Le sorceleur spécial

Chapitre 34 : Le froid Blanc

Par Blax

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POV Aiden

Après la fin de la scène, je ressentais une profonde tristesse pour ces deux personnes. Ils n'avaient jamais cessé de s'aimer, de combattre ensemble jusqu'à la fin n'était-ce pas là le plus beau symbole d'un amour qui dure jusqu'à ce que la mort les sépare ?

Je regardai Hisié et demandai :

« J'ai reconnu Lycaon. Comment a-t-il survécu ? »

Hisié répondit calmement :

« Malgré l'immense sort de Caladwen, Thúrlas et Lycaon ont finalement survécu bien que Thúrlas fut tué des années plus tard par celui qui porta Aerondight. Quant à Lycaon, il a changé le jour où il a rencontré son âme sœur : il a fini par comprendre les paroles et le geste d'Eldarion, même si, malheureusement, elle est morte elle aussi. »

Je soupirai en pensant à tout ça et surtout, l'histoire n'était même pas terminée. Certes, une quantité impressionnante d'informations venait déjà de pulvériser tout ce que je croyais savoir du monde réel. En me retournant, je vis l'endroit où les quatre dieux se tenaient figés, et Hisié, voyant mon regard, dit :

« On approche de la fin. Es-tu prêt ? »

Je hochai la tête. D'un claquement de doigts d'Hisié, le décor changea, et je vis, assise sur un trône, une femme aux cheveux dorés et aux yeux dorés, vêtue d'une robe noire, de légères vrilles d'énergie sombre s'enroulant autour d'elle. Hisié dit, avec tristesse :

« C'est ma fille. Morniel. »

Je regardai Hisié, qui s'était tu, fixant sa fille en silence, et dis avec compassion :

« Elle est magnifique. »

Il hocha la tête :

« Elle a hérité de mon comportement. Mais toute sa beauté vient de ma magnifique épouse. » Il soupira, puis claqua des doigts, et la scène se joua.

POV général, pendant la scène

Morniel, toujours assise sur son trône, claqua des doigts. Un chevalier colossal en armure rouge apparut, s'abattant sur le sol avec une telle force qu'une vague de terreur parcourut le champ de bataille. Le chevalier rugit, son cri résonnant comme un coup de tonnerre.

Yávië et Augusta interceptèrent et repoussèrent ses attaques par la seule force brute. Les deux autres silhouettes, Hisié et Tuilë, les laissèrent faire et continuèrent de courir vers leur fille car eux seuls pouvaient mettre fin à cette folie.

Quelques minutes plus tard, ils s'arrêtèrent devant Morniel, qui se leva de son trône avec un sourire méprisant. Sa voix, douce mais empreinte de sarcasme, de mépris et de haine, résonna :

« Père, Mère, que pensez-vous de mon cadeau ? Aimez-vous ce magnifique présent, un monde où la liberté est omniprésente, sans le moindre roi ni dirigeant pour régner et étouffer les rêves ? »

Tuilë parla d'une voix empreinte de tristesse et de supplication :

« Morniel, je t'en prie… arrête cette folie. Reviens dans les bras de ta mère… je t'en supplie. Comme avant, quand je m'occupais de tes cheveux. » À cet instant, le souvenir de Morniel enfant lui revint : ses yeux brillant d'émerveillement devant les étoiles. « Maman, pourquoi ne pouvons-nous pas les atteindre ? Pouvons-nous vivre avec cette même liberté que les étoiles ? » Cette même question innocente était devenue le cri de ralliement de sa folie.

À ses côtés, Hisié demeurait silencieux, le regard empli de tristesse et de détermination. La douleur et la résignation se lisaient sur son visage. Il glissa sa main dans celle de Tuilë et murmura :

« Nous affronterons ça ensemble. Nous devons sauver notre fille de la corruption par la force, s'il le faut. Je ne la laisserai pas commettre ce qu'elle regrettera. »

Elle acquiesça en lui serrant la main.

