Le sorceleur spécial

Chapitre 40 : La tragédie du banquet de Thanedd

Par Blax

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POV Général

Yennefer marcha rapidement pour rejoindre Tissaia, qui s'était interposée entre les deux camps bien distincts, Triss et Geralt juste derrière elle on pouvait déjà entendre les voix s'élever.

Philippa ricana quand Tissaia tenta de calmer le jeu : « Cela suffit, Philippa ! Ce banquet est en l'honneur de nos frères et sœurs morts à la colline de Sodden, les plans politiques peuvent attendre demain. »

Philippa sourit en croisant les bras et dit : « Ah oui ? Alors pourquoi les mages présents ici font-ils partie de ceux qui ont tué nos frères et sœurs ? »

Yennefer se plaça à côté de Tissaia et fronça les sourcils : « Que racontes-tu ? »

Philippa regarda Francesca, qui hocha la tête et fit apparaître un courant d'air soulevant les capes des mages qui masquaient leurs visages. Ce fut un concert de hoquets de surprise : l'une de ces mages était Fringilla Vigo, qui, malgré les rumeurs affirmant qu'elle était maltraitée par l'empereur, se trouvait pourtant bien là. Jamais l'empereur n'aurait permis cela après tout, il haïssait la liberté des mages ; on servait l'empire, ou on mourait.

Tissaia, surprise, dit : « Fringilla ? Comment as-tu... »

Mais Fringilla se contenta de rire : « Tu te souviens de mon prénom, Tissaia ? Après tout, j'ai bien été envoyée dans ce fichu empire ! »

Philippa, indifférente aux plaintes de Fringilla, dit simplement en souriant : « Oh, cesse de te plaindre, je t'en prie. Le plus important, c'est que tu aies participé à la guerre de Sodden, et que ce soit toi qui aies brûlé et tué la plupart de ces mages avec ta boule de feu. »

Bien sûr, les paroles de Philippa provoquèrent une surprise collective, mais Tissaia fronça les sourcils : « Philippa, tu ne peux pas accuser quelqu'un sans... » Fringilla la coupa simplement : « Oui, c'est moi. »

Tissaia la regarda alors, peut-être pour se rassurer elle-même, et dit : « Tu l'as fait pour sauver ta vie ? » Mais Fringilla sourit : « Non. Je l'ai fait en pleine connaissance de cause. »

Tissaia serra les poings, voulant demander pourquoi, mais Fringilla la regarda, elle et tous les mages présents, et dit : « En quoi est-ce surprenant ? Vous, les fameux mages du royaume du Nord, vous êtes si bien traités, si gâtés, pendant que nous, les mages du Sud, sommes martyrisés, torturés, et même tués. Cela suffit ! »

Mais Vilgefortz coupa court à la discussion en envoyant une liane électrique sur l'un des mages de Nilfgaard, qui n'eut pas le temps de réagir et fut électrocuté sur le coup. Les mages des deux camps se préparèrent à en découdre seuls Fringilla, Philippa, Francesca et Vilgefortz restaient immobiles.

À cause du geste de Vilgefortz, Philippa se tourna vers lui : « Tu étais vraiment obligé d'attaquer sans me demander mon avis ? » Vilgefortz haussa les épaules et regarda Fringilla, qui l'observait en silence : « Doit-on vraiment se soucier des traîtres et de ce qu'ils racontent ? »

Philippa secoua la tête, amusée, et lança un sort sur Fringilla, qui répondit de la même manière. Et telle une mèche qu'on vient d'allumer, le banquet se transforma en un immense champ de bataille de sorts, oubliant complètement Tissaia, elle-même bien plus choquée qu'elle ne le montrait malgré tout, elle avait cru le conseil des mages uni.

Heureusement, Yennefer tira Tissaia vers elle, tandis que Triss créait un champ protecteur autour des trois, les mettant à l'abri des sorts.

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POV Geralt

Les sorts fusaient de partout, et on entendait parfois des cris de douleur quelqu'un qui brûlait vif, ou qui se faisait carrément désintégrer.

Regardant Triss, je dis rapidement : « Il faut sortir d'ici ! Et aller chercher Ciri ! » Triss hocha la tête, et je me tournai vers Yen, occupée à réveiller Tissaia : « Yen, il faut partir ! »

Yen secoua la tête et dit froidement : « Il est hors de question que je la laisse comme ça. » Je soupirai, et marchant vers elle, je dis : « Pardon », puis je soulevai Tissaia comme un sac de pommes de terre. Un regard vers Triss, un hochement de tête, et nous courûmes vers la sortie du banquet, des sorts nous frôlant parfois mais Triss était la meilleure en sorts de barrière, et Yennefer répliquait sans retenue, brûlant vifs tantôt des mages de Nilfgaard, tantôt des mages du Nord. On aurait dit qu'aux yeux de tous les mages présents, nous ne faisions partie d'aucun camp.

