Le sorceleur spécial

Chapitre 37 : Radovid

Par Blax

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POV Aiden

Retirant mon épée du cœur de Lycaon, mort avec le sourire, je la fis disparaître en soupirant de fatigue. Je reculai légèrement, mais sentis Vesemir me soutenir derrière moi, soupirant, mais avec un sourire :

« Tu sais, plus je te surveille, plus tu me fais penser à Geralt. »

Je ris en me redressant j'avais des courbatures partout et dis :

« C'est une bonne chose ? »

Vesemir haussa les épaules et dit :

« Oui et non. Mais c'est ni l'heure ni le moment pour en parler. » Il disait ça parce que les loups-garous s'approchaient de nous, avec en tête Valerius, le mage loup-garou, et Garrick, le loup-garou musclé.

Je m'attendais à au moins un reproche, ou des regards incertains mais ce qui me surprit, c'est qu'ils n'hésitèrent pas une seconde à s'agenouiller devant moi. Garrick dit calmement :

« Le duel sacré a été accompli, et le vainqueur a été désigné sous le regard de nos ancêtres. Vous êtes notre seigneur. »

J'étais surpris qu'ils acceptent cette décision d'un coup, sans la moindre colère surtout que Lycaon semblait avoir été profondément aimé au sein de cette colonie. Je dis, incertain, mon cœur se mettant à battre plus fort en les voyant s'agenouiller ainsi :

Pourquoi ?

Me reprenant, je demandai, sans bégayer :

« Valerius, Garrick c'est bien vos noms ? Pourquoi acceptez-vous si facilement ? Ce duel est censé être si sacré que je m'attendais à ce que vous détestiez cette décision. »

Valerius releva la tête et dit :

« Mon seigneur, bien sûr que certains ressentent de la tristesse. Le seigneur Lycaon était notre chef depuis des années, et pour certains, presque un père. Mais... »

Garrick frappa son torse, à hauteur du cœur, avec un grand sourire, finissant la phrase de Valerius :

« Je suis sûr que là où se trouve notre seigneur Lycaon, il doit être en train de boire avec nos ancêtres, retrouvant son âme sœur, tout en continuant à veiller sur nous. Et puis, pourquoi vous en vouloir ? Vous l'avez respecté pendant tout le combat, et vous ne nous avez jamais regardés avec peur ou dégoût. »

Valerius sourit légèrement et dit :

« Je vous assure que vous êtes l'un des rares à ne pas nous regarder avec ce regard-là. Malheureusement, pour beaucoup, dès qu'ils voient un loup-garou, ils y voient forcément danger et monstruosité. »

Vesemir, à côté de moi, croisa les bras et dit en soupirant :

« C'est pas vraiment de leur faute ils ne connaissent pas vraiment les monstres. Et même moi, j'ai été surpris par une colonie de loups-garous. »

Garrick haussa les épaules et dit à Vesemir :

« C'est vrai, maître sorceleur. Mais on a toujours été comme ça. »

Je soupirai et dis :

« Malheureusement, nous, les sorceleurs, on est la frontière entre les monstres et les humains nous, on vous comprend, parce qu'on nous a appris à le faire. Mais les humains ont peu d'informations sur vous, et les puissants sont parfois bien soulagés d'avoir un ennemi commun, malheureusement. »

Valerius hocha la tête et dit :

« C'est plus facile d'accuser un loup-garou d'avoir tué une famille, qu'un seigneur d'avoir convoité une terre par cupidité. »

Un silence s'installa, mais je désignai les autres loups, voulant connaître leur avis :

« Qu'est-ce que vous en pensez, vous ? Je veux vous entendre, même si Valerius et Garrick parlent en votre nom. J'ai promis à Lycaon d'être votre chef, et... je pense qu'il vaut mieux que j'apprenne à vous connaître vraiment, plutôt que par ce qu'on m'a enseigné. »

L'un des jeunes loups-garous leva la main et demanda :

