Un bruit métallique résonne dans un couloir sombre. Un bruit de roulement qui glisse sur un plancher en bois.
Le bruit traverse rapidement le couloir avant de pénétrer dans une grande salle remplie d’étagères en bois, elles-mêmes remplies d’un nombre incalculable de livres.
Les faisceaux de lumière qui traversent les fenêtres de la salle permettent alors de distinguer l’origine du bruit : un chariot poussé par une femme âgée. La femme tourne le chariot sur la droite et emprunte un passage situé entre deux rayonnages de livres. Elle continue son chemin avant d’arriver au niveau d’une très grande table. Elle tourne alors son chariot sur la gauche avant de disparaître derrière un autre rayonnage.
La table est surmontée d’une série de piles de livres incroyablement hautes. Les piles recouvrent entièrement la vision de la personne qui se trouve derrière elles. La personne qui étudie ces livres est une jeune femme vêtue d’une chemise blanche. Celle-ci est suffisamment ouverte pour laisser apparaître un collier. Mais il ne s’agit pas d’un collier ordinaire : il est ancien et usé. Au centre de celui-ci se trouve un médaillon, sur lequel est gravé un œil.
La jeune femme porte de fines lunettes dont les branches s’enfoncent dans ses cheveux courts, ébouriffés et châtains. Elle tient un stylo entre ses lèvres et commence à le mâchouiller tout en travaillant sur les livres ouverts qui se trouvent juste devant elle. Elle porte un jean et, sur la chaise qu’elle utilise, se trouve une veste noire.
Elle tourne plusieurs fois les pages de ces ouvrages à la recherche de la moindre information qui pourrait lui être utile dans son travail. Au moment où elle termine de tourner les pages, un vibreur commence à émettre des sons et des vibrations. La femme ne s’en rend pas compte immédiatement, absorbée par son travail. Elle finit par remarquer le bruit lorsqu’une dame vient la voir pour lui indiquer qu’elle doit faire moins de bruit, tout en effectuant plusieurs gestes de la main, qu’elle incline de haut en bas.
La jeune femme lui indique son accord d’un geste de la main avant de saisir de l’autre la source du bruit. Elle sort de l’une de ses poches un téléphone portable. Elle appuie sur l’écran afin de stopper le bruit, puis navigue dans ses menus pour découvrir quelle application est à l’origine de la notification. Elle regarde l’écran principal de son smartphone.
Elle appuie sur l’onglet qui lui est présenté et s’aperçoit qu’elle a un appel manqué.
Un appel de son père.
Une petite minute passe, le temps qu’elle analyse la notification.
Puis, juste après, un nouveau son se fait entendre et un nouvel onglet apparaît.
Cette fois, il s’agit d’un message. Un message qui provient également de son père.
La jeune femme affiche alors une expression inquiète et appuie rapidement sur la notification afin de lire le message.
Ses yeux s’ouvrent en grand lorsqu’elle découvre les mots qui s’y trouvent.
Le message est court, précis et sans explication :
« Appelle-moi le plus vite possible. »
La jeune femme se redresse alors très rapidement. Elle tient fermement son téléphone dans sa main, tellement fort que ses doigts commencent à blanchir sous la pression. Elle quitte son espace de travail sans rien ranger. Elle pense au message qu’elle vient de recevoir et, tandis qu’elle marche, son esprit ne cesse de revenir sur ces quelques mots.
Elle parcourt les grandes allées bordées d’étagères remplies de livres, contourne de nombreux rayonnages avant d’atteindre le point d’accueil de la salle.
La jeune femme ne prête même pas attention à la réceptionniste installée derrière son bureau. Elle franchit les portes de l’entrée du bâtiment et sort à l’extérieur.
À peine dehors, un grand flash lumineux lui brûle les yeux.