Morniel les observa, puis éclata soudain d'un rire dément. Son rire, tel un coup de tonnerre, fit frissonner tous ceux qui l'entendirent. Autour d'elle, l'air semblait vibrer, saturé d'énergie sombre. Elle regarda ses parents, les yeux emplis de folie, et déclara d'un ton mordant :

« Mère, ne vois-tu donc pas que tout est de ta faute ? Tu m'as enfermée dans cette cage d'amour maternel. »

Tuilë, profondément blessée par ces paroles, répondit malgré tout :

« Morniel ! Je sais que ce n'est pas toi. Réveille-toi, ma chérie ! Tu es plus forte que la corruption, tu... »

Hisié bloqua une lance mêlant lumière et ténèbres, invoquée par Morniel, qui fonçait droit vers la tête de Tuilë, opposant sa propre magie de glace.

Elle marcha vers eux, invoquant un marteau orné de symboles étranges, lumineux et dorés. À ses côtés apparut une bête gigantesque, ses membres constellés d'étoiles, comme si l'univers lui-même s'était incarné en cette créature. À chaque pas, elle laissait derrière elle une traînée de poussière d'étoiles qui s'élevait et se dissipait dans les airs.

Morniel leva les yeux au ciel et laissa échapper un rire glacial. Puis, s'arrêtant net, elle fixa ses parents d'un regard froid :

« Nous sommes des dieux pourquoi ne sommes-nous pas libres d'explorer les mondes ? Pourquoi sommes-nous obligés d'être présents, de protéger la volonté d'une magie ancienne qui ne parle même pas ? »

Elle marqua une pause, le visage empreint de mépris, puis tourna son regard vers Tuilë et dit, méprisante :

« Mère, vous me décevez beaucoup… mais il est dans votre nature de voir le bien en toute chose, même là où il n'y en a pas après tout, on vous reconnaît comme la chère déesse de la paix. »

Tuilë serra les poings jusqu'à saigner. Morniel se tourna ensuite vers Hisié, un sourire calculateur aux lèvres :

« Et toi… je pensais que tu comprendrais. Toi qui n'as jamais vraiment accepté le sort de la Conjonction des Sphères tu n'as fait qu'y consentir pour ma chère mère, et ses beaux yeux. »

Hisié serra les dents, retenant une réponse empreinte de rage et de chagrin. Il invoqua son épée de glace et répondit d'une voix tremblante de tristesse :

« Morniel, c'est vrai je n'ai jamais voulu que le sort de la Conjonction des Sphères existe, parce que j'étais égoïste, que je voulais garder ce monde pour nous seuls. Et je le suis toujours. Mais je n'aurais JAMAIS provoqué une telle destruction, sachant que ça dévasterait ta mère ! »

Morniel haussa les épaules, un sourire nonchalant aux lèvres :

« Je sais, Père. Vous avez toujours été comme ça. Mère vous a tenu en laisse vous avez cessé de devenir qui vous êtes vraiment. » Elle marqua une pause, glissant ses doigts sur ses lèvres, les yeux emplis de folie : « Après tout, vous restez le premier-né, et le dieu de la mort, de la fin je suis curieuse de savoir si c'est vrai, mon cher père. »

Un instant, elle parut figée, comme effleurée par une vision de son passé. Elle se revit enfant, blottie contre sa mère sous un ciel étoilé, les yeux pétillants de fascination. Elle se souvint des nuits passées à contempler les étoiles avec Tuilë, posant toujours la même question : « Maman, pourquoi ne pouvons-nous pas les atteindre ? » L'amour et la patience de sa mère emplissaient ces moments d'une douce chaleur, et son père, à leurs côtés, écoutait chaque question avec tendresse, malgré sa réserve naturelle. Mais elle chassa cette vision d'un rire froid, plus du tout vivant. Un doute fugace traversa son regard peut-être une hésitation mais il disparut aussi vite qu'il était apparu, englouti par les ténèbres.

