Jour 6 – Citrouilles
Commissariat de Hawkins – 31 octobre 1984
Arrivant devant le commissariat de Hawkins et descendant de sa voiture de service, le shérif Hopper est immédiatement saisi par l’odeur pestilentielle qui se dégage de la remorque du pick-up à proximité duquel il s’est garé. Il soulève la bâche – causant l’envolée d’une nuée de moucherons planqués sous la toile – et jette un coup d’œil critique à la cargaison : serrées en rang d’oignons, une bonne trentaine de cucurbitacées pourries jusqu’au trognon s’alignent piteusement à l’arrière du camion. Les courges sont dans un état lamentable : moisies sur l’intégralité de leurs surfaces, elles exhalent une odeur putride.
Hopper retient un haut-le-cœur, puis renifle un rire : pas besoin de creuser des yeux et une bouche factice dans les légumes moisis pour leur conférer un aspect horrifiant… puis il soupire en se remémorant l’affaire stupide de « citrouilles empoisonnées » que lui a rapportée le vieux Merrill Wrights la veille. Selon le fermier – qu’Hopper avait envoyé, plus ou moins gentiment, paître – Eugène McCorkle avait bousillé ses plantations… et voilà que McCorkle se pointe avec un véhicule rempli de cucurbitacées dans un état lamentable.
Le shérif souffle par anticipation à l’idée de l'histoire rocambolesque que va lui conter le second agriculteur – sans doute courroucé – qui poireaute actuellement dans les locaux.
Ca n'y coupe pas : selon McCorkle, le vieux Merrill aurait trucidé la production de toute la paysannerie du coin. Des assassinats de plantes potagères, ce n’était pas exactement son credo, lorsqu’il était encore inspecteur à New-York…
L’homme bourru décide néanmoins d’en tirer le meilleur parti, se décidant à investiguer : s’il n’y a que des trivialités à gérer, ça lui permettra de rentrer tôt pour la soirée d’Halloween promise à Elfe.
Les choses tournant rarement comme on l’espère. Hopper se retrouve à déchanter quand il réalise, une dizaine d’heures plus tard, que la nuit est bien avancée et que, tout occupé à examiner le carnage dans les champs de tout le comté, il en a oublié Elfe et est atrocement en retard...
N’ayant pas de meilleure option pour s’excuser, il négocie avec un môme croisé sur le chemin de retour pour lui acheter un petit seau en plastique en forme de citrouille – enfin une qui a bonne mine ! – débordant de bonbons. Il n’a que peu d’espoir que la maigre offrande suffise à apaiser sa petite protégée, mais qui ne tente rien n’a rien [1].
Le gamin lui extorque 7 dollars, soit le triple de la valeur de la collecte de sucreries et du réceptacle. La bouche d'Hopper s'étire en une atroce grimace qui n'a rien à envier à celle de Jack O Lantern : foutues citrouilles !
Jour 7 – Nuit étoilée
Colline Weathertop – 29 juin 1985
Assis au sommet de la colline Weathertop, Dustin Henderson contemple d’un air mélancolique la voûte céleste qui s’étend au-dessus de sa tête, les bras passés autour de ses genoux et le menton piteusement posé sur ces derniers. Ses amis viennent de plier bagage, le laissant seul sur la colline – une décision qu’il juge parfaitement injuste –, après avoir, plus ou moins ouvertement, insinué qu’il avait peut-être enjolivé la vérité concernant Suzie et leur romance estivale au camp Know Where. Voire que Suzie n'existait pas.
Dustin renifle avec dédain en reportant son attention sur les étoiles. Il ne peut comprendre leurs moqueries larvées. Quoi ? Les monstres, le Monde à l’Envers et une super-héroïne avec des pouvoirs télékinésiques, ça existe, mais qu’il se soit dégoté une copine ultra belle et intelligente, c’est impossible ? C'est terriblement insultant. Bande de trouducs.
Mettre en doute l’existence de Suzie alors qu’il leur a expliqué qu’elle était passionnée d’astronomie, capable de résoudre des équations complexes à une vitesse proprement ahurissante et qu’elle partageait avec lui une quantité indécente de centres d’intérêt scientifiques… c’est le prendre pour un abruti complet : quitte à monter un bobard, il en aurait conçu un plus convaincant.
