Le sorceleur spécial

Chapitre 58 : Le piège

Par Blax

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


POV Aiden

Cela faisait une journée que nous nous dépêchions, Regis et moi, pour rejoindre le village de Cœur de Rose. J'utilisais ma magie de glace pour aller plus vite, et lui ses téléportations de vampire, pour arriver au plus tôt.

Tout en continuant de glisser sur ma glace, je jetai un coup d'œil à Regis. Nous avions à peine parlé pendant le trajet, mais j'avais remarqué de petits détails qui me disaient qu'il n'était pas hostile. Par exemple, il n'avait jamais lancé un regard vers moi pour se méfier ou prendre une précaution. Peut-être n'en avait-il pas besoin, puisqu'il pouvait me sentir, mais je supposais quand même qu'il ne se méfiait pas de moi : sinon, il aurait regardé autour de lui en permanence, au cas où.

Bref, j'allais alléger un peu ma méfiance envers lui. J'entendis alors sa voix : "On approche du village, mais il y a un problème." Je hochai la tête, et quelques secondes plus tard, nous arrivâmes aux abords du village, côté ouest, dans les bois.

Je compris vite pourquoi il parlait d'un problème. Accroupi derrière des buissons, je murmurai : "Il n'y a aucun bruit : ni gens qui rient, ni enfants, ni discussions. C'est le silence complet, alors qu'il vient à peine de faire nuit."

Il hocha la tête, le nez en l'air : "Je sens du sang." Il fronça les sourcils : "Non, énormément de sang, comme si..." Je terminai sa phrase : "Un massacre ?" Il hocha la tête, puis ajouta : "L'odeur vient plutôt de la direction de la mine." Je me demandai comment aucune alerte n'avait pu être donnée.

Il me regarda : "Que proposes-tu ?" Je réfléchis : "On se sépare pour explorer le village, mais on se retrouve avant d'arriver à la mine." Il hocha la tête, puis se mordit la lèvre, laissa tomber une goutte de son sang et la posa sur ma peau, sans prévenir.

Un symbole en forme de cercle apparut, et il dit avant que je puisse attraper mes armes : "C'est un symbole qui me permettra de te localiser. C'est un peu comme une alerte de magicien : je sens d'instinct où il se trouve."

Je fronçai les sourcils : "La prochaine fois, préviens." Il sourit : "Je ne le promets pas." Puis il disparut en se téléportant. Je soupirai, regardai la fenêtre d'une habitation et m'y téléportai.

J'atterris accroupi et observai la pièce. Le four était froid depuis longtemps, il y avait une légère odeur de moisissure, et en voyant la nourriture sur la table, je compris aisément qu'il n'y avait personne depuis plusieurs mois.

Ce qui me ramenait à ma question : comment personne ne s'était-il douté de quelque chose ? Pendant les secondes qui suivirent, je me téléportai de maison en maison pour atteindre le centre du village, mais le constat restait le même : énormément de poussière, beaucoup d'objets abandonnés, mais aucune trace de sang ni de cadavre. Comme si...

Soudain, d'instinct, je déployai Quen et un mur de glace. Une silhouette que j'avais pressentie une fraction de seconde plus tôt fracassa le mur et me projeta hors de la maison. J'atterris lourdement au beau milieu du village. Je serrai les dents en me relevant : heureusement, Quen avait absorbé tous les dégâts. Je vis celui qui m'avait frappé.

Il était immense. Il se posa sur la place du village sans bouger, les bras croisés, et dit : "Je déteste quand tu as raison, Merilith." À cet instant, un fouet d'épines s'enroula autour de mon bras et le perça, me faisant grimacer de douleur. Je me retournai : une femme vampire sifflotait en disant : "Que veux-tu, Durgil ? Je me doutais que le fameux sorceleur qui accompagnait cette traîtresse irait forcément se mêler de ce qui ne le regardait pas."

Traîtresse ? Syanna ? Au même moment, plusieurs vampires se rassemblèrent autour de la place centrale. À leur allure, je compris qu'ils étaient bien plus faibles que des vampires supérieurs, mais toujours plus forts que de simples humains. Certains se tenaient sur les toits, d'autres au sol. J'étais encerclé. Elle me regarda en souriant : "Dommage que tu doives mourir, sorceleur, tu as un joli min..."