Elle leva les bras, et une lumière éblouissante l'enveloppa. Sa robe noire se transforma en une armure de Valkyrie, brillante et menaçante. Elle fit un pas en avant, adoptant une posture de combat, marteau doré en main.

Puis, le visage empli de folie, elle dit :

« Laisse-moi briser cette laisse, Père… et ensemble, créons le chaos. L'Observateur attend avec impatience la conclusion de son expérience. »

Morniel chargea Tuilë, un rictus cruel aux lèvres, son marteau levé pour frapper. Hisié s'interposa, se plaçant juste devant Tuilë. Son bras gauche se recouvrit entièrement de glace pour intercepter le marteau de Morniel, et le choc de leurs pouvoirs libéra des vagues d'énergie : une aura bleue et glaciale qui gela le sol, contre une aura dorée qui brûla tout sur son passage.

Tuilë ressentait une douleur profonde en voyant sa propre fille devenue son ennemie, mais elle savait qu'elle devait se battre. Elle se tenait aux côtés d'Hisié, et dans un bref échange de regards, ils partagèrent un mélange de tristesse, de détermination, et surtout du désespoir que tout parent ressent en voyant son enfant contrôlé par autre chose que lui-même. Il murmura :

« Nous affrontons cette épreuve ensemble. »

Elle posa alors les mains au sol, et de puissantes lianes jaillirent vers Morniel. Cette dernière se contenta de ricaner avec dédain. Sa bête cosmique bondit en avant, tranchant les lianes d'un coup de griffes, laissant derrière elle une traînée de poussière d'étoiles et de flammes dorées. La créature se jeta ensuite sur Tuilë avec une fureur sauvage.

Tuilë fit un bond en arrière pour esquiver, puis jeta des graines au sol en murmurant dans une langue ancienne. Aussitôt, un golem gigantesque surgit, fait de pierres et de lianes entrelacées. Il se plaça entre Tuilë et la bête et, dans un rugissement profond, empoigna la créature cosmique. Les deux monstres échangèrent des coups : les blessures du golem se refermaient de racines et de fleurs, tandis que la bête laissait derrière elle une traînée scintillante de poussière d'étoiles à chaque impact.

Morniel les observait avec un sourire amer, s'enfonçant de plus en plus dans le contrôle, et dit d'un ton qui n'avait plus rien de naturel :

« Vous espériez me piéger dans votre monde parfait, m'empêchant à jamais d'atteindre les étoiles. Je voulais simplement être moi-même, libre de toutes chaînes. »

La créature cosmique de Morniel, bien que blessée, se releva pour reprendre le combat, tout comme le golem de Tuilë, fissuré et endommagé, mais prêt à repartir à l'attaque. Tuilë jeta un dernier regard vers Hisié avant de se préparer à affronter la bête, qui se relevait déjà, prête à reprendre la bataille avec rage.

Tuilë affronta la bête de Morniel, une créature immense, presque divine, maniant une épée d'or aussi massive qu'un tronc d'arbre. L'arme irradiait d'une énergie menaçante, projetant des reflets lumineux tout autour d'elle. Grâce à son golem de pierre, Tuilë dominait le combat. La géante frappa la bête de ses poings rocheux, la repoussant, tandis que des racines jaillissaient du sol sur son ordre, s'enroulant autour des pattes de la créature pour l'immobiliser.

Voyant le combat se dérouler plutôt bien, mais bien plus inquiète pour sa fille et son mari, Tuilë jeta un coup d'œil vers l'affrontement entre Hisié et Morniel. Mais elle n'eut qu'une fraction de seconde avant d'entendre un grondement sinistre. La bête de Morniel était désormais entourée d'une aura sombre et dorée ; un rire dément s'échappait des vrilles obscures, et des milliers de voix assaillirent l'esprit de Tuilë, remplies de rire et de folie. Les yeux de la bête luisaient d'une lueur sombre, et sa silhouette semblait grandir, sa force augmentant à des niveaux extrêmes.