Et puis, Dustin n’a pas assez d’imagination pour inventer une fille comme Suzie ; Mike et Will, ou Lucas, à la rigueur, auraient pu – en bons amateurs de littérature de la bande – mais lui préfère de loin les sciences. Et il est un cador dans le domaine : les faits vérifiables et les démonstrations mathématiques, c’est son dada. Ce qui explique probablement pourquoi il a immédiatement reconnu en Suzie son âme sœur lorsqu’ils se sont affrontés autour de la résolution de calculs différentiels et de parties d’échecs endiablées. Affrontements qu’elle avait remportés de main de maître.
Plusieurs fois.
Dustin en avait été ravi au-delà de toute mesure.
Il se laisse finalement tomber dans l’herbe, les yeux toujours rivés aux étoiles, avant de commencer à fredonner distraitement la chanson de l’Histoire sans fin [2}, chantée avec Suzie quelques jours plus tôt avant qu'ils ne soient forcés de se séparer géographiquement parlant. C’est idiot, évidemment, mais il s’en fiche : ses amis peuvent bien le dédaigner – alors qu’il vient tout juste de rentrer – et décider de le laisser seul au sommet d’une colline. Il leur prouvera un autre jour l’existence de sa belle et brillante dame.
Il n’a plus qu’à arrêter d'essayer de contacter Suzie et à rentrer chez lui.
...
Une dernière fois pour la soirée ?
Dustin se redresse, attrape son équipement et se concentre pour établir la communication via le Cérébro, espérant ardemment que cette ultime tentative d’obtenir une réponse fonctionne ; avant que sa mère ne commence à se demander où il a filé et se fasse un sang d'encre. Il ajuste la fréquence, attend quelques secondes et s’apprête à requérir l’attention de la fille la plus belle et intelligente du Camp Know Where – et de tous les États-Unis si on veut son avis – lorsque des grésillements inhabituels se font entendre dans le haut-parleur.
Une voix grave retentit et Dustin hausse les sourcils au point qu’ils disparaissent sous sa tignasse.
Ce n’est certainement pas Suzie.
Ce n’est même pas de l’anglais… du russe ?
Il reste figé quelques secondes, partagé entre une vague inquiétude et une curiosité exaltante. Un lent sourire se dessine sur son visage.
Bon, ce n’est peut-être pas une si mauvaise soirée.
Un mystère sans rapport à des monstres maléfiques s’ouvre face à lui et il tient la prémisse d’une excellente histoire d'espionnage à conter à Suzie… Dès qu’il parviendra à la joindre.
Jour 8 – Château [3]
Château Byers – 10 avril 1979
Will papillonne des yeux et se recroqueville davantage sous la couverture d’appoint, grelottant, il entend son grand frère – allongé à ses côtés sur le matelas improvisé et posé à même le sol – grogner dans son sommeil. Jonathan doit être aussi courbaturé, couvert d’égratignures et frigorifié que lui… Pourquoi dorment-ils ensemble ? Pourquoi est-il couvert de griffures en tous genres ? Le petit garçon se repasse le fil de la journée de la veille dans sa tête.
L’annonce de la séparation de ses parents, le départ précipité et colérique de son père – parti sans même prendre la peine de dire au revoir –, sa crise de larmes… et Jonathan proposant de construire le château de ses rêves – celui qu’il avait dessiné – pour le réconforter.
Will se redresse subitement et regarde partout autour de lui les yeux ronds. Ils se trouvent bien à l’intérieur de ce qui ressemble à une hutte de bois, couchés sur le matelas mité qui traînait dans la remise et entourés d’un peu de bric-à-brac. Il s’extirpe des couvertures – déclenchant un nouveau maugrément assoupi de son frère – et se lève, soudain agité au dernier degré : ils ont vraiment construit une caban… le château ?
Enfin... c'était essentiellement Jonathan qui l'avait construit : après que Will se fut douloureusement cogné les doigts avec le marteau pour la seconde fois, son frère le lui avait confisqué d'autorité, le reléguant au rôle d’assistant. En revanche, la décoration extérieure lui revenait entièrement. C’était Will qui avait fixé le petit drapeau au sommet de la hutte et peint les messages sur les pancartes fixées à la devanture.
