Les fragments d'une voix

Chapitre 9 : Un monstre

Par VendettaPrimus

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Le titre de ce chapitre est plutôt évocateur… Je vous laisse découvrir ce qui s’y cache !

Chapitre 9 – Un monstre

De petits rires résonnaient dans les profondeurs des sous-sols du château volant.

Tout au fond de la prison austère, là où bien peu d’âmes osaient encore s’aventurer, Bowser Jr. s’amusait à lancer de petits cailloux contre la cage du roi Tic-Tac. Suspendu à son immense crochet au-dessus de la lave en fusion, le pantin ne cessait de râler et de grogner après le jeune prince, qui semblait prendre un malin plaisir à venir le taquiner depuis quelques temps. Chaque projectile déclenchait aussitôt une nouvelle explosion de colère, au plus grand bonheur du petit Koopa, totalement insensible à ses hurlements. Installé dangereusement au bord du précipice, haut comme trois pommes, Bowser Jr. riait aux éclats chaque fois que Tic-Tac s’emportait, très loin de partager son amusement.

Mais Junior n’en avait absolument rien à faire. Du moment que lui s’amusait, c’était tout ce qui comptait ! Il lui arrivait souvent de descendre jusque dans les profondeurs de la prison dans le seul but d’ennuyer le vieux pantin grincheux, trouvant particulièrement drôles ses protestations indignées et ses cris outrés chaque fois qu’un caillou venait rebondir contre sa grosse tête ronde. C’était même devenu son activité préférée, juste après les parties de cache-cache, bien sûr ! À force, le prince des quatre cents coups connaissait presque par cœur les insultes que Tic-Tac lui lançait… et c’était justement ce qui le faisait autant rire. Plus le pantin perdait son sang-froid, plus la partie était réussie.

Son rire hystérique résonnait contre les murs brûlants de la prison lorsqu’il s’interrompit brusquement, persuadé d’avoir senti quelque chose effleurer sa carapace. Le contact avait été léger, presque imperceptible, mais suffisamment réel pour faire disparaître son sourire en une fraction de seconde. Ses petits sourcils se froncèrent. Un frisson désagréable parcourut son échine sans qu’il ne comprenne pourquoi. Interloqué, il pivota rapidement sur lui-même, prêt à exploser de colère contre celui qui avait osé le déranger en plein jeu. Sauf qu’il n’y avait personne… Il était seul dans les profondeurs de la prison, avec pour unique compagnon Tic-Tac. Et le pantin se trouvait toujours assis bien sagement dans sa cage.

Cela ne pouvait donc pas être lui. De toute façon, privé de sa canne, il était incapable d’utiliser la moindre magie. Il était, pour ainsi dire, totalement inoffensif. Le visage marqué par l’incompréhension, Junior arqua un sourcil touffu tandis que ses yeux noirs balayaient lentement chaque recoin de la prison. Entre ses griffes, il faisait rouler ses cailloux les uns contre les autres, leur léger cliquetis trahissant l’agacement qui montait peu à peu en lui. Même le crépitement incessant de la lave était soudain plus oppressant qu’à l’accoutumée. Son regard s’attarda tour à tour sur les cellules obscures, les chaînes suspendues et les passerelles de pierre, cherchant avec méfiance l’auteur de cette mauvaise plaisanterie.

Il détestait qu’on ose se moquer de lui ! Mais ce qu’il haïssait par-dessus tout, c’était d’être pris pour cible.

Derrière lui, Tic-Tac continuait de se plaindre d’une voix agacée, mais Bowser Junior ne prêtait plus qu’une oreille distraite à ses protestations. Toute son attention était désormais focalisée sur cette présence invisible qui semblait rôder autour de lui. Il n’avait pas imaginé ce contact. Il en était certain ! Quelque chose d’anormal se trouvait dans cette prison. Et plus les secondes s’écoulaient, plus cette désagréable impression d’être observé s’accentuait. Tentant de ravaler la peur qui commençait à lui nouer la gorge, le petit Koopa bomba le torse pour se donner une contenance. Il refusait de laisser croire à quiconque qu’il pouvait avoir peur. Après tout, il était le fils du grand Bowser !

D’un geste nerveux, il attrapa même son bandana entre ses griffes, prêt à le remonter sur son visage pour paraître plus menaçant. Il ouvrit ensuite la bouche, sur le point d’ordonner à celui qui se cachait de sortir de sa cachette, lorsqu’une ombre apparut soudainement devant lui. Son expression fière, teintée de son arrogance habituelle, s’effondra d’un seul coup. Son cœur manqua un battement alors que ses pupilles se rétractaient sous l'effet de la stupeur. Sur le mur qui lui faisait face, une étrange silhouette grandissait lentement, démesurément, engloutissant peu à peu la faible lueur qui éclairait la prison. Elle n’avait aucune véritable forme. Seulement une masse noire, informe et mouvante… au centre de laquelle brillait un unique œil rouge.

