POV Aiden
Je courais dans la forêt qui bordait Kaer Morhen, me faufilant sans effort entre les branches et les racines, sans jamais ralentir. Derrière moi, j'entendais les corbeaux, et les loups qui me suivaient de près à travers les bois.
Honnêtement, c'était exactement mon plan. J'esquivai facilement le bond d'un loup en glissant dans la boue, invoquant une pointe de glace qui le transperça et le tua sur le coup, avant de continuer ma course vers la rivière.
Arrivé en haut de la descente, je sautai pour glisser, esquivant l'attaque d'une racine du monstre. Je me réceptionnai sans mal en bas de la pente, et en approchant du lac, je vis les loups arriver en grognant, m'encerclant peu à peu.
Les corbeaux se rassemblèrent soudain en un tourbillon, et un immense leshen surgit, poussant un hurlement un mélange de craquement de bois et d'autre chose, difficile à décrire.
Je souris légèrement, dégainant l'épée en argent que Geralt m'avait prêtée. J'esquivai une charge de corbeaux, puis plantai ma lame dans l'eau : la rivière se figea instantanément en un bloc de glace massif, emprisonnant les pattes des loups, qui hurlèrent de douleur, ainsi que le leshen, qui se débattait en vain pour se libérer.
Patinant sans effort sur cette rivière gelée, je décapitai les loups les uns après les autres, puis me rapprochai du leshen. J'esquivai une nouvelle attaque de racine, et d'un simple geste des mains, j'invoquai d'immenses pointes de glace qui transpercèrent son dos il hurla de douleur. Me glissant sous lui, je créai un pont de glace pour gagner en vitesse, et grâce à l'élan combiné à ma force, je le décapitai net.
En atterrissant sur la glace, la tête du leshen glissa jusqu'à moi. Je la ramassai, souriant honnêtement, j'avais énormément progressé depuis le début de mon entraînement.
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Flashback
POV Aiden
Je grimaçai en frottant mon épaule. Ça faisait déjà trois mois que j'avais repris l'entraînement Geralt n'y allait vraiment plus de main morte. Mais c'était normal : j'avais désormais assimilé presque toute la technique d'épée de l'École du Loup, donc la seule chose qu'il pouvait encore m'enseigner, c'était l'expérience. Même ça, ça avait ses limites.
En arrivant à l'endroit où Triss m'avait demandé de la retrouver, je la vis assise sur une souche, regardant le soleil se coucher. En me voyant, elle sourit doucement :
« On dirait que Geralt n'y va plus de main morte, hein. »
Je haussai les épaules en souriant :
« Ça me dérange plus vraiment. Je sais qu'il fait ça pour mon bien, et honnêtement, je commence à apprécier ces combats. »
Triss rit en se levant, époussetant sa tenue :
« Certes, mais si besoin, dis-le-moi. Je lui dirai d'y aller mollo il m'écoute, lui. »
Je ris :
« C'est bien vrai, ça. T'es vraiment la seule à qui il obéit sans discuter. »
Elle sourit :
« Je pense pas, non. Il est tout aussi faible face à tes demandes, à toi et à Ciri, tu sais. »
Je souris, un peu amusé. Elle enchaîna :
« Bon, allez, commençons l'entraînement. Qu'est-ce que tu sais de la magie, en général ? »
Je réfléchis :
« C'est Sac-à-Souris qui m'a appris un peu de magie. De ce que je sais, elle joue beaucoup avec nos sentiments un mage du feu, par exemple, sera plus sujet à l'instabilité, à la folie, en l'utilisant. »
(Petite note de l'auteur : la magie de feu que Triss utilise dans les jeux relève d'un choix scénaristique propre à CD Projekt dans les livres, Triss est traumatisée par ses blessures subies à la bataille de Sodden. Elle reste toutefois l'une des magiciennes les plus brillantes, mais plutôt orientée vers la guérison, l'herboristerie et les sorts de protection. Votre auteur enfin, je crois que je suis votre auteur préféré, j'ai choisi de fusionner les deux versions de Triss, celle des jeux et celle des livres.)
