Une voiture noire passe devant plusieurs habitations. Elle parcourt plusieurs quartiers résidentiels avant de rejoindre une zone forestière.
Elle continue sa route jusqu’à ce que celle-ci débouche sur un petit lac.
La voiture suit la route qui longe le lac avant de se retrouver devant une maison en grande partie composée de bois.
La voiture s’arrête à côté de deux véhicules garés en face de la maison.
Il y a un pick-up noir et, à sa droite, une Chrysler Town & Country grise.
Deux hommes sortent de la voiture et mettent tous les deux leurs casquettes bleu marine sur la tête.
Ils sont habillés avec leurs tenues militaires bleu marine. L’un d’eux tient une lettre dans ses mains.
Les deux hommes se dirigent vers l’entrée de la maison.
En avançant vers celle-ci, ils regardent les deux véhicules stationnés devant la propriété.
Avant d’atteindre la porte d’entrée, les deux hommes doivent monter une série de cinq marches.
Ils les gravissent rapidement et l’un des hommes commence à s’approcher pour frapper à la porte.
L’homme tend la main dans les airs et donne un coup à la porte qui, sous l’impact de son poing, s’ouvre toute seule.
L’homme est alors surpris de voir la porte s’ouvrir ainsi. Il lance un regard inquiet et interrogateur à son collègue.
Celui-ci hausse les épaules et demande, d’un geste de la main, à son collègue de continuer d’avancer.
L’homme pousse doucement la porte d’entrée vers l’intérieur de la maison.
En faisant cela, un bruit de verre roulant sur le sol se fait entendre.
L’homme entre alors dans la maison et reste stupéfait par ce qu’il voit à l’intérieur.
Une fois passé le pas de la porte, le premier homme jette un coup d’œil circulaire à travers la pièce.
Il remarque sur sa gauche ce qui ressemble à un salon, avec un canapé et plusieurs caisses qui entourent une petite table basse. Cette dernière est recouverte de cartons de bière vides. Un peu plus loin, au sol, à côté de la table basse, se trouve un écran plat de télévision.
Il a été renversé, la face de l’écran tournée vers le carrelage.
La vue en face de l’homme révèle les restes de ce qui ressemble à une cuisine.
En voyant son état, l’homme se dit tout de suite qu’il s’agit sans doute de la pièce la plus en désordre de la maison.
Le réfrigérateur est ouvert et tout son contenu se trouve maintenant sur le sol. Et il n’y a pas que celui-ci qui se trouve dans cet état.
Tous les placards de la cuisine sont ouverts, leur contenu jonchant le sol, certains objets ayant même été projetés contre les murs de la pièce.
L’homme ne fait que regarder rapidement les deux pièces.
Dans tous les cas, ce qui l’amène dans cette maison ne se trouve pas ici.
L’homme regarde alors sur sa droite et se laisse guider par celle-ci.
Il longe le couloir tapissé de noir et arrive rapidement devant une autre pièce.
Une pièce dont la porte a été décorée par l’insouciance et la créativité d’un enfant.
De nombreux dessins et autocollants de joueurs de baseball et de basketball y sont présents.
Tout en haut de la porte se trouve l’image d’une imposante navette spatiale et, juste en dessous, des lettres couleur or.
Des lettres partiellement recouvertes par tout ce décor.
Des lettres qui indiquent un prénom.
Le prénom de Charlie.
Après avoir scruté cette étonnante porte décorée, l’homme remarque que celle-ci est entrouverte.
Il réfléchit quelques secondes avant de prendre la décision de l’ouvrir.
L’homme rapproche sa main de la poignée. Il commence à la saisir et pousse doucement la porte vers l’intérieur.
Il ouvre suffisamment la porte pour pouvoir apercevoir une grande partie de la pièce.
Il découvre alors la chambre d’un jeune garçon.
La chambre est remplie de jouets, de vêtements de petite taille et d’équipements sportifs.
L’homme voit également des armoires, un bureau, mais aussi un lit.
Un lit avec quelqu’un dessus.
Un court instant passe sans que rien ne bouge.
Comme il n’obtient aucune réaction de la part de l’homme assis sur le lit, le militaire prend la parole.
- Colonel ?
L’homme attend alors une réponse de la personne qui se trouve devant lui avant de reprendre.
- Mon Colonel ?
Il demande une nouvelle fois, sans être convaincu que la personne l’écoute.
- On vient de la part du général West, poursuit le militaire après une courte pause.
- On vous informe que vous êtes réaffecté dans le service actif. Vous devez vous présenter au complexe de Cheyenne Mountain dès demain matin.
Le militaire avance alors dans la chambre et se rapproche du lit.
L’homme installé dessus sent le militaire s’approcher de lui et tourne la tête dans sa direction.