Elle ne s'attendait pas à ce que je tire d'un coup sur son fouet. Elle vola vers moi avec une force qu'elle n'avait pas prévue. Je dégainai mon épée courte et lui transperçai le ventre au moment où elle arrivait, lui arrachant un jet de sang. Je lui lançai l'Igni en plein visage : elle hurla de douleur et s'effondra, les mains sur le visage.

Je n'eus pas le temps de souffler. Le sol trembla derrière moi : Durgil. Je n'avais pas besoin de me retourner pour sentir sa masse fondre sur moi. Mon bras, percé par les épines, me lançait, et ma main serrait mal mon épée. Je me jetai sur le côté. Son poing s'abattit à l'endroit où je me tenais, creusant un cratère dans la terre battue et projetant des éclats de pierre. Il enchaîna aussitôt avec un second coup, si violent qu'il fendit le mur de la maison voisine. Cette fois, je ne l'esquivai pas : j'accompagnai son poing du plat de mon épée et le laissai glisser le long de la lame, détournant sa force au lieu de l'affronter, les pieds crissant sur le sol. Je compris que je ne pouvais pas rester à portée : un seul de ses coups suffirait à me briser. Je ralentis volontairement d'un pas, comme si je fléchissais, et il y vit son ouverture.

Il leva le poing, le visage furieux, prêt à m'exploser la tête. Je l'esquivai à une fraction de seconde près, plaquai mon pied au sol et fis jaillir une immense lance de glace qui lui traversa le ventre.

J'allais achever ces deux vampires supérieurs quand un troisième, si rapide que, même en esquivant à la dernière seconde, il me griffa le torse, me força à les lâcher. Mon sang tomba au sol. Je plantai mon regard sur le nouveau venu : il était encore plus terrifiant.

Il releva négligemment les deux vampires, qui se régénéraient à une vitesse prodigieuse : "Durgil, Merilith, si vous arrêtiez de jouer un peu ?"

Merilith, déjà régénérée, fit la moue : "Morgilith, ce n'est pas ma faute, je voulais jouer un peu, moi. C'est Durgil qui a exagéré." Durgil croisa les bras : "Arrête de jouer, Merilith. Tu as bien vu que ce sorceleur est bien plus dangereux qu'on ne le croyait."

Celui qui venait de me blesser assez profondément s'appelait donc Morgilith. Il me regarda en souriant et s'inclina : "Enchanté de te rencontrer, Aiden. Je ne savais pas à quel moment tu comptais arriver ici. Après tout, nous t'observons depuis le début."

Je fronçai les sourcils : "Depuis quand ?" Il sourit : "Depuis que tu as rejoint Regis. Je dois dire que c'était passionnant de te regarder te battre face à ces vampires supérieurs, puis retrouver le plan de notre seigneur. Tu es extrêmement intelligent d'avoir recollé les morceaux." Comment avait-il fait ? Ni Regis ni moi n'avions rien vu. Ils ne pouvaient pas être là physiquement, c'était impossible, alors comment...

Je compris : "Vous ne me voyiez pas physiquement. Vous nous voyiez à travers Regis, grâce à son lien avec Detlaff." Il fut surpris, puis sourit : "En effet. Ce cher Detlaff pouvait sentir et voir ce qui se passait à travers les yeux de Regis. Après tout, leur lien est si... comment dire ? Si profond."

Il poursuivit : "Quoi qu'il en soit, je venais seulement voir comment cela se passait. Je suis assez déçu : j'aurais cru que tu serais plus puissant. Cela confirme que tu ne seras en aucun cas une menace pour mon seigneur."

Il me tourna le dos et dit en partant : "Vous deux, occupez-vous du sorceleur. Mon seigneur le veut vivant, mais pas forcément en un seul morceau."

Durgil sourit. Ses muscles gonflèrent, des veines rouges apparurent sur sa peau et l'air devint étouffant. Derrière Merilith, des ailes poussèrent. Elle se lécha les lèvres, pointa le doigt vers moi et dit à tous les vampires : "Allez-y, mes chéris !" Tous les vampires se ruèrent sur moi, avec Durgil et Merilith en tête, qui me regardaient comme une proie.