Le golem de Tuilë tenta une nouvelle attaque, mais d'un seul coup, la bête brandit son épée d'or et frappa de toutes ses forces, tranchant le golem sans la moindre difficulté. Des fragments du golem jonchèrent le sol autour de Tuilë, qui se tenait la tête, luttant de toutes ses forces pour repousser la corruption au plus vite.

Elle réussit à s'en débarrasser mais quelques secondes trop tard : la bête se jeta sur elle, son épée d'or illuminée par l'aura sombre. Tuilë tenta de se protéger avec des racines, mais la créature brisa sa défense en un instant et la transperça d'un seul coup, en plein abdomen. Elle resta figée un moment, baissant les yeux vers l'épée qui la transperçait. La bête retira l'arme d'un coup sec, et la corruption envahit le corps de Tuilë comme un virus. Elle fit un pas vers son mari et sa fille, puis un autre puis elle vit Hisié la regarder, figé, et souriant tristement, murmura : « Je suis désolée. » Elle leva la main vers Hisié et sa fille, les regardant avec amour et la tristesse de ne plus jamais pouvoir être là, puis tomba à genoux, s'effondrant au sol le sang se répandant sur l'herbe, qui se fana à son contact.

Avant la mort de Tuilë, le combat entre Hisié et Morniel s'était éternisé. Malgré les attaques incessantes de Morniel, qui lançait des flammes de lumière mêlées de plus en plus d'énergie sombre tout en brandissant son marteau, Hisié esquivait chaque coup avec une aisance déconcertante, comme s'il anticipait chacun de ses mouvements. Après tout, Hisié avait toujours été le plus puissant des quatre.

Morniel redoubla d'efforts, frappant avec une force et une précision qui auraient terrassé n'importe quel autre adversaire mais Hisié para son marteau de son bras de glace. Finalement, elle commit une erreur : emportée par son élan, elle perdit l'équilibre, et Hisié, saisissant sa chance, lui asséna un coup puissant qui lui arracha son marteau des mains. La force du coup déséquilibra Morniel, et il profita de l'occasion pour la poignarder en plein estomac mais il hésita une fraction de seconde, et décida finalement de la frapper avec le pommeau de son épée de glace.

Morniel rit malgré son visage gonflé par le choc. Elle ne bougea pas, caressant de la main l'endroit où le coup l'avait frappée, et dit, amusée :

« Alors voilà ta vraie puissance, père. Un tel contrôle, c'est impressionnant. »

Hisié pointa son épée sous le cou de sa fille et dit, la douleur perçant dans sa voix :

« Morniel, abandonne ! Reviens vers nous, ta mère et moi, laisse-nous t'aider ! »

Le sourire de Morniel s'élargit, ses yeux pétillant de folie, sa voix ne ressemblant plus à la sienne, mais à celle de quelqu'un d'autre :

« Non, Père. Ce n'était qu'un échauffement. Notre combat n'est pas terminé je n'ai pas encore tout vu du fameux dieu de l'hiver. »

D'un geste de la main, un bruit derrière lui attira son attention. Hisié se figea d'horreur : Yávië et Augusta gisaient au sol, piétinés par le chevalier géant de Morniel, dont l'armure, jadis dorée, était désormais imprégnée d'énergie sombre. Mais ce qui lui déchira le plus le cœur, ce fut la vue de sa compagne, Tuilë, qui titubait vers lui il courut aussitôt vers elle, sans hésiter une seconde.

L'aura glaciale qui entourait Hisié depuis le début du combat se dissipa d'un coup, la température chutant brutalement lorsqu'il laissa tomber son épée de glace au sol, la brisant, et se précipita vers Tuilë qui venait de s'effondrer. Des flocons de neige se mirent à tourbillonner autour de lui, formant un blizzard qui s'intensifiait à chaque pas. Il murmurait pour lui-même, comme s'il tentait de croire que ce n'était pas réel, l'horreur teintant sa voix, ses pieds courant dans une course désespérée jusqu'à ce qu'il s'effondre à genoux près d'elle.

