Le sorceleur spécial

Chapitre 35 : Le choix d'Aiden

Par Blax

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POV Aiden

Après l'attaque d'Hisié, le spectacle se mit en pause ou plutôt, se coupa net et nous nous retrouvâmes de nouveau dans cette zone enneigée où nous étions auparavant.

Je vis Hisié contempler le paysage enneigé. M'approchant de lui, je demandai :

« Ta fille était encore vivante ? J'ai vu le coup que l'Observateur a encaissé. »

Hisié ne répondit pas tout de suite, puis dit :

« Oui, elle était vivante plutôt emprisonnée dans son propre corps. Mais même aujourd'hui, je ne sais pas si les paroles de Morniel, quand elle disait vouloir être libre, étaient vraiment les siennes, ou celles de l'Observateur. »

Il soupira :

« Parfois, j'envie les gens insouciants. »

Bras croisés, je restai silencieux, lui laissant le temps de faire le tri dans ses pensées, ce qui me permit d'y réfléchir moi aussi un peu. En résumé : la Conjonction des Sphères était à la base un sort créé par les quatre dieux pour amener les différents peuples des différents mondes vers la paix et la prospérité.

Ensuite, l'Observateur avait été créé pour gérer les petits conflits mais Maître Miroir, l'un des serviteurs du chaos selon ma théorie, l'avait manipulé et était parvenu à le retourner contre ses propres créateurs, corrompant Morniel et provoquant en chaîne les événements qui menèrent jusqu'au fameux Froid Blanc.

Mais des questions restaient sans réponse, malgré tout ce qu'il venait de dire. Je demandai :

« Mais malgré ça, je ne sais toujours pas comment c'est possible que tu parles ma langue. Je veux dire, rien dans ces scènes ne montre la réponse à cette question. »

Il se tourna vers moi et dit, d'un ton simple :

« Parce que, Aiden : tu es né dans ce monde. »

Je le regardai, confus :

« Attends, attends, quoi ? Tu parles de mon monde, là où je suis mort, c'est ça ? »

Il secoua la tête :

« Non, Aiden. L'endroit où tu es mort n'est pas ton vrai monde. Ton vrai monde se trouve ici, depuis le début. »

Je restai silencieux un instant, puis dis, énervé, serrant les poings :

« Ne te fous pas de moi, Hisié ! Tu vas me dire que tout ce que j'ai vécu mes parents, ma sœur, Emma et Léo n'est que pure imagination ?! »

Il secoua la tête :

« Non, ils sont bien réels, même s'ils ne savaient pas que tu venais d'un autre monde. Je ne peux pas te dire qui sont tes parents un contrat m'en empêche mais si tu veux connaître la vérité sur ta naissance, Toussaint sera ta destination. C'est là-bas que tu es né. »

Je ne voulais pas y croire. Après tout, ça voudrait dire que les sourires de mes parents, mon amitié avec Léo, avec Emma, ma sœur et ses foutues blagues n'étaient qu'un pur hasard.

Je respirais difficilement, incapable de comprendre pourquoi je me sentais aussi lourd, une sueur froide me couvrant tout le corps j'avais l'impression de traverser une véritable crise existentielle. Peut-être en voyant ça, Hisié dit :

« Cependant, tu n'as pas à t'inquiéter. Même si tu viens de ce monde, ça ne veut pas dire que tu dois croire que ce que tu as vécu là-bas était faux. »

Je le regardai, toujours confus, encore en pleine crise de panique existentielle, et dis simplement :

« Quoi ? »

Il s'approcha et dit doucement :

« Tes parents, là-bas, t'ont aimé comme leur propre enfant. Ta sœur t'a aimé comme un grand frère. Léo te considère comme son meilleur ami, et Emma pareillement. Rien de tout ça n'est faux, Aiden. Même si je ne peux plus regarder ce qui se passe là-bas, puisque tu n'y es plus, je pense que tu le sais, au fond de toi : tout ça a toujours été vrai. Même si c'est un choc, tu restes toujours le même Aiden. »

Je respirai plus doucement après ces mots. Regardant mes propres mains, je dis :

« Oui, c'est vrai. » Quel idiot j'étais, à stresser autant. Il avait raison : le monde continue de tourner, et tout ce que j'avais ressenti là-bas était réel. Après avoir fermé les yeux pour me calmer, je me sentis plus léger, bizarrement moins compressé, et dis en les rouvrant :

