La tente qui abritait provisoirement le laboratoire scientifique était presque silencieuse.
Sam était penchée sur une console lorsqu'elle entendit :
—Toc toc toc fit Jack en mimant avec sa main
Elle releva la tête.
— Entrez.
Jack passa la tête par l'ouverture.
— Carter ?
Elle se redressa.
— Mon général.
Jack entra.
Il referma la toile derrière lui.
Pendant quelques secondes, aucun des deux ne parla.
Puis Sam inspira profondément.
Elle avait pris une décision.
Cette fois, elle allait lui demander.
— Permission de parler franchement, mon général ?
Jack haussa légèrement les sourcils.
— Accordée.
Sam croisa les bras.
— Que venez-vous faire ici, mon général ?
Jack resta parfaitement sérieux.
— J'avais envie de me dégourdir les jambes.
Sam le fixa.
— Sur une planète située à des milliers d'années-lumière ?
— …et pourquoi pas
Sam ne put empêcher un sourire de lui échapper.
Mais elle reprit rapidement son sérieux.
— Parce que si vous êtes venu ici parce que vous ne me faites pas confiance pour gérer cette mission, je…
— Stop. Stop, Carter.
Jack s'approcha légèrement.
Son expression avait changé.
— Je mettrais ma vie entre vos mains, Carter. Vous le savez.
Sam ne répondit pas.
— J'ai une totale confiance en vous.
Il marqua une pause.
— Alors ne commencez pas à imaginer que je suis venu ici pour vérifier si vous êtes capable de faire votre travail.
Sam baissa légèrement les yeux.
— Alors pourquoi êtes-vous venu ?
Cette fois, Jack ne répondit pas immédiatement.
Il la regarda.
Longuement.
Puis son expression se fit plus douce.
— Pour voir ma scientifique préférée.
Sam releva les yeux.
Elle le fixa.
Jack esquissa un petit sourire.
— Vous nous manquiez, Carter.
Sam sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine.
Vous me manquiez.
Elle aurait voulu répondre.
Mais une autre pensée lui traversa l'esprit.
Je n'avais pas vraiment l'impression de vous manquer, quand je suis venue chez vous.
Elle détourna les yeux.
— Pourtant, vous êtes assez… « occupé ».
Elle mima les guillemets avec ses doigts.
Jack fronça les sourcils.
— « Occupé » ?
Il reproduisit le geste des guillemets.
Sam sentit ses joues chauffer.
— Par vos fonctions de général…
Elle hésita.
— … et tout le reste.
Jack répéta doucement :
— « Et tout le reste »…Ok….
Sam ne répondit pas.
Il la regarda quelques secondes.
Il comprenait.
Kerry.
Enfin, il comprenait.
Et cette fois, il ne laisserait pas passer.
Mais pas ici.
Pas maintenant.
— Alors justement, Samantha Carter…
Il lui adressa un sourire presque amusé.
— Nous aurons une petite conversation sur mes « occupations » un peu plus tard.
Sam releva les yeux.
— Plus tard ?
— Ce n'est ni le lieu ni le moment.
Il la regarda encore.
Puis ajouta :
— D'autant que vous m'avez l'air particulièrement grognon.
— Je ne suis pas grognon.
— Bien sûr.
— Je ne le suis pas.
— Si, vous l’êtes
Sam leva les yeux au ciel.
Au même moment, un bruit métallique retentit au loin.
Une casserole venait manifestement de tomber.
Jack regarda vers l'extérieur.
— Et j’ai faim !
Il ouvrit la toile.
Puis se retourna.
— Et j’ai une surprise pour vous !
Le repas — P3X-774
Le repas avait commencé depuis quelques minutes.
Les conversations allaient bon train autour des tables du camp. Pour la première fois depuis l'explosion, l'atmosphère était presque détendue.
Jack mangeait tranquillement, installé avec SG-1.
Daniel, lui, venait de remarquer la caisse posée à quelques mètres de leur table.
Il la désigna du menton.
— Alors ça…
Jack leva les yeux.
— Quoi ?
— La caisse.
Jack suivit son regard.
— Oui ?
Daniel sourit.
— C'est bien ce que je pense ?
Jack soupira.
— Ça dépend de ce que tu penses.
— le moral des troupes ?
—le moral des troupes répondit O’Neill avec un regard taquin
Teal'c observa à son tour la caisse.
— La quantité semble effectivement considérable.
Sam, qui venait de prendre une bouchée, leva les yeux. Elle regarda son équipe
— Qu'est-ce qu'il y a dans cette caisse ?
Daniel se tourna vers elle, un sourire amusé aux lèvres.