J'avalai d'un trait une décoction de wyvern et une potion de Tonnerre, qui renforçaient mes capacités physiques et magiques. Des veines noires apparurent sur mon visage, et mes yeux s'assombrirent, striés de noir sous l'effet de la toxicité. Je bus aussi du Blizzard, puis une quatrième potion : une décoction d'ekimmara que j'avais modifiée, avec les éléments qu'il me fallait, prélevés sur les vampires de l'entrepôt.

Tout mon corps se remplit de veines noires. Je sentais la toxicité, celle qui aurait dû tuer un sorceleur ordinaire, me brûler de l'intérieur. Je souris quand même et murmurai : "Bonne explosion, bande de suceurs."

D'une main, je créai un signe, un mélange d'Aard et d'Igni. C'était la raison pour laquelle je n'utilisais pas souvent mes Signes : je ne créais ces mélanges que depuis peu, et c'était la première fois que je l'utilisais pour de vrai. De l'autre main, je libérai une énorme quantité de magie de glace. J'attendis que la vague de vampires soit presque sur moi, puis je frappai en fusionnant la glace, l'Aard et l'Igni.

L'air se figea, puis une immense explosion engloutit la place.

Quelques minutes avant qu'Aiden ne se fasse piéger

---

POV Regis

J'observai attentivement les maisons et compris que les vampires avaient dû soit transformer les villageois, soit les envoyer à cette mine sans les tuer. Cela pouvait être facile si l'un d'eux était spécialisé dans l'hypnose.

Je me téléportai dans une ruelle et j'allais repartir vers le centre quand je m'arrêtai. Une silhouette me regardait. En reconnaissant l'apparence, je serrai les dents : "Detlaff..."

Detlaff s'avança vers moi et dit calmement : "Regis, je savais que tu viendrais. Notre lien m'a énormément aidé." À ces mots, je compris : "Ne me dis pas que tu..." Il hocha la tête. À cet instant, une immense pique de glace apparut au loin, derrière moi, et je compris qu'Aiden était leur cible.

Mais Detlaff m'arrêta en me transperçant le dos d'une lance de sang, alors que je me retournais. J'esquivai sa main qui cherchait à m'attraper le cou et lui tranchai le bras d'instinct. Il ne cria pas. Il récupéra sa main et dit : "Pourquoi ne me rejoins-tu pas, Regis ? Toi aussi, les humains t'ont fait souffrir comme ils m'ont fait souffrir."

J'arrachai la lance de sang et dis, furieux : "Tu crois que c'est ce que Perle voudrait pour toi ?! Regarde-toi, Detlaff ! Tu n'es que leur jouet ! Tu veux rendre ce monde à feu et à sang !"

Detlaff s'emporta : "Et alors ?! J'ai tenu Perle et Lily dans mes bras, carbonisées ! Et ces foutus humains m'ont avoué, en riant, qu'elle les avait suppliés d'épargner notre fille ! Mais tout le monde s'en foutait ! Les humains ne méritent que de disparaître !"

Nous prîmes alors notre forme de vampire et nous jetâmes l'un sur l'autre. Les griffes de Detlaff fendirent l'air à hauteur de mon visage. Je les déviai de l'avant-bras et ripostai à son flanc, qu'il para sans effort. Des étincelles jaillissaient à chaque choc. Nous étions égaux en tout, vitesse, force, instinct, et c'était l'une des raisons pour lesquelles nous nous étions si bien entendus, jusqu'à devenir frères. Chacun savait ce que l'autre allait faire avant même qu'il le fasse, et c'était justement ce qui rendait ce combat si dangereux : aucun de nos coups ne trouvait sa cible.