Arrivés à la porte de sortie du banquet, Tissaia dit simplement : « Repose-moi, sorceleur. » Je m'arrêtai de courir : « Vous êtes sûre ? » Elle hocha la tête, et une fois reposée, elle épousseta ses vêtements et regarda Yen : « Yennefer, trouve Ciri, c'est extrêmement urgent. »

Yen fut surprise : « Et toi, Tiss ? Ne me dis pas que tu vas encore essayer de les raisonner ! Tu as bien vu que ça ne servait à rien ! »

Tissaia hocha la tête : « Il le faut. C'est ma responsabilité, d'autant plus que cet endroit m'appartient. Sans mon autorisation, personne n'a le droit d'y utiliser la magie. »

Tissaia repartit vers le banquet, moins brisée qu'au début, et je regardai Yen : « Va la rejoindre, Yen. » Elle nous regarda, incertaine, puis dit : « Très bien, mais vous avez intérêt à vous en sortir je suis sûre qu'il n'y a pas que ça derrière tout ça. » Puis elle partit rejoindre Tissaia.

Je regardai Triss et dis : « On y va. » Elle hocha la tête, jetant un dernier regard inquiet vers Yen et Tissaia, avant de partir avec moi retrouver Ciri.

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POV Yennefer

Arrivant aux côtés de Tiss, elle me regarda sans surprise, mais dit : « Pourquoi ne l'as-tu pas suivi ? » Je ne répondis pas, me contentant de contrer facilement les sorts qui volaient vers nous. Voyant mon silence, elle soupira, et ses yeux changèrent de couleur. D'un coup, je me sentis extrêmement faible : levant les yeux, je vis des flocons de diméritium tomber au-dessus de nous. Bien sûr, je pouvais encore lancer un sort, mais à cause de ce diméritium en train de tomber, notre magie deviendrait extrêmement instable, avec un risque énorme qu'elle explose en nous-mêmes ce qui, d'après les explosions que j'entendais déjà au loin, était en train d'arriver à d'autres.

Puis Tissaia cria : « Cela suffit ! Il y a déjà eu bien trop de morts ! »

Les mages s'arrêtèrent, mais Philippa nous regarda, Tiss et moi, furieuse : « Fini ?! De quel droit te permets-tu de décider de la fin ? Ce sont des traîtres au conseil ! » Mais Tiss répliqua : « Et toi, Philippa, de quel droit oses-tu décider d'être à la fois juge et bourreau ? Tu n'as reçu aucun pouvoir pour ça. Si Fringilla et les autres ont commis une trahison, ils seront punis selon les règles de notre conseil. »

Philippa était hors d'elle, d'autant plus à cause du diméritium comment avait-il pu apparaître ainsi, alors qu'il ne s'agissait que d'un sort de téléportation puisant dans la réserve de diméritium accumulée par Tiss depuis des années, qu'elle pourrait tout simplement invoquer à nouveau pour recréer ses flocons et étouffer une seconde fois toute magie.

Philippa se tourna vers l'assemblée : « Très bien. Si Tissaia veut un jugement, en voici un. » Elle s'avança : « Ces mages, là-bas, ont assassiné nos frères et sœurs à la colline de Sodden ; nous avons même presque perdu toute crédibilité auprès des rois du Nord ! Et vous voulez un jugement ? Très bien, alors tuons ces traîtres un virus doit être éliminé à la racine ! »

Puis, levant les bras en souriant, elle ajouta : « Et en plus, mes chers frères et sœurs, vous avez bien vu à quel point nous, les mages, sommes puissants. Alors pourquoi attendre forcément l'approbation de rois du Nord qui, à tout moment, peuvent décider qu'ils en ont assez de nous, alors que nous leur sommes supérieurs ? Le défunt roi Vizimir l'avait compris : il m'a confié les pouvoirs de son royaume, et cet imbécile de Radovid sera notre pion pour bâtir le glorieux royaume des mages dont nous avons toujours rêvé ! »

Je fronçai les sourcils, sentant la situation basculer vers quelque chose de dangereux, et dis, sarcastique : « Et je parie que celle qui dirigera ce "glorieux" royaume, ce sera toi ? » Philippa me regarda en souriant : « Bien sûr que non. Ce sera nous tous, ensemble le conseil. »

