Chante pour moi

Chapitre 1 : Trouvaille

Par VendettaPrimus

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Franchement, j’adore Bowser. Il mérite un peu d’attention, vous ne trouvez pas ? C’est un personnage assez complexe qui devrait avoir son propre film, son propre développement. Enfaite, j’aimerais tout de suite la suite du film haha d’ailleurs, qui aimeriez-vous voir dans cette suite ? Personnellement, Bowser Jr, Daisy et Harmonie !

Chapitre 1 - Trouvaille

Bowser était de retour dans son château flottant, planant au-dessus du Pays Noir, le monde qu’il avait façonné à son image. Sous lui s’étendait un océan de lave en fusion, pulsant comme un cœur incandescent et illuminant les cieux d’une lueur rouge sang. Des carcasses de navires oubliés gisaient à demi englouties, tordues et calcinées, tels les vestiges d’une époque révolue. Des arbres carbonisés se dressaient encore, silhouettes noires et fantomatiques figées dans une souffrance éternelle. Partout, des créatures maléfiques rôdaient, rampant ou volant, sillonnant chaque recoin de cette terre stérile où la chaleur écrasante semblait ne jamais faiblir.

D’épais nuages de cendre dérivaient lentement dans le ciel obscur, masquant par instants l’éclat rougeoyant de la lave. De longues colonnes de fumée s’élevaient des crevasses béantes qui balafraient le sol. Le vent chaud transportait une odeur âcre de soufre et de roche fondue, imprégnant chaque pierre, chaque mur et chaque être vivant du royaume. Ce chaos permanent, cette désolation absolue, cette beauté sombre et brutale… C’était son œuvre. Son royaume. Son triomphe. Aucun autre monde ne pouvait rivaliser avec une telle grandeur.

Le plus bel endroit de tout le cosmos selon lui, sans l’ombre d’un doute !

Mais le grand et respecté roi Koopa n’était pas rentré seul de son périple à travers la galaxie, et il brûlait d’impatience de présenter son nouveau trésor à ses nombreux sujets. Par chance, après l’absorption de son vaisseau-château dans cet autre monde à la suite de l’explosion de Bill Balle, celui-ci n’avait subi que des dommages limités. Enfin… Pas autant qu’on aurait pu le craindre. Certes, la gigantesque tête décorative ornant la proue avait été réduite en miettes, pulvérisée dans une explosion spectaculaire dont il se souvenait encore avec une profonde irritation… Mais le reste de la structure était demeuré étonnamment intact. Les couloirs, les salles, les mécanismes internes… Tout avait survécu, comme si le château lui-même avait refusé de céder face à l’adversité.

Quelques fissures parcouraient encore certaines parois extérieures, cicatrices discrètes laissées par ce voyage hors du commun. Malgré ces quelques marques du temps et des combats, le château conservait toute sa majesté, dominant le Pays Noir tel un prédateur surveillant son territoire. Une preuve supplémentaire, selon lui, de sa supériorité incontestable en matière d’ingénierie. Aucun tremblement spatial, aucune anomalie dimensionnelle, aucune explosion de Bill Balle ne pouvait venir à bout d’une telle merveille. Personne dans tout l’univers n’était capable de concevoir une forteresse aussi impressionnante. Personne n’avait son génie.

Et cela, Bowser le savait parfaitement.

Et aujourd’hui encore, son château flottant traversait les cieux comme un monument vivant à sa gloire, prêt à impressionner quiconque oserait lever les yeux vers lui. Le gigantesque Koopa avançait entre les nombreuses tortues et autres créatures infernales qui l’acclamaient sur son passage, heureuses de retrouver leur chef après cette énième tentative avortée de domination du monde. Ce n’était pas leur premier échec, et personne ne songeait à le lui reprocher. Tous demeuraient prêts à lever les armes pour leur souverain bien-aimé, animés par une loyauté sans faille. À son passage, les rangs de soldats s’écartaient respectueusement, inclinant la tête ou levant le poing en signe de dévotion. Certains Koopas échangeaient des regards admiratifs, convaincus qu’aucune défaite ne pourrait ternir la légende de leur roi.

Même si, depuis l’arrivée de ce Mario dans leur monde, tout semblait devenir plus compliqué. Très problématique, même. Surtout lorsqu’il était question de la princesse Peach, que le chef des Koopas convoitait tant. Car, à première vue, ce nouveau rival semblait avoir bien plus de chances de conquérir son cœur après leur premier affrontement explosif à Brooklyn, qui s’était soldé par une humiliante défaite publique pour Bowser. En plus de cela, Mario bénéficiait d’un avantage non négligeable : il était humain, tout comme elle. Ils avaient tous remarqué cette petite étincelle dans le regard de la princesse. Et ils avaient également vu la détresse dissimulée dans celui de leur souverain, profondément affecté par son échec.

C’était encore difficile à accepter pour tout le monde.

Leurs applaudissements et leurs cris résonnaient avec force dans toute la place centrale de l’immense vaisseau, tandis qu’ils célébraient le grand retour de Bowser après quelques jours d’absence. L’imposante tortue à piques, silhouette massive et dominante, avançait lentement vers son trône habituel afin de faire une annonce digne de ce nom. Chacun de ses pas lourds faisait vibrer le sol sous son poids. Il saluait la foule en effervescence par quelques gestes mesurés, presque calculés, savourant pleinement cet instant où tous les regards étaient tournés vers lui, où chaque acclamation nourrissait son ego démesuré. Partout où se posait son regard, Bowser ne voyait que des sujets enthousiastes, suspendus au moindre de ses gestes. Mais il en voulait toujours plus.

Être idolâtré, respecté... mais aussi secrètement aimé. Instaurer la peur dans le cœur de chacun pour éviter toute révolte, maintenir cette emprise implacable qui liait chaque membre de sa puissante armée à sa volonté. Ainsi, il pourrait reconquérir le monde dès que l’occasion se présenterait. Encore une fois, ce n’était que le début d’une longue série de représailles. Il avait peut-être perdu une bataille, mais il n’avait certainement pas perdu la guerre. Car il finirait par anéantir Mario, mettre la main sur le Royaume Champignon et faire de Peach son épouse, avec ou sans son accord. Cette admiration collective alimentait sa fierté autant qu’elle renforçait sa conviction d’être destiné à régner sur tous les royaumes.

«Mes sujets, je suis enfin de retour après une très longue et terrible absence !» S’exclama haut et fort Bowser, une fois qu’il atteignit le sommet des marches menant à son trône de pierre de lave. Son museau s’étirant dans un sourire malfaisant, il leva les bras pour encourager le peuple à l’acclamer. 

«Mais ça ne fait que deux semaines…» Bégaya un Koopa à carapace rouge tout en levant timidement son doigt pour prendre la parole. Il tremblait de peur lorsqu’il reçut en retour un regard noir de son souverain.

«Peu importe ! L’essentiel, c’est que je sois de retour pour gouverner après ce léger petit contretemps. Mais ce n’est que partie remise, nous finirons par atteindre notre but ! Et nous écraserons tous ceux qui se mettront en travers de notre chemin ! À commencer par ce moustachu en salopette !» Hurla Bowser qui serra le poing avec conviction. Satisfait du retour positif de ses troupes à ces quelques paroles prometteuses, il contempla la foule en délire avant de reprendre la parole avec un peu plus de calme cette fois-ci.

«Mes Koopas, mes Goombas et autres trucs…» Il débuta, toutefois il se tut lorsque Kamek à sa gauche intervint avec anxiété, la main au coin de son bec.

«Psst, des Hériss Sire…» Lui chuchota ce dernier dans la précipitation, ne voulant pas qu’il se trompe comme la dernière fois qu’il avait motivé ses troupes avant de leur annoncer ses plans diaboliques. À force, ils allaient finir par se vexer ! Il glapit de peur quand Bowser lui rugit dessus.

«On s’en fiche ! Maintenant laissez-moi vous montrer ma toute dernière acquisition. Quelque chose qui devrait vous remonter le moral après cette petite défaite de rien du tout. Vraiment trois fois rien. Une surprise de taille ! Je l’ai trouvée lors de mon exil solitaire, seul et abandonné, loin de tout. À la dérive…» Se lamenta-t-il dans un véritable mélodrame, une main posée sur son torse robuste avec le regard perdu dans le vague, jouant pleinement la comédie pour récolter un maximum de compassion auprès de ses sbires. Un franc succès. Quelques Koopas hochèrent la tête avec gravité, persuadés d’entendre l’histoire la plus dramatique de leur existence. Puis d’un coup d’œil discret vers Kamek, il lui fit un signe pour poursuivre la mise en scène.

«Oui, votre Méchanceté.» Acquiesça le sorcier à lunettes avec lassitude après avoir donné un coup de baguette dans les airs pour faire apparaître une cage dorée en lévitation. 

Recouverte d’un voile noir, la cage empêchait quiconque d’apercevoir ce qui se cachait en dessous. Désormais intrigués, les Koopas se mirent à chuchoter entre eux tandis qu’elle flottait au-dessus des rangs jusqu’à atteindre le centre de la place. Le suspense était à son comble. Qu’avait donc trouvé leur roi durant son périple solitaire ? Une nouvelle arme ? Un prisonnier à interroger ? L’attente devenait insoutenable. Les spéculations allaient bon train dans l’assemblée, chacun tentant de deviner quel trésor pouvait mériter une telle mise en scène. Deux gardes ailés s’approchèrent alors de la cage, attendant le signal de leur chef pour en dévoiler le contenu. Après un dernier regard échangé, Bowser leur donna l’ordre. Les deux Koopas tirèrent le voile d’un geste théâtral...

Révélant une humaine aux cheveux de feu, recroquevillée contre les barreaux.

«Une humaine ?» S’étonnèrent certains alors que Bowser descendait tranquillement les marches en direction de la cage toujours en lévitation grâce à la magie de Kamek.

«Son chant a le pouvoir d’apaiser les âmes les plus coriaces et de détruire vos pensées les plus sombres. Il manipule votre esprit, c’est de la magie noire ! Un tel pouvoir ne devrait jamais se promener seul dans la nature… Il pourrait tomber entre de mauvaises mains.» Sarcastique, le roi des Koopas leva un sourcil rouge à l’humaine prostrée au fond de sa cage, le sourire s’agrandissant quand il sentit sa peur. Ses grands yeux verts effrayés passaient de ses soldats émerveillés aux siens remplis de malice, ses longs cheveux ondulés coulant en cascade sur ses épaules frêles. Elle était terrassée par l’apparence menaçante de Bowser, tandis qu’il agrippait le haut de la cage pour la soulever à son niveau afin d’établir un premier vrai contact visuel.

«Regarde-moi ça… Tremblante comme un Goomba sous la pluie.» Dit-il à voix basse, son timbre profond et moqueur faisant vibrer les barreaux. Il n’avait même pas remarqué que les yeux de la jeune femme étaient d’un beau vert pomme, aussi grands et aussi innocents que sa tendre princesse…

Mais il préférait les siens. Au moins les siens ne le regardait pas avec peur ! Plutôt avec du dégoût… Ce qui n’était pas forcément mieux après réflexion. Avec sa main libre, le Koopa géant pointa une griffe dans la direction de l’humaine qui, à ce simple geste, se colla plus loin contre la grille à l’opposé d’un souffle de terreur. S’accrochant aux barreaux pour la vie chère, ses cheveux rougeoyants tombèrent sur une partie de son visage pendant qu’elle fixait la tortue redoutable aux caractéristiques inhabituelles. Son torse se levait et redescendait frénétiquement au rythme de ses battements de cœur.

Allait-il l’offrir en guise de repas à ses sujets ? Ou la garder pour lui pour un encas entre deux feuilles de salade ? Ou pire, la jeter dans la lave comme offrande ? Son cœur se serra lorsque la créature épineuse avec deux cornes sur le crâne se pencha vers elle puis qu’un large sourire malveillant étira les coins de son museau pour apercevoir des dents pointues.

«Chante pour moi !» Réclama-t-il de sa grosse voix effrayante.

Les murmures s’interrompirent net à l’exclamation de Bowser, alors que tous les regards se focalisaient sur la cage dorée contenant l’humaine. Un silence pesant s’installa sur la place, si profond qu’on aurait pu entendre une mouche voler. Les Koopas s’échangèrent des regards incertains avant de sursauter lorsque leur chef exigea une seconde fois que la jeune femme emprisonnée chante. L’incompréhension se lisait sur de nombreux visages. Personne ne comprenait pourquoi leur souverain accordait autant d’importance à cette étrange prisonnière. Certains se recroquevillèrent dans leur carapace, attendant l’inévitable explosion de colère de leur monarque, réputé pour son manque de patience légendaire.

Était-elle suicidaire ? La question était légitime quand on connaissait Bowser et ses fréquentes crises de rage. Quelques soldats reculèrent même d’un pas prudent, préférant garder leurs distances lorsqu’ils sentaient l’orage gronder. Kamek se téléporta au centre de la plateforme volcanique pour se tenir aux côtés du Koopa géant. Ses yeux se rétrécirent derrière ses lunettes-loupes pendant qu’il observait la femme blottie contre les barreaux. Un doigt replié sous son bec jaune, le magicien à la robe bleue se pencha légèrement vers la cage afin de l’examiner de plus près. La prisonnière n’avait rien d’impressionnant au premier abord, et pourtant quelque chose dans son attitude semblait retenir toute son attention.

«Je t’ai donné un ordre ! Alors chante !» Aboya rudement Bowser en secouant brièvement la cage pour intimider l’humaine silencieuse. L’effet semblait fonctionner, à en juger par son regard terrifié qui passait sans cesse de Kamek à lui.

«Peut-être qu’elle est sourde ? Ou qu’elle ne comprend pas notre langage ?» Tenta de tempérer Kamek en haussant les épaules, se recroquevillant sur lui-même lorsque Bowser montra les dents en réponse. De la fumée s’échappa des narines du grand Koopa avant qu’il ne mugisse de colère. Fou de rage de ne pas obtenir ce qu’il voulait, la tortue à la crinière flamboyante se détourna de son conseiller pour fusiller du regard l’humaine, qui n’avait toujours pas prononcé un seul mot depuis son arrivée. Plissant légèrement les yeux pour la menacer du regard, il reprit finalement le contrôle de sa colère, avant d’éclater d’un rire dédaigneux.

«Oh, le petit oiseau ne veut pas chanter ? Dans ce cas, tu vas croupir en prison jusqu’à ce que tu te décides enfin à m’obéir. Alors peut-être que tu retrouveras la parole. Kamek ! Emmène-là hors de ma vue et fais en sorte qu’elle ne puisse pas s’échapper ! Je m’en occuperai plus tard.» Ordonna aussitôt le roi après avoir jeté la cage dans les airs pour que le Magikoopa puisse la reprendre à temps avec sa baguette avant qu’elle ne touche le sol.

«Oui, votre Altesse. Ce sera fait.» Répondit-il automatiquement d’un signe de tête respectueux, maudissant sous son souffle la jeune femme qui était à l’origine de la mauvaise humeur de son maître, pourtant de bonne humeur ce matin-là.

Et c’était qui qui allait en subir les conséquences maintenant ? C’était bibi ! Comme d’habitude.

D’un soupir théâtral, Kamek fit apparaître son balai de bambou avant de s’élever dans les airs avec la cage, se frayant un passage parmi les soldats et les autres créatures qui n’osaient plus ajouter un mot. De peur de contrarier davantage leur chef, déjà particulièrement irritable. Mieux valait ne pas attiser sa colère... Certains risquaient de finir en Skelerex ! La dernière fois déjà, l’un d’eux en avait fait les frais à cause d’une question malheureuse. Une punition largement suffisante pour servir d’exemple à toute l’armée. À leur passage, les rangs s’écartaient en silence, chacun évitant soigneusement de croiser le regard de leur souverain. Bowser regagna son trône et congédia tout le monde d’un grognement agacé, réclamant un semblant de tranquillité.

Affalé dans son siège, il posa sa joue contre son poing, les yeux rouges perdus dans le vide. Peu à peu, les acclamations laissèrent place au grondement lointain des moteurs du château et au crépitement des flammes qui éclairaient les grandes statues menaçantes. Cette douleur dans son cœur de pierre était revenue... Plus forte, plus vive encore. Elle ravivait toute la colère accumulée depuis sa défaite face aux deux frères moustachus. D’abord la princesse Peach, et maintenant cette humaine... Pourquoi personne ne le respectait ? Pour la première fois depuis son retour, toute l'excitation liée à sa découverte s'effaçait derrière cette frustration qu'il peinait à contenir.

Le rugissement de frustration de Bowser arracha un frisson à Kamek, qui se dirigeait déjà vers la prison avec la cage flottant derrière lui, enveloppée d’un nuage bleuté. Il descendit rapidement le grand escalier en colimaçon menant au cœur même du château volant, là où la lave demeurait éternellement en fusion. Il détestait cet endroit. La chaleur y était insupportable ! Laissant échapper un gémissement d’inconfort, le Magikoopa se ventila d’un geste agacé avant de s’empresser d’installer la cage dorée sur un crochet suspendu à plusieurs mètres au-dessus de la lave. Le métal grinça légèrement sous le poids de sa nouvelle occupante, alors que l’ensemble se balançait faiblement au-dessus du vide incandescent.

Les cages voisines étaient pour le moment vides, oscillant doucement dans les courants brûlants qui remontaient des profondeurs, depuis que les précédents otages avaient été libérés lors de l’affrontement contre la princesse et ses alliés. Le cliquetis régulier des chaînes résonnait entre les murs de pierre noire, brisant par instants le calme lugubre des lieux. Le silence de la prison n’en était que plus dérangeant, presque anormal dans un endroit habituellement rempli de plaintes, de cris et de supplications. Mais ce n’était qu’une question de temps avant que toutes ces cages ne soient à nouveau occupées par de nouveaux prisonniers fraîchement capturés... Dès que Bowser mettrait au point un nouveau plan d’invasion. Après tout, les échecs n’avaient jamais empêché le roi des Koopas de recommencer.

«Et voilà le travail !» S’exclama la tortue à lunettes avec les poings sur les hanches, un sourire satisfait étirant son museau tandis qu’il passa sa langue dessus d’un air suffisant. S’assurant que le verrou trois fois plus grand que l’humaine était bien fermé à double tour, il se volatilisa dans les airs d’un petit pop sonore.

Abandonnant la jeune femme aux cheveux rouges dans sa nouvelle prison.

Il faisait atrocement chaud, et le silence était oppressant dans cette partie du vaisseau... Rien ne venait le troubler, hormis le grondement incessant de la lave et le ronronnement lointain des turbines. Toujours en proie à la peur, elle attendit encore quelques minutes dans la même position avant d’étirer prudemment une jambe, puis l’autre, afin de soulager ses muscles endoloris. Chaque mouvement réveillait une douleur sourde, comme si son propre corps protestait contre cet enfermement. Ses mains lui faisaient mal à force de serrer les barreaux de sa cage, à peine plus grande qu’elle. Le métal froid contrastait cruellement avec la chaleur étouffante des lieux, laissant des marques rouges et douloureuses dans ses paumes.

Une fine pellicule de sueur recouvrait sa peau, malgré l’immobilité à laquelle elle s’était contrainte depuis son arrivée. Jetant un premier regard autour d’elle, l’humaine découvrit ce qui allait désormais lui servir de demeure. Elle constata rapidement qu’elle était seule dans cet endroit. La lave bouillonnait sous sa cage en formant d’énormes bulles éclatant à intervalles réguliers, alors que le rebord le plus proche se trouvait à environ trois mètres de sa position. Une distance dérisoire en apparence, mais totalement impossible à atteindre. Les vagues de chaleur qui remontaient des profondeurs faisaient danser l’air autour d’elle, brouillant légèrement sa vision. Elle était coincée dans cet environnement hostile pour une durée indéterminée.

Se rasseyant contre les barreaux, elle ramena doucement ses genoux contre sa poitrine avant d’enrouler ses bras autour de ses tibias. Sa robe n’était plus aussi blanche qu’autrefois ; des traces de suie maculaient désormais le tissu, autrefois immaculé. Ses yeux verts se remplirent bientôt de larmes tandis qu’elle enfouissait son visage dans ses genoux, la gorge nouée par ce sentiment familier d’être une nouvelle fois prise au piège. L’impression d’étouffer entre ces barreaux devenait plus forte à chaque minute qui passait. La créature qui l’avait capturée était terrifiante... Elle n’avait jamais rien vu de tel ! Mais le pire restait sa voix grave et bourrue, une voix qui semblait résonner jusque dans ses os chaque fois qu’il prenait la parole.

Rien qu’en repensant à son rugissement, un frisson lui parcourut l’échine. Comment pouvait-elle chanter dans de pareilles circonstances ? Le chant ne pouvait produire le même effet lorsqu’elle était paralysée par la peur ! Mais à présent, cela n’avait plus aucune importance. Elle était prisonnière de cette petite cage, enfermée dans un endroit sinistre privé de la lumière du jour, avec ce tyran écailleux pour seule perspective. Les larmes finirent par dévaler ses joues pâles. Elle sortit une petite montre à gousset de l’une de ses poches, faisant glisser délicatement son pouce sur la surface froide.

Sa liberté ne fut que de courte durée.

À suivre…




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