— Ethan nous avait parlé de ta petite expérience scientifique.
Sam se figea une fraction de seconde.
— Ah…quelle experience ?
Jack, lui, continua tranquillement son repas.
Daniel poursuivit :
— Tu voulais savoir combien tu nous manquais.
Sam sourit.
— C'était une plaisanterie.
— Bien sûr, répondit Daniel.
Teal'c acquiesça gravement.
— Une plaisanterie comportant néanmoins un protocole de mesure.
Sam inclina la tête.
— Teal'c ?
Daniel éclata de rire.
— Avec de la gelée bleue.
Sam se mit à rire à son tour en comprenant le contenu de cette caisse
— Non, c’est de la gelée bleue ??
Vous êtes trop mignons tous les deux !
Teal’c désigna la caisse.
— Détrompez-vous, Samantha Carter. Daniel Jackon et moi-même, n'avons rien à voir dans cette préparation.
Il marqua une courte pause.
— Le général O’Neill s'est chargé personnellement de l'organisation.
Jack prit tranquillement une bouchée.
Sam regarda la caisse.
Puis Jack.
— C'est vous qui avez demandé toute cette gelée ?
Jack hésite.
— Peut-être.
— Pour moi ?
— Pour le moral des troupes, Carter.
— Bien sûr.
Et elle sourit parce qu'elle savait parfaitement que ce n'est pas toute la vérité.
Jack leva les yeux vers elle.
Pendant une seconde, il conserva son expression parfaitement sérieuse.
Puis un petit sourire apparut au coin de ses lèvres.
Et il lui fit un clin d'œil.
Sam resta immobile une seconde.
Puis son sourire s'élargit malgré elle.
— Vous avez vraiment fait ça ?
Jack haussa les épaules.
— Il fallait bien vérifier les résultats de l'expérience.
Daniel éclata de rire.
Teal'c regarda Jack.
— Votre implication dans cette expérience semble particulièrement importante, O'Neill.
— Je suis un homme de science, Teal'c.
Daniel secoua la tête.
— On aura tout entendu !
Sam, elle, ne quittait plus Jack des yeux.
Il lui adressa un sourire discret.
Elle baissa finalement les yeux sur son assiette pour cacher son émotion.
Parce qu'elle comprenait.
Ce n'était pas seulement de la gelée.
Il savait qu'elle voulait savoir combien elle manquait à Daniel et Teal'c.
Et il avait décidé, à sa manière, de lui répondre.
La gelée bleue était là.
Une caisse entière.
Peut-être même beaucoup trop.
Sam releva doucement les yeux.
Jack la regardait toujours.
Cette fois, aucun mot ne fut nécessaire.
Daniel, qui avait évidemment remarqué leur échange, regarda Teal'c.
Teal'c regarda Daniel.
Un bref échange de regards.
Puis Daniel murmura :
— Je crois que l'expérience vient de produire un résultat inattendu.
Teal'c acquiesça très sérieusement.
— Je le crois également.
Jack les entendit.
— Je vous préviens, tous les deux…
Daniel leva les mains.
— Je n'ai rien dit.
— Justement.
Sam éclata de rire.
Et cette fois, Jack rit avec elle. Pour lui, le message était passé. Jack est un homme d’action pas de mots.
Pour quelques minutes, il n'y eut plus de général, plus de colonel, plus de mission, plus de Kerry.
Seulement quatre amis qui se retrouvaient autour d'une table…
et une caisse beaucoup trop importante de gelée bleue.
La zone nord
Le repas venait de se terminer.
Le camp commençait à retrouver son activité habituelle.
Les militaires retournaient au travail, les scientifiques au nettoyage des instruments du laboratoire. Ethan discutait avec Reynolds du matériel nécessaire à la reconstruction du laboratoire.
Jack observa quelques secondes les alentours.
Puis son regard se posa sur Sam.
—Carter.
Sam releva les yeux.
— Mon général ?
Jack prit son ton le plus professionnel.
— Je voudrais inspecter la zone nord.
Sam regarda autour d'elle.
— La zone nord ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Pour vérifier que l'explosion n'a pas provoqué de perturbation au niveau du gisement.
Sam le regarda quelques secondes.
Elle connaissait suffisamment Jack pour savoir qu'il y avait probablement autre chose.
Mais elle ne pouvait rien lui reprocher.
Sa demande était parfaitement légitime.
— Bien sûr.
Elle débarrassa ses couverts
— Vous savez que la zone nord est à environ une heure de marche ?
— Une heure ?
— Oui.
Il réfléchit quelques secondes.
Puis répondit avec le plus grand sérieux :
— Parfait.