Il prit Tuilë dans ses bras, sa main glacée effleurant frénétiquement ses joues tandis qu'il la suppliait, la voix brisée :

« Réveille-toi, mon amour… s'il te plaît, réveille-toi. »

Mais il n'y eut aucune réponse.

« Réponds-moi… mon printemps. »

Seul le silence régnait, et une fine neige commença à tomber, se déposant sur le visage immobile de Tuilë. Ses yeux restèrent clos, et Hisié, anéanti, sentit son cœur se briser en mille morceaux. Un froid glacial l'envahit, comme si la vie elle-même se figeait autour d'eux, la terre sous leurs pieds se recouvrant de givre et pour la première fois, une larme de glace tomba des yeux de Hisié, se brisant sur la joue de Tuilë, tandis qu'un cri empli de désespoir s'échappait de sa gorge.

Il leva la tête vers Morniel, le visage déformé par la rage et le désespoir, sa vie réduite en morceaux de noir et de bleu glacé :

« Pourquoi, Morniel ?! Pourquoi Tuilë ?! Pourquoi as-tu fait ça ?! » Sa voix tremblait de rage, comme pour se convaincre que ce n'était qu'un cauchemar, et son aura glaciale s'intensifia, la neige qui tombait se transformant en aiguilles de glace tourbillonnant autour de lui.

Morniel s'approcha de lui avec un sourire dément. Elle s'arrêta à quelques centimètres de lui et éclata d'un rire cruel :

« Enfin ! Tu as enfin lâché prise, Père ! Ahahahah ! C'est exactement ce que j'ai toujours voulu voir ! Le plus puissant des dieux, brisé ! Libéré de la laisse de la déesse du printemps ! La laisse de l'amour, enfin rompue ! Ahahahaha ! »

Fou de rage et de vengeance, Hisié ne parvenait plus à faire la distinction malgré tout, c'était sa fille et se jeta sur elle, une vitesse divine le propulsant droit vers Morniel. Dans un accès de fureur, il la poignarda violemment, enfonçant son épée jusqu'à ce qu'elle soit clouée à son trône. Un silence oppressant s'abattit sur eux, l'air lui-même se figeant sous l'impact de la puissance glaciale d'Hisié. Il recula en titubant, les poings serrés, contemplant le corps de Morniel dont le rire s'éteignait peu à peu jusqu'à ce qu'il ne reste plus, dans ce silence oppressant, que le souvenir de ce rire et le corps de Tuilë, malgré les pas de l'immense bête et du chevalier qui s'approchaient de lui, un vide total en lui.

Mais Morniel retira lentement l'épée de son ventre, et la blessure se referma instantanément sous ses yeux. Avant qu'il ne puisse réagir, Hisié invoqua d'innombrables lames de glace qui la transpercèrent de nouveau. Le trône se transforma en une forteresse de pics de glace, les cristaux jaillissant de toutes parts. D'un dernier claquement de doigts, le désespoir d'Hisié s'accumula encore davantage lorsqu'il la vit réapparaître sur son trône, le regard empli de mépris mais les yeux de Morniel n'étaient plus les siens : c'étaient ceux de l'Observateur.

D'une voix monocorde, sans émotion, elle ou plutôt lui dit :

« Hisié, je savais que votre fille n'avait aucune chance contre vous, ni même contre mes créations. Mais… grâce à vous, j'ai enfin pu comprendre, grâce à votre famille, comment les dieux peuvent mourir. »

Hisié, rempli de fureur, cria :

« Observateur ! » Il allait recommencer à poignarder le corps, mais l'Observateur esquiva et, en un clin d'œil, se retrouva devant lui, lui enfonçant une épée sombre dans l'abdomen. Hisié s'effondra, agenouillé devant elle, paralysé par la douleur et la corruption grandissante qu'il devait absolument détruire à temps.

