On se réveille blottis l’un contre l’autre, les yeux un peu endormis, je regarde l’heure sur le téléphone avant de me lever un peu paniquée.
- Dean on va être à la bourre, je crie un peu stressée, tentant de prendre mes affaires et m’habiller en vitesse.
- Hmmm reviens ici, on a le temps… grogne-t-il un peu ronchon.
Je me prépare, un petit short moulant, un croc top noir un peu pailleté. J’attache mes cheveux en arrière, laissant des mèches tombées par ci par là. Je me maquille avec un peu de paillettes, légèrement sophistiqué, pour faire ressortir mes yeux bleus.
Dean accoudé sur le lit me regarde me préparer.
Admirant mes courbes, son regard s’assombrit.
Il se relève et s’avance vers moi, posant ses mains sur ma taille.
- Je ne vais pas résister longtemps, si tu sors comme ça… Me murmurant Dean à voix basse dans mon oreille.
Je m’accroche à son cou lui embrassant la joue, mais alors qu’il s’accroche plus fort à moi pour me presser contre lui, on sonne à la porte.
- Oh ce n’est pas vrai, Sammy… Ronchonne Dean.
Je souris le regardant ouvrir la porte, Sam nous regarde perplexe.
- Qu’est-ce que vous foutez on va être en retard ? Dit Sam un peu inquiet.
Puis posant les yeux sur moi, le visage de Sam se radoucit, voir s’assombrit rapidement.
Dean intercepte son regard, et se fige. Il se positionne entre nous pour me cacher.
- Je suis prête on peut y aller. Regardant les deux frères, un peu tendus, se faisant face en chien de faïence.
Dean pose une main dans mon dos, le regard insistant sur son frère, et nous voilà parti tous les trois au bar situé à quelques mètres de là. La route se fait silencieusement, nous marchons tous les trois côtes à côtes.
Me retrouvant entre les frères, la tension se fait palpable.
Nous arrivons au bar, le parking est blindé. L’ambiance se fait ressentir de l’extérieur, il y a beaucoup d’animations. Une fois à l’intérieur, je suis un peu choquée de voir autant de monde. Je retrouve le gérant au bar, l’embrassant sur la joue, je demande si ma table est réservée. Il nous la désigne du doigt. Se faisant une place pour arriver jusque-là, on s’assoit enfin. La scène placée juste en face.
- C’est toi qui attires tous ces gens, me demande Sam intrigué.
- Aucune idée, je n’ai jamais vu autant de monde, je lui réponds un peu stressée.
Dean me pose la main sous la table sur la cuisse, pour essayer de me détendre.
- Ne t’en fais pas tu vas assurer, finit par me dire Dean d’un ton calme.
Je lui adresse un sourire timide, le gérant me fait un signe disant que je peux commencer dans 5 minutes.
Je prends une profonde respiration, prenant mon téléphone pour préparer ma playlist.
Je finis par déposer un tendre baiser sur la joue de Dean, adressant un sourire à Sam, je pars en coulisse.
Je commence par le morceau, « Wrong side of Heaven » de Fifth Death Punch, la salle devient silencieuse aux premières notes de musique. Je prends le micro en main et commence à chanter.
Cette chanson je l’ai choisie pour les Winchester, illustrant très bien notre situation de chasseur.
Les deux frères me regardent comprenant le sous-entendu, captivés par la chanson.
Ils s’adressent des sourires en coin, comme si les paroles étaient faites pour nous.
A la fin de chanson, la salle applaudit, l’ambiance commençant à chauffer.
J’enchaine ensuite avec le morceau plus dansant « Queen of the Kings » d’Alessandra.
Je déambule, dansant, en même temps que je chante, les hommes sont complètement captivés.
Regardant les spectateurs un à un, je m’attarde sur Sam et Dean.
Ils sont totalement sous le charme.
Mes cheveux ondulants, la voix puissante, je capture l’auditoire avant de finir en apothéose.
Les applaudissements sont accompagnés de cri me félicitant, les deux frères sont debout, à applaudir également. Le rose aux joues, je fais une petite révérence.
Et enfin, je termine par une 3e mélodie, une chanson choisie exprès pour Dean.
- Celle-ci est pour un homme qui se reconnaitra. Avant de lancer la chanson « I don’t want miss a thing » d’Aérosmith.
Évoquant nos moments à deux, je le regarde quasiment tout le long de la chanson.
Me perdant dans ses yeux, je lui transmets toute ma tendresse à travers les mots.
Je termine ma chanson, les yeux mi-clos, laissant les dernières notes résonner.
A la fin de la musique, un court silence se fait ressentir, avant que la salle applaudisse fortement.