Sam le regarda.
— Parfait ?
— J'ai besoin d'une balade digestive.
— Une balade digestive, O’Neill ? demanda le Jaffa
— Exactement.
Teal’c inclina légèrement la tête.
— Je comprends.
Elle éclata de rire.
Un vrai rire.
Jack sourit.
— Quoi ?
— Rien.
— Vous vous moquez de moi, Carter ?
— Absolument pas.
— Bien.
Ils prirent leur équipement et se lancèrent sur le chemin.
Quelques secondes passèrent.
Puis Sam demanda :
— Vous faites souvent ça ?
— Quoi ?
— Inventer des inspections pour vous promener.
Jack lui lança un regard.
— Je n'invente rien.
— Non ?
— Non.
— Donc vous vouliez réellement inspecter la zone nord ?
— Absolument.
Sam sourit.
Ils marchèrent encore.
Le camp disparut progressivement derrière eux.
Les bruits des militaires devinrent plus faibles.
Bientôt, il ne resta plus que le bruit de leurs pas sur le sol rocailleux.
Jack regarda devant lui.
— Vous connaissez bien cette partie de la planète ?
— Maintenant, oui.
— Vous aimez cet endroit ?
Sam réfléchit.
— Oui.
Elle observa les reliefs.
— Il est calme.
Jack hocha la tête.
— Vous avez eu le temps de vous habituer à la vie ici ?
Sam haussa légèrement les épaules.
— Au début, c'était difficile.
— À cause de la mission ?
Elle hésita.
— Entre autres.
Jack tourna brièvement la tête vers elle.
— Et maintenant ?
Sam regarda le chemin devant elle.
— Maintenant… ça va.
Jack sentit qu'elle évitait soigneusement de répondre.
— « Ça va », c'est très scientifique comme conclusion.
Elle eut un petit sourire.
— Je fais de mon mieux.
— Vous savez que vous pouvez répondre autrement.
Sam le regarda.
— Autrement ?
— Oui.
Il haussa les épaules.
— Vous pouvez dire que vous allez bien. Ou que vous allez mal. Ou que vous ne savez pas.
Sam resta silencieuse.
Jack poursuivit, plus doucement :
— Vous n'êtes pas obligée de me faire un rapport, Carter.
Elle baissa les yeux.
Cette phrase la toucha plus qu'elle ne l'aurait voulu.
— Je sais.
Ils continuèrent à marcher.
Quelques mètres encore.
Puis Sam souffla :
— Je ne sais pas vraiment comment je vais.
Jack ne répondit pas immédiatement.
Il lui laissa le temps.
— Il y a eu beaucoup de choses ces derniers mois.
— Votre père.
Elle acquiesça.
— Ma rupture avec Pete.
Un silence.
— Et puis… le reste.
Jack sentit son cœur se serrer.
Il savait exactement de quoi elle parlait.
Mais il ne pouvait pas encore prononcer le nom de Kerry.
Pas ici.
Pas maintenant.
— Vous pensez que cette mission vous aide ?
Sam réfléchit.
— Oui.
— À oublier ?
Elle fronça légèrement les sourcils.
— Non.
Elle prit une inspiration.
— À réfléchir.
Jack hocha lentement la tête.
— À réfléchir à quoi ?
Sam esquissa un sourire triste.
— À ce que je veux vraiment.
Jack regarda devant lui.
— Et vous avez trouvé ?
— Pas encore.
Cette réponse lui fit mal.
Parce qu'il aurait voulu qu'elle dise qu'elle savait.
Qu'elle voulait revenir.
Qu'elle voulait retrouver sa vie d'avant.
Mais il savait aussi qu'il devait accepter qu'elle puisse ne pas avoir toutes les réponses.
— Vous envisagez toujours la Zone 51 ?
Sam le regarda, surprise.
— Daniel vous en a parlé ?
Jack secoua la tête.
— Non.
— Alors comment…
Il eut un léger sourire.
— Je suis général. J'ai accès à beaucoup de choses.
Sam sourit malgré elle.
— Bien sûr.
Puis son sourire disparut.
— Oui. J'y ai pensé.
Jack garda les yeux devant lui.
— Sérieusement ?
— Peut-être.
— Pourquoi ?
Elle hésita.
— Parce que ce serait plus simple.
Jack ralentit légèrement.
— Plus simple ?
— Moins de missions. Moins de danger. Moins de… complications.
Le dernier mot resta suspendu entre eux.
Jack le sentit immédiatement.
— Vous voulez une vie plus simple ?
Sam regarda les montagnes.
— Peut-être que j'en ai besoin.
Jack hocha lentement la tête.