Je ris froidement : « Bien sûr. Et après, tu vas me faire croire que tu es pour la paix dans le monde ? » Philippa garda son sourire : « N'allons pas trop vite en besogne, ma chère Yennefer. Ou peut-être penses-tu que nous ne méritons pas un royaume ? Es-tu encore aveugle ? Dois-je te retirer à nouveau la vue ? » Je serrai les dents de colère, crispant ma main sur la manche de ma robe pour cacher son léger tremblement j'en fais encore des cauchemars, de ce moment où j'avais senti la chaleur envahir mes yeux, avant que cette douleur ne se change en obscurité totale.

Puis Philippa reprit, d'un ton plus naturel, presque doux : « Je sais que cela peut vous paraître hypocrite de ma part je sais que beaucoup connaissent mon comportement habituel mais je vous assure que, cette fois, mes actions ne servent que le conseil des mages et sa prospérité. »

Elle posa doucement la main sur son cœur et dit, d'un air « sincère » : « Si je me trompe, je vous laisserai me faire exclure du conseil, si ce même conseil le désire. » Intérieurement, je ris même si elle se trompait, aucun mage n'oserait jamais renvoyer Philippa : elle reste l'une des meilleures mages du monde, et l'une des plus influentes. Autant dire que sa proposition ne coûtait absolument rien.

Grâce à ces mots, Philippa réussit à rallier bien plus de voix que Tissaia, qui tentait encore de faire appel à la raison, d'autant plus que les flocons de diméritium allaient bientôt cesser de tomber. Croyant que Tissaia allait relancer un sort de téléportation de diméritium pour empêcher les combats de reprendre, je vis Fringilla faire un signe à Vilgefortz, qui sourit simplement en hochant la tête, avant de faire signe à son tour à Francesca, postée derrière Philippa. Celle-ci hocha la tête, et d'un coup, je sentis un frisson me parcourir : j'esquivai à la dernière seconde un coup de poignard qui visait ma gorge, et lançai immédiatement un sort de désintégration les flocons de diméritium venaient justement de disparaître au-dessus de l'assaillant. Tissaia parvint à faire de même, mais de nombreux mages furent pris totalement par surprise, la gorge tranchée d'un coup sec.

Francesca sortit une dague de sous sa robe et poignarda Philippa, qui, surprise, la repoussa d'un sort de gravité, l'envoyant se fracasser contre le mur avec une force impressionnante. Mais Francesca avait déjà mis en place un bouclier magique. Et c'est là que je vis plusieurs elfes sortir d'un sort d'invisibilité, tuant par surprise des dizaines de mages sans le moindre avertissement comment était-ce seulement possible ? Le diméritium aurait dû balayer ce sort comme les nôtres. Un détail qui me troubla plus que je ne voulus me l'avouer sur l'instant, mais que je rangeai au fond de mon esprit, faute de temps pour y réfléchir davantage.

Philippa serra les lèvres de douleur, maintenant son ventre en sang, et sans attendre, activa un sort de téléportation, jetant un dernier regard rempli de haine à Francesca et à Vilgefortz, qui l'avait visiblement trahie, à en juger par la façon dont il l'observait.

Bien sûr, au milieu de tout ce désordre, Tissaia et moi essayions de rassembler les derniers mages du Nord derrière nous. Je vis Valerius exploser sous un sort de Vilgefortz, réduit en une bouillie de sang. Serrant les dents, je maintenais un bouclier contre la magie de flammes de Fringilla et de Francesca à la fois.

Tissaia affrontait simultanément Vilgefortz, protégeant autant qu'elle le pouvait le reste des mages qui quittaient la salle de bal, tandis que seuls les rares mages plus anciens tentaient encore de contenir les mages de Nilfgaard et les elfes qui décochaient leurs flèches.

Serrant toujours les dents sous l'effort de maintenir mon bouclier contre leurs flammes, je dis : « Tiss, si tu as une idée, je suis preneuse ! »

Tiss, repoussant sans effort un sort de Vilgefortz, dit rapidement : « Le diméritium ne fonctionne pas, et je crois savoir pourquoi, Yen mais il faut que tu partes et que tu mettes le reste des mages à l'abri ! Je ne laisserai pas Nilfgaard repartir en vainqueur ! »

Je la regardai, stupéfaite : « Tiss, ne te fous pas de moi ! Je ne te laisserai pas... » Mais Tiss me coupa, repoussant au loin Francesca et Fringilla d'un sort de tonnerre, créant un bouclier d'électricité qui renvoyait les sorts adverses, et me dit, droit dans les yeux : « Yen, tu as été ma plus brillante élève, et je regrette de ne pas t'avoir vue grandir davantage mais retrouve Margarita, et mets le conseil en lieu sûr ! » Puis elle créa un champ magnétique qui attira tout le métal alentour, nous réunissant tous en un seul point avec le reste des mages. La dernière chose que je vis fut la téléportation forcée nous éloignant de Tissaia, restée seule au bal.