Triss hocha la tête en souriant, faisant apparaître une petite boule de feu dans sa paume :
« Sac-à-Souris t'a bien enseigné, alors. Nos sentiments influencent énormément notre magie le feu, comme tu l'as dit, peut rendre son utilisateur fou, instable. »
Je la regardai, un peu perplexe, pointant sa boule de feu du doigt :
« Alors comment tu fais, toi ? J'ai demandé à Geralt, et apparemment t'es l'une des mages de feu les plus redoutables qui soient. »
Elle eut un petit rire, amusée :
« Va falloir que je récompense Geralt pour ce compliment même s'il a sûrement oublié que je suis bien plus que ça. Mais pour ma part, j'utilise ma magie de feu avec des sentiments intenses aussi, sauf que je me suis entraînée à canaliser plutôt l'amour, la passion, le désir. »
Je la regardai, surpris :
« Donc si je comprends bien, on n'est pas obligés de se limiter à nos émotions les plus basiques ? »
Elle hocha la tête, fit apparaître un petit bouclier de son autre main, puis lança la boule de feu contre je vis le bouclier se fissurer légèrement. Elle expliqua :
« Tu vois, cette boule de feu est déjà très destructrice, alors que je n'y ai mis aucun sentiment particulier. Maintenant, si j'y ajoute plutôt l'envie de protéger quelqu'un... »
Elle recommença le sort. Je remarquai que le petit bouclier dans sa main paraissait plus dense cette fois la boule de feu s'y écrasa sans le détruire. Elle poursuivit :
« Et si j'y mets mes sentiments les plus intenses, comme l'amour que j'éprouve pour Geralt, alors... »
La nouvelle boule de feu était visiblement plus chaude ; elle heurta le bouclier, qui se fissura largement cette fois, jusqu'à céder mais il avait tout de même tenu bon. Elle sourit :
« Tu comprends, Aiden ? La magie est extraordinaire, autant en termes d'imagination que de puissance tout repose sur celui qui la manie. Bien sûr, malgré ce que tu viens de voir, je contrôle parfaitement mes émotions. Mais si, par exemple, j'étais réellement en colère, ma magie de feu deviendrait bien plus puissante en contrepartie, mes sorts de protection en pâtiraient, parce que la colère nourrit la puissance brute, pas le soutien. »
Je hochai la tête, curieux :
« Et Yennefer ? C'est quoi, ses spécialités à elle ? »
Triss sourit, comme intéressée par un bon ragot :
« Yennefer, hein ? Je vais passer sur le fait que tu l'observes souvent pendant les entraînements... Bref. Yennefer est extrêmement polyvalente. Je sais même et ça reste entre nous qu'elle pratique certaines choses normalement interdites. Et même en tant que sa meilleure amie, je ne connais pas vraiment l'étendue exacte de sa puissance. »
Les minutes s'enchaînèrent sans que je m'en rende compte. Je m'entraînais à la magie de glace, mais je ne parvenais qu'à produire de minuscules flocons tout juste bons à glacer une chope de bière. Triss rit doucement derrière moi, prit mes mains dans les siennes, et dit :
« On va essayer autre chose. Ferme les yeux, Aiden, et concentre-toi uniquement sur ma voix, d'accord ? »
Je hochai la tête, fermai les yeux, et me concentrai sur sa voix, qui commença :
« Imagine un lac qui coule doucement. »
J'imaginai le lac comme une rivière paisible, où des biches venaient s'abreuver.
Triss continua :
« Maintenant, imagine l'hiver. »
Je fis ce qu'elle disait de petits flocons se mirent à tomber sur l'herbe et sur l'eau, qui se transforma peu à peu en glace. Elle poursuivit :
« Maintenant, imagine-toi en train de patiner sur cette glace, avec Ciri. »
Sans même m'en rendre compte, je souris je me voyais patiner à ses côtés, essayant de lui apprendre les bases, riant de mes propres chutes. J'entendis Triss dire doucement :
« Aiden. Ouvre les yeux. »
J'ouvris les yeux et découvris que toute la zone autour de nous était recouverte de neige et de glace. Les mains de Triss tremblaient légèrement, mais son sourire n'avait pas bougé. Je me précipitai pour les réchauffer entre les miennes :
« Excuse-moi ! »
Elle secoua la tête, visiblement touchée par le geste, et utilisa elle-même sa magie de flamme pour se réchauffer les mains :
« Tu te souviens du sentiment que tu ressentais, à l'instant ? »
Fermant les yeux, je hochai la tête :
« C'était calme. Doux. Affectueux. »
Elle sourit :
« Alors garde ce sentiment précieusement, et utilise-le pour ta magie de glace. »
Je hochai la tête, me concentrai sur cette émotion, imaginai une pointe de glace, et la lançai vers un tronc d'arbre. Elle le transperça, traversa deux autres troncs derrière, avant de s'arrêter sur le quatrième. J'étais surexcité je venais de vraiment faire de la magie et je dis à Triss, tout sourire, presque comme un gamin :
« J'ai réussi ! »
Elle rit :
« Bien joué. »
Fin du flashback
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POV Aiden
Je marchais vers les portes de Kaer Morhen, la tête du leshen à la main, souriant sans même m'en rendre compte en repensant à ce souvenir l'un de mes plus précieux, puisque c'était la toute première fois que j'avais produit de la magie.
Depuis, on m'avait enseigné les Signes des sorceleurs. J'y étais devenu particulièrement efficace : Quen, grâce aux bases posées par Triss, restait mon sort le plus puissant, suivi d'Igni, Aard, Yrden et Axii.
Quant à mon entraînement avec Triss, ça se passait de mieux en mieux la glace n'avait plus vraiment de secret pour moi désormais. Je m'entraînais déjà, en secret, à manipuler d'autres liquides : dans ma chambre, j'essayais de faire bouger mon propre sang. Après tout, le sang reste un liquide, et je pensais que ça pourrait être utile un jour forcer une poussée d'adrénaline en plein combat, par exemple. Mais pour l'instant, c'était encore très difficile.