Puis, après quelques secondes :
— Et le SGC ?
Sam ne répondit pas.
Ils continuèrent à avancer.
Jack attendit.
Finalement, elle murmura :
— Le SGC me manquera.
Jack tourna la tête vers elle.
Sam continuait de regarder droit devant elle.
— Les missions avec Daniel et Teal'c, les debriefs.
Elle sourit légèrement.
— Même les débriefs avec moi ?
Jack eut un petit sourire.
Sam tourna enfin les yeux vers lui.
Elle resta silencieuse une seconde.
— Certains.
Jack sourit.
— Je prends.
Elle rit doucement.
Puis son regard se voila à nouveau.
— C'est justement ça, le problème.
Jack fronça les sourcils.
— Quel problème ?
Sam baissa les yeux.
— Le SGC me manque.
Une pause.
— Mais certaines choses qui vont avec… me font peur.
Jack comprit qu'ils approchaient enfin du véritable sujet.
Il aurait pu lui demander lesquelles.
Il ne le fit pas.
Pas encore.
Il voulait qu'elle choisisse elle-même le moment.
Alors il se contenta de dire :
— Vous n'avez pas besoin de décider aujourd'hui.
Sam le regarda.
— Vous dites ça en tant que général ?
Jack eut un petit sourire.
— Non.
Il marqua une pause.
— En tant qu'ami.
Sam soutint son regard.
Et pendant quelques secondes, aucun des deux ne parla.
Mais cette fois, Sam ne détourna pas les yeux.
Et Jack comprit qu'il venait peut-être d'obtenir quelque chose de beaucoup plus important qu'une réponse.
Elle lui parlait.
Pas encore de Kerry.
Pas encore de ce qui s'était passé chez lui.
Mais elle lui parlait.
Et pour l'instant, c'était suffisant.
— Nous sommes arrivés.
Jack regarda autour de lui.
Sam cligna des yeux.
Elle regarda devant elle.
Le relief rocheux de la zone nord s'étendait devant eux.
Elle sourit légèrement.
— Vous voyez ?
— Quoi ?
— Votre inspection.
Jack regarda le paysage.
Puis Sam.
— Ah oui.
Il reprit son ton professionnel.
— Ça a l'air très… rocheux.
Sam éclata de rire.
— Vous êtes désespérant.
— Je sais.
Elle s'approcha du rebord rocheux et consulta sa tablette.
Jack resta à côté d'elle.
Mais ni l'un ni l'autre ne regardait réellement les relevés.
Parce qu'ils venaient enfin de faire quelque chose qu'ils n'avaient pas réussi à faire depuis dix ans.
Ils avaient parlé.
Pas de mission.
Pas de règlement.
Pas de grades.
Juste eux.
À leur retour, Jack convoqua Reynolds, les responsables de SG-3, Sg1, Ethan et Sam.
La réunion fut courte.
Jack regarda les plans du laboratoire.
— Combien de temps pour remettre l'installation en état ?
Reynolds regarda Sam.
— Lieutenant Colonel ?
Sam étudia les plans quelques instants.
— Si nous sommes nombreux … trois jours.
Jack hocha la tête.
— Trois jours.
Puis il se tourna vers Ethan.
— Major Miller.
Ethan se redressa.
— Mon général ?
— Vous faites toujours du très bon travail ?
Ethan cligna des yeux.
— Bien sûr, mon général.
Jack hocha gravement la tête.
— Parfait.
Il fouilla dans la poche de son uniforme.
En sortit une feuille soigneusement pliée.
Puis un crayon. Et il la signa. .
Jack posa la feuille devant Sam.
— Carter.
Elle la regarda.
— Mon général ?
— Trois jours.
Elle fronça les sourcils.
— Pardon ?
Jack prit son ton le plus officiel.
— Vous êtes en permission pendant trois jours.
Sam le fixa.
— Mais…
— Pas de « mais ».
Il se tourna vers Ethan.
— Major Miller, je vous charge de remettre en état le campement scientifique.
Ethan resta silencieux une seconde.
Puis :
— À vos ordres, mon général.
Jack hocha la tête.
Puis regarda Sam.
— ET vous, vous allez vous reposer.
Elle le fixa.
— Je ne suis pas fatiguée.
— Ce n'était pas une question.
Sam ouvrit la bouche.
La referma.
Jack lui adressa un sourire.
— Trois jours, Carter.