Maintenant qu’il est un peu plus éveillé, le souvenir s’avère d’une parfaite netteté… mais ressemble encore à un songe un peu fou. Il doit en avoir le cœur net. Il sort du Château, ayant hâte d’affronter le froid printanier pour admirer leur ouvrage.
Son souffle se coupe et un sourire irrépressible étire ses lèvres : la veille, il faisait déjà nuit noire quand ils avaient finalisé le Château. À la lumière des lampes torches et sous la pluie battante, il n’en avait eu qu’un rapide aperçu, ne lui rendant pas justice.
C’est parfait.
Exactement ce qu’il s’était imaginé… il doute qu’un autre enfant de l’Indiana ait jamais eu une plus belle cabane – tout du moins, pas une aussi surprenante.
Jonathan sort de la bâtisse avec une tête de déterré, blanc comme un linge et les yeux encore plissés par le sommeil, il le cherche du regard en fronçant les sourcils. Il n’a jamais été du matin et les lueurs de l’aube confèrent à l’adolescent des allures de zombie. Il secoue un peu la tête avant de déclarer d’une voix fatiguée qu’ils devraient rentrer chez eux avant de définitivement attraper froid. Le ton semble indiquer qu’il pense qu’il est déjà beaucoup trop tard pour ça.
Will ne peut s’empêcher de lui sourire en faisant de grands gestes enthousiastes vers leur construction.
Jonathan le rejoint d’un pas lent et s’arrête à ses côtés pour admirer la structure sous le même angle. Il lâche un petit rire, attrapant sa main et la serrant, tout en lisant à haute voix ce que Will a écrit sur le plus grand panneau, peint et accroché la veille au seuil de la cabane.
– Château Byers...
Jour 9 – Maquillage
Maison des Sinclair – 28 octobre 1983
Du haut de ses douze automnes, Lucas Sinclair est furieux. Et le terme est encore bien en deçà de la réalité. Si la pure colère pouvait tuer, sa petite sœur Erica aurait déjà rejoint le Royaume des trépassés : six pieds sous terre, un pieu dans le cœur et une pelletée de terre pour recouvrir son petit visage sournois et ricanant.
L’immonde voleuse est assise en tailleur sur le tapis de sa chambre, elle se contemple dans son miroir à l’encadrement rose bonbon avec une satisfaction odieuse : sa face est barbouillée de fard à paupières bleu, de rouge à lèvres écarlate et d’un fond de teint beige qui jure horriblement avec sa peau sombre. À côté d’elle, sa poupée à coiffer arbore un maquillage tout aussi catastrophique, agrémenté d’une généreuse couche de poudre verte dans les cheveux.
Sur le sol, la palette de cosmétiques de professionnel – absolument hors de prix – de Lucas gît, éventrée. Les couleurs mélangées et les poudres pulvérisées. Trois mois d’économies réduits à néant…
Le garçon serre les poings. Il avait pourtant tout prévu : le blouson rouge et noir, furieusement ressemblant à celui de Michael Jackson dans Thriller, les lentilles jaunes commandées par correspondance et, surtout, un maquillage de qualité pour le transformer de manière convaincante en un cadavre fraîchement sorti de la tombe. Projet de déguisement ambitieux auquel il se consacrait de longue date.
Cette ignoble peste…
Lucas hurle contre sa sœur toutes les insanités qui lui passent par la tête. Peu impressionnée, Erica le regarde d’un air méprisant – comment une morveuse qui n’a pas encore passé les 8 ans peut-elle arborer une moue aussi dédaigneuse ?
— Le maquillage, c’est pour les filles, lâche-t-elle, un horrible rictus animant sa bouche couverte d’un rouge criard.
Puis elle lui tire la langue avant de quitter la pièce.
Oh, la petite…
Aucun terme suffisamment insultant ne lui vient.
Erica a beaucoup de chance que Lucas ne soit pas un zombie, sans quoi l’identité de sa première victime ne ferait pas de mystère.
Il ravale temporairement sa colère, ramasse les restes de sa palette ruinée et réfléchit à sa vengeance : cette fois, sa sœur va payer ses crimes !
Plus qu’à convaincre ses amis Mike, Will et Dustin de l’assister dans son projet. Ils ne devraient pas être durs à convaincre.
Une brillante idée lui vient pour rester dans le thème des zombies : la chambre de sa frangine comme théâtre de la reconstitution de La Nuit des morts-vivants de Romero. Et ses précieuses poupées dans le rôle des victimes.