« Merci, Hisié. Maintenant, j'aimerais en savoir plus sur moi pourquoi je suis le seul à posséder cette magie ancienne, cette étrange téléportation, et ces rêves que je fais. »

Il hocha la tête :

« À vrai dire, c'est assez simple à comprendre. Pour ce qui est des rêves, ce ne sera pas à moi de te le dire. Mais pour la téléportation et la magie ancienne, c'est uniquement grâce à moi. »

Il s'approcha de moi et posa une main sur mon torse. Je sentis quelque chose sortir de moi, et par instinct, je saisis son poignet extrêmement froid et dis :

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Il parut surpris que la chose en moi refuse de sortir, et sourit doucement :

« Je vois. Tu es vraiment un digne héritier. »

Retirant sa main de mon torse, il la posa sur son propre torse, en sortant l'orbe qu'il avait utilisée pour sceller l'Observateur mais celle-ci était transparente, cette fois. Il dit :

« C'est assez simple, Aiden. Même si je ne peux pas tout te raconter, sache une chose : ce que tu portes en toi n'est autre que l'orbe qui m'appartenait. »

Je me figeai, et demandai instinctivement :

« Je vais devenir un dieu ? »

Il rit légèrement :

« Si tu le souhaites, oui mais aussi non. » Je fronçai les sourcils devant cette contradiction, et il continua : « La magie ancienne est née pour évoluer et s'adapter. Même si tu nous vois comme des dieux, ce n'était dû qu'à la magie ancienne, alors à son paroxysme, qui nous a créés en utilisant l'évolution et l'adaptation selon ses besoins. Ensuite, c'est nous qui sommes devenus maîtres de nos propres pouvoirs. J'ai fait exactement la même chose qu'à notre naissance : je t'ai donné mon orbe pour que ce soit à toi de décider ce que tu veux devenir. Tu peux être un dieu, ou n'importe quoi d'autre. Bien sûr, ça ne sera pas instantané la magie ancienne doit évoluer avec son porteur. »

Posant ma main sur mon torse, ressentant une chaleur, je regardai Hisié et demandai :

« Pourquoi ? »

Il soupira, puis dit sérieusement :

« Aiden, les mondes vont disparaître, et je ne pourrai pas contrôler la prison beaucoup plus longtemps. »

Il pointa du doigt cette sorte de soleil blanc qui se trouvait là, expulsant froid et réalités obscures, et dit :

« J'ai scellé l'Observateur avec moi. Nous sommes, tous les deux, dans mon âme. »

Je clignai des yeux, incapable de comprendre, et dis :

« Attends, quoi ? »

Il hocha la tête :

« Toi seul y avais accès, parce que nous étions liés par l'orbe que je t'avais donnée. Mais en tout cas, après le combat, j'ai dû traîner mon propre corps jusqu'au premier endroit où nous sommes nés, tous les quatre, puis je me suis mis en stase, utilisant mon corps comme prison, et mon âme comme geôlier, pour empêcher l'Observateur de s'échapper. Et les siècles ont passé ainsi. »

Puis il soupira, tristement :

« Malheureusement, le combat qui a eu lieu m'a laissé des séquelles irréversibles. Je suis mourant. »

Je restai silencieux un moment, puis demandai :

« Combien de temps ? »

Il sourit avec difficulté :

« Je mourrai en 1273. Il reste donc six ans avant la fin, et avant que le Froid Blanc ne commence vraiment à chercher les deux seules clés capables de le désactiver toi, Aiden, et Ciri. Et ils vous poursuivront tous les deux, même si j'essaie de résister. L'Observateur reste extrêmement puissant, capable d'ouvrir de minuscules portails vers différents mondes, laissant le Froid Blanc s'y propager peu à peu, tandis qu'il continue lui-même à se corrompre en cherchant les clés. »

Mais j'étais préoccupé par Ciri, et demandai :

« Pourquoi Ciri ? C'est à cause de son sang ? »

Il hocha la tête :

« Oui. C'est une descendante d'Eldarion et de Caladwen leur fille, Lara Dorren, est son ancêtre directe. Le Sang Ancien est une lignée créée par la magie ancienne elle-même, c'est pour ça qu'elle est si exceptionnelle. Actuellement, dans ce monde, seuls toi et Ciri portez en vous la magie ancienne, chacun d'une façon différente et vous êtes les deux seuls capables de détruire la prison du Froid Blanc. »