Le visage de Bowser Junior se décomposa, sa bouche s’assécha. Pris d’une peur soudaine et intense, il recula instinctivement de quelques pas sans pouvoir détacher ses yeux écarquillés de cette chose qui continuait de s’étendre devant lui. Plus l’ombre grandissait sur le mur, plus une sensation glaciale s’insinuait dans chacun de ses membres. Sa gorge se noua brutalement alors qu’un frisson lui parcourait l’échine jusque sous sa carapace. Il était incapable de réagir. La terreur paralysait chacun de ses muscles, comme si son propre corps refusait de lui obéir. Même sa respiration s'était bloquée au fond de sa poitrine, le laissant bouche bée. Son cœur battait si fort contre son plastron qu’il avait l’impression qu’il allait exploser.

Jamais il n’avait vu une chose pareille. Et cet œil rouge… Cet unique œil, rivé sur lui, lui donnait la terrible sensation de faire face à un véritable monstre tapi dans les ténèbres. Il avait beau chercher une explication, son esprit restait désespérément vide. Puis, dans un sursaut de panique, il se mit à trembler de tout son être. Les cailloux glissèrent de ses doigts et s’éparpillèrent sur la pierre dans une série de petits claquements secs qui résonnèrent dans toute la prison. Ce bruit rompit le sort qui le paralysait depuis plusieurs secondes. Sans réfléchir davantage, il fit volte-face et s’élança aussi vite que ses jambes le lui permettaient en direction des escaliers en colimaçon.

«PAPA ! UN MONSTRE !» Hurla-t-il aussi fort qu’il le pouvait.

Le jeune Koopa faillit trébucher à plusieurs reprises dans sa course effrénée pendant qu’il gravissait les escaliers quatre à quatre pour atteindre l’étage supérieur. Son ventre était si noué par la peur qu’il avait l’impression que ses jambes allaient le lâcher à tout moment. Une seule pensée tournait en boucle dans son esprit : cette chose était peut-être en train de le poursuivre… Pourtant, il ne trouva jamais le courage de regarder derrière lui. L’idée d’apercevoir cette immense ombre noire glissant silencieusement dans les ténèbres, prête à l’engloutir d’un instant à l’autre, lui glaçait le sang.

À chaque palier franchi, il s’attendait presque à sentir une main invisible se refermer sur sa carapace. Jamais de toute sa vie il n’avait vu quelque chose d’aussi effrayant. Le claquement précipité de ses petites pattes résonnait contre les murs de pierre alors qu’il traversait les couloirs à toute vitesse, les yeux écarquillés et le souffle complètement désordonné. Les torches fixées aux murs défilaient si vite qu’elles n’étaient plus que de longues traînées de lumière orangée. Entre deux respirations haletantes, il continuait d’appeler son père d’une voix tremblante, espérant de toutes ses forces qu’il l’entendrait avant que cette chose ne le rattrape. Pour la première fois depuis bien longtemps, Junior ne cherchait plus à jouer les durs. Il voulait simplement retrouver son papa.

«PAPA !» Appela-t-il une nouvelle fois d’une voix étranglée, son regard parcourant frénétiquement les couloirs à la recherche du roi des Koopas. Il finit enfin par l’apercevoir, entouré de plusieurs gardes. Bowser se tenait au beau milieu du corridor, les poings fermement appuyés sur les hanches. Son visage affichait une expression contrariée, visiblement agacé par tout le vacarme que son fils était en train de provoquer dans le château.

«Qu’est-ce qu’il y a, Junior ?» Soupira la grande tortue à épines tout en se frottant les yeux, lassé.

«I-il y a un monstre !» Réussit difficilement à articuler Bowser Jr. entre deux respirations saccadées, tout en pointant fébrilement du doigt la direction des geôles.

Son petit corps tout entier frissonnait encore sous l'effet de la peur. L’expression ennuyée de Bowser s’effaça aussitôt, remplacée par un air grave. D’abord Solfège… et maintenant son fils ? Ces étranges coïncidences devenaient bien trop nombreuses pour être ignorées, et un mauvais pressentiment commençait à l’envahir. En voyant la panique dans les yeux de Junior, Bowser prit immédiatement ses paroles au sérieux. Quelque chose ne tournait définitivement pas rond… Jamais il n’avait vu son fils dans un état pareil. Toujours tremblant, le petit Koopa agrippa sa main de toutes ses forces avant de l’entraîner vers les profondeurs du château sans même lui laisser le temps de poser davantage de questions, bien décidé à lui montrer l’horrible créature qu’il venait de voir.

Derrière eux, les gardes, que Bowser venait tout juste de rappeler sèchement à l’ordre après les avoir surpris en pleine discussion, échangèrent des regards inquiets. Que devaient-ils faire ? Les suivre ? Leurs mains se resserrèrent instinctivement autour de leurs hallebardes tandis que leurs yeux balayaient déjà les couloirs à la recherche du moindre mouvement suspect. Si un intrus s’était réellement introduit dans le château, alors tout le royaume devait être mis en alerte au plus vite. Très vite, les soldats commencèrent à relayer l'information de couloir en couloir, faisant naître une agitation inhabituelle dans toute la forteresse. En quelques instants, l’information se répandit dans tout le château.