Démembrées, barbouillées de sang et disposées en un tableau assez macabre pour faire hurler de peur la propriétaire [4].
Lucas esquisse un sourire mauvais. Il ne sait pas si le maquillage est réservé aux filles, mais si le matériel qui lui reste peut au moins lui servir à bousiller quelques Barbies alors…
Erica va découvrir qu’il peut lui en faire voir de toutes les couleurs !
Jour 10 – Bal Masqué
Discothèque Red Light, Mass Avenue, Indianapolis – 31 octobre 1993
Steve Harrington sirote son verre en observant d’un œil morne les inconnus masqués qui s’enjaillent sur la piste de danse. Il aurait peut-être dû choisir un autre établissement pour passer Halloween, mais les clubs d’Indianapolis ont au moins le mérite de proposer des distractions plus intéressantes que les quelques troquets miteux de Hawkins. Même si, à en juger par son état de somnolence avancée, la perspective de s’amuser lui est devenue quelque peu étrangère.
Il faut dire que la vie a pris un tour curieusement banal depuis la chute de Vecna. Les membres de la Compagnie – comme Dustin aime à nommer leur petite équipe de chasseurs de monstres – ont progressivement déserté Hawkins, les uns après les autres, pour aller mener leur existence sous d’autres cieux.
Joyce et Hopper sont les derniers à avoir pris le large : ils ont plié bagage trois mois plus tôt pour se rapprocher des fils de Joyce, installés de longue date à New York. Lucas et Max vivent à Chicago depuis deux ans, tandis que Dustin – à la plus grande fierté du professeur Clarke, qui se pâme comme un paon dès que le nom de son ancien élève est évoqué – joue les petits génies à Caltech, sous le soleil de Californie. Robin, elle, s'est offert un voyage en Europe après ses études dans le Massachusetts : d'après ses cartes postales, elle alterne entre petits boulots et vie de bohème à Florence.
Nancy est, bien évidemment, devenue reporter de terrain – la prochaine Diane Sawyer, selon Jonathan, qui que soit cette personne et quoi que cela signifie. Les deux tourtereaux se sont remis ensemble trois automnes plus tôt dans des circonstances nébuleuses. Personne n'avait été surpris, surtout pas Steve : il n'avait jamais compris pourquoi ces deux-là avaient commencé à sortir ensemble… encore moins pourquoi ils avaient rompu après la mort de Vecna. Quant à Will, il travaille d'arrache-pied sur une bande dessinée et, aux dernières nouvelles, se porte plutôt bien, même si sa vie sentimentale demeure aussi désespérément vide que celle de Steve et d'autres membres de leur joyeuse troupe.
Tout bien considéré, ils s'en sortent presque tous – mis à part Mike, toujours hanté par la disparition d’Elfe, sur lequel il garde un œil – admirablement, compte tenu de leurs expériences traumatisantes. Ou du moins, ils font bien semblant. Steve se demande parfois comment lui, Mike, Dustin, Robin, Will et Holly sont supposés nouer des relations amoureuses parfaitement normales alors qu'ils sont condamnés à dissimuler une partie de leur existence à leurs éventuels partenaires. Ne jamais parler de leurs « traumatismes partagés », comme dirait Murray, ça n'aide pas exactement à bâtir une relation solide. Et Steve est un peu jaloux, il faut bien l'admettre, de ceux qui n'ont pas à se complaire dans une mascarade et à cacher des pans entiers de leur vie à la personne qu'ils aiment.
Il soupire en faisant tourner son verre entre ses doigts. Il adore toujours autant entraîner les gamins de Hawkins High, mais, depuis que presque toute la bande a fichu le camp, ses journées manquent singulièrement de sens. Callahan le tanne pour qu'il rejoigne la police ; ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée, après tout. Quoiqu'il ne soit pas convaincu que distribuer des contraventions et régler des querelles de voisinage soit tellement plus stimulant que de séparer deux adolescents bourrés de testostérone et prêts à s'étriper pour un regard de travers.