Le militaire s’arrête en voyant la réaction vive de l’homme.
- Je me permets de vous laisser la lettre de convocation du général West, qui contient les détails de votre prochaine affectation.
L’homme continue de regarder le militaire du coin de l’œil.
Celui-ci lance un regard discret vers les mains du colonel, qui semblent serrer de toutes leurs forces un gant de baseball.
Le militaire pose alors la lettre sur le lit, en faisant attention à la réaction du colonel.
Lorsqu’il finit de déposer la lettre, le militaire recule doucement pour quitter la pièce sans faire de bruit.
Au même moment, le colonel détourne son regard et commence à déposer le gant avant de prendre la lettre.
Il la regarde de plus près, le temps que le militaire quitte la chambre et se dirige vers la sortie de la maison.
Le militaire rejoint alors son collègue et, une fois réunis, lui fait signe de quitter les lieux.
Ils marchent dans le couloir et rejoignent la porte d’entrée.
Une fois celle-ci franchie, ils descendent les quelques marches qui mènent à leur véhicule.
Une fois arrivés devant le capot de leur voiture, le deuxième militaire prend la parole.
- Alors, tu l’as vu ?
- Oui, je l’ai vu.
- Il était comment ?
- Tu veux qu’il soit comment ?
- Tu as bien remarqué l’état de sa maison ?
- Oui, et alors ?
- Il ne t’a pas paru étrange ? Car vivre dans ces conditions… Il faut avoir un problème dans sa tête.
- Tu ne sais même pas de quoi tu parles ! Tu as bien fait de rester en dehors de la chambre.
- Euh… ? Je ne comprends pas !
- Je vois bien que tu ne comprends pas !
Le premier militaire ouvre alors la portière de la voiture et monte à l’intérieur.
Le deuxième suit le mouvement et grimpe rapidement sur le siège passager.
- Alors, dis-le-moi pour que je puisse comprendre.
- Je ne sais pas si j’ai le droit de t’en parler.
- Pourquoi tu ne veux pas ? C’est si honteux que cela ?
- Juste pour cette remarque, je n’ai pas envie de t’en parler !
- Je suis désolé ! dit alors le deuxième, qui voit qu’il est allé trop loin et détourne le regard.
Le premier militaire, qui se trouve derrière le volant, lance un regard autour de lui.
Il prend les clés de la voiture, démarre le moteur, commence à tourner le volant et dit d’un ton rapide :
- Le colonel a perdu sa femme et son fils pendant un braquage qui s’est mal passé.
Le deuxième homme regarde alors son collègue dans les yeux.
Le premier voit à son expression qu’il regrette déjà ses mots.
Juste après, la voiture commence à rouler et quitte la maison du colonel.
À l’entrée de la maison, le colonel attend debout et regarde la voiture partir, tenant dans sa main la lettre transmise précédemment par le militaire. Une fois la voiture partie, il se retourne et ferme la porte d’entrée.
Il continue à marcher dans le couloir et se dirige tout au fond de celui-ci.
Il ouvre alors une porte et se retrouve dans une salle de bain.
Le colonel se dirige vers le lavabo et, juste avant de l’atteindre, il referme la porte-miroir de la petite étagère suspendue au-dessus de l’évier.
Le colonel regarde alors son reflet dans le miroir. Il y voit un homme fatigué, le visage marqué par des traits tirés sous les yeux.
Il a également une barbe de quelques jours et des cheveux longs et châtains qui tombent de tous les côtés.
Son visage est carré et fermé, au point de sembler constamment sur les nerfs.
Il ouvre de nouveau la porte-miroir et prend, sur l’une des étagères en plastique blanc, un rasoir.
Il referme ensuite la porte et se fixe à nouveau droit dans les yeux, face au miroir.
Le lendemain, un bruit se fait entendre et, au moment où celui-ci se termine, une double porte d’ascenseur s’ouvre.
Un homme en ressort. Il porte un uniforme bleu marine.
Il est rasé de près, a les cheveux coiffés en brosse et tient une casquette assortie à son uniforme sous l’un de ses bras.
Il sort de l’ascenseur et marche tout droit devant lui.
Il passe devant plusieurs personnes.
Beaucoup de militaires le saluent à son passage, mais quelques civils regardent avec surprise l’homme qui passe à leurs côtés.
L’homme continue de parcourir les couloirs gris et bétonnés.
Il parvient alors devant une porte de couleur bleue.
Il passe la main dans l’une des poches intérieures de sa veste et en sort une carte blanche avec une bande noire.
Il passe la carte dans le lecteur situé à droite de la porte.
Celui-ci émet un bruit, et l’homme ouvre rapidement la porte.
