du mal comprendre que qu'on qualifiât les Anciens Dieux ainsi vu qu'ils n'avaient rien à voir avec les dieux vénérés par les races mortelles, que ce fût Elune pour les elfes de la nuit, les Titans pours les nains, la Terre-Mère pour les taurens ou même les loas pour les trolls ou encore les dieux élémentaires. Ces "dieux" là n'étaient ni plus ni moins que des parasites qui corrompaient Azeroth tel un ver dévorant une pomme. Leur vouer un culte à eux ou aux démons relevait de la pure hérésie pour l'elfe de la nuit. Quant à célébrer la fin du monde... Mais qu'est ce qui clochait chez ces gens ? s'interrogeait la jeune elfe la tête entre les mains. Vouloir détruire un autre monde comme le faisait la Légion Ardente était déjà ignoble en soi, mais œuvrer pour la destruction de son propre monde ? Qui était assez fou pour vouloir une tel choses ? Qu'est ce que les sectateurs avaient à y gagner ? Avaient-ils seulement conscience que si leur souhait se concrétisait, ils en serait à en faire les frais ? Que si leur monde venait à disparaître, ils disparaîtront avec ? Avaient-ils par hasard tellement marre de la vie que non content de vouloir en finir, ils avaient décidé d'emporter tout le monde avec eux, tels les sales petits égoïstes qu'ils étaient ? Si c'était le cas, cela fait une bonne raison à la jeune elfe de mépriser ces adeptes, plus qu'elle méprisait les orcs, les démons ou les morts-vivants.

Si ça ne tenait qu'à elle, si elle n'avait pas son bébé attaché à son dos, si elle avait repris ses armes en partant, elle aurait volontiers rejoint le continent pour leur loger une flèche dans la tête ou les égorger avec son couteau de chasse. Elle se fichait qu'on l'accusât de cruauté. Elle n'avait aucune compassion pour des gens qui jubilaient à l'idée d'anéantir leur propre monde, de causer la mort d'innombrables innocents et eux avec. Pas plus qu'elle en avait pour les démons et les morts-vivants. Elle avait davantage de pitié et de respect pour les bêtes qu'elle devait chasser pour leur peau et leur viande.

Elle sentit soudain son Sabre-de-Nuit se frottait contre elle pour la calmer et elle dût admettre qu'il avait raison. Après tout elle avait renoncé à l'aventure et aux armes pour une bonne raison. Elle avait un bébé à sa charge, désormais. Et autant d'émotions négatifs ne risquaient d'être mauvais pour lui. Elle se devait d'être forte et de contrôler ses ressentiments, pour lui.


La voilier continua sa route aux abord de la forêt d'enfance de Gahahli, Orneval.

Mais de là où elle était, elle ne put voir que le rivage de Zoram qui avait été épargné par le Cataclysme et était toujours infesté de nagas, des créatures serpentins et semi-aquatique qui comptaient parmi les ennemis les plus féroces des elfes de la nuit. Et dire qu'à une lointaine époque, ces monstres à moitié serpents étaient des elfes comme Gahahli.

Si le rivage semblait avoir survécu au Cataclysme, il n'en était malheureusement pas de même pour le cœur de la forêt d'Orneval. De ce que la jeune elfe avait entendu, un volcan en son centre s'était réveillé et entré en éruption, incendiant et réduisant en cendres une partie de la forêt. Bien que le volcan était trop loin pour voir les dégâts depuis la mer, la jeune souffrait des ravages que subissaient encore sa forêt natale comme si c'était sa souffrance à elle.

Orneval s'était à peine remise des dégâts causés par la Horde et la Légion Ardente et voilà que même les éléments s'y mettaient. Mais qu'avait donc fait sa forêt pour subir autant de destruction ?

À l'extrême sud du rivage, Gahahli remarqua toutefois une différence qui l'alarmait, l'avant-post de la Horde de Zoram'Gar. Avant, ce n'était qu'un campement rustique constitué que d'une tente d'orc et une cabane de troll. Désormais, c'était un avant-poste portuaire et fortifiée. Les murs de fer indiquaient à eux seuls que la Horde en plus de gagner en terrain, elle gagnait également en puissance.

Cela inquiétait Gahahli d'autant plus que d'après les rumeurs, la Horde avait un nouveau chef de guerre, plus agressif et belliciste que le précédent. Pour ne rien arranger, il s'agissait du fils de Grommash Hurlenfer, un féroce guerrier et chef de clan orc que la jeune elfe n'avait que trop bien connu pour avoir rasé son village natale. Et jamais elle n'oublierait le regard haineux de l'orc, ni sa voix rocailleuse ordonnant la mise à mort de ses adversaires, ni sa hache maculée de sang et encore moins les têtes décapités d'elfes de la nuit accrochées à sa ceinture. C'était à cause de lui que la jeune elfe nourrissait une image aussi négative des orcs et elle ne pouvait que redouter le pire si le fils de Hurlenfer était seulement à moitié aussi féroce et sanguinaire que ne l'avait été son père. Après tout, les chiens ne faisaient pas des chats.