Pendant ce temps, Bowser avançait juste derrière son fils, son regard ne le quittant pas une seule seconde. Après l’avoir vu aussi agité, il était hors de question de le laisser seul, ne serait-ce qu’un instant. Les griffes déjà sorties et les yeux assombris par une colère menaçante, le souverain des Koopas grognait sourdement tout en gardant une main protectrice posée sur l’épaule de Junior lorsqu’ils atteignirent les profondeurs étouffantes du château. Sans attendre, Bowser entreprit d’inspecter toute la salle. Il fouilla derrière les caisses de stockage, examina chaque cellule l’une après l’autre en ignorant délibérément les remarques acerbes et provocatrices de Tic-Tac, puis alla même jusqu’à envoyer les gardes à bord des vaisseaux clown afin de lancer une inspection complète des sous-sols.

Pas un recoin ne devait échapper à leur vigilance. Les soldats se dispersèrent, inspectant les couloirs, les accès et tous les recoins plongés dans l’obscurité. Mais malgré l’ampleur des recherches, rien d’anormal ne fut découvert. Aucune trace d’intrusion. Aucun mouvement suspect. Personne, au château, ne semblait avoir remarqué quoi que ce soit d’étrange ces derniers temps. Ce constat poussa naturellement Bowser à s’interroger. Y avait-il vraiment quelque chose qui rôdait dans son château… ou bien leur imagination commençait-elle à leur jouer des tours ?

Après tout, avec toutes les histoires inquiétantes qu’il racontait presque chaque soir, il n’était peut-être pas si surprenant que Junior finisse par voir des monstres dans les ombres. Les récits de créatures terrifiantes, de fantômes et de monstres tapis dans les ténèbres avaient largement de quoi nourrir l’imagination d’un enfant. Pourtant… la peur qu’il avait lue dans les yeux de son fils ne ressemblait en rien à celle d’un enfant ayant fait un simple cauchemar. C’était une peur viscérale, celle de quelqu’un qui croyait avoir vraiment frôlé le danger.

«Junior, regarde-moi. Tu es sûr de ce que tu as vu ?» Demanda Bowser en se tournant vers le jeune Koopa, une arcade sourcilière levée avec les poings sur les hanches. Une véritable incertitude perçait dans sa voix. Il essayait encore de déterminer si son fils disait toute la vérité… ou s’il s’était laissé emporter par son imagination.

«Je te jure que c’est vrai… Il y avait une ombre, juste là...» Insista Bowser Jr. d’une voix hésitante, sans quitter l’endroit en question des yeux.

Resté en retrait depuis le début des recherches, il gardait ses petites mains nerveusement nouées l’une contre l’autre alors que son regard inquiet continuait de parcourir la prison. En dépit de la présence rassurante de son père, tout son corps restait tendu, comme s’il s’attendait à voir cette étrange ombre surgir de nouveau à tout instant. Le plus petit mouvement dans un coin sombre suffisait à le faire tressaillir. Mais à ces mots, le doute commença insidieusement à s’immiscer dans son esprit. Et si tout cela n’avait existé que dans sa tête ? Après tout… il possédait une imagination particulièrement débordante, non ?

Bowser Junior adorait inventer toutes sortes d’histoires où il devenait le héros de grandes aventures, aux commandes de son Megaleg ou d’un vaisseau spatial ultra-performant. Il passait une grande partie de son temps à imaginer des ennemis invisibles à affronter, des créatures monstrueuses tapies dans l’obscurité ou encore d’incroyables batailles sorties tout droit de son esprit créatif. Peut-être s’était-il simplement laissé emporter par l’une de ces histoires dont il avait le secret. Alors peut-être que cette ombre… Peut-être n’avait-elle réellement été qu’une illusion ? Cette idée le soulageait presque autant qu’elle le troublait.

«Le seul monstre que je vois ici est dans cette cage et n’est pas près de revoir la lumière du jour.» Poursuivit Bowser en désignant Tic-Tac d’un simple mouvement de griffe lorsqu’il aperçut l’hésitation sur le visage de son fils. Il espérait ainsi le rassurer, d’une manière ou d’une autre.

«Hey ! J’te permets pas !» Protesta le roi enfermé, profondément vexé.

«D’ailleurs, pantin crétin, tu n’aurais rien vu de suspect par hasard ?» Interrogea ensuite Bowser en penchant légèrement la tête dans sa direction, affichant une expression blasée. Puis, levant les mains avec un air faussement innocent, il laissa échapper un petit rire moqueur ; «Enfin… à part toi, je veux dire.»