Même si elle ne voulait pas l’admettre devant le général, Sam devait au moins s’avouer qu’elle était fatiguée. Elle travaillait beaucoup, n’avait pas pris le week-end de repos accordé aux équipes. Et si elle voulait aller au bout de la mission ( il restait quand même 1 mois), elle devait s’accorder une pause. Et ici, à part le nettoyage et la remise en état de son labo, elle ne pouvait plus travailler. Un peu de repos et un bon bain bien chaud lui feraient du bien. Elle s’efforcerait juste de ne pas croiser Jack O’Neill pendant 3 jours et tout irait bien.
— Carter ?
Jack avait compris que le cerveau de son Lieutenant-Colonel était en train de mouliner à toute vitesse pour envisager toutes les possibilités qui s’offraient à elle, voire même toutes les excuses pour ne pas revenir sur Terre.
Elle regarda la feuille.
Puis Jack.
— Carter, vous voyez, là, la signature, Cela signifie que c’est un ordre direct de votre supérieur hiérarchique. Et Walter a même utilisé le papier avec l’entête du SGC !
—Vous aviez tout prévu
Jack prit un air innocent.
—Moi ?
Sam sourit.
—Vous êtes vraiment un mauvais menteur, mon général.
Il sourit.
— Je sais.
Et cette fois, aucun des deux ne détourna le regard.
— Très bien. Si tout le monde est d'accord, nous terminons les dernières vérifications et nous rentrons ce soir.
Sam releva la tête.
— Ce soir ?
Jack acquiesça.
Quelques heures plus tard
La Porte du SGC s'activa.
Cette fois, Sam se trouvait parmi les membres de SG-1.
Elle franchit l'horizon des événements.
Puis Daniel.
Teal'c.
Jack arriva en dernier.
Il regarda autour de lui.
Le SGC.
La Terre.
Le retour à la normale.
Ou du moins, ce qui devait ressembler à une vie normale.
Walter les accueillit.
— Bon retour, SG-1.
Jack salua brièvement.
Puis il regarda son équipe.
— Bon.
Daniel fronça les sourcils.
— Bon, quoi ?
Jack prit un air parfaitement détaché.
— Barbecue demain.
Daniel cligna des yeux.
— Pardon ?
— Chez moi.
Teal'c inclina légèrement la tête.
— Un barbecue ?
— Oui. Comme au bon vieux temps !
Jack regarda chacun d'eux.
— Vous êtes tous invités.
C’est raté pour éviter Jack O’neill , pensa Sam. Elle n’avait pas envie d’aller chez lui et de rejouer la scène « je suis une idiote ». Allait il inviter Kerry ? Elle ne supporterait pas de la voir ouvrir le frigo, ouvrir les placards voire pire, caresser Jack en lui apportant une bière. Elle ne tiendrait pas la chandelle face aux amoureux !
Pour la deuxième fois de l’après midi, Jack devina le tumulte intérieur de Sam. Et sur ce coup-là, son statut hiérarchique ne l’aiderait pas à éviter un refus. Mais ce dernier serait inacceptable pour l’objectif qu’il s’était fixé : avoir une vraie conversation avec Samantha Carter.
— Carter, j’ai invité Cassie.
Et rien que Cassie.
Sam releva immédiatement les yeux.
— Cassie vient ?
— Elle a dit oui.
Un sourire sincère apparut sur le visage de Sam. Cassie lui avait manqué. Et maintenant elle avait l’assurance de ne pas croiser une certaine Kerry
— Alors je viendrai.
Jack la regarda.
— Parfait. dit-il en recommençant à respirer.
Un silence.
Puis Daniel demanda :
— Et qu'est-ce qu'on apporte ?
Jack réfléchit.
— Rien.
Daniel parut méfiant.
— Rien ?
— Je m'occupe de tout.
Teal'c acquiesça.
— Cela est inhabituel.
Jack le regarda.
— Pourquoi ?
— Vous détestez cuisiner.
Daniel éclata de rire.
— Il a raison.
Jack soupira.
— J'ai changé.
Daniel secoua la tête.
— Non.
— Si.
— Non.
Jack leva les yeux au ciel.
— À demain, les gars.
Il commença à partir.
Puis il se retourna vers Sam.
— Carter ?
Elle releva les yeux.
— Oui ?
Il hésita une seconde.
— Rentrez chez vous vous reposer.
Sam sourit.
Il partit.
Daniel sourit.
— Je pense qu’il va falloir prendre un solide petit déjeuner si c’est Jack qui cuisine.
Sam leva les yeux au ciel.
— Daniel…
Mais elle souriait.
—je pense qu’il serait préférable de poursuivre nos habitudes et de ramener de la nourriture chez Jack O’Neill.
—Teal’c, tu es la Sagesse incarnée, esclaffa Daniel.
Sam les regarda. Ses amis lui avaient manqué pendant ses deux mois.