Derrière la porte se trouve un escalier qu’il s’empresse de monter.
Une fois arrivé en haut, il se retrouve dans une salle qui surplombe une autre pièce par l’intermédiaire d’une vitre.
L’homme commence alors à se diriger vers celle-ci.
Il lance un regard dans la salle en contrebas.
Il voit plusieurs hommes travailler à l’intérieur.
Un bruit se produit derrière lui.
L’homme se retourne immédiatement et se met au garde-à-vous, prenant la parole en premier.
- Général West.
Un homme plus petit apparaît au niveau de l’ouverture d’une autre porte.
Il est trapu et porte les mêmes vêtements bleu marine.
Il a les cheveux courts et bruns, ainsi qu’une moustache très fine et soigneusement taillée.
- Repos, colonel, lui dit le général. Je vous en prie.
Il désigne alors l’un des sièges disposés autour d’une table ronde.
Le colonel s’assoit à la table, suivi par le général.
- Je suis ravi de vous voir avec nous, colonel.
- Je peux vous dire la même chose. Avoir une activité va me permettre de me changer les idées.
- Je suis conscient de ce que vous êtes en train de vivre et j’en suis tout particulièrement désolé. Mais je dois vous demander, aujourd’hui, d’être à cent pour cent concentré.
- Concernant le projet du rapport ?
- Oui, tout à fait ! Avez-vous bien lu celui-ci ?
- Oui, je l’ai lu, mais il y a encore des choses que j’ai du mal à comprendre. L’homme qui l’a écrit est-il présent dans la base ?
- Non, il n’est pas présent, mais ce n’est pas un homme !
- Pas un homme !? Pourtant, si je me rappelle bien, le rapport a été signé par un certain Sam Carter !
- Son vrai nom est Samantha et elle se trouve à Washington avec son équipe.
Le colonel incline alors la tête vers le bas avant de reprendre la parole.
- Vous pensez que c’est vraiment possible, concernant la théorie que pose Carter dans son rapport ?
- Personnellement, je ne suis pas astrophysicien, mais je sais que Sam Carter est réputée dans ce domaine, et cela me convient au plus haut point.
- Je vais quand même garder mes doutes. J’ai peur que toute cette opération ne soit que du vent.
- Doutez-vous aussi du docteur Langford ? C’est sa famille qui l’a découverte en 1928 et qui s’est chargée de percer ses mystères.
- Non, je n’ai aucun doute sur elle. Au contraire, c’est l’une des personnes que je respecte le plus dans ce monde.
- Bien, alors tenez-vous à cela et continuez votre travail pour faire honneur à sa mémoire.
- À vos ordres. On commence par quoi ?
- Les invités ne devraient pas tarder !
- Des invités ? Qui ?
- De nouvelles recrues civiles, qui ont été demandées et imposées par le docteur Langford en personne avant son décès.
- Des civils ?
- Oui. Pourquoi cela vous pose-t-il un problème ?
- Vu la nature du projet, il touche de plus en plus à la sécurité nationale. Avoir beaucoup de personnel civil présent dans la base peut causer d’importantes fuites d’informations ! Ils ont signé les clauses de confidentialité ?
- Avant de rentrer dans la base. Je comprends vos doutes, mais le docteur Langford a été très claire : il nous faut ces deux personnes. Et c’est justement aussi pourquoi vous êtes ici. Elle a demandé que vous dirigiez le projet, et je suis totalement d’accord avec elle. Après si vous trouvez que révéler toutes les informations peut s’avérer dangereux pour nous, je vous laisse carte blanche pour réguler les informations transmises au nouveau personnel civil.
- Merci de me faire confiance, général.
- Bon, je vous laisse. J’ai encore beaucoup de travail. Je souhaiterais juste avoir un rapport détaillé de toutes les nouvelles découvertes.
Le général se relève et se dirige vers la porte qui se trouve derrière lui.
Le colonel, quant à lui, se remet également debout et se dirige vers la paroi vitrée.
- Vous savez à quelle heure ils sont censés arriver ?
Le général regarde alors sa montre, fixée à son poignet droit, et répond :
- Ils sont déjà là !
Puis il quitte la salle en refermant la porte derrière lui.
Le colonel cherche quelque chose dans une poche intérieure gauche de sa veste.
Après quelques secondes, il en sort un paquet de cigarettes.
Il en prend une avant de remettre le paquet au même endroit, à l’intérieur de sa veste.
Il place la cigarette au niveau de sa bouche et l’allume avec un briquet qu’il vient également de sortir.
La paroi vitrée s’éclaire d’une nuance orangée à cause de la combustion de la cigarette.
Il tire une première fois dessus, puis la retire de sa bouche pour, quelques secondes plus tard, expulser la fumée.