J’ouvre les yeux en grand, souriant à la salle, faisant une légère révérence.
Je descends de la scène et revenir à la table où se trouvent Sam et Dean.
Sam me prend dans ses bras, me félicitant chaudement.
Dean lui reste silencieux, assis, il me regarde longuement avant de se lever.
Il s’avance vers moi, capturant mon visage entre ses mains.
Il m’embrasse, une tension torride émane de lui, il capture ma langue.
Je réponds me serrant contre lui, pressant sa peau contre la mienne.
Mes mains attrapent sa nuque, caressant ses cheveux. Notre baiser nous déconnecte du temps et du monde autour. Les regards de curieux se faisant insistants, je finis par me décoller de lui.
Les joues rouges, je reprends péniblement mon souffle.
- Je voulais te dire, que tu étais parfaite, et que je me retiens pour pas t’enlever là devant ces gens, murmurant à voix basse, il dépose ses lèvres dans mon cou.
Son regard sombre de désir appuie ses paroles.
Je me sens toute chose sous son regard, je tente de reprendre contenance, buvant ma bière sur la table.
- Dean laisse la respirer, la pauvre… me plaint Sam.
Dean se rassoit à la table ne lâchant pas ma main, la posant sur sa cuisse.
Il reprend sa bière également. On discute un peu tous les trois de la chasse et de choses et d’autres.
Certains hommes trop curieux, essaient de m’aborder pour me féliciter mais Dean leur jette un regard glacial. Sam est hilare, de le voir si protecteur et si jaloux.
- Allez les garçons, je vous abandonne, je dois passer aux sanitaires. Leur adressant un clin d’œil en finissant ma bière.
- Sois pas longue, me presse Dean.
Je me dirige aux WC, les garçons me suivant du regard, je leur adresse un petit tirage de langue narquois avant d’entrer. Les deux frères se regardent, discutant du concert et du bar.
Sam fixe Dean avant de lui dire :
- Elle est incroyable, ne gâche pas tout avec elle Dean…
- Je n’en ai pas l’intention, répond sèchement l’aîné, mais toi fais gaffe Sammy, je te vois la regarder… garde tes distances, sinon ça va chauffer, menace Dean.
De longues minutes défilent, les deux hommes se regardant et fixant la porte des WC.
Sam finit par demander si elle va bien. Dean répond :
- Je vais voir ce qui se passe, c’est très long, il se lève inquiet.
........
Pendant ce temps, je sors des WC et me dirige au lavabo pour me laver les mains.
Une femme blonde est à côté de moi faisant de même. Nos regards se croisent un instant, j’adresse un sourire de politesse avant d’essuyer mes mains. Je sens sa présence s’avancer vers moi, une mauvaise intuition me prenant. Je me retourne et avant même que je puisse réagir, elle m’envoie dans le décor.
Je m’effondre contre un mur, la tête tapant la première, je tombe inconsciente.
.......
Dean entre dans les sanitaires, et voit le mur explosé, il ressort et crie après Sam. Ce dernier le rejoint en courant, voyant la scène de lutte.
- Elle a été enlevée, ils ont dû la mettre KO, montrant un peu de sang sur le carrelage, désigne Dean, qui retient son affolement.
Sam regarde partout cherchant des indices, jusqu’à trouver une poudre près du lavabo, il en met sur ses doigts.
- Dean, regarde, en montrant la poudre jaune sur ses doigts, un démon… répond Sam.
.....
Je me réveille attachée par les mains à une poutre par des chaines de métal.
La douleur est lancinante, et ma tête me fait souffrir, je sens ma blessure coulée de mon crâne.
J’essaie d’ouvrir les yeux pour regarder autour de moi.
Je suis dans une grange, une odeur forte de foin et de poussière me prend au nez.
Je remue légèrement pour essayer de détendre mes muscles, mais la position me tire dans les épaules et les bras.
- Je vois que tu es réveillée, dit une voix douce derrière moi.
Mon corps se fige, me rappelant très bien de cette voix.
Je me retourne doucement, pour lui faire face. Je vois deux yeux rouges me faire face.
Le moment que je redoutais est arrivé…
......
Sam et Dean sont retournés au motel. Dean fait les cents pas anxieux dans la chambre, il trouve un t-shirt à moi et le prend dans les mains. Il sent mon odeur, déboussolé.
Son frère cadet le regarde, inquiet également :
- Je ne t’ai jamais vu être aussi inquiet pour une femme. Enfin… il s’interrompt avant de d’aller trop loin.
- Je sais… Je crois que je l’aime vraiment plus que tout. Répond Dean bouleversé.
- Oh, à ce point-là… bon on pourrait éventuellement tracer son téléphone, propose Sam.