«Rien du tout ! C’est ton gamin qui voit des choses pas très nettes. À ta place, je commencerais sérieusement à me poser des questions sur sa santé mentale ! Je crois qu’il lui manque quelques cases, à celui-là. Bon… vu son imbécile de père, fallait pas s’attendre à un miracle. Faut croire que c’est de famille.» Tic-Tac marmonna la fin de sa tirade avec un amusement malsain alors qu’un sourire prédateur étirait peu à peu son visage. Si seulement il avait encore sa canne… Il lui aurait déjà refait le portrait depuis longtemps !

«À ta place, j’éviterais de trop me la ramener quand on a une sale tronche comme la tienne. C’est vrai, quoi ! Regarde-moi ça ! Ça ressemble à rien ce machin.» Répliqua Bowser avec un ricanement narquois avant de donner une légère tape rassurante sur l’épaule de son fils, espérant lui arracher enfin un sourire après toute cette frayeur. Il n’aimait pas le voir comme ça. Il préférait de loin entendre ses éclats de rire résonner dans le château, le voir embêter les gardes et semer le désordre partout où il passait. Pour un père, c’était un véritable crève-cœur de voir la peur voler l’insouciance de son enfant, sans parvenir à le convaincre qu’il était en sécurité. Alors, lorsque le sourire retrouva enfin sa place sur son petit museau rond, Bowser sentit un poids quitter ses épaules.

«C’est vrai qu’il est moche !» Acquiesça finalement Bowser Jr., amusé par les commentaires rabaissants de son père. Grâce à lui, le petit Koopa retrouvait peu à peu sa bonne humeur.

«C’est toi qui es moche avec ta bavette de bébé ! Gros bébé !» S’insurgea Tic-Tac avant d’attraper les barreaux et de les secouer de toutes ses forces dans une tentative aussi ridicule qu’inutile de les faire plier.

«C’est pas une bavette de bébé, d’abord ! C’est un bandana !» S’irrita le plus jeune en croisant les bras contre son plastron avec une moue renfrognée. Ses joues s’étaient légèrement gonflées sous l’agacement tandis qu’il lançait un regard boudeur à Tic-Tac, encore piqué par l’insulte. Il ne supportait pas qu’on se moque de son précieux bandana, confectionné avec sa mama. Puis, lorsqu’il se retourna vers son père, son visage s’illumina d’un sourire exubérant, ses yeux pétillant d’excitation.

«Pourquoi on le garde ici ? Il ne nous sert plus à rien, de toute façon. On devrait le faire flamber et en finir une bonne fois pour toutes ! Le rôtir à petit feu, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que ses yeux pour pleurer ! Niark niark ! Oh oui, ça serait trop giga l’éclate !» S’exclama Bowser Jr. en accompagnant chacune de ses paroles de gestes grotesques, la langue pendante au coin du museau.

«Ha ha ! J’aime ton enthousiasme, Junior.» Le félicita Bowser avec un large sourire satisfait en frappant dans ses grandes mains. Voir son fils partager les mêmes envies destructrices que lui le remplissait toujours d’une immense fierté. Bowser faisait toujours de son mieux pour impressionner son garçon, alors le voir suivre son exemple ne pouvait que le réjouir. Car après tout, qui voudrait garder Tic-Tac en vie ? Absolument personne. Le royaume entier leur serait probablement reconnaissant s’ils décidaient un jour de transformer ce pantin agaçant en un simple tas de charbon fumant. Néanmoins, ses épaules massives s’affaissèrent, lui donnant presque l’air d’un enfant boudeur ; «Mais tu connais la volonté de ta mère… Plus de sacrifice.»

«Han… Trop nul…» Geignit Bowser Junior en laissant retomber lourdement sa tête en arrière.

«Crois-moi, si ça ne tenait qu’à moi, j’en aurais déjà fait du bois de chauffage !» S’emporta Bowser en serrant le poing avec ferveur, les yeux brillants d’une inquiétante lueur rouge. Rien qu’à cette idée, un sourire démoniaque fendit son visage alors que son imagination lui faisait déjà entrevoir une multitude de scénarios. Tous plus catastrophiques les uns que les autres pour Tic-Tac, qui se terminaient invariablement de façon tragique.

«Faites comme si je n’étais pas là !» S’impatienta Tic-Tac derrière ses barreaux, les bras croisés et les yeux levés au plafond. Ses longues jambes pendaient dans le vide en se balançant nerveusement pendant qu’il lançait un regard noir aux deux tortues qui se moquaient ouvertement de lui et de sa condition.

«Rah, ignore-le, ce bouffon !» S’exclama Bowser en agitant négligemment la main en direction de son prisonnier, comme s’il chassait un insecte importun. Il avait toutefois rapidement retrouvé le sourire en voyant son fils reprendre des couleurs. Au moins, il ne pensait plus à son monstre imaginaire. Et ça, c’était déjà une petite victoire.

«Et n’oublie pas d’essuyer la morve de ton môme pleurnichard !» S’écria Tic-Tac dans une ultime tentative de les provoquer alors que les deux Koopas s’éloignaient déjà du précipice sans même lui accorder un dernier regard.

