I hate everything about you

Chapitre 1 : OS

Par voirloup

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Les flammes de l’Enfer.


On parlait toujours des flammes de l’Enfer. De la chaleur insupportable. Du l’odeur de souffre que portait les démons sur eux. Des brûlures faisant fondre la peau encore et encore, jusqu’à l’os.


Il n’y avait aucune flamme dans la Cage. Ni autour. Aucune chaleur insoutenable. Aucune odeur de souffre.


Mais les brûlures étaient là. Givrant la peau encore et encore jusqu’à la cristalliser. Jusqu’à la faire devenir aussi lisse et fragile que la glace.


Sam ne sait pas s’il doit être heureux ou être terrifié à voir Lucifer et Michael face à face, hors de son corps et celui d’Adam. Deux Archanges face à face, se fichant de leurs vaisseaux qu’ils ont refourgués dans un coin de la Cage comme un manteau au coin d’un fauteuil.


Deux Archanges, qui se jugent du regard les dents et lèvres serrées, se préparant à l’assaut de l’autre qui ne vient pas. Rendant l’air aussi froid et glacial que leurs colères respectives.


Lucifer est le premier à bouger. Prenant une pause plus décontracté, comme si cela ne lui faisait rien, comme s’il pouvait oublier ça d’un mouvement d’épaule avant de passer à autre chose. Cela ne fait que rendre les lèvres de l’autre archange entre plus serrées qu’une ligne.


« Toujours le parfait soldat Mick’. » commence le porteur de lumière, sourire suffisant aux lèvres. « Et te voilà en cage pour toujours avoir obéis. Quelle jolie farce. »


« Tu es enfermé. C’est tout ce qui m’importe. »


« Oh fréro, ça va être si fun. Passer l’éternité avec toi à nouveau, comme au bon vieux temps. » le sourire du diable se fait fourbe. « Enfin, pas tout à fait. Vu que j’vais plutôt te tuer encore et encore que le contraire. »


Le premier né fronce les sourcils, avant de tourner la tête à l’opposé de leurs vaisseaux. Tous savent que Lucifer vient de marquer un point, de toucher quelque chose d’encore trop à vif. Cela le fait sourire un peu plus. Le fait avancer vers Michael avec cet air trop fier qu’il porte toujours.


Il savait qu’il touchait un ours avec un bâton. Mais il s’en foutait. Il jubilait. Qu’importe que la Cage derrière le dit ours devienne de plus en plus glaciale. Que l’air devienne cristaux de glace. Que ceux-ci glissent sur sa peau comme une neige fondue.


Il s’approche et mimique un chuchotement.


« Quoi ? Tu ne veux pas qu’on parle de ça ? » la tension dans les épaules du parfait soldat le fait trembler et Lucifer en jubile un peu plus « Tu ne veux pas qu’on parle de ce qu’on faisait avant que tu ne me jettes ici sans remord ? De ce qui me faisait crier ton nom sans jamais m’arrêter ? De ce qu’il se passait dans ces nuages, quand on se cachait de nos frères et sœurs ? De notr - »


La main de Michael autour de son cou est une chose qu’il avait plus ou moins anticipé. Il s’y attendait. Il s’y attendait avec beaucoup plus de force que de désespoir que ça. Les yeux dorés brûlent de haine, de l’envie de le faire taire, de colère et de.. De peine.


S’il n’était pas si en colère, Lucifer aurait peut-être envie de le réconforter. Peut-être. Si la trahison n’était pas si haute. Si la haine n’était pas si grande. Si la colère n’était pas si glaciale.


« Tais-toi. » ordonne le premier archange. Comme le général qu’il a toujours été. Comme le soldat qu’il est. Et cela fait presque rire le diable.


« Oh Mick’. » susurre-t-il. « Tu m’aimes trop pour me taire. On le sait tous les deux. »


La main sur sa gorge se serre. Mais ils savent que ce n’est rien. Ils savent que le plus vieux pourrait littéralement défaire la tête du corps en serrant simplement plus fort. Là, il n’y aura qu’une simple trace rouge.


Il sourit un peu plus. Avant d’attraper le bras qu’il l’entrave et de le broyer comme une simple brindille. Michael ne crie pas. Il ne recule pas. Il reprend simplement son bras contre lui et une seconde plus tard, il ne s’est rien passé.


Il ne s’est rien passé.


« Tu agis comme s’il ne s’était rien passé. » cette fois, la colère glace son côté de la Cage. Rendant chaque molécules d’eau pointe de glace. L’air en est imbibé. L’air griffe les corps présent dans la Cage et il s’en moque. Qu’importe qu’il saigne si son frère saigne aussi. « Indifférent. Comme si tu ne m’avais pas jeté de la maison, de chez nous, pour me foutre ici. Seul. Pendant des millénaires. »


Michael ouvre la bouche mais Lucifer le coupe. Cette fois c’est sa main sur la gorge blanche de son frère. C’est son poing sur le visage parfait du premier archange.