Il regarda le soleil blanc, mélancolique :

« J'essaie de le contenir avec tout ce qu'il me reste, mais ça devient de plus en plus difficile. Plus on approchera de la date finale, plus le Froid Blanc, les monstres, et tout le reste, deviendront féroces et fréquents. L'hiver arrivera, ainsi que la faim et les maladies ce sera la fin des temps. La magie ancienne se fera dévorer par le chaos, et il ne restera plus rien. »

Même si j'avais encore des questions, une me préoccupait plus que les autres. Je serrai les poings et dis :

« Tu me dis tout ça pour que je devienne un héros ? Celui qui sauve le monde ? Alors je suis juste un hasard, un simple... » Alors que j'allais partir dans une théorie du complot, il dit simplement :

« Non. »

Je fronçai les sourcils, élevant la voix :

« Non ? Parce que moi, je vois bien tout... » Il m'interrompit à nouveau :

« Non, je ne te demande rien. Tu voulais savoir pourquoi je t'ai fait venir ici ? C'est vrai qu'au début, je voulais t'utiliser comme une arme pour sauver ce monde, même si la vérité, c'était surtout ma propre vengeance personnelle. »

Puis il regarda sa main, la bague fanée à son doigt, et dit doucement :

« Mais ensuite, je t'ai observé. Tu n'étais pas parfait : tu mentais, enfant, tu faisais des farces, tu cachais tes sentiments. Et pourtant... » Il marqua une pause. « Tu vis ta vie à fond, sans jamais regarder en arrière. Tu te bats pour ceux que tu aimes. Tu rêves avec ceux que tu aimes. Et tu resteras toujours comme ça, parce que c'est ce que tes parents de l'autre monde t'ont transmis comme tes proches, ici, à travers la guerre. Voilà ma réponse : je veux juste que tu fasses ce que TU as envie de faire. Tu seras assez fort pour quitter ce monde, si tu le souhaites, avec ceux que tu aimes, grâce au pouvoir de téléportation. Et même s'il le faut, je m'autodétruirai même si ça m'empêche de rejoindre ceux qui me manquent. Je n'hésiterai pas à me téléporter au cœur même du chaos, en faisant exploser mon âme et tout ce qu'il me reste avec l'Observateur, pour disparaître à jamais. Ça m'importe peu. »

Puis il sourit largement :

« C'est ça, vivre, Aiden. Ne jamais regretter tes choix. J'en regrette beaucoup, moi mais celui-ci, je ne le regrette pas. Si tu ne veux pas prendre part à tout ça pour sauver ce monde, alors laisse-moi m'occuper du reste, et vis. Vis ta vie comme j'aurais aimé pouvoir le faire, sans que rien ne t'en empêche. »

Je restai silencieux face à ces révélations. Je pensais être un simple pion, nourri comme un cochon à l'abattoir avant d'être sacrifié pour sauver un monde mais non, on venait littéralement de me dire que je pouvais très bien refuser.

Mais...

Est-ce que je le voulais ? Même si ce monde était difficile, que les complots et les meurtres semblaient présents à chaque coin de rue, c'était aussi l'endroit où Calanthe était morte, où Sac-à-Souris était mort le lieu de naissance de Geralt, Triss, Yennefer, Vesemir, Lambert, Eskel, Dandelion, et... Ciri.

Je souris, amusé, envie sincère de connaître la vérité sur moi-même. Regardant Hisié, je dis avec un sourire :

« J'ai décidé. Je m'occuperai de l'Observateur, seul ou accompagné pas parce que je veux être un héros, mais parce que j'aime ce monde. J'aime ceux qui sont à mes côtés. C'est l'endroit où Ciri est née, là où Calanthe, Sac-à-Souris, le commandant et le reste de l'armée de Cintra reposent. Et ce serait leur manquer de respect que de partir comme un lâche. Alors, Hisié dis-moi ce que je dois faire. Je défendrai ce monde, même si mon nom ne sera jamais connu, non par héroïsme, mais par mes valeurs. »

Il se tut un moment, me fixant, puis dit en souriant :