D’un ricanement méprisant, Bowser posa sa large main à l’arrière de la tête de Junior avant de l’entraîner avec lui vers les escaliers du château, abandonnant derrière eux le pantin et ses remarques agaçantes. À présent qu’il savait avec certitude qu’aucun danger ne les menaçait, le roi pouvait enfin retrouver un semblant de tranquillité et reprendre le cours normal de sa journée. Très vite, leurs voix résonnèrent dans les longs couloirs. Le rire grave et reconnaissable de Bowser éclata à plusieurs reprises, porté par l’enthousiasme de son fils qui enchaînait les histoires sans même reprendre son souffle.

Bowser Junior lui parla fièrement de ses nouvelles inventions, de son fameux Megaleg qu’il refusait obstinément de lui montrer avant de l’avoir entièrement terminé, ainsi que des nombreuses activités qu’il partageait avec Solfège. À mesure que Junior parlait, la peur qui avait envahi son visage quelques minutes plus tôt s’effaçait. En l’écoutant avec autant d’entrain, Bowser sentit une douce chaleur envahir son cœur. Solfège s’investissait sincèrement dans le bonheur et l’épanouissement de Junior, et savoir son fils entouré de personnes capables de prendre soin de lui apaisait une part de ses inquiétudes. Depuis son mariage, il n'avait plus le sentiment d'élever Junior seul.

Bowser Jr. retourna dans sa chambre après avoir longuement discuté avec son père, s’enfermant rapidement dans la pièce étroitement surveillée par les deux gardes Koopas postés devant sa porte. Mais contrairement à ce que Bowser imaginait, Junior n’avait pas complètement oublié son monstre… Chaque fois que cet unique œil rouge lui revenait en mémoire, un frisson glacé parcourait sa petite carapace. Laissant échapper un faible gémissement nerveux, le jeune prince se réfugia dans la tente de fortune qu’il avait construite avec l’aide de sa mama quelques jours plus tôt.

Assemblée à l’aide de coussins, de couvertures et de plusieurs chaises dans un équilibre plutôt précaire, la petite cabane penchait légèrement sur le côté. Mais elle lui donnait malgré tout la rassurante impression d’être caché du reste du monde. C'était son refuge, l'endroit où il venait toujours se cacher lorsque quelque chose le bouleversait. À l’intérieur, une douce guirlande en forme de petites étoiles diffusait une lumière dorée qui baignait timidement les figurines, les jouets, les peluches et les petits objets éparpillés sur l’épais tapis violet recouvrant le sol. Quelques bonbons oubliés traînaient également çà et là, témoins des longues heures que Junior passait habituellement dans cette cachette où il se sentait en sécurité.

Assis au milieu de ses jouets, il commença à inventer une nouvelle histoire. Son imagination était devenue un véritable exutoire, lui permettant d’oublier les mauvais souvenirs qui revenaient le tourmenter dès que son esprit cessait de s’occuper. Tenant un soldat Koopa dans une main et son vieux lapin en peluche dans l’autre, Junior les fit se disputer avec passion. Chacun revendiquait l’honneur de tirer le premier le canon Bill Balle sur le Royaume Champignon. Il leur prêta la voix grave de son père, puis celle, plus aiguë, de Kamek, passant de l’une à l’autre avec grand enthousiasme. Peu à peu, les minutes se transformèrent en heures. Le petit Koopa finit par se laisser entièrement absorber par son univers.

Son angoisse s’effaça progressivement derrière les batailles fictives, les explosions imaginaires et les voix qu’il imitait à mi-voix sous sa forteresse improvisée. Le monde extérieur n’existait plus. Tant et si bien qu’il ne remarqua même pas la porte de sa chambre s’ouvrir lentement dans un léger grincement, ni les pas feutrés qui se rapprochaient de sa cachette. Les lourds rideaux frémirent doucement sous le courant d’air provoqué par l’ouverture de la porte, sans que Junior n’y prête la moindre attention. Même les gardes postés à l’extérieur n’auraient pas réussi à détourner son attention de cette aventure qu’il vivait dans son imagination. Ce ne fut qu’au moment où une voix féminine s’éleva tout près de lui que Junior s’interrompit net dans ses chuchotements, relevant aussitôt la tête vers l’entrée de la tente avec curiosité.

«Toc toc.» Annonça doucement Solfège en restant accroupie devant l’entrée de la tente, attendant patiemment qu’on l’autorise à entrer.

«Tu peux entrer.» Accepta Bowser Junior d’une petite voix étouffée depuis l’intérieur de sa cachette.