« Parfait soldat. » il cogne. « Aucune émotion. » cogne « Faire comme si il ne s’était rien passé une fois que je fus mis au trou. » cogne « Ne défie aucun ordre de Père. » cogne « Qu’importe qu’il t’ordonne de me battre et de me faire oublier. Qu’il t’ordonne de me tuer. De mettre en cage et en chaîne. » cogne, fais tomber Michael au sol et le surplombe. « Qu’il t’ordonne de me tuer à nouveau parce que je veux lui montrer que sa précieuse humanité n’est rien. » cogne « Tu t’en fous. Tu es indifférent. » cogne « Qu’importe que je hurle ma douleur. » cogne, a du sang sur les mains et continue de cogner. « Qu’importe que je te supplie. Que je pleure. » cogne, ça craque sous ses jointures. « Qu’importe que Gabriel et Raphaël voient ça et te demande d’arrêter en pleurs. »


« Luci- » Il attrape le col de son frère, soulève le corps à moitié désarticulé et le force au sol, faisant trembler les murs de la Cage autour d’eux tandis que la glace devient lame.


« Aller. Soigne-toi. Que je te recouvre de sang à nouveau. » ordonne-t-il, cette fois, de cette voix du seigneur des Enfers qu’il n’a pas utilisé depuis des années. Parce qu’il n’avait jamais voulu l’être après tout.


Michael ne fait que le regarder avec cette haine transformé en désespoir. En peine. En larmes.


« Soigne-toi ! » hurle-t-il. Mais son frère ne fait que le regarder avec ces yeux dorés noyés d’eau pas encore glacée.


Ses dents se serrent à s’en disloquer. Elles se serrent pendant dans que ses mains déchirent le tissu entre celles-ci. Mais le plus vieux ne fait que le regarder. Il ne sourit pas. Ne pleure pas. Mais il n’est pas indifférent. Il attend la prochaine gifle. Le prochain coup. Comme si ces derniers étaient la solution à ces millénaires de haine et de désespoir. A ces millénaires de séparation et de colère.


Ses dents se serrent. Les mots glissent entre elles comme un poison acide.


« Je te hais. »


Et les yeux dorés ne font que s’adoucir. Avant que le diable ne fonce sur les lèvres pleines de sang.


Cela a le goût de désolation. De regret et de colère. De haine et demande de pardon. Les lames de glaces fondent dans leurs corps mais aucun des archanges ne sent la douleur que cela cause. Se détruisant une fois de plus comme eux.


« Je te hais. » dit-il, plus fort, ses dents attaquants les lèvres déjà éclatées par ses poings, déjà saignantes sous ses coups.


« Je sais. » répond Michael. Sans bouger d’un iota. Prenant la colère et la haine comme une punition. Comme une pénitence.


« Tu t’en moques. Tu ne changera jamais. Tu es le parfait soldat. » continue le diable, tentant le général comme il avait essayé de le faire des millénaires avant. « Tu ne regrettes rien. »


« Je regrette beaucoup. » les lèvres bougent sous ses dents, mangeant les mots qui en sortent parce qu’il ne veut pas les entendre. Tous sonnent comme des vérités dangereuses. Comme des mensonges trop véridiques.


« Tu m’as jeté ici. » les yeux dorés, si semblables à ceux qu’il avait avant de tomber ici, essayent de parler mais il ne les écoute pas. « Tu écoutes les ordres, encore et encore. Et il te remercie en te foutant ici avec moi. »


« Je ne regrette pas d’être ici. » cela rend l’eau glace à nouveau. Parce que cela fait mal. La vérité le crucifie sur place. La vérité le brûle plus que les mensonges et les voix dans sa tête. Elle fait mal. Elle le détruit. Elle le rend vivant.


Ses mains passent du col au cou et serrent. Serrent à en faire blanchir le visage sous lui. A en couper la respiration.


« Tu m’insupportes. » il serre. « Tu remets jamais en question ses ordres. »


« Faux. » croasses la voix, qu’il connaît pour être forte et puissante. Pour détruire des monstres et des Hommes. Qui n’est presque qu’un murmure mal sortant.


« Tu n’as jamais désobéis. »


Les yeux dorés veulent tellement dire, les lèvres s’ouvrent pour tellement parler. Mais il les coupe tous deux en cognant à nouveau. La colère reprend ses droits. Reprend sa froideur et ses lames.


« Tu n’as jamais pu. » il cogne. « Tu ne le fera jamais. » cogne « Tu préfères être sous son aile. Qu’importe que celle-ci te laisse dans la merde. Dans la Cage. » cogne « Avec ma haine et mon envie de repeindre les entrailles de la Terre avec les tiennes. » cogne « Qu’importe que je te hais plus que je le hais lui et qu’il le sache. »


Les mains du premier né attrapent enfin celles qui le frappent depuis des heures, des secondes, des jours, des minutes. Elles attrapent leurs consœurs et ne font rien de plus.