« Tu ressembles à ton père. Tu es vraiment un... » Il rapprocha la tête, retenant ce qu'il voulait dire, puis reprit : « Très bien. À vrai dire, c'est assez simple. »

Il fit apparaître trois orbes celles des autres dieux et dit :

« Lors de l'emprisonnement de l'Observateur, les trois autres orbes se sont éparpillées à travers ce monde. Il faudra les retrouver, ainsi que leurs porteurs ceux qui incarnent les valeurs propres à chacune d'elles. » Il pointa mon torse du doigt : « Tu as déjà l'orbe de l'hiver en toi. Pour l'instant, elle est encore un enfant, mais elle grandira avec toi. »

Hochant la tête, je souris doucement, pensant que Ciri et moi aurions enfin notre voyage ensemble. Je demandai :

« Ça permettra de vaincre l'Observateur ? »

Il hocha la tête :

« Si tu réunis les quatre orbes, comme tu l'as vu, l'orbe se transforme en une mini-planète, et avec elle, tu contrôleras littéralement la magie ancienne. Tu pourras repousser le chaos, lui retirer tout son pouvoir dans ce monde et ainsi, l'Observateur perdra sa plus grande force, et pourra enfin être vaincu. »

Je demandai :

« Et pour ta fille ? »

Il resta silencieux quelques secondes, puis dit :

« Ne t'inquiète pas pour ça. Je m'en occupe. Pour l'heure, je tiendrai jusqu'au bout. N'oublie pas : il ne reste que six ans. Trouve les orbes, réunis-les toutes, et ne t'en fais pas tu auras la possibilité de savoir où se trouve l'endroit où nous sommes nés, tous les quatre. »

Puis Hisié fit apparaître une épée de glace et dit en souriant :

« Maintenant, place à la partie que je préfère. »

Je reculai légèrement et dis :

« Comment ça ? Pourquoi tu as fait apparaître ton épée ? »

Hisié fit tranquillement tournoyer sa lame et dit :

« À ton avis ? Je vais t'entraîner. » Mais avant que je puisse dire quoi que ce soit, il continua, sérieux : « Tu ne penses quand même pas que, même en ayant entièrement débloqué ton pouvoir, tu pourrais battre Lycaon s'il t'empêchait de fuir ? »

Je le regardai, incertain, et dis :

« Je suis pas assez fort ? »

Hisié soupira et, d'un seul coup, sans que je puisse esquisser le moindre geste, il se retrouva devant moi, la lame pointée sous mon cou. Il dit calmement :

« Aiden, tu es dans la cour des grands, maintenant. Alors non, ce n'est pas suffisant loin de là. Et ça prendra le temps qu'il faudra, jusqu'à ce que je juge que tu es prêt. »

Quand il se retourna, j'essayai de faire apparaître une dague pour l'attaquer dans le dos mais d'un simple claquement de doigts, il fit apparaître un bloc de glace qui bloqua mon coup, avant d'en créer un second contre ce même mur, qui me projeta contre un arbre, me faisant grimacer de douleur. Me regardant, il sourit et dit :

« T'as encore beaucoup à apprendre, Aiden. »

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POV général

Cela faisait déjà bref, Aiden avait fini par perdre le compte, puisqu'Hisié lui avait expliqué que nous nous trouvions dans son âme, où seul son esprit était réellement présent, et qu'il ne pouvait donc pas mourir. Aiden subit alors un entraînement d'une intensité considérable de la part d'Hisié.

Tout avait commencé simplement : un simple duel, en bonne et due forme. Résultat ? Aiden s'était fait massacrer, encore, encore, et encore au point que ça ressemblait davantage à une correction méthodique qu'à un véritable combat.

Aiden, se relevant une fois de plus, encore douloureux après une nouvelle défaite, dit :

« Pourquoi tu continues comme ça ?! Tu vois bien que ce que je fais sert à rien ! »

Hisié regarda Aiden au sol, qui se relevait avec difficulté, et soupira :

« Aiden, que sais-tu de l'hiver, à part la glace ? »

Aiden fronça les sourcils, réfléchit, et dit :

« Qu'il fait froid ? Donc... glace, neige ? Peut-être la température ? »

Hisié sourit, amusé, et fit apparaître plusieurs mises en situation, expliquant :

« Ta vision est bien trop restreinte. L'hiver, c'est bien plus que la glace et la neige ce sont aussi des concepts. »

Il commença à créer un corps devant lequel Aiden pouvait voir une énorme blessure. Grâce à son pouvoir, on pouvait geler le sang qui s'en écoulait, ou même ralentir progressivement le cœur, le maintenant dans une stase de température parfaite pour freiner ses battements ou, à l'inverse, augmenter brutalement ce froid pour provoquer une poussée d'adrénaline dans ce même corps.