Elle ferme légèrement les paupières et prend quelques secondes pour s’habituer à la lumière avant d’observer l’environnement qui l’entoure. Un banc se trouve non loin d’elle, isolé du reste des passants. La jeune femme décide de s’y rendre tout en gardant les yeux fixés sur son téléphone.
Une fois installée, elle le déverrouille, ouvre l’application des contacts et recherche le numéro de son père.
Elle appuie rapidement sur le contact « Papa », puis porte l’appareil à son oreille droite.
La tonalité retentit plusieurs fois avant que quelqu’un ne décroche.
Une voix grave se fait alors entendre.
- Ma puce ? C’est toi ?
- Oui, c’est moi, papa ! lui répond la jeune femme.
- Tu vas bien ? demande son père.
- Oui, je vais bien ! répond rapidement la jeune femme.
- J’espère que je ne te dérange pas ? demande alors la voix, qui baisse légèrement de ton.
- Viens-en au fait, papa ! Qu’est-ce qui se passe ? Tu as encore des problèmes ?
- Non, je vais bien ! Ne t’inquiète pas pour moi ! Non, c’est autre chose, ma puce.
La jeune femme sent alors que sa voix n’est pas normale et qu’il essaie de dissimuler quelque chose.
- Dis-moi ce qu’il se passe, papa, s’il te plaît !
- Je vais essayer. Ce que je vais te dire n’est pas facile pour moi.
La jeune femme attend alors la véritable réponse à sa question.
- Je suis désolé de te l’apprendre comme ça au téléphone, mais ta grand-mère vient de partir.
À ces mots, la jeune femme comprend immédiatement le sens de la phrase de son père. Pendant quelques secondes, elle ne répond rien. Elle se contente de placer une main devant sa bouche.
Une petite minute passe sans qu’aucune voix ne se fasse entendre. Puis, finalement, la jeune femme demande d’une voix tremblante :
- Comment ?
Une semaine passe entre l’appel et l’enterrement. Quasiment toute la famille est présente au cimetière pour rendre hommage à la grand-mère de la jeune femme. Devant la tombe se tient un portrait photographique de la défunte.
Il s’agit du portrait d’une femme âgée aux cheveux longs et gris. Sur la photographie, elle porte une chemise blanche accompagnée d’un châle bleu. Elle ne porte aucun signe distinctif particulier, mais arbore un large et communicatif sourire.
De nombreuses personnes se tiennent autour de la tombe lorsque la jeune femme apparaît derrière elles.
Elle s’approche d’un pas léger, mais malgré sa discrétion, un homme se retourne et la regarde approcher.
Malgré ses sanglots, l’homme esquisse un sourire en voyant la jeune femme continuer à s’avancer vers eux.
- Tu as pu venir, ma puce ! Je suis tellement content de te voir !
La jeune femme ne dit pas un mot avant que son père n’ouvre les bras et ne la prenne dans ceux-ci. Elle commence alors à sangloter contre lui avant de lui dire :
- Je n’arrive toujours pas à croire qu’elle nous a quittés !
- Nous aussi, ma puce, répond son père en essayant de réconforter sa fille tout en lui frictionnant doucement le dos.
- En plus, d’une crise cardiaque… C’est tellement surprenant, alors qu’elle n’avait aucun antécédent au niveau du cœur.
Son père relâche son étreinte et libère peu à peu sa fille de ses bras. Une autre voix se fait alors entendre dans la conversation. Une voix plus fragile, plus vieille, mais que la jeune femme reconnaît immédiatement.
- On est tous surpris. Moi le premier !
La voix provient d’un petit homme âgé. Il est chauve et porte une petite paire de lunettes attachée à une fine corde qui passe autour de son cou. Il est habillé comme la plupart des personnes présentes, d’un costume noir et blanc accompagné d’une cravate.
- Bonjour, Papy ! dit la jeune femme, heureuse de le voir. Comment tu vas ?
- Elle me manque déjà. J’ai passé quasiment toute ma vie avec elle. Je sais que je ne devrais pas me plaindre, mais je l’aime tellement.