— Nous arrivons à la limite de nos terres, madame, la prévint le capitaine elfe de la nuit du voilier. Désirez-vous allez plus loin ou rentrer à Teldrassil ?

Gahahli scruta pensivement le sud.

Après Orneval, c'était les Serres Rocheuses, une région montagnarde inaccessible depuis la mer. Elle n'y risquait pas d'y voir grand chose. Ensuite la région désertique de Désolace, habitée par des tribus barbares de centaures et essentiellement connue pour son cimetière de kodos. Et après, la jungle de Féralas qui abritait les ruines d'une anciennes civilisation elfiques mais occupés depuis par des ogres. Ensuite une autre région désertique, Silithus, et enfin le royaume déchu d'Ahn'Qiraj, les deux régions infestées de colonies d'insectoïdes et inaccessibles depuis la mer. Rien qui n'intéressait ni ne préoccupait la jeune elfe.

D'autant plus que le plus gros des dégâts provoqués par Aile-de-Mort sur Kalimdor étaient de l'autre côté du continent, à l'est. Il lui aurait fallu faire tout le tour si elle voulait voir si les rumeurs concernant les ravages étaient vrai. Notamment le canyon aride des Milles Pointes et ses imposants mesas qui lui valaient son nom, inondé et pratiquement devenu une crique. Ou encore la savane des Tarides coupée en deux par une immense et infranchissable crevasse. Et cela la rapprocherait trop de la Horde ce qui de toute évidence serait une mauvaise idée.

— Non, capitaine, rentrons, répondit finalement la jeune elfe. J'en ai assez vu pour aujourd'hui.

Alors que le capitaine commençait sa manœuvre pour faire demi-tour, le petit Fyrvas commença à pleurer.

— Le mal de mer, je suppose ! suggéra le capitaine. À moins qu'il faille lui changer sa couche ?

— Ni l'un ni l'autre, capitaine, répondit la jeune elfe en train de détacher son porte-bébé. Il a juste faim.

Elle s'installa dans un coin du bateau, dégrafa le haute de sa robe et donna le sein à son enfant tandis que le voilier fit voile vers le nord, direction Teldrassil et la maison.

Sur le chemin du retour, le bébé qui lui tétait le sein, lui mordillant le téton par moment, parvenait à calmer la jeune elfe déjà tourmentée par ces histoires de cataclysme, de secte œuvrant pour la fin du monde et de la Horde qui gagnait en puissance et en férocité depuis qu'elle avait changé de chef de guerre.


Le voilier rentra au port de Ruth'theran en fin de journée et sans incident.

À peine débarquée, Gahahli, son bébé de nouveau accroché à son dos et son Sabre-de-nuit sur ses talons se dirigèrent d'un pas pressé vers le portail qui les transporterait à la cité de Darnassus, nichée tout en haut de l'arbre. Et sans prêter attention au navire elfique qui avait accosté sur le ponton est.

Passée le portail, elle traversa la ville et passa la porte principale comme une flèche, sans tenir compte des Sentinelles et des civils darnassiens fascinés par le bébé qu'elle portait sur son dos. Elle ne songeait qu'à une chose, rentrer chez elle.

Arrivé à son cottage si douillet, elle commença par changer la couche du petit Fyrvas qui rien qu'à l'odeur en avait bien besoin, avant de lui faire sa toilette. Peut-être avait-il bien le mal de mer, en fin de compte.

Puis elle l'allaita une dernière fois avant de le mettre dans son couffin. Il ne lui manquait que la poupée qu'elle était en train de confectionner au moment de la naissance du bébé et qu'elle n'avait pas eu le temps de finir, trop préoccupée par les récents événements.

Elle entama une berceuse pour l'aider à s'endormir une berceuse qu'elle tenait de sa mère. Chantée en elfique, elle donnait à peu près ceux-ci en langue commune :


Petit être si fort et si fragile,

Petit être si cher à mon cœur,

N'aie pas peur,

Ne pleure pas


Car maman est là,

Je te protégerai,

Je veillerai sur toi,

Quoi qu'il arrive


Le monde peut être terrifiant

La vie peut être injuste

Mais le lien qui nous unit

Jamais il ne sera brisé


Bercé par les paroles de sa mère, le petit Fyrvas finit par s'endormir paisiblement. Le voir ainsi aidait également la jeune elfe à s'apaiser également, elle qui s'inquiétait pour son avenir avec tout ce qui se passait dehors.