Nous nous téléportions à chaque échange, apparaissant dans le dos de l'autre, puis au-dessus, puis de nouveau face à face. Detlaff fit jaillir des piques de sang du sol. Je roulai, me téléportai derrière lui et lui entaillai l'épaule. Il pivota, et ses griffes me déchirèrent la poitrine avant que je puisse reculer. La douleur me fit trébucher, et il en profita pour m'enfoncer son épaule dans le torse. Nous fûmes projetés à travers le mur d'une maison, qui s'effondra sur nous sous l'instabilité de nos pouvoirs. Je me dégageai des poutres, le sang coulant sur ma chemise, et je vis Detlaff ressortir des décombres au même moment que moi. Nous restâmes à nous fixer, essoufflés, dans la poussière.

Je ne cherchais pas à le tuer, et il le savait. C'était notre faiblesse à tous les deux : il hésitait quand mes griffes passaient près de sa gorge, et moi quand les siennes visaient mon cœur. Ses yeux tremblaient, et pendant une seconde, je crus revoir l'homme qui avait ri avec Perle et Lily au bord de leur feu. Puis il dit avec férocité : "Regis ! Arrêtons de nous battre ! Toi aussi, ta femme est morte à cause de ces humains ! Arrête de les défendre et rejoins-nous, mon frère ! Ou rejoins-moi, au moins !"

D'instinct, je frottai la bague de ma femme, que je portais toujours, et secouai la tête : "Non. Ce serait trahir les valeurs de celle que j'aime." Puis, me remettant en garde, je dis : "Je te ramènerai à mes côtés, Detlaff, pour que tu puisses vivre en l'honneur de celles qui t'ont aimé, et pas comme un être rempli de vengeance !"

Il baissa les yeux, comme s'il hésitait. Un silence tendu s'installa, rompu seulement par le craquement des poutres. Puis ses pupilles s'empourprèrent d'un coup, et il murmura : "Alors je t'obligerai à venir, mon frère." Il se jeta sur moi, plus rapide qu'avant, ses griffes visant ma gorge. Je les arrêtai de justesse, les deux mains serrées sur son poignet, le visage à quelques centimètres du sien. Ses crocs claquèrent à ma portée, et je sentis son souffle brûlant. Mes bras tremblaient sous la pression : il était plus fort que je ne l'avais cru.

Une immense explosion, au loin, illumina soudain notre combat. Je tournai la tête une fraction de seconde vers cette lumière : Aiden. Detlaff profita de cet instant pour me projeter contre un mur. Je me relevai en crachant du sang, les griffes de nouveau sorties. Je devais me dépêcher de rejoindre Aiden, mais pour cela, il fallait d'abord passer Detlaff, sans le tuer.

---

POV ???

Mmh ?

J'ouvris l'œil, car je devais garder mes forces malgré les sacrifices déjà faits pour mon réveil. Je vis mon serviteur Morgilith apparaître et s'agenouiller : "Seigneur Thurlas, le rituel est prêt, tous les sacrifices sont prêts."

Je hochai la tête et me levai de mon trône. Je pris le cœur qu'il m'avait rapporté et, le pressant, je le bus avec délectation. Je sentis ma peau se régénérer. Je marchai vers l'immense lac de sang, où des milliers de ces êtres inférieurs étaient suspendus comme des porcs, laissant couler leur sang dans mon lac. Je ramassai un crâne d'enfant, entrai dans mon lac et bus une gorgée. Je souris : "L'heure de l'éveil est arrivée."

Je sentais mes forces revenir. Je fronçai les sourcils : je vis Imlerith arriver, mais Morgilith l'intercepta : "Mon seigneur est en train de reprendre ses forces. Partez, elfe."

Imlerith regarda froidement Morgilith, mais il se maîtrisa et dit en me fixant : "Mon roi souhaite le sorceleur vivant. N'oublie pas ce que tu lui as promis, Thurlas."

Je souris et dis, les yeux fermés, savourant le sang qui me rendait mes forces : "Rassure Eredin, il aura Aiden vivant, mais pas forcément en un seul morceau. Il faut bien que je m'amuse avec lui."

Imlerith garda les yeux fixés sur moi avant de repartir par son portail de glace : "Ne sous-estime pas le sorceleur, vampire." Puis il disparut.

Je souris et, caressant mon visage qui rajeunissait, me dis à moi-même : "Le sous-estimer ? Oh que non. Après tout, c'est son héritier."




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés