Les fragments d'une voix

Chapitre 3 : Les cadeaux

Par VendettaPrimus

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L’histoire commence doucement. Je pose le décor, je développe les relations. Mais ne vous méprenez pas, ça va vite monter en tension.

Chapitre 3 – Les cadeaux

«Vous semblez distraite, votre Altesse.»

Solfège cligna rapidement des yeux, surprise d’avoir laissé son esprit dériver pendant quelques secondes. À côté d’elle, Koopa Cuistot continuait de s’agiter avec enthousiasme autour du dessert du soir, complètement absorbé par sa préparation. Ensemble, ils terminaient un immense gâteau à trois étages débordant de fraises fraîches, de chocolat fondu coulant le long des génoises et de biscuits à la cuillère minutieusement empilés entre les couches de crème. Le parfum sucré du dessert envahissait toute la cuisine du château, mêlé à l’odeur chaude du chocolat et du sucre caramélisé. Il n’y avait pourtant aucune fête prévue ce soir-là. Aucun anniversaire. Aucun banquet royal. Ils avaient simplement voulu préparer quelque chose capable de faire sourire tout le monde au dîner. Une recette improvisée de toutes pièces par le Koopa Cuistot et la reine du Pays-Noir. Il nouait une amitié particulière avec cette dernière, et ce, depuis leur rencontre. Entre deux recettes et quelques catastrophes culinaires mineures, ils passaient des heures à discuter, échanger des idées et inventer de nouveaux plats ensemble. Deux esprits créatifs qui semblaient s’être trouvés naturellement.

«Vous pouvez m’appeler Solfège.» Répondit la jeune femme avec un sourire chaleureux adressé au cuisinier muni d’ailes blanches. Debout sur la pointe des pieds pour atteindre le sommet du dessert, elle utilisait une cuillère beaucoup trop grande afin d’étaler la crème fouettée entre les différentes couches du gigantesque gâteau.

«Pardonnez-moi, Solfège. J’ai tendance à oublier ce détail ! Je ne suis pas encore habitué à autant de familiarité avec la reine du royaume.» Avoua le Koopa Cuistot dans un petit rire gêné avant de poser une main sur son plastron en inclinant respectueusement la tête. C’était pourtant devenu une véritable amie à ses yeux. Mais après des années passées à servir le roi des Koopas avec le plus grand respect, abandonner toutes ces formalités ne lui venait pas instinctivement.

«Ça ne fait rien. Mais je ne veux pas de traitement de faveur… Je suis comme vous !» Protesta aussitôt Solfège en levant vivement les bras. Son geste manqua d’ailleurs de faire glisser sa couronne noire de travers tandis qu’une grosse goutte de crème fouettée menaçait dangereusement de tomber sur sa jolie robe rouge.

«C’est noté.» Acquiesça Koopa Cuistot.

«Et pour répondre à votre question… Je m’interroge sur le cadeau que je vais offrir à princesse Peach. Je n’ai toujours pas trouvé d’idée… Et je tiens à lui offrir quelque chose de spécial pour son anniversaire. Quelque chose qui vienne du cœur.» Soupira Solfège, laissant retomber ses épaules. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle cherchait une idée, mais jusqu’à présent, aucun objet ne parvenait vraiment à traduire toute l’affection qu’elle avait pour elle.

«Pourquoi ne pas lui offrir une plante rare ? L’une de celles qui poussent dans votre petit jardin secret ? De mémoire, la princesse aime énormément les fleurs.» Proposa Koopa Cuistot après avoir pris son envol au-dessus du gâteau afin d’y saupoudrer une fine poudre dorée. Cette décoration n’avait aucune réelle utilité culinaire, mais ajoutait cette petite touche de luxe extravagante que Bowser affectionnait tant.

«J’ai bien peur que ce soit un peu trop banal…» Démoralisée, Solfège se laissa lourdement tomber sur la chaise libre avant d’appuyer sa joue contre sa paume dans un profond soupir.

«Je ne suis malheureusement pas très doué lorsqu’il s’agit de choisir des cadeaux... Mon véritable talent est la cuisine. Le choix des ingrédients, la composition des plats, l’assaisonnement… Quand je tiens des ustensiles entre mes mains, elles savent presque travailler toutes seules ! Navré. J’aimerais pouvoir vous aider davantage.» S’excusa le Koopa à la carapace rouge d’un faible haussement d’épaules, l’air sincèrement désolé de ne pas être d’une plus grande utilité à la reine. Il voulait l’aider, cependant il n’avait malheureusement pas d’autres idées à lui proposer.

«Je finirai bien par trouver !» Se remotiva Solfège en se redressant brusquement contre le comptoir avec une nouvelle étincelle de détermination dans les yeux. Refusant d’abandonner aussi facilement, la jeune reine descendit de sa haute chaise grâce au petit marchepied installé devant le plan de travail avant d’épousseter sa robe rouge pleine de farine.

Après avoir salué chaleureusement le Koopa ailé, Solfège quitta finalement les cuisines, désormais bien décidée à trouver le cadeau parfait pour son amie. Elle méritait la crème de la crème ! S’enfonçant dans les couloirs d’un pas rapide et décidé, elle releva légèrement les pans de sa robe rouge afin d’éviter de trébucher dedans. Tout autour d’elle, le château grouillait d’activité. Des Hériss roulaient précipitamment dans les corridors, des Bob-ombs transportaient des caisses plus grandes qu’eux et plusieurs Koopas gardes effectuaient leur ronde quotidienne dans l’immense forteresse. Certains l’arrêtaient pour lui demander un service ou un conseil, tandis que d’autres souhaitaient simplement la saluer au passage. Très appréciée parmi les habitants, Solfège recevait régulièrement des compliments de la part des Koopas, qui ne manquaient jamais une occasion de lui rappeler à quel point Bowser et Junior étaient devenus plus supportables depuis qu’elle faisait partie de leur vie. Mais ces compliments avaient toujours le don de l’embarrasser… Solfège peinait encore à comprendre pourquoi on lui attribuait autant de mérite alors qu’à ses yeux, elle n’avait rien accompli d’extraordinaire.

En ce qui la concernait, elle avait simplement agi de la manière la plus pragmatique possible. Elle leur avait offert ce dont ils avaient désespérément manqué pendant des années : de l’attention, de la douceur… et quelqu’un prêt à les écouter sans les juger.

«Charlie !» Appela joyeusement Solfège en faisant des grands signes lorsqu’elle aperçut le Koopa garde dans le vaste hall principal. Au milieu des soldats qu’il était occupé à organiser, Charlie interrompit sa distribution d’ordres en entendant son nom résonner dans le corridor. Il tourna la tête par réflexe… avant de se figer quelques secondes en voyant la reine avancer droit dans sa direction.

«Majesté !» Répondit-il alors qu’il se dépêchait de rejoindre la jeune femme. À peine fut-il à sa hauteur que Solfège lui attrapa spontanément les mains avec son enthousiasme habituel. Et tout de suite, Charlie sentit ses joues chauffer à ce contact. Les mains de la reine étaient si douces, si chaleureuses… Il ne pensait pas pouvoir s’habituer un jour à autant de gentillesse venant d’une souveraine.

«Que puis-je faire pour vous ?» Demanda-t-il avec un grand sourire tout en se grattant maladroitement le crâne sous son casque métallique.