La jeune femme vient réconforter le vieil homme en le serrant dans ses bras. Elle sent alors que son grand-père commence à pleurer contre elle. Elle le serre encore un peu plus fort tout en lui disant :
- On sera toujours là pour toi, Papy ! Que ce soit moi ou papa, d’accord ?
- Je le sais, ma petite-fille. Je le sais bien. Je vous aime aussi tous les deux.
La jeune femme plonge son regard dans les yeux de son grand-père. Tous les deux esquissent un sourire malgré les sanglots qui coulent sur leurs joues. Un peu plus tard, le père de la jeune femme décide de raccompagner son propre père.
Il laisse alors sa fille seule devant le portrait de sa grand-mère. La jeune femme reste un moment devant celui-ci à le contempler. Elle pose sa main droite sur sa poitrine et, juste avant de se retourner, lance un dernier regard aux yeux souriants de sa grand-mère.
Une fois retournée, la jeune femme s’avance vers son véhicule. Au moment où elle cherche les clés de son automobile dans son sac à main, deux hommes s’approchent de sa voiture.
Les deux hommes patientent le temps nécessaire pour que la jeune femme arrive à leur niveau. Ils sont tous les deux habillés d’un uniforme bleu marine de l’armée. Sur leurs uniformes, on peut voir les écussons correspondant à leurs différentes récompenses ainsi que les insignes de leurs grades. Leurs tenues sont propres et parfaitement repassées. Ils portent également une casquette de la même couleur que leurs uniformes.
Une fois arrivé à bonne distance, l’un des hommes vient à la rencontre de la jeune femme.
- Je suis désolé de vous déranger pendant ce moment difficile, mais êtes-vous bien Madame Langford ?
La jeune femme, un peu surprise par cette demande, plisse les yeux avant de répondre :
- Oui, c’est bien moi ! C’est pourquoi, je vous prie ?
- On nous a envoyés vous chercher, Madame Langford.
- Me chercher ? demande-t-elle, avec davantage de surprise dans la voix. Je vais me répéter, mais me chercher pourquoi ?
- Nous voudrions que vous nous aidiez pour une traduction.
- Une traduction ? De quel type ? Concernant quoi ?
- Je suis désolé, mais à l’heure actuelle, je ne peux pas vous donner plus de détails. Ce travail est classé confidentiel et vous ne serez informée des détails qu’une fois que vous aurez accepté la mission et signé une clause de non-divulgation.
La jeune femme écoute les paroles de l’homme et son regard se ferme de plus en plus.
- J’aimerais juste connaître un seul détail avant de vous donner une réponse adéquate.
- Je vous écoute. Si je peux vous donner ce détail, je le ferai avec grand plaisir, lui répond l’homme.
- Je voudrais savoir qui demande mon aide.
Le jeune homme lève alors la main dans les airs. Il replie plusieurs de ses doigts pour n’en laisser qu’un seul tendu et désigne quelque chose qui se trouve quasiment devant lui, mais à plusieurs mètres de distance.
Sur le coup, la jeune femme est très surprise de savoir que la personne qui souhaite l’embaucher pour ce travail se trouve derrière elle. Elle se retourne alors très rapidement et cherche quelqu’un du regard avant que l’homme ne reprenne la parole :
- La personne qui m’envoie est votre grand-mère ! Le docteur Catherine Littlefield Langford !
La jeune femme se retourne vivement lorsqu’elle comprend le lien entre le nom prononcé et la zone que l’homme désigne du doigt.
Les larmes commencent à lui monter aux yeux.
Elle regarde l’endroit indiqué avant de répondre directement :
- J’accepte !
Une semaine passe. Une voiture noire roule sur une longue route traversant plusieurs paysages qui se mélangent les uns aux autres. La route traverse de grandes parcelles de forêt, entrecoupées de prairies, puis laisse progressivement place à des passages désertiques et rocheux.