- Oui bonne idée, tu as pris ton pc, dis-moi que oui Sammy, se précipite Dean.
- Oui oui, il est dans ma chambre, je vais le chercher, je reviens.
Dean reste seul dans la chambre, toujours le vêtement dans les mains.
- On va te retrouver mon cœur, je te le promets, murmure Dean en pressant le haut contre sa bouche.
Sam revient dans la chambre voyant Dean pressant le vêtement contre lui.
Il est un peu perturbé de le voir ainsi.
- Allez c’est parti, tu as son numéro, demande Sam.
Dean donne son numéro, effectuant les recherches à deux, il pirate certains sites internet pour tracer mon GPS.
........
- Seth, je ne suis pas ravie de te voir. Ma voix est un étrange murmure entre dégout et colère.
- Ma douce Enodia, tu sais que tu m’as terriblement manqué ; le démon caresse ma joue.
Je suis déçu, tu t’es faite capturée si facilement.
- C’est facile avec une greluche qui fait le boulot à ta place. C’est qui cette blonde, une remplaçante ?
Le démon laisse échapper un petit rire. La blonde en question débarque derrière lui, avant de me mettre une gifle. Seth l’arrête avant qu’elle ne recommence.
- Doucement les filles, voyons, ne vous battez pas pour moi.
J’éclate de rire, crachant du sang de ma lèvre tuméfiée.
- Pour toi, non mais tu plaisantes. Une sous espèce raclure dans ton genre ne vaut rien.
Tu devrais profiter de ce moment pour faire ce que tu as à faire avant de le regretter.
- J’aime ton optimisme, il est touchant, tu t’attends à ce que tes amis chasseurs débarquent.
Le démon s’approche de moi à quelques centimètres de mon visage.
- Tu n’es pas en position de fanfaronner, le temps qu’ils te retrouvent, il ne restera pas grand-chose de toi.
- Ils viendront te botter le cul comme tous les démons, les dieux et les anges avant toi. Tu sais Asmodeus ton maitre ? ils l’ont massacré.
Seth émet un rictus énervé, avant de mettre un coup de poing dans le ventre.
- Tu sais ce qui me fascine chez les humains ? Tu crois à une victoire alors qu’il ne te reste plus aucune chance.
- Et tu sais ce qui me fascine chez toi, tu parles, mais tu n’agis pas beaucoup… ça me rappelle des souvenirs avant que je ne te laisse cette marque.
Le démon sort une lame, la faisant glisser de la chaine jusqu’à mon flanc droit, et me lacérer violemment.
Je gémis sous la douleur sans lui en montrer davantage.
- Tu connais le pire ? Je n’ai même pas besoin de te tuer, juste te laisser te vider de ton sang.
- Même si tu me tuais là, je serai satisfaite car tu vas crever après moi.
Seth éclate de rire, jouant avec sa lame, faisant le tour autour de moi.
- Tu m’amuses tellement, sinon je pourrais jouer un peu avant de te laisser là… tu me supplieras d’arrêter.
- Tu connais mal les chasseurs, on n’abandonne pas et on ne supplie pas.
Le sourire du démon disparait un instant, il m’attrape violemment mon menton.
- Tu me supplieras, on a la nuit devant nous. Tu ne feras pas l’héroïne si longtemps.
Je le regarde, enlevant ma tête de sa main, je lui souris.
- Non mes amis viennent d’arriver.
Seth se retourne et Dean lui tire dessus avec le colt, une balle dans la tête.
Il s’écroule avec des éclairs le foudroyant montrant que le démon vient de mourir.
Sam arrive avec la dague, du sang encore frais dessus. Il me regarde ligotée et du sang coulant de mes plaies, il crie à Dean de me libérer.
Dean s’approche de moi, encore le regard noir, il piétine la dépouille de Seth avant d’arriver moi.
En posant ses yeux sur moi, il s’adoucit, caressant ma joue
- Désolée ma belle, on est en retard, me dit-il la voix calme et taquine.
- Oh ce n’est rien je faisais la conversation, je réponds sur un ton joueur.
Il enlève mes chaines, mon corps s’effondre à terre. Dean me relève, me tenant dans ses bras.
- Doucement je suis là, je te tiens ; on va t’emmener aux urgences.
Dean me dépose un tendre baiser sur le front, Sam se rapproche prenant un tissu pour le presser sur ma plaie. Je gémis sous la douleur.
- Tu peux te lever Enodia, me demande Sam voyant que la plaie n’arrête pas de saigner.
- Hum, je vais essayer, tentant de me mettre debout.
Mais la douleur est encore plus insupportable, et la plaie saigne encore plus.