«J’ai besoin de tes services,» Sans attendre, Solfège lui attrapa la main afin de l’entraîner un peu plus loin dans le hall, là où ils pourraient discuter plus discrètement. Après avoir jeté quelques regards autour d’eux, elle se pencha vers lui comme si elle s’apprêtait à révéler un immense secret ; «je suis à la recherche du cadeau parfait à offrir à la princesse Peach pour son anniversaire. Mais je n’ai pas beaucoup d’idées…»

«Oh ! Vous voulez mon aide ?! C’est ça ? Eh bien… oui ! Enfin, bien sûr que oui ! Je peux totalement vous aider ! Ahem. Voyons, réfléchissons… Pourquoi pas…» Charlie se mit alors à réfléchir à voix haute, son doigt tapotant pensivement contre son bec. Même s’il ne connaissait pas personnellement la princesse, il était désormais investi d’une mission de la plus haute importance. Et il était bien décidé à aider sa reine coûte que coûte.

«Pourquoi pas quoi ?» Insista Solfège, suspendue à ses lèvres. Il faisait durer le suspense !

«Pourquoi pas un mini volcan de salon ? Ça serait fantastique comme cadeau, non ?» Fier de lui, Charlie leva les pouces vers le visage de Solfège qui se décomposa à cette proposition.

«Un… volcan de salon ?» Répéta-t-elle, incrédule.

«Oui ! Tout le monde aime les volcans. Sinon, il y a aussi la carapace de Skelerex personnalisée. Vous peignez le visage de la princesse dessus, vous ajoutez quelques paillettes roses et hop ! Le tour est joué ! Oh, non ! J’ai une meilleure idée. Une peluche de Bob-omb qui explose des confettis !» S’emballa le Koopa en sautillant sur place, lui-même totalement séduit par ses propres idées. Ce qui était loin d’être le cas de Solfège, qui ne savait plus quoi penser.

«Ça ressemble plus à des menaces qu’à des cadeaux…» Marmonna l’humaine tout en se frottant les yeux avec découragement. Décidément, les Koopas avaient une conception très particulière des présents “attentionnés” ! Cette pensée arracha finalement un petit rire amusé à Solfège, qui salua ensuite Charlie avant de le laisser reprendre son travail.

Elle se dirigeait maintenant vers les sous-sols.

Dans son immense hangar, Bowser Junior travaillait sur son projet plus si secret que ça. Cela faisait des semaines qu’il y consacrait tout son temps avec l’aide inattendue des Koopalings, récemment placés sous ses ordres pour terminer le travail. Une décision qui irritait profondément Ludwig, même si ce dernier refusait de l’admettre ouvertement. Malgré leurs fréquentes disputes, les deux jeunes Koopas réussissaient néanmoins à collaborer sur ce projet colossal nécessitant autant d’intelligence que de précision. La langue coincée au coin du museau dans une expression extrêmement concentrée, Bowser Jr fronçait les sourcils derrière ses grosses lunettes rondes de protection tandis que des étincelles jaillissaient autour de lui au rythme de ses soudures. Assis au beau milieu d’un chaos de boulons, d’outils et de pièces détachées, il s’acharnait actuellement sur la troisième jambe de son immense robot de combat. La machine était si gigantesque que ses deux autres jambes métalliques touchaient presque le plafond du hangar, formant de véritables arches sous lesquelles plusieurs Koopas pouvaient passer sans difficulté.

«Junior, où est-ce que je vais avec ce truc ?!» S’exclama Larry en portant une immense pièce métallique presque aussi grande que lui. Ses bras tremblaient légèrement sous le poids de l’objet alors qu’il se balançait nerveusement d’un pied à l’autre, essayant tant bien que mal de garder l’équilibre. À plusieurs reprises, la plaque métallique manqua de glisser entre ses griffes, arrachant aussitôt un sursaut paniqué au jeune Koopa. Il était mort de peur à l’idée de la faire tomber. La dernière chose qu’il voulait, c’était encore se faire réprimander pour sa maladresse...

«Par-là ! Ça fait partie du cockpit !» Indiqua le jeune prince en interrompant sa soudure pour lui montrer le cockpit installé dans la tête de son robot, qu’il avait affectueusement baptisé Megaleg.

«C’est partiiii !» Chantonna Larry avant de se laisser glisser le long de la structure de la jambe pour atterrir directement dans le cockpit encore ouvert, juste au-dessus des deux énormes yeux servant de phares.

Vu d’en bas, Megaleg ressemblait à une gigantesque araignée avec ses jambes repliées ! Une vision absolument terrifiante pour Wendy, qui évitait soigneusement de lever les yeux trop longtemps dans sa direction. Installée devant un petit miroir de poche posé sur une caisse de stockage, la Koopaling passait l’essentiel de son temps à remettre son rouge à lèvres impeccable et à repositionner son énorme nœud rose. Autant dire qu’elle ne prêtait qu’une attention très limitée aux ordres donnés dans le hangar. La robotique, la mécanique et les heures de bricolage ne l’intéressaient pas du tout. Elle grogna lorsque Iggy la bouscula accidentellement puis qu’il se dépêcha de donner un coup de main à Roy qui peinait à maintenir une pièce en l’air sous son échafaudage.

«Attends, je vais t’aider ! Bouge pas !» Lui dit-il en levant ses bras trop courts pour tenter de récupérer l’autre côté de la pièce en équilibre.

Tout autour de Bowser Jr, des dizaines de petites mains s’agitaient dans une effervescence parfaitement organisée. Des Koopas ouvriers aidaient aussi à la tâche, leurs ailes battant furieusement pour atteindre les endroits difficiles d’accès. Pour autant, le jeune prince restait totalement imperturbable, bien trop concentré sur son travail pour prêter attention au vacarme du hangar. Il avait tellement hâte de terminer son tout premier robot géant ! Pour lui, Megaleg représentait bien plus qu’une simple machine de guerre. C’était sa plus grande création. Sa fierté. Et il brûlait d’impatience à l’idée de le montrer à son père une fois complètement opérationnel. Il imaginait déjà la réaction émerveillée de Bowser lorsque le gigantesque robot commencerait enfin à ravager les royaumes qu’ils prévoyaient de conquérir ensemble. Après tout, dominer l’univers demandait un minimum d’organisation ! Excité à l’idée de rendre son papa fier, Junior laissa échapper un petit rire sous son souffle avant de se pencher pour récupérer un morceau de métal qu’il s’empressa de faire fondre afin de poursuivre sa soudure. Manipuler des outils dangereux faisait partie de son quotidien, malgré les inquiétudes régulières de Solfège.

Mais il adorait ça. Construire des robots, inventer des gadgets absurdes ou démonter des mécanismes compliqués faisait partie de ses activités préférées depuis qu’il n’était qu’un minuscule œuf. D’ailleurs, sa chambre débordait tellement d’inventions étranges qu’il devenait parfois difficile d’y circuler sans risquer une explosion accidentelle !

«Eh oh ! Solfège !» Hurla Lemmy depuis le haut de son perchoir improvisé en agitant les bras dans tous les sens à l’arrivée de la reine dans le hangar.

«Bonjour les enfants.» Solfège sourit chaleureusement en leur adressant un petit signe de la main aux quatre coins de l’atelier. Mais son attention fut rapidement captée par l’immense machine dressée devant elle. Face à l’énorme création de Bowser Jr, la jeune femme se sentit soudain minuscule. Les gigantesques jambes métalliques du robot dominaient tout le hangar comme celles d’une monstrueuse créature mécanique prête à s’éveiller.

«Yo.» Salua simplement le seul Toad du château, Terry, en haut de l’échafaudage. L’espion de Bowser s’était porté volontaire pour aider la progéniture de son idole. Puis les robots géants, c’était trop cool !

«Coucou, mama !» Lança aussitôt Bowser Jr en relevant ses grosses lunettes rondes sur son front noirci par la suie. Son immense sourire dévoilait fièrement sa petite dent pointue pendant qu’il observait attentivement la réaction de Solfège. Cette dernière était bouche bée, alors il se mit à rire.

«Avoue que ça en jette !» S’exclama-t-il avec excitation en se laissant retomber en arrière sur ses bras tendus. Impossible pour lui de cacher à quel point il était satisfait de sa création. Ses yeux brillaient d’impatience tandis qu’il observait fièrement son œuvre, attendant désespérément qu’on admire son génie ; «C’est trop la classe, hein ?!»

«C’est…» Sidérée, Solfège secoua la tête puis leva les bras vers le robot au repos au milieu du hangar. Elle passa ses mains dans ses cheveux rouges avant de se tourner vers Junior, le visage émerveillé.

«Incroyable… Tu l’as presque fini ! Enfin, vous tous l’avez pratiquement terminé.» Se reprit-elle rapidement en désignant d’un geste les dizaines d’ingénieurs qui s’agitaient autour de l’immense structure métallique. Elle n’était pas particulièrement une grande fan des machines de guerre, pour des raisons évidentes, mais elle devait reconnaître qu’elle était réellement impressionnée.

«Encore quelques petites retouches, quelques ajustements et il sera parfait ! Prêt à dévoiler son plein potentiel ! Tu crois que papa va aimer ?» Questionna ensuite Junior, dont la voix perdit soudain un peu de son assurance habituelle. L’enthousiasme débordant qu’il affichait quelques secondes plus tôt s’effondra rapidement. Ses yeux noirs, jusque-là reflétant une fierté sans nom, laissèrent apparaître une nervosité qu’il peinait dorénavant à cacher alors qu’il triturait machinalement deux de ses griffes entre elles. Et si ce n’était pas assez impressionnant pour Bowser ? Et si son père trouvait sa création ridicule malgré tous les efforts qu’il avait mis dedans ? Cette simple idée semblait suffire à faire vaciller toute sa confiance. Toutefois, face à cette inquiétude, Solfège laissa échapper un petit rire rassurant.

«S’il va aimer ? Il va adorer ! Je n’ai aucun doute que ça va lui plaire. Regarde un peu ce que vous avez construit ! C’est gigantesque ! Avec ça, plus personne n’osera venir nous embêter au Pays-Noir.» Rigola Solfège en ramenant une mèche de cheveux derrière son oreille.

«Quand il sera prêt, papa et moi, on s’envolera pour détruire tous les royaumes ! On ira conquérir l’univers tout entier ! Plus personne ne se mettra en travers de notre route. Bientôt, le nom de Bowser fera de nouveau trembler les mondes !» Proclama le petit Koopa assis dans la poussière, les poings serrés avec conviction, extatique à l’idée de rendre possible le rêve de son père grâce à lui.

«Et ils vont tout faire exploser ! BADABOUM !» Commenta Larry derrière eux.

À ce discours pour le moins inquiétant, Solfège esquissa un sourire embarrassé.

«Hum… on en discutera plus tard.» Dit-elle d’une grimace en regardant Junior se détourner pour reprendre son travail, remotivé par leurs échanges. Elle soupira discrètement. Même s’il n’était encore qu’un enfant, Junior restait malgré tout le fils de Bowser. Une version miniature du roi des Koopas, animée par les mêmes ambitions démesurées, les mêmes rêves de domination et cette même envie brûlante de conquérir toujours davantage. Manifestement, cette irrépressible soif d’étendre son territoire au-delà des frontières du Pays-Noir était une véritable affaire de famille.

«Tu voulais quelque chose, mama ?» Interrogea soudainement Bowser Jr en tournant son petit museau rond vers la jeune femme restée immobile. Derrière les verres épais de ses lunettes, ses yeux clignèrent avec confusion, ne comprenant pas ce qui la tracassait. Puis, sans prévenir, la jeune femme posa brusquement ses mains sur ses épaules avant de le faire pivoter vers elle.

«Dis-moi, si tu étais une princesse, qu’est-ce que tu aimerais recevoir comme cadeau pour ton anniversaire ?» Lui demanda-t-elle avec un vague haussement d’épaules, cette question sortant absolument de nulle part. Bowser Jr resta figé quelques secondes avant de lui répondre tout naturellement.

«Bah, je suis pas une princesse ? Et c’est même pas encore mon anniversaire.» Junior fronça les sourcils. Logique.

«Oui, bon… tu as raison. Alors dis-moi plutôt qu’est-ce que tu offrirais à une fille ?» Elle reformula sa question avec un peu plus de simplicité, espérant obtenir une réponse plus utile cette fois-ci.

«C’est fastoche ! Des pistolets laser ! PEW PEW !» S’écria-t-il en imitant des tirs avec ses doigts. L’instant d’après, Bowser Junior bondit sur ses pieds avec une énergie débordante, complètement absorbé par son propre scénario. Il se mit à sautiller autour de Solfège en faisant mine d’esquiver des attaques invisibles tout en tirant frénétiquement dans le vide.

«PEW ! PEW ! PEW ! PRENDS ÇA !» Junior termina finalement sa course devant Iggy et Roy avant de les viser dans une pose dramatique avec ses doigts.

«Ha ha ! Raté !» Se moqua Iggy en abaissant sa paupière inférieure tout en tirant exagérément la langue. Bowser Jr gonfla aussitôt les joues d’indignation.

«Même pas vrai ! Je rate jamais ma cible ! T’es qu’un sale menteur !» Protesta-t-il en posant ses poings sur ses hanches, sa bouche formant une petite moue. Son pied frappait déjà le sol à répétition, trahissant son irritation grandissante. Ludwig, lui, pinça l’arête de son museau avec lassitude tandis que Wendy levait déjà les yeux vers le plafond, épuisée par les caprices et l’immaturité du jeune prince. Solfège décida d’intervenir avant que ça ne dégénère car elle n’avait pas envie de gérer une crise.

«Personne ne tire sur personne aujourd’hui, d’accord ? Tu peux ranger tes armes imaginaires ? Les princesses préfèrent généralement les cadeaux qui n’explosent pas, tu ne crois pas ?» Suggéra-t-elle en levant les mains pour tenter de calmer le jeu. Un sourire amusé étira ses lèvres lorsque Bowser Jr releva finalement ses petits yeux noirs vers elle, encore rempli d’indignation. Malgré sa moue contrariée et ses joues gonflées, le jeune Koopa était vraiment adorable ! Il n’y avait que ses yeux qui étaient épargnés par la saleté.

«Être une princesse, c’est nul ! Je préfère les explosions et faire la guerre ! C’est vachement plus intéressant.» Junior croisa les bras sur son bandana, qui mériterait sérieusement un bon nettoyage après avoir accumulé autant de suie.

«Ouais, la guerre !» Approuva aussitôt Roy d’une grosse voix rauque tout en contractant fièrement ses biceps.

Elle avait l’impression de voir Bowser…

Dans un profond soupir de défaite, Solfège vint masser ses yeux fatigués du bout des doigts. Être entourée d’une bande de Koopas obsédés par les explosions, les armes et les batailles ne rendait décidément pas sa mission plus simple. Bien au contraire. Pourquoi avait-elle sincèrement cru que demander conseil à des enfants passionnés par les machines de guerre serait une bonne idée ? Était-elle devenue à ce point désespérée ? Très certainement. Elle était vraiment nulle lorsqu’il s’agissait de choisir des cadeaux pour ses amis… Cette pensée lui serra douloureusement le cœur. Secouant doucement la tête pour chasser ses pensées intrusives, Solfège leva finalement les yeux vers Wendy et Ludwig lorsque ces derniers commencèrent à faire de la musique et à danser. La jeune Koopaling gesticulait au rythme du tambour improvisé de Ludwig, utilisant une clé à molette pour frapper en cadence contre la jambe métallique du Megaleg de Junior. Ce qui avait le don d’agacer le plus jeune des Koopas, ne supportant pas qu’on touche à sa précieuse machine sans suivre exactement ses instructions. Pourtant, au beau milieu de toute cette agitation… une idée traversa l’esprit de Solfège.

«Mais oui !» S’exclama-t-elle avec un large sourire en claquant des doigts. À ses côtés, Bowser Junior pencha la tête avec curiosité avant de laisser échapper un petit cri de surprise lorsque sa mama l’enferma brusquement dans ses bras.

«Tu es formidable, Junior !» Avant même qu’il ne puisse comprendre ce qui lui arrivait, Solfège couvrit ses joues de plusieurs baisers affectueux. Ses rires étaient étouffés alors qu’elle le serrait fermement contre elle, la joue posée sur son front juste au-dessus de ses lunettes.

«Tu ne m’apprends rien, je le savais déjà ça.» Réussit-il à dire après avoir sorti sa tête de l’étreinte de la reine, imitant son sourire contagieux.

Les deux se remirent rapidement au travail. Bowser Junior retourna à ses soudures avec un sérieux appliqué, de petites étincelles illuminant régulièrement ses lunettes tandis qu’il manipulait ses outils avec une concentration étonnante pour son âge. Toujours sous le regard attentif de sa mama. Elle surveillait constamment ses gestes, inquiète à l’idée qu’il puisse se brûler ou se blesser avec tout ce matériel. À quelques pas de lui, Solfège fouillait dans des caisses remplies de boulons, de morceaux de métal et de composants abandonnés afin de rassembler tout ce dont elle avait besoin pour commencer son cadeau personnalisé. Très vite, la jeune femme finit par demander l’aide de Bowser Jr, qui accourut sans la moindre hésitation. Bien trop curieux de découvrir ce qu’elle préparait en secret. Intrigué, le petit Koopa vint finalement s’asseoir juste à côté d’elle, sa queue remuant légèrement derrière lui alors qu’il observait attentivement les pièces étalées au sol. Il analysa la situation, et comprit très vite ce qu’elle souhaitait faire.

«Non, attends, regarde ! Comme ça !» Junior attrapa un petit tournevis avant de lui montrer comment assembler correctement le mécanisme. Ses petites griffes manipulaient les vis et les composants avec une habileté surprenante.

Solfège était à la fois fière et admirative.

«Madame Solfège ?» Soudainement, quelqu’un tira sur sa robe. Clignant rapidement des yeux à cette petite voix dans son dos, l’humaine se tourna vers Morton qui la regardait timidement. Les jambes croisées, il n’osait pas lui faire sa demande.                  

«Bon alors, qu’est-ce que tu attends ? T’as les pétoches ou quoi ? Quel trouillard, je vous jure...» Grommela Terry depuis son échafaudage. Allongé de tout son long sur les planches de bois, il observait la scène en contrebas avec un sourire moqueur. Morton gonfla légèrement les joues avant de prendre son courage à deux mains.

«Est-ce que vous pouvez chanter ?» Finit-il par lui demander après quelques hésitations, jouant avec ses index.

«Oh oui, une chanson !» S’exclamèrent immédiatement les autres Koopalings dans un joyeux vacarme.

Cet enthousiasme fit rire Solfège qui leur accorda leur souhait. Très vite, les premières notes de sa chanson commencèrent à résonner dans l’immense hangar caché dans les profondeurs du château volant. Sa voix chaleureuse se mêlait au bruit des outils, aux crépitements des soudures et aux échos mécaniques des machines en construction. Peu à peu, l’atmosphère bruyante de l’atelier sembla s’adoucir autour d’elle. Même certains ouvriers ralentirent discrètement leurs mouvements pour écouter la mélodie flotter dans la salle. Notamment Terry le Terrible qui, malgré sa réputation, était secrètement un grand amateur de ses chansons. Pendant ce temps, assise au milieu des boulons et des morceaux de métal, Solfège poursuivait la fabrication de son précieux cadeau aux côtés de son fils adoptif, Junior, qui travaillait avec elle dans un calme inhabituel.

Profitant simplement de ce moment.

À suivre…

L’OC Terry le Terrible appartient à ODemonKillO

À bientôt, VP




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