La voiture continue son chemin, quasiment en ligne droite. Elle effectue un premier passage devant un avant-poste militaire où de nombreuses pancartes indiquent que la zone est interdite.
La voiture ne ralentit même pas et franchit la barricade lorsque celle-ci se lève.
Elle continue d’avancer tandis que la route commence à prendre un virage doux et régulier. Le paysage abandonne peu à peu sa nature verdoyante pour laisser place à un environnement de plus en plus rocheux, au fur et à mesure que la voiture approche de son objectif.
Une imposante clôture se dessine devant la voiture et celle-ci arrive bientôt à ses portes. Derrière cette clôture apparaît une gigantesque montagne, faisant partie d’une chaîne immense qui englobe toute la zone.
La voiture passe les points de contrôle les uns après les autres. Une fois le dernier franchi, elle s’engouffre sous un tunnel artificiel.
Le nom du complexe est inscrit sur la structure à l’entrée du tunnel, au niveau de l’arc de cercle qui forme l’entrée de la montagne.
Des lettres blanches indiquent les mots :
COMPLEXE DE CHEYENNE MOUNTAIN
La voiture passe sous l'inscription et pénètre dans le tunnel, un passage extrêmement long qui conduit le véhicule quasiment au centre de la montagne.
La voiture se gare sur le parking de la base et ses occupants en sortent.
La jeune femme descend alors du véhicule, suivie par les deux hommes en uniforme bleu. Ils l’accompagnent jusqu’à l’entrée d’un couloir qui s’enfonce dans l’une des parois de la montagne.
À l’entrée, un autre homme l’attend. Il porte un jean et un pull épais. Il a le visage rond et les cheveux coupés très court. Dès qu’il l’aperçoit, il avance vers elle pour la saluer.
- Madame Langford ? demande l’homme.
La jeune femme lui fait un signe de tête.
- Bonjour, je suis le major Kawalsky. Bienvenue à Cheyenne Mountain. Vous avez fait bon voyage ?
- Bonjour, euh… oui ! Je n’ai pas eu de souci. Je ne pensais pas que j’allais me retrouver dans un tel endroit !
- Ne vous inquiétez pas, vous allez vous y faire rapidement. Mais nous avons encore un petit chemin à faire. Je vous prie de me suivre, s’il vous plaît !
- Oh oui, bien sûr. Je vous suis.
Le major se retourne alors et s'engage dans le couloir derrière lui. Elle le suit jusqu’à un poste de sécurité. Situé au beau milieu du couloir, il est formé de deux bureaux joints par une barrière de sécurité, sur lesquels sont branchés des ordinateurs. Deux gardes en tenue kaki occupent le poste.
- Pour des mesures de sécurité, l’identité de tout le personnel est vérifiée avant qu’il puisse entrer dans la base. Cette mesure de sécurité est également appliquée au personnel civil, explique le major en s’avançant devant le poste de sécurité.
Le major tend alors sa main droite sous ce qui ressemble à un scanner laser.
Les lasers passent plusieurs fois au niveau de sa paume et scannent les empreintes digitales de l’officier.
L’écran de l’ordinateur passe au vert lorsque le scan est terminé et la barrière s’ouvre d’elle-même.
La jeune femme observe attentivement l’écran et voit apparaître le nom complet de l’officier :
Major Charles Kawalsky.
Elle détourne le regard vers l’officier lorsque celui-ci reprend la parole.
- Ne vous inquiétez pas, c’est une procédure indolore !
- Je ne m’inquiète pas ! Je me demande simplement quel travail nécessite une telle sécurité ! répond-elle alors qu’elle passe sa main droite sous le scanner.
- Vous le saurez très bientôt, lui répond le major en détournant son regard vers l’écran de l’ordinateur.
L’écran devient alors vert et le nom de la jeune femme apparaît à son tour.
Alexandra Langford.
- Tout est bon, on peut continuer ! dit le major en adressant un sourire à Alexandra.