Et Ciri ? Son entraînement avec Yennefer avançait bien et en même temps, pas vraiment. Elle parvenait de mieux en mieux à se contrôler, mais le problème restait son instabilité persistante. Parfois, je surprenais Yennefer et Geralt en pleine dispute à propos d'elle, mais chaque fois que je posais la question, ils me répondaient tous les deux que ce n'était rien.
En arrivant dans la cour, je trouvai Geralt, bras croisés, souriant, avec Yennefer et Vesemir à ses côtés. Il lança :
« On dirait que le leshen n'a pas fait long feu. »
Je haussai les épaules en souriant :
« J'ai eu de bons professeurs. J'ai surtout utilisé l'environnement à mon avantage. »
Vesemir me tapota l'épaule en arrivant à sa hauteur ; je le voyais fier :
« Bien joué. Je t'assure que c'est pas tous les jours qu'un sorceleur tue un leshen ça reste des monstres redoutables. »
Même Yennefer sourit doucement, taquine :
« Ils ont raison. À ton âge, c'est impressionnant, Aidy. »
Je roulai des yeux en riant :
« Depuis quand tu te mets à m'appeler comme Ciri, toi ? »
Yennefer haussa les épaules :
« Elle a perdu un pari. Maintenant j'ai le droit de t'appeler comme ça aussi. Elle est un peu vexée d'avoir perdu l'exclusivité du surnom Triss est encore en train de jouer les mamans pour la consoler. Tu devrais aller la voir aussi, d'ailleurs. »
Je secouai la tête, amusé, mais Geralt reprit :
« Tu es prêt pour ta dernière épreuve ? »
Je le regardai, hochant la tête :
« Oui, bien sûr. »
Vesemir sortit de sa poche un médaillon de l'École du Loup :
« Ta dernière épreuve consiste à résoudre un contrat de sorceleur par toi-même. Ça prouvera que tu as validé toutes les étapes, et tu pourras alors porter fièrement le titre de sorceleur de l'École du Loup. »
Il tendit le médaillon à Geralt, qui s'approcha et me le passa autour du cou :
« Même si je sais que tu n'en as pas vraiment besoin, vu ton affinité à détecter la magie, c'est la tradition de te le remettre. »
Pendant mes entraînements avec Triss, on avait effectivement remarqué que ma magie ancienne me donnait une visibilité totale sur tout ce qui relevait du magique sorts, malédictions, objets enchantés. Je répondis :
« Merci, Geralt. T'en fais pas, ça me dérange pas de le porter quand même. »
Il hocha la tête en souriant :
« Va voir Ciri, et prépare-toi. »
Je hochai la tête et m'éloignai, frottant le médaillon entre mes doigts avec un sourire. J'avais bientôt fini mon entraînement j'allais enfin découvrir le monde, même si c'était pour un simple contrat.
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POV Geralt
En regardant Aiden s'éloigner en souriant, un sourire automatique s'afficha sur mon visage mais les mots de Yen l'effacèrent aussitôt. Elle lança, plutôt hostile :
« T'aurais dû lui parler de ta décision. À propos de Ciri. »
Je fronçai les sourcils. Vesemir, derrière nous, dit simplement :
« Je vous laisse discuter. » Il partit dans la même direction qu'Aiden. Je me tournai vers Yen, soupirant :
« J'aurais aimé, mais tu sais comment il aurait réagi. Il aurait voulu nous accompagner. »
Yen, bras croisés, garda les yeux sur moi :
« C'est vrai, t'as raison. Mais il avait le droit de savoir. Maintenant, c'est trop tard. »
Je la regardai :
« T'en fais pas. On restera pas longtemps à Aretuza, et on sera trois à la protéger. Il se passera rien on sera rentrés avant même qu'Aiden revienne. »
Elle secoua la tête :
« Peut-être. Mais il t'en voudra de rien lui avoir dit surtout concernant Ciri, surtout qu'on l'emmène à Aretuza pendant son absence à lui. »
Elle se mit en marche dans la direction d'Aiden, lançant en partant :
« Mais je peux pas vraiment t'en vouloir, c'est vrai que c'est pas facile à annoncer. T'en fais pas s'il nous en veut d'avoir pris cette décision sans lui, Triss et moi, on sera à tes côtés quand même. »
Je la regardai s'éloigner. Elle avait raison je m'en voulais de laisser Aiden dans le flou. Mais envoyer Ciri à Aretuza restait indispensable : l'instabilité de son pouvoir ne cessait d'empirer depuis des mois, et là-bas, elle serait protégée par moi, par Triss, et par Yennefer. Et si Aiden venait avec nous, avec sa magie ancienne... je n'osais même pas imaginer le chaos que ça provoquerait si quelqu'un la détectait.
C'était la meilleure chose à faire : partir pendant qu'il serait lui-même en route vers sa dernière épreuve, et revenir avant lui.