« Mon seigneur, c'est vrai que les femmes humaines naissent déjà non vierges, parce qu'elles aiment bien se faire prendre par les soldats vu qu'on dit qu'ils ont un bon appui ? »

Je restai muet, et tout le monde se tourna vers l'enfant qui venait de poser cette question. Sa mère, voyant ça, plaqua vivement sa main sur le museau de son fils et murmura, bien que tout le monde entende, gênée :

« Chéri, où t'as appris ça ? »

Le fils, confus, répondit :

« Bah, c'était pendant une discussion entre toi et papa, dans votre chambre. Vous disiez que vous deux, vous n'aviez jamais été comme ces humaines nées non vierges. Après ça, j'ai entendu un truc grincer. »

La mère loup-garou devint rouge de honte et bâillonna carrément la bouche de son enfant, me regardant, complètement paniquée mais moi, j'étais mort de rire. Je ne sais pas pourquoi, avec tout ce que je venais d'apprendre et tout ce qui se passait, ce moment de légèreté me fit exploser de rire, à la surprise générale. Séchant mes larmes, je dis :

« Désolé, mon garçon. Mais comme toi, j'ai aucune expérience là-dessus, donc je peux pas te répondre. »

L'un des loups-garous se releva, choqué, et s'exclama :

« Mon seigneur n'a pas de femelle ?! »

Puis les autres loups-garous échangèrent des regards inquiets et commencèrent à m'entourer, décalant Vesemir sans le vouloir, m'assaillant de questions sur mes critères pour une compagne — ce qui, bizarrement, me fit sourire et rire encore plus fort, même si j'évitais soigneusement de croiser le regard des louves qui me fixaient étrangement. Désolé, mesdames, je préfère le corps humain.

Quelques heures plus tard, le soir tombait, et la majorité des loups-garous s'affairaient à préparer le voyage. Nous étions sur une colline, un peu plus loin de la grotte Vesemir, moi, Valerius et Garrick regardant une tombe où était gravé le nom de Lycaon, à côté d'une autre tombe plus ancienne, où était écrit : Lily.

Restant silencieux, je priai pour qu'il puisse enfin ressentir la chaleur de celle qu'il aimait. Je regardai Garrick et Valerius, derrière moi, et demandai doucement :

« Il venait souvent ici ? »

Ils hochèrent la tête, et Valerius dit :

« Oui. Chaque jour, à la même heure. Quand on lui a demandé pourquoi, il a dit que c'était l'heure de leur premier baiser. »

Hochant la tête, je réfléchis un instant, puis, fermant les yeux, je commençai à utiliser ma magie hivernale, créant une magnifique fleur de glace, que je posai entre les deux tombes. Posant ma main sur le sol, je dis :

« Ne t'inquiète plus de rien. »

Puis, me relevant, je regardai Valerius et Garrick et dis :

« Je vous confie les troupes. N'oubliez pas le plan : vous allez jusqu'à Kaer Morhen, et vous dites bien à Lambert que vous venez de ma part. S'il vous croit pas, dites-lui que je connais son secret sur l'aphrodisiaque à base de cheveux de succube il comprendra que ça vient de moi. »

J'entendis Vesemir soupirer derrière moi : « Bande de gamins. » Mais Valerius hocha la tête, et Garrick dit en se frappant le torse :

« Oui, chef. Rien ne leur arrivera, on vous le jure. »

Je hochai la tête, mais alors qu'ils s'apprêtaient à partir, je demandai :

« Au fait pourquoi tu peux utiliser la magie, Valerius ? Et toi, Garrick, pourquoi t'es largement plus fort qu'un loup-garou normal ? »

Valerius s'arrêta de marcher et dit :

« C'est parce que j'ai reçu le sang du seigneur Lycaon. » Garrick hocha la tête, disant la même chose. Je demandai, confus :

« Comment ça ? »

Valerius expliqua :