Le major et Alexandra passent la barrière du poste de contrôle et continuent dans le couloir.
Arrivés à une intersection, ils tournent sur la gauche et débouchent devant la porte d’un ascenseur.
Le major appuie sur le bouton d’appel et un bruit de mécanisme se fait entendre.
Plusieurs minutes passent avant que l’ascenseur n’arrive et que ses portes ne s’ouvrent.
Les deux personnes franchissent le seuil de l’ascenseur et, une fois à l’intérieur, le major appuie sur l’un des boutons du panneau de commande.
Alexandra n’arrive pas à déterminer à quel étage le major vient d’appuyer. Les portes commencent rapidement à se refermer.
Juste avant qu’elles ne se rejoignent, une voix se fait entendre derrière elles :
- Attendez-nous ! Ne fermez pas les portes !
À ces mots, le major tend son bras et bloque la fermeture de l’ascenseur.
Quelques secondes plus tard, les portes se rouvrent sur deux autres personnes.
Un homme en uniforme bleu, à la peau mate, se tient devant eux. Derrière lui se trouve un homme blanc aux cheveux longs, portant une paire de lunettes qui glisse légèrement sur son nez. Il porte surtout plusieurs vestes superposées sur le dos.
- Barnes ? Vous faites quoi ?
- Je pense la même chose que vous, major, répond-il en désignant l’homme derrière lui.
Celui-ci essaie de remettre sur son épaule la lanière d’un sac qui n’arrête pas de glisser. L’homme sent alors qu’on le regarde. Il adresse un salut amical de la main droite accompagné d’un sourire, avant que son sac ne tombe une nouvelle fois au sol.
- Niveau 25, je présume !
- Oui, c’est ça, major ! répond Barnes avec un sourire.
- OK, ça marche.
Barnes se détourne de l’ascenseur et va rejoindre l’homme. Celui-ci arrive rapidement et monte à son tour dans l’ascenseur.
Barnes lance un dernier regard au major et lui adresse un dernier sourire accompagné d’un petit éclat de rire.
Le major, quant à lui, lui fait signe de quitter les lieux en désignant de la tête sa droite, tout en lui rendant son sourire.
Les portes se referment après le passage de l’homme. Les trois personnes présentes dans l’ascenseur échangent de rapides regards. Personne n’ose prendre la parole.
Jusqu’au moment où l’homme aux lunettes commence à faire une grimace. Une petite seconde plus tard, il éternue dans son coude.
- Vous avez attrapé froid ? demande le major.
- Non, non. C’est juste un peu d’allergie, répond l’homme en fouillant dans les poches de sa veste.
Il en sort un long mouchoir blanc.
- C’est toujours comme ça quand je voyage, ajoute-t-il en se mouchant au même moment.
- Ce n’est pas trop dérangeant ? demande le major.
- Si, surtout quand je n’ai pas de mouchoir, répond l’homme en conservant un grand sourire sur son visage.
Il relève alors légèrement la tête.
- Ah, au fait, je suis malpoli. Je me présente : docteur Daniel Jackson.
- Enchanté. Je suis le major Kawalsky et voici madame Langford.
Daniel tourne alors la tête vers la jeune femme.
- Langford ! Vous avez un lien de famille avec Catherine ?
Les yeux d’Alexandra s’ouvrent alors en grand lorsqu’elle entend le docteur prononcer le nom de sa grand-mère.
- Vous connaissez Catherine ?
- Oui, c’est elle qui m’a recruté pour ce travail ! Mais vous ne m’avez pas répondu.
- Il s’agit de ma grand-mère.
- De votre grand-mère ! D’accord. Vous savez si elle est présente dans la base ? J’aimerais beaucoup pouvoir reparler avec elle.
- On ne vous a pas mis au courant ?
- Au courant ? Au courant de quoi ?
- Ma grand-mère est morte il y a deux semaines.