Alors qu'il se demande, pour la énième fois, à quel moment précis il a perdu le sens de la fête, une fille masquée le fait sortir de sa bulle, lui tendant la main pour l'entraîner sur la piste. I Put a Spell on You résonne dans les enceintes. Steve n'a pas la moindre idée de la manière dont on est censé danser là-dessus, mais sa cavalière paraît parfaitement disposée à le mener par le bout du nez. Petite, la peau sombre, une jolie silhouette à la taille fine et ce que Robin qualifierait de « solides arguments » – « supers nibards » étant toujours la formule qui vient spontanément à Steve –, elle se déhanche avec une assurance insolente, le repoussant avant de le ramener brusquement vers elle, comme si elle venait véritablement de lui jeter un sortilège. Steve se laisse volontiers entraîner dans cette drôle de chorégraphie et découvre avec surprise qu'il s'amuse comme un fou.
Ils enchaînent les morceaux, enflammant le dance floor. Lorsqu'ils finissent par s'accorder une pause, essoufflés et en nage. Steve n'a plus qu'une hâte : découvrir le visage de sa charmante sorcière. La jeune femme retire son loup et lui adresse un large sourire. Steve reste interdit devant ses grands yeux marrons, sa bouche pulpeuse et son expression un brin moqueuse, avant de réaliser qu'il éprouve un drôle de vertige et que son cœur vient de faire une embardée parfaitement ridicule. Bon sang, depuis Nancy, il n'avait plus ressenti un truc pareil…
La fille pose une main sur son genou et incline la tête, visiblement ravie de son trouble.
— Tu ne me reconnais pas, n'est-ce pas ?
Steve fronce les sourcils. Il est absolument certain qu'il se souviendrait d'une fille aussi jolie, même si son tableau de chasse est assez conséquent pour que sa mémoire ne soit pas irréprochable sur ce point…
Pourtant, son visage lui évoque furieusement quelque chose, maintenant qu'il y prête attention…
— Ahoy, mon vendeur de glaces préféré ! Tu as abandonné ton uniforme de moussaillon ? Tu as raison, celui de Top Gun est nettement plus sexy.
Elle le détaille de haut en bas avec un regard outrageusement lubrique, mais son sourire semble authentique et plutôt doux.
Steve manque de s'étouffer.
Ahoy ? Sexy ?
Non.
Non, certainement pas.
Il ne vient tout de même pas de flasher sur cette petite peste. La perspective le terrifie presque. Il ne peut pas… La dernière fois qu'il l'a vue, elle avait quinze ans !
— Erica ?! [5]
La jeune femme éclate de rire, visiblement ravie de son effet.
Les Sinclair ont quitté Hawkins peu de temps après la remise de diplôme de Lucas et la morveuse a bien changé en quelques années, mais comment a-t-il fait pour ne pas reconnaître sa voix ?
Elle a quoi maintenant, dix-neuf, vingt ans ?
Non. Il n’y a pas moyen.
Pourtant, ses mains sont moites, sa bouche sèche et son cœur continue de rater des battements face à ses yeux de biche aux longs cils ourlés.
Steve envisage très sérieusement de commander un autre verre… dans l'espoir d'y trouver le courage de se dépêtrer de la situation ? Ou dix… comme le nombre d’années écoulées depuis sa première fichue rencontre avec un démogorgon.
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Notes :
[1] J’ai commis une erreur de chronologie dans la première partie du recueil : la grosse engueulade entre Hopper et Onze n’intervient pas dans la nuit du 31, mais dans l’après-midi du 1er novembre : je corrigerai ce passage dès le marathon Octeller fini.
[2] Brr, cette satanée chanson...
[3] Pour ne pas alourdir la mise en forme, je ne donne que les thématiques journalières de l’Octeller par ici et non les intitulés entiers. Sur Nocteller, j’avais appelé ce segment « Le garçon qui construisait des château » en référence à un OS plus long écrit il y a plusieurs mois et détaillant les circonstances de la construction du château ;)
[4] Avec cette histoire de poupées dézinguées et placées dans une mise en scène sanguinolente dans le cadre de conflits frère et sœur, j'avoue que ma référence est bien davantage Kid Paddle que Romero ou Stranger Things ;)
[5] Je ne suis vraiment pas convaincue de la viabilité de ce pairing (pas plus que Steve :p), mais ça m'est venu spontanément à l'écriture… si l'idée vous épouvante, profitez de la fin ouverte pour conclure que ces retrouvailles ne sont suivies d'aucun effet romantique ;)