« C'est assez simple. Le seigneur Lycaon possédait le sang d'une lignée de loup ancestrale, et il pouvait donner son sang pour renforcer d'autres loups-garous. Mais bien sûr, il y a un risque — on appelle ça des "rejetons", un peu comme chez les vampires : si un vampire supérieur donne son sang à un humain, celui-ci devient un rejeton de vampire, esclave de ce même vampire. Par contre, si le rejeton boit à son tour le sang du vampire qui l'a transformé, il devient lui-même un vampire supérieur même si c'est un risque pour le vampire d'origine, puisque ça revient à créer un ennemi potentiel capable de le tuer. »

Je hochai la tête et les remerciai. Une fois partis, je réfléchis : si ça marchait avec les loups-garous et les vampires, est-ce que ça marcherait aussi avec les sorceleurs ? Après tout, comme Lycaon, je possédais la magie ancienne, alors est-ce que...?

Vesemir tapota mon épaule et dit :

« Tu réfléchis à si tu peux nous donner ton sang pour nous renforcer. »

Je le regardai, surpris, et dis :

« Comment tu sais ? »

Il rit et dit :

« Aiden, j'ai vu beaucoup de choses, et j'ai connu les trois garnements que sont Geralt, Eskel et Lambert donc je sais reconnaître quand quelqu'un pense à nous. Et puis, on sait tous que tu possèdes la magie ancienne, alors si je relie les points, t'as sûrement supposé que tu pourrais nous renforcer, pas vrai ? »

Je restai muet, moi qui me croyais pourtant impassible. Il continua, souriant :

« Sois pas surpris, c'est juste l'expérience. En tout cas, sache qu'on n'en a pas besoin pour aucun d'entre nous. »

Mais je rétorquai :

« Oui, mais si ça marche, ça pourrait vous aider à survivre plus longtemps, plus efficacement. J'ai pas besoin d'être unique si ça veut dire que mes proches doivent risquer de mourir juste parce que j'ai gardé ce pouvoir égoïstement pour moi. »

Il sourit et commença à descendre la colline vers les chevaux, disant :

« Aiden, ça me fait chaud au cœur de t'entendre dire ça. T'as pas à t'inquiéter pour nous je te dis pas de pas y réfléchir toi-même, juste que, pour nous, on n'exigera jamais rien de toi, et... » Il tapota mon épaule : « Aiden, comme tu l'as dit toi-même, on est une famille, maintenant je le cache plus. Les sorceleurs se font de plus en plus rares, on doit se serrer les coudes. Et même si aucun des autres te le dira jamais en face, ça nous dérange pas d'être contre le monde entier, s'il le faut. »

Il soupira, regardant la lune, et dit :

« Avant, je t'aurais empêché de prendre ce rôle de chef — je suis de la vieille école, celle de la neutralité des sorceleurs. Mais je dois me rendre à l'évidence : que ce soit toi, Geralt, Lambert ou Eskel, cette neutralité, elle sert plus à grand-chose. Et en te voyant, ça m'a sauté aux yeux. »

Il me regarda sérieusement et dit :

« Aiden, voilà mon dernier conseil, tiré de toute mon expérience. Je regrette énormément de choses, dans ma vie mais il y a une chose que j'ai toujours faite : respecter mes propres valeurs. Si tu veux être un chef, fais-le. Si tu veux être un roi, fais-le. Si tu veux être le roi du monde entier, fais-le aussi. » Il tapota mon torse, là où reposait le médaillon de l'École du Loup, et dit : « Ce médaillon, tu l'as déjà en ta possession depuis un moment mais aujourd'hui, avec ce que t'as fait pour ce peuple, avec le chef que tu viens de devenir sous mes propres yeux, je peux enfin dire que tu l'as pleinement mérité, bien plus qu'un simple diplôme d'entraînement. Et ça, ça veut dire que t'as pas gagné que notre entraînement t'as gagné nous quatre. Parce que si tu désires être le roi du monde, nous quatre, on t'aidera. Et même si tu deviens un tyran, on t'arrêtera mais on te tuera jamais, parce que t'es de notre famille. »

Puis il tapota mon torse en souriant et, en redescendant la colline, ajouta :