Puis, cessant ce sort, il s'approcha d'Aiden et posa sa main sur son torse. Aiden sentit ses membres s'engourdir, jusqu'à perdre complètement le sens du toucher. Hisié dit calmement :

« Tu peux aussi geler les nerfs qui gèrent les différents sens de ton adversaire. Et tu n'as même pas besoin de le toucher directement : une simple blessure infligée par ta magie agit comme une corrosion sur lui. Dès qu'un individu est touché par ta magie, tu deviens comme un virus se propageant dans son corps, cherchant simplement à geler entièrement ses organes vitaux. »

Le temps continua de s'écouler.

La zone tout entière était désormais recouverte de glace et d'une brume intense. Aiden suait des gouttes froides, son cœur battant très lentement grâce à sa concentration pour maintenir une température extrêmement basse puis, d'un coup, il inversait cette même température, forçant une décharge d'adrénaline dans son propre corps pour esquiver plus facilement les projectiles d'Hisié.

Après avoir observé cela, Hisié hocha la tête et dit :

« Passons à l'étape deux. L'hiver peut aussi être considéré comme le silence le silence, ou l'illusion née du brouillard. »

Hisié fit un signe de la main, et un épais brouillard enveloppa Aiden et lui. Plusieurs Hisié parlèrent alors, dans toutes les directions à la fois :

« Qui est le vrai ? À toi de le deviner, Aiden. Fais confiance à ton pouvoir. »

Chaque pas des différents Hisié ne produisait absolument aucun bruit seul un silence total se faisait entendre. Sans grande surprise, Aiden se fit surclasser sans ménagement.

Le temps continua de passer.

Aiden invoqua un immense porc-épic de glace, projetant ses piquants dans toutes les directions pour toucher simultanément tous les Hisié qui volèrent en éclats.

Aiden sourit, ayant visé un Hisié en particulier, qui esquiva d'un simple mouvement de tête, souriant :

« Tu m'as enfin eu ? Alors ? »

Aiden rit et dit :

« Au fil de nos combats, j'ai remarqué que t'avais tendance à toujours faire un léger signe de la main, quasiment impossible à repérer — mais c'est parce que tu dois forcément utiliser un geste pour faire bouger tes clones. »

Hisié hocha la tête et dit :

« Oui. Mais tu n'es pas obligé de faire pareil avec de l'entraînement, tu pourras continuer à commander tes illusions par la seule pensée. »

Hisié soupira et dit :

« J'aurais aimé continuer à t'enseigner encore des choses, Aiden mais j'ai déjà pris bien trop de temps. Avec tout ce que je t'ai appris, tu devrais t'en sortir facilement un bon moment. Sache juste que l'hiver n'est pas simplement la glace il existe de nombreuses utilisations possibles, selon ton imagination : ça peut devenir un sort mental provoquant une dépression saisonnière, par exemple, ou même retirer la chaleur des métaux, forçant des soldats armés à lâcher leur arme à cause du froid, et bien d'autres choses encore. Après tout, l'hiver est aussi considéré comme la mort mais tu comprendras ça par toi-même. Pour l'heure, l'entraînement est terminé, et j'accepte de te libérer. »

Aiden sourit, regardant ses propres mains, et dit :

« Alors ça a duré combien de temps, tout cet entraînement ? Parce qu'avec tous nos combats, je me sens franchement d'aplomb. »

Hisié répondit calmement :

« Simplement trois ans. »

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POV Aiden

Hochant la tête, encore satisfait de mon entraînement, je me figeai soudain, incrédule :

« Attends, t'as dit... »

Il hocha la tête et répéta :

« Oui. Trois ans. »

Je me figeai complètement :

« QUOI ? Ça fait TROIS ANS ? Comment c'est possible ?! »

Il expliqua calmement :

« Ah, non. Le rituel qui t'a transporté ici a eu lieu en 1263 le temps que Lycaon réunisse tout ce qu'il fallait. Quant à la jeune fille en cage, ne t'en fais pas : elle a été libérée par Lycaon, selon notre contrat. Mais l'entraînement était nécessaire les dangers à venir seront bien plus redoutables que tout ce que t'as rencontré jusqu'ici. Et ne t'inquiète pas non plus pour ton corps. »

Il pointa mon torse du doigt :

« Tu n'as besoin que de te nourrir de magie ancienne, pour tout le reste. Tu peux vivre sans manger ni boire. Et tu étais lavé par les soldats de Lycaon. »

Je serrai les dents et rétorquai :

« Mais les autres m'attendent à Kaer Morhen, ils vont s'inquiéter ! »

Hisié hocha la tête :

« Ne t'inquiète pas. En ce moment même, dans la grotte, se trouve Vesemir j'avais demandé à Lycaon d'envoyer une lettre. Ça fait trois ans qu'il reste près de toi, parfois relayé par Lambert, parfois par Eskel, pendant des mois entiers. Ils se sont relayés à trois, chacun leur tour, pendant ces trois années. »

Je restai silencieux, le cœur réchauffé par cette nouvelle mais fronçant les sourcils, je demandai :

« Et Geralt ? Et Ciri ? »

Il se tut un instant, puis dit :

« Désolé. Je peux pas te le dire. »

Je fronçai les sourcils, inquiet :

« Tu peux pas ? Ou tu veux pas ? »

Il soupira :

« Je peux pas. N'oublie pas que je ne suis plus aussi puissant je sens ce qui se passe autour de moi, parce qu'on est liés, mais c'est tout. »

Je trouvais bizarre qu'il ne m'ait rien dit sur le fait que ni Ciri, ni Geralt, ni même Triss ou Yennefer n'étaient venus me voir mais je me disais que c'était sans doute dû à l'entraînement de Ciri à Kaer Morhen.

Mais je demandai précipitamment :

« Attends, alors pourquoi j'ai encore mon apparence de 15 ans, ici ? »

Hisié expliqua :

« C'est assez simple : seule ton âme est venue ici, donc t'avais 15 ans, à ce moment-là. T'en fais pas même si ça prendra quelques jours pour te réhabituer et retrouver pleinement tout ce qu'on a travaillé ensemble, tu les retrouveras rapidement. Le corps peut oublier mais pas l'âme. »

Hisié ouvrit un portail et dit doucement :

« En tout cas, Aiden, n'oublie jamais : à tout moment, tu peux dire stop, arrêter de vouloir sauver ce monde, et je m'en occuperai. Ne te sens jamais forcé. »

J'acquiesçai mais je savais déjà que je n'allais pas faire ça, que j'allais continuer. J'étais surtout préoccupé par Ciri : ça faisait trois ans qu'on ne s'était pas vus, elle avait dû énormément grandir. Puis, alors que j'allais traverser le portail, Hisié me dit :

« Aiden. La magie ancienne ne peut pas ressusciter les morts, et Lycaon le sait. Quand il a dit que tu serais celui qui le réunirait avec sa femme ça veut dire que tu devras le tuer. Voici ta première vraie épreuve, si tu acceptes sa demande de les réunir. »

Je m'arrêtai net au seuil du portail, ces mots faisant soudain sens dans ma tête. Puis je traversai le portail, rejoignant le monde réel.

POV Hisié

Voyant Aiden disparaître, retournant vers le monde réel, je regardai le soleil blanc, puis sentis un aigle atterrir sur mon épaule, frottant sa joue contre la mienne. Caressant doucement son plumage, je dis doucement :

« Tu ne voulais pas qu'il te voie ? Tu l'as bien vu, toutes ces années c'est pas quelqu'un qui juge. »

L'aigle baissa la tête, honteux. Je soupirai, la voyant continuer de baisser la tête, puis regardai le soleil de la prison du Froid Blanc, et dis simplement :

« Croyons en Aiden. Et même s'il échoue, je le ferai partir de ce monde de force, avec ceux qu'il aime. Pour une fois, je prendrai une décision égoïste et si je peux le sauver, lui, alors ça m'ira de mourir définitivement, sans jamais revoir Tuilë. »

Puis je souris à l'aigle et dis :

« Et ne t'en fais pas on récupérera ton corps, Morniel. Après tout, je suis sûr que tu aimes bien ce corps d'aigle, l'animal de ta mère. »




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