« Te voilà, toi, le dieu autrefois craint… agenouillé devant moi. »

Il s'accroupit à sa hauteur, approchant son visage du sien, et murmura d'une voix cruelle :

« Tu as tout perdu, Père. La bataille. Ta mère. Ta famille. Même tes espoirs. »

D'un geste de la main, quatre orbes apparurent, surgissant des corps des dieux déchus : l'une brillante comme le soleil, une autre renfermant une fleur, un orbe doré cerné d'ombre, et un dernier orné d'une feuille d'automne. Hisié les contempla avec horreur, tendant la main vers celui qui contenait la fleur, comme pour ressentir une dernière fois l'essence de Tuilë. Puis un orbe de glace apparut, rejoignant les autres symboles des saisons.

Les orbes se mirent à tourner de plus en plus vite, fusionnant en une seule sphère, comme une Terre miniature. L'observateur y posa la main avec un sourire triomphant, les yeux brillants de satisfaction :

« Enfin. Tous mes sacrifices n'auront pas été vains. »

Rempli de désespoir, Hisié sentit ses forces l'abandonner. Il baissa les yeux et murmura, un léger sourire aux lèvres :

« Peut-être… est-ce mieux ainsi. Car je serai de nouveau avec toi, mon printemps. »

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POV Aiden

Je ne savais pas quoi dire de tout ça l'intensité du combat, et de tout ce qui venait de se passer, me laissa silencieux, accordant une prière muette à ces combattants. Regardant Hisié, qui avait mis la scène en pause, je dis :

« Si tu es là, c'est que tu n'es pas mort. »

Il hocha la tête :

« J'allais mourir. Mais je me suis souvenu d'une scène qui m'a redonné espoir. »

Je le regardai et dis, sincère :

« Fais-la-moi voir. »

Il me regarda :

« T'es sûr ? Ça n'a rien à voir avec ce que je veux te montrer, je... »

Je soupirai :

« Écoute, si tu penses que je regarde tout ça avec un détachement émotionnel, tu te trompes. Je ne peux même pas dire ce que j'aurais fait à ta place. » Je me tus un instant, puis ajoutai, hésitant : « J'espère même ne jamais me retrouver à ta place devoir être celui qui tue sa propre fille pour la sauver, pour qu'au final son corps appartienne à cet Observateur, tout en voyant mourir ses proches et son épouse. Comment est-ce seulement possible ? Ils n'avaient pourtant pas l'air faibles. »

Hisié se tut, puis sourit doucement :

« Merci, Aiden. » Il fit un signe de la main, faisant apparaître une vrille sombre, et dit : « Comme tu le sais, nous sommes nés de l'ancienne magie. Mais comme la lumière et l'ombre, cette énergie obscure qu'on appelle le chaos est la némésis de cette magie ancienne. Et le problème, c'est qu'en tant qu'êtres composés de magie ancienne, c'était là notre seule faiblesse et j'ai honte de le dire, mais malgré nos nombreux combats, nous avons énormément abusé de l'avantage de ne jamais pouvoir mourir. Nos corps, surtout celui d'Augusta, se moquaient des coups, et Tuilë n'a jamais vraiment été une combattante. »

« Enfin bref. Ils ont réussi à nous vaincre parce que le chevalier était un être littéralement fait de chaos, et l'immense bête l'incarnation des rêves les plus sombres des êtres vivants l'avarice, l'avidité. Leur chaos leur a donné la capacité de nous tuer tout en nous égalant en puissance. Je ne dis pas que la magie ancienne est faible, bien au contraire comme le chaos, la magie ancienne est la némésis du chaos, et la seule chose capable de le détruire. »

Je hochai la tête, et Hisié se tut, me laissant réfléchir. Regardant ma propre main, je pensai à mon pouvoir. Serais-je donc le seul capable de faire ça ? Hisié, voyant mon regard hésitant, dit :

« Tu n'es pas la seule possibilité. Ceux qui possèdent le Sang Ancien sont eux aussi capables de tuer le chaos, grâce à la pureté de leur sang, issu de la magie ancienne. »

Je hochai la tête et soupirai il y avait tellement de choses à assimiler. Je dis simplement :

« Fais-moi voir cette scène, s'il te plaît. »

Hisié hocha la tête, et le décor changea provisoirement.

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POV général, pendant la scène

Hisié arriva dans le jardin, baigné par la douce lumière de l'après-midi. L'air était empli du parfum délicat des fleurs, et une légère brise faisait bruisser les feuilles, ajoutant une sérénité presque magique à l'endroit. Tuilë, sa compagne, se tenait un peu plus loin, absorbée dans sa peinture, un sourire aux lèvres tandis qu'elle fredonnait une chanson familière. Elle tournoyait doucement au rythme de sa mélodie, sa robe dansant autour d'elle, son ventre arrondi témoignant de la vie qui grandissait en elle.

Hisié s'assit discrètement sur un banc proche, un sourire tendre aux lèvres, la contemplant. Elle était magnifique, rayonnante, et il ne pouvait détacher ses yeux de la façon dont la lumière jouait dans ses cheveux, ni de l'expression de bonheur paisible qui illuminait son visage.

Après un instant, Tuilë finit par l'apercevoir et, une main sur le cœur, l'interpella :

« Tu sais que tu m'as fait peur ? »

Hisié sourit et s'approcha d'elle. Il saisit délicatement une mèche de ses cheveux et l'embrassa avec douceur avant de murmurer :

« Pardonne-moi. Tu étais tellement magnifique que je n'ai pas pu m'empêcher de t'observer. »

Elle rit doucement et passa ses bras autour de lui, le serrant contre elle :

« Toi et tes belles paroles », plaisanta-t-elle, avant de déposer un baiser sur sa joue.

Hisié sourit, plongeant son regard dans le sien :

« Tu sais comment je suis… Et dis-moi, comment va notre Morniel ? » demanda-t-il, une tendresse palpable dans la voix.

Il s'agenouilla alors, posant son oreille contre le ventre de Tuilë. Après un court instant, un sourire rayonnant apparut sur son visage :

« Je l'ai entendue bouger », annonça-t-il avec enthousiasme, les yeux pétillants de joie.

Tuilë éclata de rire, amusée par l'enthousiasme presque enfantin de son mari :

« À quoi t'attendais-tu ? Morniel a hérité de ton tempérament fougueux, c'est évident ! »

Hisié sourit, l'air espiègle :

« Et de ta joie, j'en suis certain. Elle portera en elle ton rire et ta lumière. »

Le regard de Tuilë s'adoucit, et elle posa une main protectrice sur son ventre :

« Peut-être, oui… Peu importe où elle ira, elle trouvera toujours notre amour pour la guider. Nous veillerons toujours sur elle, Hisié, quoi qu'il arrive. »

Hisié la serra un peu plus fort, et ils restèrent là, silencieux, partageant un moment de calme et de complicité. Leurs regards se croisèrent, un sourire tendre sur leurs visages, comme s'ils n'avaient besoin d'aucun mot pour exprimer la profondeur de leur amour et leurs espoirs pour leur famille.

Après un instant, Tuilë reprit, le regard rêveur :

« Je pense à tout ce qu'on fera avec elle. Nous l'emmènerons dans les bois pour lui montrer les fleurs au printemps, et elle apprendra à écouter le chant des oiseaux… Nous lui montrerons les étoiles, pour qu'elle n'oublie jamais la beauté du monde. »

Hisié, écoutant sa femme parler de leurs projets, ne put s'empêcher de sourire, secouant légèrement la tête. Ce bonheur, cette paix… il ne pouvait rien imaginer de plus précieux.

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POV Aiden

Voyant la scène se figer, je dis doucement :

« Elle te manque ? »

Hisié ne répondit pas tout de suite, baissant simplement la tête :

« Oui. Elle était ma lumière et ma chaleur. Mais ce souvenir est ce qui m'a permis de me relever pour elle, et pour ma fille. Retournons voir la suite. »

Hochant la tête, je le vis caresser doucement le visage de sa femme, les yeux tristes, avant de changer la scène nous ramenant là où nous en étions, et le récit reprit.