Elle le confia à Jakua qui resta à proximité du couffin, le veillant comme sa propre progéniture et profita de ce moment de répit pour aller se relaxer et se ressourcer dans son Puits de Lune à l'extérieur.

Mais au moment d'entrer ses pieds dans le bassin d'eau brillante, elle entendit un bruit suspect émanant du buisson à proximité du cottage.

— Qui est là ? demanda Gahahli qui se sentit observée et vulnérable. Montrez-vous !

Elle eut le souffle coupé quand elle vit la chose qui l'observait sortir du buisson, vêtu de haillons, les mains levés. Ou plutôt les griffes.

Il s'agissait d'un worgen, une créature lupine qui se tenait debout tel un homme mais qui chassait et hurlait tel un loup, particulièrement agressif et sauvage, n'obéissant qu'à ses instincts primaires.

La jeune elfe avait déjà eu une très mauvaise expérience avec une de ses créatures par le passé, lors de sa première année en tant qu'aventurière, dans la sombre forêt du Bois de la Pénombre qui se trouvait sur l'autre continent. Elle avait même échappée au pire de justesse. Les griffures laissées sur son bras par ses monstres avaient fini par s'estomper avec le temps, mais sa chair se souvient encore des griffes qui l'avaient lacéré. Rien qu'en voyant celles, plutôt affutés, de la bête qui lui faisait face, elle se remémora de cette horrible sensation.

Son pelage était d'un gris foncé et sa crinière noire. Ses oreilles en plus d'être longues et pointus étaient également de travers et effilochés par endroit. Ses yeux quand à eux n'avaient ni le même éclat ni la même couleur sanguine que ceux qu'elle avait affronté dans le Bois de la Pénombre. Ils étaient plus humains, dans le sens où l'on pouvait distinctement voir ses pupilles bleus et ses iris.

Il avait plus l'air d'une chien battu que d'une bête enragé, mais ses griffes acérés, les crocs dépassant de sa gueule de loup, sa taille et sa stature suffisaient à le rendre impressionnant et à pétrifier la jeune elfe de la nuit de peur.

Elle eut une envie folle de crier, d'appeler à l'aide, de retourner dans son cottage récupérer ses armes et se battre, que ce fût pour sa vie ou celle de l'enfant qui dormait dans son couffin.

— Bonsoir, se risqua de dire le worgen.

Son ton n'avait rien d'hostile et trahissait plutôt de la gêne. Mais sa voix grave et rauque suffit à faire lâcher un petit cri de terreur à la jeune elfe qui se précipita à l'intérieur de sa maison.

— Attendez, je ne vous veux aucun mal ! dit le worgen en tentant de l'intercepter. Je n'avais pas l'intention de vous faire peur !

Il tenta de la suivre dans le cottage mais il fut accueilli par le Sabre-de-nuit grognant et montrant les crocs, se tenant d'un air menaçant et toutes griffes dehors entre l'intrus et sa "compagne de chasse", prêt à bondir.

Celle-ci eut le temps de récupérer son arc et ses flèche, d'en encocher une et de bander son arc en direction du worgen de plus en plus décontenancé, prête à lui tirer dessus au moindre geste suspect.

— Qui êtes vous ? l'interrogea-t-elle d'un ton menaçant. Que faîtes vous ici ? Pourquoi vous m'observez ?

Tout ce remue-ménage avait fini par réveiller le petit Fyras qui pleura pour exprimer son mécontentement, mettant Gahahli d'encore plus mauvaise humeur.

— Euh... Je m'appelle Jorm, répondit le worgen troublé et encore plus gêné, malgré les cris du bébé. Et je vous assure que ja n'ai aucune intention de vous faire du mal ou de vous faire peur, à vous ou à votre bébé. Désolé, au fait. Je ne faisais que passer et j'ai vous ai entendu chanter tout-à-l'heure. Je voulais juste voir à qui appartenait cette si jolie voix...

— Épargnez-moi vos flatteries ! l'interrompit sèchement la jeune elfe. Cela ne vous mènera nulle part ! Dîtes moi plutôt ce que vous faites ici à Teldrassil !

— Mais enfin, je suis là en tant que réfugié, répondit le dénommé Jorm incrédule.

— "Réfugié" ? Comment ça ? Et comment vous êtes arrivé là, d'ailleurs ?

— Bah, c'est vos consœurs qui m'ont amené ici, répondit le worgen. Même qu'elle m'ont sauvé et aidé contrôler mon côté animal. Moi ainsi que les autres réfugiés Gilnéens.

Gahahli baissa son arc incrédule. Elle ne comprenait rien de ce que le worgen lui racontait.

Qu'était-il encore en train de se passer ?




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