Le bruit du moteur du véhicule de patrouille coupa le silence de la rue.
Bella resta immobile dans la cuisine.
La tasse de café qu'Esme avait laissée devant elle ne fumait plus.
Quelques secondes plus tard, Charlie entra.
Son uniforme était trempé par la pluie.
Il posa son trousseau de clés sur le comptoir.
Puis son regard glissa immédiatement vers une grande enveloppe kraft déposée sur le buffet.
Le sceau officiel de l'État de Washington y apparaissait encore humide.
— Ils ont répondu plus vite que prévu.
Charlie retira lentement sa veste.
— Les archives d'Olympia.
Bella sentit son estomac se nouer.
Le shérif ouvrit l'enveloppe sans la quitter des yeux.
À l'intérieur reposaient plusieurs copies de registres jaunis.
Une signature.
Puis une autre.
Toujours le même nom.
Carlisle Cullen.
À plusieurs décennies d'écart.
Strictement identique.
Charlie ne parla pas pendant un long moment.
Il observait les documents.
Puis il releva lentement les yeux.
— Tu savais.
Ce n'était pas une question.
Bella sentit sa gorge se serrer.
— Charlie...
Il leva une main.
— Ne fais pas ça.
Le silence retomba.
— Ne me mens pas.
Sa voix s'était brisée.
Pas celle d'un policier.
Celle d'un père.
Bella inspira profondément.
Chaque mot lui coûta.
— Le Dr Cullen est un homme bien.
Charlie esquissa un sourire amer.
— Je ne t'ai jamais demandé s'il était bon.
Il fit glisser les registres vers elle.
— Je te demande pourquoi tu protèges quelqu'un dont l'existence entière défie toute logique.
Bella baissa les yeux.
Puis elle murmura :
— Parce que certaines vérités détruisent davantage que les mensonges.
Charlie resta figé.
Une fatigue immense traversa son visage.
Il referma lentement l'enveloppe.
— Alors...
Il marqua une pause.
— Tu as déjà choisi ton camp.
Il ramassa les archives.
Sans un mot de plus, il monta l'escalier.
Bella demeura seule dans la cuisine.
Pour la première fois de sa vie...elle avait préféré le secret d'un étranger à la confiance de son propre père.