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POV général, pendant la scène

Hisié, son corps meurtri et son esprit lourd de chagrin, se releva lentement, se redressant avec détermination. Chaque mouvement lui arrachait une douleur vive, et son regard s'assombrissait de tristesse et de désespoir. Mais dans ses yeux brûlait aussi la force de ses souvenirs avec Tuilë, et la promesse de protéger ce qu'elle avait rêvé pour leur fille. Malgré sa souffrance, il trouva en lui la force de se tenir droit.

Attirée par ce geste inattendu, l'Observateur se tourna vers lui, un sourire surpris et analytique aux lèvres. Elle leva les bras dans un geste de victoire, puis l'interrogea d'un ton détaché :

« Hisié, pourquoi te relèves-tu ? C'est fini. Mon objectif est accompli : le chaos se répandra, les sentiments disparaîtront, et la paix arrivera. »

Hisié secoua la tête, le regard empli d'une tristesse profonde pour le corps de sa fille, mais déterminé. « Pardonne-moi, ma fille », dit-il, se parlant plus à lui-même ou peut-être à sa fille, dont il croyait encore une part enfouie au plus profond d'elle et il continua : « Mais je ne crois pas que tu aies vraiment oublié ce que tu aimais. Si je dois attendre des millénaires pour retrouver Tuilë, pour tout ce qu'elle avait rêvé de faire avec toi… alors je ne peux que te sauver. »

Sans hésiter, il plongea sa main dans sa propre poitrine et en arracha une orbe glacée, directement tirée de son cœur. Contrairement à son énergie habituelle, cette orbe émettait une lueur inquiétante, une force froide et impitoyable qui résonnait comme un cri de vengeance. L'énergie glaciale s'intensifiait, des veines sombres parcourant l'orbe, révélant une puissance mortelle prête à détruire tout sur son passage.

L'Observateur, choquée, se précipita vers lui mais son propre corps s'immobilisa soudain. D'un geste incontrôlé, son bras gauche la frappa au visage, la projetant violemment en arrière. Elle se redressa, une lueur de panique dans le regard, et murmura :

« Impossible… Comment peux-tu encore avoir la prison du Froid Blanc ? Tu l'avais détruite lors de la création de la Conjonction des Sphères ! Et pourquoi ce corps ne répond-il plus ? Elle devrait déjà être morte ! »

Hisié ne répondit pas tout de suite. Il se redressa, ses yeux fixant l'Observateur avec une intensité nouvelle, ses traits figés en un sourire glacial.

La réaction étrange de l'Observateur cette résistance interne visible qui l'avait poussée à se frapper elle-même confirmait enfin ses soupçons. Murmurant entre ses lèvres, presque pour lui-même, il laissa échapper :

« Je le savais… »

L'Observateur, figée par cette déclaration, sentit son sang se glacer. Il recula d'un pas, réalisant l'ampleur de ce qu'Hisié s'apprêtait à faire, comprenant qu'il avait percé à jour ce qu'elle avait tenté de dissimuler.

Hisié, le regard empli de certitude et de détermination, leva l'orbe de glace au-dessus de lui, une énergie froide et implacable s'en échappant. Sa voix résonna à travers le monde entier :

« Aen Ithlinnespeath. »

Une explosion de froid blanc s'étendit, gelant tout sur son passage. L'onde de glace se déploya en un cercle parfait, figé et implacable, des montagnes aux vallées, transformant le monde en un désert de neige et de glace. Le souffle glacial déferla à travers la terre, figeant chaque parcelle d'existence dans un silence éternel.

Le temps sembla se suspendre, le monde plongé dans un calme glacial. Le corps de Morniel se figea dans une immense prison de glace et le Froid Blanc naquit, comme il l'avait toujours été destiné à être : une prison éternelle.




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