« Allez, souris. T'as réussi à faire comprendre au vieux schnock que je suis que la neutralité des sorceleurs, c'est de l'histoire ancienne. »

Je restai figé un moment, puis, prenant le médaillon de l'École du Loup entre mes mains, je souris, fermai les yeux pour respirer un bon coup l'air frais du soir, entendant les pas de Vesemir s'éloigner. Rouvrant les yeux, je regardai la lune et dis :

« Hisié, je sais pas si tu m'entends ou non, mais je viens encore une fois te confirmer mon choix de sauver ce monde. J'ai bien trop de choses qui me tiennent à cœur, maintenant. »

Puis je descendis la colline, un sourire plus naturel aux lèvres, pensant déjà à nos retrouvailles avec Ciri, Geralt, Yennefer et Triss à Kaer Morhen.

En arrivant en bas, je vis les loups-garous s'incliner sur mon passage, puis j'entendis des sabots courir vers moi. Voyant Nocturne foncer droit sur moi, je souris immensément, et supportant l'immense museau de Nocturne frotté contre ma tête, je ris et dis :

« Toi aussi, tu m'as manqué, ma belle. »

Nocturne hennit, et je tapotai son ventre en disant :

« T'as grossi, non ? » Garrick, qui s'était occupé d'elle, arriva en courant et dit :

« C'est normal, mon seigneur, quand on vous a euh... » Il hésitait visiblement à dire "kidnappé", et passa le mot : « Bref, le seigneur Lycaon nous a expressément demandé de bien nous occuper de votre cheval. Elle a reçu les meilleurs ingrédients, la meilleure paille. »

Je secouai la tête, amusé, et vis Valerius approcher, portant une épée enroulée dans une serviette, tandis que Vesemir discutait avec lui près des chevaux. Arrivé à notre niveau, Valerius déballa l'épée et dit :

« C'est pas grand-chose, mais c'est une épée courte ayant appartenu au seigneur Lycaon. »

Prenant l'épée courte, j'observai son aspect honnêtement, elle était magnifique. Je regardai Valerius et dis :

« Merci beaucoup. J'en prendrai soin. » Il hocha la tête, regarda Garrick, qui hocha la tête à son tour, et Valerius sortit d'un portail une magnifique dague, disant respectueusement :

« C'est la dague ayant appartenu à dame Lily. Notre seigneur Lycaon avait ordonné qu'elle soit remise uniquement à celui qui lui succéderait pour lui rappeler toujours sa promesse, mais surtout pour lui dire qu'il aura toujours quelque chose à protéger, là où lui a échoué. »

Je me tus, prenant délicatement la dague. Je vis facilement que c'était une lame de qualité grand-maître, et j'étais surpris même Vesemir semblait choqué, les lames de grand-maître étant extrêmement rares. Il demanda :

« C'est quoi, cette dague ? »

Valerius nous regarda et dit :

« Cette dague était le cadeau de mariage que Lycaon avait prévu pour Lily, mais il n'a jamais pu le lui offrir. La seule chose que je sais, c'est qu'elle appartenait à la toute première reine elfe. »

Je me tus. La toute première reine elfe ça voulait dire la mère de Caladwen ? Cette dague remontait donc à un temps immémorial, et vu les armoiries, aussi délicates, elle devait être d'origine elfique mais ce n'étaient que des suppositions de ma part. Valerius ajouta quelque chose qui surprit encore davantage Vesemir :

« La dague est faite de pierre de lune. »

Vesemir dit, stupéfait :

« Pierre de lune ?! C'est un matériau disparu plus pur que l'argent ! »

Je regardai Vesemir et demandai :

« C'est si précieux que ça ? »

Il hocha la tête et, regardant la dague avec sérieux, dit :

« C'est une pierre presque totalement disparue. On raconte que seuls les elfes qui connaissaient un certain chant de la lune pouvaient la faire apparaître, sous une pleine lune, et seulement en très petite quantité. Malheureusement, les textes en question ont disparu, et la pierre de lune avec eux. Aiden n'en parle à personne. Cette dague est en pierre de lune. »

Hochant la tête, je rangeai la dague derrière mon dos, à côté de mon épée courte, dans les fourreaux noirs qu'on m'avait donnés. Récupérant une armure de cuir, je m'équipai, montai sur Nocturne, et entendis faiblement Vesemir murmurer derrière moi :

« Ce gamin me vieillit un peu plus chaque jour. »

Je ris légèrement, faisant avancer Nocturne, et dis à Vesemir :

« On verra pas la différence, Vesemir t'as déjà tous les cheveux blancs. » Il soupira, amusé. Je regardai Valerius et Garrick et dis, sérieux :

« Je vous confie la suite. On va passer par la Rédanie pour rejoindre Kaer Morhen au plus vite. Vous, prenez les chemins qu'on peut pas emprunter à cheval, évitez au maximum les routes principales, et on se retrouve tous à Kaer Morhen. »

Ils hochèrent la tête, et d'un coup, Garrick, puis Valerius, se frappèrent le torse suivis de tous les autres loups-garous, qui interrompirent leurs activités pour faire de même, même les enfants, disant tous en chœur :

« Oui, mon seigneur ! »

Je soupirai en souriant, et les regardant tous, je dis :

« Prenez soin de vous tous. On boira ensemble, à Kaer Morhen. »

Puis, claquant de la langue, Nocturne s'élança au galop, Vesemir sur son propre cheval à mes côtés, nous éloignant de la troupe des loups-garous.

Ça faisait déjà plusieurs semaines qu'on galopait. Vesemir m'avait expliqué qu'on se trouvait près de Blaviken, donc on avait dû faire un énorme détour par la Rédanie, en passant par Tretogor, pour rejoindre Kaedwen.

Vesemir m'avait raconté l'histoire derrière le surnom de Geralt, le Boucher de Blaviken c'est pour ça qu'on avait évité cette ville. Je soupirai, pensant que Geralt avait encore une fois voulu jouer les héros pour des innocents mais bizarrement, j'avais l'impression de me revoir moi-même dans cette histoire, alors je n'ajoutai rien.

Alors qu'on approchait de KnotGrass Meadow on voulait éviter Tretogor en passant par le pont proche de Drakenborg on sentit une odeur de sang et de fumée de combat au loin. Fronçant les sourcils, je regardai Vesemir, qui se contenta de hocher la tête, et on galopa vers le combat. On découvrit plusieurs soldats rédaniens affrontant des hommes encapuchonnés de noir. Les soldats rédaniens perdaient du terrain, occupés à protéger une grande tente. Descendant de nos chevaux, je m'équipai de mon épée courte et de ma dague, Vesemir dégainant son épée en acier derrière moi, laissant nos montures s'éloigner du combat.

Pendant ces semaines de trajet, je m'étais entraîné avec Vesemir au maniement double, épée courte et dague. Même si c'était encore loin d'être parfait, grâce à l'entraînement d'adaptation propre à l'École du Loup, j'avais réussi à créer un style bien à moi pas encore parfait, mais suffisant.

Voyant notre arrivée, le chef des assaillants pointa son épée vers nous, et quatre hommes se détachèrent des rangs pour foncer sur nous. Le premier frappa vers mon cou, mais je glissai facilement, ayant formé de la glace sous mes semelles pour plus d'agilité, sans que personne ne le remarque, et j'enfonçai mon épée courte dans la gorge de l'homme. Un autre tenta de me frapper par-derrière mais laissant mon épée plantée dans la gorge du premier, j'esquivai simplement en m'accroupissant et plantai ma dague dans l'entrejambe de l'homme, qui hurla de douleur ; je l'achevai en enfonçant la dague dans sa gorge, tout en récupérant mon épée courte sur le premier cadavre. Un simple coup d'œil vers Vesemir me confirma qu'il avait déjà tué les deux autres.

Voyant notre arrivée, le chef paniqua nos coups faisaient déjà grimper le nombre de morts dans ses rangs et alors qu'il criait déjà l'ordre de repli, une flèche lui transperça la gorge, le faisant cracher du sang avant de s'effondrer, mort. Je jetai un coup d'œil vers l'archer : un homme plutôt bien habillé, mais ce qui frappait surtout, c'était sa carrure extrêmement grand, avec une silhouette assez ronde. Mais pas le temps de m'attarder sur lui : la majorité des assaillants était déjà en déroute, et en quelques minutes, ils furent tous morts.

Essuyant le sang de mes armes sur les vêtements des assaillants avant de les rengainer, je vis l'homme rond s'approcher de nous, accompagné des soldats rédaniens. Vesemir garda son épée dégainée, par précaution, sans manifester d'hostilité derrière moi. Voyant mes yeux de sorceleur, l'homme parut surpris, avant de dire, le visage impassible :

« Un sorceleur ? Enchanté de vous rencontrer. Je suis Sigismund Dijkstra. »

Vesemir fronça les sourcils et dit :

« Dijkstra ? Le chef des services de renseignements de Sa Majesté Vizimir ? »

Dijkstra regarda Vesemir et sourit, presque avec plaisir :

« Lui-même. » Puis son sourire s'effaça, et j'entendis clairement l'hostilité dans sa voix : « Enfin c'était le cas. Malheureusement, feu le roi Vizimir est mort. Ou plutôt : assassiné. »

Je fus surpris, tout comme Vesemir, mais pas le temps de poser de questions : un jeune homme, habillé comme un prince, sortit de la tente et regarda ses soldats froidement, sans la moindre émotion. Il désigna l'un d'eux, tremblant à cause de la bataille, et dit simplement :

« Vous, là. Votre nom. »

Le soldat, tremblant de plus belle, dit :

« Dorick, Votre Altesse. »

Il hocha la tête, s'approcha de lui, tapota son épaule, et dit :

« Dorick. Tu sais que tu as commis une faute ? »

Le soldat secoua la tête, de la morve coulant de son nez le regard du jeune homme le faisait trembler comme une feuille. Puis, sans prévenir, le jeune homme sortit une dague et la plongea plusieurs fois dans la gorge du soldat, devant tout le monde, disant :

« Non ! Je suis plus un simple prince je suis votre roi ! Et un roi doit être protégé par ses soldats, pas par des pleureuses ! »

Après plusieurs minutes à poignarder le corps déjà sans vie du soldat, il jeta la dague au sol, sortit un mouchoir pour essuyer son visage, puis regarda les autres soldats et dit calmement :

« Jetez-le dans la fosse commune. Pas besoin de sépulture. »

Les soldats, tremblants, hochèrent la tête. Le jeune homme s'approcha ensuite de nous, nous fixant. Je pouvais voir les lèvres de Dijkstra légèrement pincées, avant que son visage ne redevienne impassible. Il dit :

« Votre Majesté, vous n'étiez pas obligé, je... »

Mais le jeune homme répondit calmement, sans même regarder Dijkstra :

« Ah oui ? C'est pourtant ce que toi et Philippa m'avez toujours appris. Maintenant, tais-toi j'aimerais discuter avec les sorceleurs. »

S'arrêtant devant nous, je pouvais aisément voir que Dijkstra avait encore beaucoup de choses à dire, mais qu'il se retenait. Le jeune homme parla, fixant Vesemir et moi tour à tour :

« Deux sorceleurs ? Vous ferez l'affaire. J'ai besoin de deux sorceleurs pour mener une enquête secrète je sais que mon père n'est pas simplement mort de la main d'un elfe médiocre. Il y a plus derrière tout ça. Je veux que vous enquêtiez. »

Il sourit un sourire qui n'avait rien d'agréable à voir et ajouta :

« Au fait, sorceleurs, avant que vous refusiez : je suis le roi Radovid. Même si, officiellement, c'est le conseil de régence Philippa incluse qui s'occupe de la régence, sachez une chose : je suis le roi, et personne ne décidera le contraire. Alors, vous acceptez ce contrat, pas vrai ? »




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