« Je - »


Les lèvres de Lucifer coupent à nouveau les mots qui veulent passer celles ensanglantées. Les dents attaquent, les lèvres dévorent. Il boit le sang qui en coule encore.


« Soigne-toi. » redit-il mais Michael ne le fait pas.


Ils savent tous deux qu’il le peut.


« Soigne-toi ! »


Le premier archange rit. Hystérique. Et il cogne. Lucifer cogne à nouveau, ne faisant pas taire le rire pour autant.


Le sang continue de couler, dansant dans le cou blanc de son aîné, descendant jusqu’au sol glacé de la Cage. Se transformant à son contact en plaque de verglas rouge carmin.


Il cogne. Embrasse. Serre ses poings. Mords les lèvres rouges.


Il cogne, Michael rit.


Il pleure, Michael aussi.


« Je te hais ! » hurle-t-il, désespéré. Comme des millénaires auparavant.


« Je sais. » répond le soldat, défait. Comme des millénaires auparavant.


Il ne sait pas ce qu’il fait. Il ne sait pas pourquoi ses mains attrapent les joues pleines de sangs et gonflantes à cause des ses coups. Pourquoi il embrasse l’archange avec désespoir et pardon. Colère et regret.


Pourquoi ses mains caressent – griffent, claquent – la peau sous lui. Pourquoi ses hanches percutent celles sous lui. Pourquoi les mains de Michael se place sur ses joues et enlèvent les larmes qui s’y trouvent avec révérence.


Pourquoi il est si bon, si brûlant, si glacial, de finir dans les chaires sous lui. Comme il ne l’a jamais été avant.


C’est douloureusement serré. Délicieusement chaud. Une torture douce-amer. Une torture qui fait crier l’autre archange de douleur, à laquelle il dit oui encore et encore. Une torture qui le fait crier son nom comme une louange. Comme il avait pu crier celui du général des millénaires avant, des milliers et milliers de fois.


Le divin et pur général des armées des cieux. Toujours et encore pervertis par le porteur de lumière. Et ce jusqu’au plus profond de son être maintenant.


« Je te hais. » marmonne-t-il encore et encore entre chaque coups dans le corps de son aîné. Qui accuse le coup comme si ce n’était rien. Comme si cela était bienvenue.

Comme une étape au divin et non une punition. Une vengeance et une colère froide.


« Je sais. » répond-t-il seulement, entre deux cries, entre deux soupirs. Entre deux goulées-d’airs.


« Je t’aim- ». Lucifer se coupe avant que cela passe ses lèvres.


« Je sais Luci’. » parce que Michael avait toujours su l’entendre, qu’importe la distance, qu’importe les mots non dits.


Les mains du général se portent à nouveau à ses joues pour les caresser avec cette tendresse qu’il n’avait plus ressenti depuis des millénaires. Depuis qu’il avait été oublié au fond de cette Cage sans rien ni personne. Juste ses pensées noires.


« Je suis désolé. » dit-il à la place, les larmes coulant sur les mains non tachées de sang. Il s’étouffe avec les mots, avec ses larmes. Mais Michael ne fait que l’embrasser, comme s’il était brisé et brisable.


Il l’était. L’est. L’avait toujours été.


Il continue sa litanie, pleurant maintenant sur le torse de son aîné qui caresse son dos avec tendresse.


Il continue des excuses qu’il n’aurait jamais pensé véridiques. Il continue de laver le sang qu’il a fait couler avec ses larmes. Soignant le corps sous lui dans ses hoquets et ses mains agrippant toujours plus le vêtement à moitié détruit sous les lames de glace.


La colère a disparu. L’air glacial aussi. Les molécules d’eau ne sont que ça, de l’eau.


Il se moque d’être une loque dans les bras de son frère. Tant que ce dernier continue ses caresses. Continue de lui dire qu’il lui pardonne. Qu’il s’excuse aussi. Qu’il l’aime.

Qu’il l’aime plus que leur père. Plus que les ordres. Qu’il voulait être ici, avec lui. Qu’il voulait chuter avec lui, des millénaires en arrière.


Qu’il l’aime. Qu’il l’aime. Lui pardonne. S’excuse.


Le Diable pleure dans les bras du Général des armées célestes.


Le Parfait Soldat aime le Diable.


La Cage se réchauffe. Les corps des archanges recommencent à fusionner en un seul être d’une manière plus douce, plus tendre. Une excuse, une promesse.


Ils ne savent pas combien d’heures, de jours, de minutes, sont passées. Mais ils s’en moquent.


La Cage se réchauffe. Des flammes apparaissent petits à petits, brûlant à leurs tours tout autour d’elles.


Les flammes de l’Enfer semblent bien plus douces que la fraîcheur glaciale, cristallisante, de la colère.




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