À ce moment-là, les doubles portes de la salle en dessous s’ouvrent et un jeune homme entre à l’intérieur.
Un jeune homme aux cheveux longs, qui porte plusieurs vestes sur lui et accompagné d’un sac muni d’une lanière.
Daniel semble regarder quelque chose qui se trouve au fond de la pièce.
Il arrête immédiatement sa progression, ébahi par ce qu’il regarde.
Alexandra, ne voyant pas ce qu’il observe, essaie de forcer le passage pour pouvoir comprendre.
Une fois arrivée au même niveau que Daniel, elle prend la même expression que lui.
Ils s’avancent tous les deux au même rythme et, quelques secondes plus tard, se retrouvent devant ce qu’ils observent.
Posées juste devant eux se tiennent des structures en pierre, en forme d’arcs de cercle.
Placées côte à côte, elles forment un immense cercle de pierre.
À l’intérieur de ce cercle se trouve une autre structure qui épouse parfaitement sa forme.
Daniel se rapproche du cercle et pose sa main dessus, tout en regardant de plus près cette incroyable structure.
Il fait un tour visuel de la structure afin d’observer les écritures hiéroglyphiques qui entourent le cercle.
Tout en essayant de commencer à examiner ces pictogrammes, Daniel pose une simple question :
-Où avez-vous trouvé ceci ? Je n’ai jamais rien vu de tel !
- Rien d’étonnant, personne ne l’a vu. Cela a été découvert sur le plateau de Gizeh en 1928, par le professeur Langford et sa fille, répond Gary.
- 1928 ! Daniel se tourne alors vers Alexandra. Par votre grand-mère !
Alexandra détourne son regard de Daniel et regarde alors la série de dalles.
Daniel continue d’observer les hiéroglyphes et s’aperçoit qu’il a du mal à examiner correctement ceux qui se trouvent le plus haut.
Il regarde alors dans toutes les directions et aperçoit un tableau noir.
Le tableau est rempli des inscriptions présentes sur les dalles, avec une traduction inscrite juste en dessous.
- C’est pour cela que vous voulez de l’aide ? Pour traduire ces textes ?
- Non, ce n’est pas pour ceux-là, mais vous pouvez toujours nous donner votre avis concernant notre traduction. Réplique Barbara.
Daniel regarde rapidement les dessins hiéroglyphiques présents sur le tableau noir.
Quelques secondes plus tard, il observe la traduction.
- La traduction est fausse ! Vous avez utilisé Budge ! C’est ça ? Demande Daniel d’une voix forte, avant de finir dans sa barbe : Je ne sais pas pourquoi ils continuent à rééditer ses livres…
Daniel prend rapidement la brosse qui se trouve à la base du tableau et commence à effacer certains mots.
- Ex-excusez-moi… Que… que faites-vous ? demande alors Gary.
- Quel mot étrange, hein ? « Quebeh » ?
- Oui, c’est cela ! répond Gary, qui semble soudainement perdu.
- C’est un adverbe. Après, il y a les mots « enfoui » et « scellé ».
Daniel note les mots qu’il prononce au fur et à mesure sur le tableau, puis il raye le mot « cercueil ».
- Pardon ? demande alors Gary.
- Ce n’est pas « cercueil », c’est… « pour toute l’éternité ».
Daniel lance alors un regard vif autour des personnes présentes.
- Vous savez qui a travaillé sur cette traduction ?
- Euh, oui. C’est moi, c’est mon texte ! répond Gary.
- Oh ! Je suis désolé, mais il va falloir retravailler. Ce n’est pas bon ! lui répond Daniel tout en détournant le regard vers le tableau.
Gary prend alors un air furieux, tandis que Daniel reprend la traduction en lisant le texte au complet.
- Donc, maintenant, on peut lire : « Un million d’années dans le ciel… Se tient Râ, dieu du Soleil… Enfoui et scellé… Pour l’éternité. » Alexandra, vous pouvez m’aider pour le dernier mot.
Alexandra se rapproche du tableau et commence à regarder la suite des derniers mots.
- Ce n’est pas « la porte du ciel » ! dit Daniel en rayant l’ancienne traduction avant d’ajouter : C’est…
- La Porte des Étoiles ! dit Alexandra en terminant la phrase de Daniel.
- Oui, c’est bien cela ! dit Daniel en regardant Alexandra avec un sourire.
Daniel se retourne vers les dalles de pierre et réplique :
- Maintenant, je peux savoir pourquoi l’armée américaine s’intéresse à un artefact égyptien vieux de cinq mille ans ?
Une voix grave remplit alors la pièce. Elle provient de l’entrée, derrière les personnes présentes.
- Mon rapport parle de dix mille ans.
Chapitre 4 en cours d'écriture !
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