L’humaine écarta délicatement les couvertures qui faisaient office d’entrée avant de découvrir le jeune Koopa assis sur un coussin rond bleu. Devant lui s’étendait une multitude de jouets éparpillés, figés au beau milieu de ce qui ressemblait à une immense bataille… Encore une, pour ne pas changer. Des Koopas miniatures, des Bill Balles et quelques figurines de Toad semblaient attendre que leur général reprenne enfin le combat. Avec précaution, Solfège se glissa à l’intérieur de la forteresse de fortune, prenant soin de ne pas bousculer les chaises qui soutenaient les couvertures. Elle vint ensuite s’asseoir en face de Junior, qui ne leva même pas les yeux vers elle.

D’ordinaire si énergique et bavard, le petit Koopa demeurait inhabituellement silencieux. Les épaules légèrement voûtées, il gardait le regard rivé sur ses jouets. Malgré tous ses efforts pour donner l’impression d’être absorbé par son jeu, son attitude trahissait encore le choc des événements survenus plus tôt dans la journée. Il faisait tourner distraitement une figurine entre ses griffes, sans même faire attention à ce qu’il faisait. Et Solfège comprenait parfaitement pourquoi. Peu avant de venir le voir, Bowser lui avait raconté la mésaventure qui avait profondément bouleversé son fils dans les sous-sols. Depuis qu’elle avait appris ce qui s’était passé, une inquiétude ne cessait de grandir en elle.

«Ton père m’a parlé du monstre… Tu veux en parler ?» Demanda Solfège avec une infinie précaution, consciente qu’un sujet aussi délicat pouvait facilement bouleverser un enfant. Pourtant, cette histoire éveillait également sa curiosité, d’autant plus qu’elle-même remarquait depuis quelque temps des phénomènes de plus en plus étranges dans le château.

«Ce n’était que mon imagination...» Marmonna simplement Junior après avoir replacé son soldat sur le tapis d’un geste distrait. Il évitait soigneusement le regard de Solfège, incapable d’assumer la peur qui l’avait envahi.

«Tu sais… moi aussi, j’ai parfois l’impression de voir des choses étranges dans le château ces derniers temps…» Poursuivit l’humaine avec un léger sourire empreint de tristesse. Elle haussa les épaules au moment où le petit Koopa releva enfin les yeux vers elle, visiblement intrigué par cette révélation.

«Comme quoi ?» Interrogea Bowser Jr., surpris par cette confidence. Délaissant ses jouets, il reporta toute son attention sur Solfège, assise en face de lui. Cette dernière réduisit la distance qui les séparait, comme si elle s’apprêtait à lui confier un secret interdit.

«Des ombres qui passent dans les couloirs… Des objets qui changent de place tout seuls… Et parfois, j’ai même l’impression que quelqu’un m’observe alors qu’il n’y a pourtant personne…» Murmura-t-elle à voix basse. Son regard se perdit un instant dans le vide, les souvenirs ressurgissant au fil de ses paroles. Les yeux de Junior s’agrandirent. Il en oublia même le soldat Koopa qu’il tenait entre ses griffes, lequel glissa doucement sur le tapis. À cet instant précis, il comprit qu’il n’avait peut-être pas imaginé le monstre des geôles.

«Tu crois que c’est des fantômes ?» Chuchota-t-il à son tour, les yeux brillants de curiosité malgré l'inquiétude qui persistait dans sa voix.

«Je l’ignore… Mais tu veux savoir un secret ?» Solfège se pencha un peu plus vers Bowser Jr. puis elle lui fit signe de se rapprocher afin que personne d’autre ne puisse entendre leur conversation. Lorsque le petit Koopa se rapprocha enfin, Solfège lui adressa un sourire doux et rassurant avant de murmurer ; «Tant que tu es ici, avec nous, rien ne peut t’arriver.»

«Je sais, mama. La famille, c'est pour la vie. Il n'y a rien de plus important !» Récita Bowser Junior, connaissant presque par cœur la devise de sa famille à force de l'entendre. Cette phrase avait une place toute particulière dans son cœur. Elle lui rappelait chaque jour à quel point il était aimé et protégé. Aux côtés de son père… aux côtés de la mama dont il avait toujours rêvé d’avoir…

«C’est pour la vie…» Acquiesça calmement Solfège, un sourire attendri jouant à ses lèvres tandis qu'elle contemplait son fils.

«Mais ça n’empêchera pas les fantômes de hanter le château, tu sais.» Rappela ensuite Bowser Jr. avec un petit reniflement boudeur, abandonnant les chuchotements. Pour autant, les paroles de sa mama réussirent à apaiser une partie de ses craintes, jusqu’à faire naître un discret sourire sur son visage.

«Au moins j’ai réussi à te faire sourire.» Fit-elle remarquer avec douceur, heureuse de voir le petit Koopa retrouver un peu de sa bonne humeur. C’était tout ce qui comptait à ses yeux. Le voir sourire valait infiniment mieux que cette expression sombre qui ne quittait plus son visage depuis sa terrible rencontre.

Elle le croyait.