- Comment !? demande le docteur, surpris. Je suis affreusement désolé. J’ai parlé avec votre grand-mère juste avant.
- Vous lui avez parlé où ?
- À Londres.
- Londres ! Qu’est-ce que vous faisiez à Londres ?
- Je donnais une conférence concernant l’une de mes thèses, dans une salle d’un grand hôtel londonien.
- Une conférence ! Sur quel sujet ?
- Pour être honnête, je préfère ne pas en reparler !
- Pourquoi cela ?
- C’est une thèse loufoque, peut-être même un peu trop. Et cela m’a valu comme récompense de me retrouver à débattre devant une salle vide.
- Ah, je vois… Je suis désolée.
- Vous n’êtes pas obligée de l’être. Ce qui s’est passé est entièrement de ma faute et je l’assume.
Les portes de l’ascenseur s’ouvrent alors brutalement et le major en sort rapidement, indiquant aux deux autres personnes la direction à prendre avant de reprendre la parole :
- Nous ne sommes pas encore arrivés ! dit alors le major. Nous devons prendre un deuxième ascenseur.
À mesure qu’ils avancent, le major leur indique le chemin menant au deuxième ascenseur.
Ils entrent tous à l’intérieur et le major appuie sur l’un des boutons du panneau de commande. Juste à côté du bouton qu’il vient d’enclencher, le chiffre 25 est inscrit.
L’ascenseur commence sa descente et, sans qu’un seul bruit ne se fasse entendre à l’intérieur, la cabine arrive rapidement à l’étage voulu.
Les portes s’ouvrent alors, laissant apparaître deux nouvelles personnes : un homme et une femme.
L’homme apparaît en premier. Il a les cheveux noirs et courts. C’est un homme corpulent au visage rond. Il porte un pull foncé par-dessus une chemise blanche, ainsi qu’un jean.
La femme, quant à elle, est petite et mince. Ses cheveux châtains sont attachés en queue de cheval. Elle porte une chemise marron surmontée d’une veste noire. Un collier doré entoure son cou et un badge de la base est fixé sur sa veste noire. Elle porte également une paire de lunettes imposante, aux verres épais et ronds.
L’homme s’approche directement du docteur Jackson et lui serre vivement la main tout en prenant automatiquement la parole.
- Docteur Jackson, je suis Gary Meyers. Je suis ravi de vous rencontrer.
- Euh… moi aussi, Gary ! répond alors le docteur en lui adressant un sourire nerveux.
- Moi, je suis Barbara Shore ! dit la femme.
- Ravi de vous rencontrer, répond le docteur tout en lui serrant la main. Vous pouvez me dire où nous sommes ?
- Dans un ancien silo de missile nucléaire. Rassurez-vous, il a été entièrement rénové.
- Très bien, je n’en doute pas.
- Vous voulez bien nous suivre, docteur Jackson ? demande Gary.
- Je vous en prie, je vous suis.
Les deux personnes ne semblent pas remarquer la présence d’Alexandra, ce qui n'est pas pour déplaire à cette dernière.
Le petit groupe traverse les couloirs, avec le docteur Meyers en tête, suivi des docteurs Jackson et Shore, puis de Madame Langford et du major Kawalsky.
Les couloirs s’enchaînent rapidement jusqu’à ce que le groupe atteigne une double porte qui s’ouvre à leur arrivée.
Le docteur Jackson stoppe soudainement son avancée au moment de franchir la porte.
De l’autre côté de la salle, sur un niveau supérieur, un homme observe le groupe à travers une paroi de verre teinté.
Habillé d’un uniforme bleu et portant une coupe de cheveux en brosse, il ne fait rien. Il ne dit rien.
Après quelques secondes, il lève son bras droit et porte sa main à sa bouche avant de tirer sur sa cigarette.
Il replace ensuite sa main le long de son corps.
Quelques secondes plus tard, il expire lentement un panache de fumée devant lui.
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Chapitre 3 en cours d'écriture !