- Non, non on va te porter, ok allez tiens le coup, chasseuse on va te sortir de là ; intervient Dean rapidement me repositionnant allongée.
Dean positionne ses bras, l’un sous mes jambes, l’autre derrière mon dos. Il me soulève avec précaution. Embrassant mes cheveux, il me demande de tenir le coup. Mais une fois soulevé, la douleur est telle que je m’effondre.
J’entends faiblement les garçons se presser, avant de tomber inconsciente.
Je me réveille à peine, quand nous arrivons aux urgences, je prends conscience des gens autour de moi, l’urgence de ma plaie inquiétant l’équipe médicale.
Je cherche Dean des yeux, mais je n’entends que sa voix hurler de le laisser venir près de moi.
Je reperds conscience de nouveau, ne sachant pas lutter contre la douleur et la fatigue.
Je finis par me réveiller, des heures, des jours, je ne sais pas combien de temps s’est écoulé, depuis mon sauvetage de la grange.
Ouvrir les yeux étant douloureux, je tente de m’habituer à la lumière du jour.
Ma tête me fait souffrir, tout comme la cicatrice sur mon flanc.
- Tu es enfin réveillée, se précipite Dean.
Il était assis sur une chaise près de mon lit, la tête posée sur mon lit. Il semble totalement épuisé et inquiet.
- Dean, je … où je suis ? je pose ma main sur la sienne, un peu perdue.
- Salut Miss, on est à l’hôpital dans un petit patelin, mais toujours en Louisiane ; me répond Sam débarquant dans mon champ de vision.
Je les regarde tous les deux, ils semblent enfin soulagés de me voir consciente et en vie.
- On a eu tellement peur, tu sais ; Dean me serre la main plus fort, embrassant le dos de la main.
- Dean a failli démonter l’hôpital entièrement pour qu’on reste avec toi, ajoute Sam
Je regarde Dean attendrie, nos regards se croisent, il est ému.
Je lui adresse un timide mais tendre sourire, pour le rassurer.
- Et qu’on dit les médecins ? je demande inquiète.
- Le foie a été touché, ils ont dû en enlever un bout, ça aurait pu être pire, tu as eu de la chance. Il y a aussi une commotion cérébrale, mais ils pensent que c’est léger ; Sam me répond, tentant de me rassurer.
- Foie, crâne, et mes poignets, je ne suis pas trop mal… j’ironise.
Dean pousse un grognement, n’appréciant pas la plaisanterie sur mon état.
- Au final, on peut partir dans combien de temps ? je finis par demander.
Dean et Sam échangent un regard lourd, apparemment je ne suis pas prête de pouvoir rentrer.
Sam me regarde gentiment, posant sa main sur mon épaule.
- Enodia, ne penses pas à ça, on en reparlera plus tard.
- Tu en aurais pour des semaines au moins, chasseuse ; finit par répondre Dean
J’accuse le coup en silence, regardant mes mains, j’évite leur regard.
Au bout d’un moment de silence pesant, je finis par répondre, dépitée :
- Rentrez au bunker les garçons, pas la peine qu’on moisisse tous les trois ici. J’essaierai de m’arranger pour me faire transférer près de Lawrence.
- Il est hors de question que je te laisse un instant, toute seule, moi je reste, répond Dean.
- D’accord alors je vais organiser ton transfert. Je vais aller me renseigner sur quoi faire, rajoute Sam.
Je les remercie en silence, me rallongeant sur le lit, je regarde le plafond, les yeux dans le vide.
Je ne pensais que je serai obligée de rester aussi longtemps à l’hôpital.
Sam sort de la chambre, nous jetant un coup d’œil, avant de refermer la porte derrière nous.
Dean, l’air abattu, est toujours à côté de mon lit, me serrant la main. J’ose à peine le regarder.
C’est ma faute, je suis dans cette situation, parce que je n’avais pas fini le travail.
Et lui, il ne serait pas si triste.
- Je suis désolée Dean, on n’aurait pas dû se rencontrer… je baisse la tête regardant le sol…
Il se redresse d’un bond, se penchant vers moi, il m’attrape par les épaules :
- Regarde-moi, ordonne-t-il, tu n’auras jamais à t’excuser auprès de moi, et surtout pas pour s’être rencontré. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée. Et je ne regrette rien des évènements, ni ce qui se passe entre nous.
Je tourne mon regard vers lui, émue aux larmes, je prends sa main pour la poser sur mon cœur.
- Je t’aime Dean… ma voix tremblante murmure ces trois mots, mon regard perdu dans le sien.
- Mon cœur, enfin, répond Dean avec un très beau sourire, j’attendais tellement que tu me le dises. Il me dépose un tendre baiser avant de dire :
Je t’aime aussi Enodia…