Après cela, tous les deux s’installèrent autour du vaste champ de bataille imaginaire que Bowser Junior avait aménagé au milieu de sa tente. Deux royaumes s’y livraient une guerre sans merci pour le pouvoir : le redoutable Pays-Noir contre le royaume de Végésia, celui-là même que Bowser avait autrefois tenté de conquérir à l’époque où il cherchait désespérément à séduire Peach. Mais cette fois, Junior comptait bien reprendre le flambeau laissé par son père et mener les armées Koopas jusqu’à la victoire. Pour l’honneur de sa famille ! Sous ses ordres, les Bill Balles servaient d’artillerie tandis que les Goombas lançaient l’assaut avec un courage admirable… malgré leurs chances de survie franchement discutables.

Allongée à plat ventre face au jeune prince, Solfège interprétait avec application le rôle des petits soldats au cœur de ce chaos parfaitement organisé. Avec le temps, elle était devenue une véritable habituée de ces longues batailles où les Koopas ne perdaient jamais. Ô grand jamais ! Chaque fois qu’elle osait faire gagner l’armée adverse, Junior trouvait aussitôt un rebondissement improbable pour renverser la situation. À force de jouer avec lui, elle connaissait presque tous ses plans stratégiques par cœur. Sa manière d’analyser le terrain, de déplacer ses troupes avec autorité et même d’inventer des attaques complètement absurdes rappelait énormément Bowser. En dépit de son jeune âge, Junior possédait déjà ce même tempérament combatif et cette détermination farouche qui caractérisaient si bien son père.

À bien des égards, c’était une version miniature de Bowser… avec simplement un peu plus d’imagination et beaucoup moins de patience.

Plusieurs fois, Solfège dut retenir un rire lorsque le petit Koopa imitait la voix grave de son père pour donner ses ordres avec un sérieux bien trop adorable pour être vraiment crédible. Il se donnait corps et âme dans son rôle. C’était admirable. Elle restait suspendue à ses lèvres, attentive au moindre rebondissement qu’il imaginait pour rendre la bataille toujours plus palpitante. Il possédait un véritable talent pour transformer chaque scène en une aventure extraordinaire. Ses récits étaient captivants. Même les scénarios les plus absurdes prenaient une tout autre dimension quand il les racontait avec autant de conviction et d’assurance. Puis, soudain, l’histoire prit un tournant décisif…

«Des cendres de la défaite de son père surgit un nouveau conquérant ! Le grand Bowser Junior mènera l’armée Koopa à la victoire et écrasera tous ceux qui oseront défier le Pays-Noir !» Proclama Bowser Junior avec fougue, le poing fermement posé contre son plastron dans une posture triomphante, dominant fièrement tout son champ de bataille improvisé.

«Vous avez l’âme d’un chef, mon Seigneur !» S’émerveilla Solfège d’une voix volontairement théâtrale en faisant balancer son petit soldat d’un côté à l’autre, admirative devant Junior, le grand conquérant.

«Tremblez, misérables ! Le futur roi des Koopas est arrivé ! Quiconque s’opposera à moi sera jeté dans les cachots ! Aux oubliettes ! Ensuite, je détruirai tout sur mon passage ! BOUM ! BOUM ! DOUBLE BOUM !» Cria Bowser Jr. en bondissant d’excitation, agitant les bras dans tous les sens pour illustrer chacun de ses propos. Dans son esprit, tout prenait des proportions grandiloquentes.

«BOOOUM !» Répéta la reine en simulant une énorme explosion au centre du territoire ennemi, projetant plusieurs figurines dans tous les sens sous les éclats de rire du jeune Koopa. Toutefois, son rire s'éteignit rapidement lorsqu'il releva les yeux vers elle avec un sérieux inattendu.

«Oh, attends ! J’ai quelque chose à te montrer !» Se rappela soudain Junior avant de bondir sur ses pieds et de sortir précipitamment de la tente, laissant derrière lui une Solfège quelque peu incrédule, toujours couchée sur le tapis.

Elle entendit vaguement du remue-ménage dans la chambre pendant que Bowser Jr. fouillait dans ses affaires. La pièce était tellement en désordre qu’il était devenu difficile d’y retrouver quoi que ce soit. Des jouets, des outils et des feuilles de papier recouvraient presque chaque recoin de la chambre, témoins des innombrables projets du jeune inventeur. Après plusieurs minutes sans voir réapparaître le petit Koopa, l’humaine se releva et sortit à son tour de la tente pour découvrir ce qu’il fabriquait à l’extérieur. Tout en lissant distraitement les plis de sa longue robe rouge, elle releva finalement les yeux autour d’elle… avant que son regard ne s’arrête sur un détail qui n’était pas là auparavant.

À l’endroit où se dressait autrefois la grande horloge comtoise, juste à côté de la porte, se trouvait désormais leur peinture de famille, soigneusement accrochée au mur. Les bonshommes patates lui souriaient maladroitement depuis la toile. Leurs formes disproportionnées et leurs expressions simplistes rendaient le tableau ridicule… et pourtant étrangement attendrissant. Solfège sentit ses lèvres s’étirer en revoyant cette œuvre qu’elle avait réalisée avec Junior et Bowser dans l’atelier. C’était une véritable croûte, loin des chefs-d’œuvre des deux autres tortues. Pourtant, voir ce dessin exposé à la place de l’ancienne horloge lui réchauffa doucement le cœur.