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POV Tissaia

Maintenant qu'ils ne sont plus là, j'espère que tu y arriveras, Yen, tu... Mais je ne pus achever mes pensées : je venais de voir mon mur d'électricité, et celui qui avançait en premier, c'était Vilgefortz, puis Francesca, Fringilla et le reste. Me voyant seule, il haussa un sourcil et dit : « Seule ? Tissaia, tu penses vraiment pouvoir nous affronter tous ? »

Mais je ne le regardais pas, car je savais que c'était lui la cause du fait que le diméritium ne fonctionnait pas. Je fixai plutôt Francesca, Fringilla et le reste des mages : « Nilfgaard est-il si magnifique que ça, pour trahir le conseil ? »

Fringilla parla en premier : « Tissaia, j'ai passé des années à souffrir pour ce même conseil, torturée par l'empereur parce que je refusais de plier le genou. Et qu'a fait le conseil ? Rien. Ils m'ont demandé d'endurer pour le conseil est-ce un choix de vie, ça ? Non. J'ai simplement fait ce que n'importe qui aurait fait : j'ai accepté d'aider Nilfgaard pour survivre, comme tous les autres mages envoyés là-bas par le conseil. » Je hochai la tête, tristement je pensais le conseil assez fort pour protéger les siens, mais... on dirait que j'étais naïve de croire encore en lui. Depuis quand était-il devenu si pourri ?

Je regardai ensuite Francesca, qui croisa les bras et dit : « Moi, c'est pour une seule chose : libérer mes frères, les elfes emprisonnés par Philippa. Que les mages du Nord les libèrent, et Nilfgaard promet une terre pour les elfes à la fin de la guerre. Je suis désolée, Tissaia, mais pour mon peuple, je ferai tout. » Je hochai la tête, puis regardai Vilgefortz, qui attendait en souriant, et dis simplement : « Pourquoi as-tu accepté le pouvoir du Chaos ? »

Il se figea. Je pus voir l'incompréhension sur le visage de Francesca et de plusieurs mages nilfgaardiens, Fringilla comprise seuls les elfes restèrent impassibles. Vilgefortz éclata de rire et dit : « Quel idiot je suis, de ne pas avoir cru que toi, Tissaia, tu connaîtrais la vraie histoire du monde. » Puis il sourit simplement, se frottant la barbe : « Mais qu'importe. Tu mourras aujourd'hui. »

D'un coup, un ouragan monstrueux se leva, un tonnerre immense arracha le toit du banquet, et la pluie se mit à tomber en trombes. M'élevant dans les airs, mes cheveux se changeant en filaments électriques et mes yeux devenant deux éclairs, je dis : « Ah oui ? J'aimerais voir ça. » Seuls les meilleurs mages purent réagir ; les autres furent électrifiés à mort en une seconde, plusieurs éclairs frappant le sol en une pluie continue, la tempête s'intensifiant. Mais Vilgefortz rit et dit : « Quel plaisir d'affronter la fameuse Tissaia ! »

Le premier assaut fut immédiat : un mur de flammes noires jaillit des mains de Fringilla, cherchant à percer ma tempête avant même qu'elle ne se stabilise, tandis que Francesca tissait autour de Vilgefortz un voile d'air compressé pour dévier mes éclairs. Je répondis en fendant l'air d'un geste sec ; la foudre suivit ma main comme une extension de mon propre bras, frappant le mur de flammes en plein cœur et le faisant imploser en vapeur brûlante. Vilgefortz, lui, ne bougeait presque pas : il se contentait d'absorber le chaos ambiant, laissant Fringilla et Francesca porter le poids du combat, comme s'il n'assistait qu'en spectateur patient.