«J’ai trouvé !» S’exclama tout à coup Bowser Junior, tirant Solfège de ses pensées.

«Qu’est-ce que c’est ?» Demanda-t-elle en penchant légèrement la tête pour observer l’étrange objet que le jeune prince brandissait fièrement au milieu d’une montagne de bric-à-brac. À première vue, cela ressemblait fortement à une arme. Plus précisément… à un pistolet.

«Je te présente ma nouvelle invention… le Pistoréducteur !» Annonça Bowser Jr. en levant son doigt vers le plafond dans une posture grandiose, aussi fier qu’un inventeur venant tout juste de révolutionner le monde.

«Le Pistoréducteur ? Et qu’est-ce qu’il est censé faire ?» Questionna Solfège, un sourcil arqué devant ce nouveau projet qu’il s’était bien gardé de lui montrer jusqu’à présent. Elle doutait même que Bowser soit au courant… Combien d’inventions lui cachait-il encore ?

«Ça, c’est top secret ! Personne n’a le droit de connaitre sa véritable utilité tant qu’il n’est pas totalement terminé. Je veux que mon arme soit parfaite…» Rêvassa Junior tout en caressant affectueusement le flanc de son pistolet, presque aussi grand que lui.

Solfège posa les mains sur ses hanches avant de lever les yeux au ciel avec résignation. Décidément, Bowser Junior entretenait une véritable obsession pour les secrets… et faisait déjà preuve d’un perfectionnisme inquiétant pour son âge. Essayant d’ignorer le mot arme, qu’il venait de prononcer avec beaucoup trop de naturel, elle s’approcha pour examiner d’un peu plus près l’étrange invention qu’il serrait précieusement contre lui. Le Pistoréducteur se composait d’une longue structure blanche et grise, soulignée de bordures bleues et terminée par un embout orange particulièrement voyant.

À première vue, l’engin ressemblait davantage à un gigantesque pistolet à eau qu’à quelque chose de réellement dangereux. Mais Solfège savait mieux que quiconque qu’il ne fallait jamais sous-estimer les créations de Bowser Jr. Derrière leur apparence parfois ridicule se cachaient souvent des inventions bien plus problématiques qu’elles n’en avaient l’air. Avec Junior, le danger ne venait presque jamais de l’apparence de ses machines, mais de leur fonctionnement. Son esprit dériva aussitôt vers l’immense robot qu’il gardait soigneusement dans le hangar du château… ainsi que vers l’utilité extrêmement douteuse de cette machine gigantesque.

«Junior, j’espère que ce n’est pas dangereux…» Soupira finalement Solfège après avoir lancé un regard méfiant à son Pistotruc.

«Mais nooon ! T’inquiète, je maîtrise la situation !» Protesta immédiatement Junior en hochant vigoureusement la tête. Il souleva ensuite son arme, un peu trop lourde pour ses petits bras, avant de la pointer vers les peluches dispersées dans la chambre comme s’il s’apprêtait à ouvrir le feu.

«PEW ! PEW ! Boum ! Avec ça, plus personne ne m'arrêtera !» S’écria-t-il avec excitation en pointant son arme dans toutes les directions. Puis, au beau milieu de sa démonstration, le petit Koopa s’interrompit brusquement. Il porta une griffe au sommet de son crâne et se gratta d’un air profondément pensif, les yeux fixés à son arme ; «Mais… son nom est pas encore assez cool… Il lui faut un truc vraiment impressionnant ! Un nom qui flanquera une bonne frousse à tous nos ennemis !»

«Que dirais-tu de Super Scope ?» Suggéra gentiment Solfège avec un sourire, le doigt replié sous son menton dans une posture songeuse. Super Scope faisait notamment référence à l’impressionnante longueur du canon.

«Oh ouais ! Trop génial ! Super Scope entre en action !» Bowser Junior se mit à courir autour de la pièce en simulant des tirs imaginaires afin de protéger Solfège des menaces invisibles qui rôdaient prétendument dans la chambre. Et surtout… des mystérieux fantômes qui semblaient avoir élu domicile dans le château ces derniers temps. En le voyant se donner corps et âme dans son rôle, son énorme faux pistolet serré entre les bras, Solfège ne put retenir un rire amusé.

Un peu plus loin dans la pièce, deux livres rangés sur la petite bibliothèque s’écartèrent discrètement l’un de l’autre. Dans l’étroit espace qui venait de se créer, quelque chose les observait en silence.

À suivre…

La tente de fortune est un petit clin d’œil à la fanfiction d'O-DemonKill-O mettant en scène son OC Terry. N’hésitez pas à aller la découvrir, je vous la recommande chaudement ! 😊

VP




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