Je changeai de tactique, refusant de me laisser enfermer dans un duel à trois fronts : je concentrai la tempête directement au-dessus de nous, transformant le ciel du banquet en un plafond d'éclairs prêts à s'abattre au moindre faux mouvement. Francesca, la première à comprendre le piège, hurla à Fringilla de reculer trop tard. D'un simple geste, je fis converger deux éclairs distincts qui les frappèrent chacune de plein fouet, les projetant au sol dans un cri étouffé, une odeur de chair brûlée et d'ozone envahissant l'air. Elles ne se relevèrent pas immédiatement, luttant simplement pour respirer ; malgré leur talent, elles n'avaient jamais eu à affronter une tempête née de décennies d'expérience et de maîtrise leur magie, aussi vive soit-elle, n'était rien face à un chaos que je contrôlais depuis avant même leur naissance.

C'est à cet instant que Vilgefortz choisit enfin d'intervenir sérieusement : d'un mouvement de poignet, il aspira une partie du Chaos que j'avais déversé dans l'air, le retournant contre moi en une lance de foudre noire, plus dense que la mienne. Je l'évitai avec une facilité presque insultante, pivotant sur moi-même dans les airs, et refermai ma main sur l'éclair qu'il venait de lancer, le renvoyant instantanément vers lui, amplifié de ma propre puissance. Il n'eut pas le temps de dresser une véritable défense : la décharge le frappa en plein torse, le faisant chuter lourdement au sol, un filet de sang s'échappant de sa bouche et une brûlure profonde fumant à travers son habit déchiré.

Ce que Vilgefortz ignorait, c'est que je l'avais laissé faire. Depuis le premier échange, j'avais discrètement imprégné le chaos ambiant d'une résonance particulière une signature que seule je pouvais activer, dissimulée dans chaque éclair que j'avais lancé, chaque décharge qu'il avait crue lui appartenir en l'absorbant. Le moment où il puisa dans cette énergie pour forger sa lance de foudre noire fut précisément celui que j'attendais. Je refermai les doigts d'un geste sec, comme si je tirais sur un fil invisible, et la résonance s'éveilla d'un coup à l'intérieur même de son corps. Le tonnerre qu'il croyait maîtriser explosa de l'intérieur, une décharge brute déchirant ses veines avant qu'il n'ait pu comprendre ce qui se passait. Il s'effondra, secoué de convulsions, du sang perlant à ses lèvres et à ses oreilles, tandis que Fringilla et Francesca, encore à terre, ne pouvaient que regarder, incrédules, celui qu'elles croyaient invincible se tordre sous une magie qu'il avait lui-même volée.

Puis, sans lui laisser la possibilité de se relever, je fis converger une immense épée de tonnerre vers lui. Mais d'un coup, mon épée se brisa : des vrilles noires jaillirent du corps de Vilgefortz, telles des tentacules, s'enroulant autour des cadavres des malheureux mages morts — et même autour de ses propres alliées. Voyant cela, Fringilla et Francesca tentèrent de fuir, mais deux tentacules se ruèrent vers elles. Déclenchant un sort de tonnerre sur ces appendices, les faisant hurler de douleur, je criai : « Partez ! » Elles me regardèrent, incertaines, avant de se téléporter avec le reste des mages, me laissant seule face à cette monstruosité tentaculaire tandis que la tempête continuait de rugir.

Je soupirai, songeant que je venais de les sauver. C'était hypocrite, je le savais, mais c'étaient des amies que j'avais vues grandir, avec qui j'avais partagé de bons souvenirs. Je suis faible, hein ?

Je vis les tentacules se rétracter dans le corps de Vilgefortz, qui ne ressemblait déjà plus à un humain : ses yeux n'étaient plus que ténèbres, et son corps se couvrait de cicatrices noires, comme s'il se brisait de l'intérieur. Fronçant les sourcils, je dis : « Alors tu as vraiment accepté de porter les pouvoirs du Chaos. » Vilgefortz rit, d'une voix qui n'avait plus rien d'humain : « Bien sûr que oui. Je désire être le meilleur des mages, être au sommet de la magie et Ciri sera la clé pour obtenir ce savoir. »

Puis il s'inclina, avec une politesse écœurante, souriant d'une façon presque obscène : « Cependant, j'ai une question pour toi, Tissaia. Pourquoi ta magie a-t-elle réussi à me blesser ? La magie de notre monde actuel est bien trop corrompue pour blesser le Chaos seule la magie ancienne le peut. Or tu ne possèdes pas cette magie, non, je l'ai bien senti lors du choc. Alors dis-moi, Tissaia : pourquoi ta magie porte-t-elle l'empreinte de la déesse du printemps ? Le Chaos, en moi, n'arrête pas de me crier le nom de Tuilë. »




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