Les échos du passé

Chapitre 7 : DEUXIEME PARTIE Chapitre 7 : Ce n'était qu'un au revoir... Retour sur Aléna

Par fms27

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


SIX MOIS PLUS TARD

 

-       « Et donc, je pense qu’aller sur MX25-140 est une initiative qui se révèlera plus que fructueuse ! » termina Rodney Mc Kay avec un petit air satisfait.

 

Il observa ses interlocuteurs, assis à la table de réunion d’Atlantis. Woolsey qui, mains croisées, était comme un véritable Sphinx : il le toisait toujours ainsi, visage fermé, il était impossible pour Rodney de déterminer si cette attitude était un reflet de son ennui ou de sa concentration. Teyla, même si elle ne comprenait que la moitié de ses explications, montrait habituellement une certaine attention polie, ce qui n’était pas le cas de Ronon, qui se balançait d’avant en arrière sur sa chaise, ce qui semblait bien plus l’amuser. Quant à Sheppard, Rodney était désespéré : John faisait tourner un stylo entre ses doigts, tel un adolescent dans une salle de classe. Rodney, exaspéré, baissa les bras :

 

-       « Bon, dites-le si je vous ennuie !

-       Vous m’ennuyez Rodney, fit John sans détacher ses yeux du stylo.

-       Merci !

-       Ce que veut très certainement dire le Colonel Sheppard, corrigea Woolsey avec un regard sévère, c’est que votre exposé scientifique, bien que fort intéressant sur cette euh… "source d’énergie complètement incroyable", est en réalité… Un peu superflus, Dr Mc Kay. Je veux dire… Vous n’aviez pas besoin de nous faire l’étalage de votre… Enthousiasme, pour que je donne mon accord. C’est bien la pensée que vous souhaitiez exprimer n’est-ce pas, Colonel ? »

 

John rata un tour de stylo, qui s’échappa de ses doigts pour aller trouver refuge sur le sol. Il consentit alors à reporter son attention sur ses collègues pour affirmer ironiquement :

 

-       « Bien sûr ! Mot pour mot ! 

-       Bon ! Le MALP n’a détecté aucune menace, l’atmosphère est correcte… Tous les feux sont au vert donc je pense que vous pourrez vous rendre sur cette planète dès que vous serez prêts ! Messieurs, Madame… »

 

Et Woolsey se leva, imité par les autres. Il sortit de la salle, cependant que Rodney lançait acerbement à John :

 

-       « Ça, c’est pas croyable, vous n’écoutez jamais en réunion !

-       C’est faux ! fit John. J’écoute, mais… Distraitement.

-       Moui… J’aurai prononcé les mots « bombes », « arme de destruction universelle » ou « jolie blonde », je suis sûr que vous auriez laissé tomber votre stylo beaucoup plus tôt ! ronchonna Mc Kay.

-       Et bien… Essayez la prochaine fois, on verra bien, répliqua John, amusé. Et sachez que j’ai bien compris pourquoi vous voulez que l’on se rende sur MX25-140.

-       Ah oui ? »

 

Même Teyla eut un regard amusé. Ronon croisa les bras et écouta les deux hommes dans leurs joutes verbales habituelles. John croisa à son tour les bras et déclara d’un air narquois :

 

-       « Mais oui ! MX25-140 émet de fortes mesures d’énergies en plusieurs points précis sur une zone de 10 km. Vu que le MALP n'a détecté aucune vie humaine et qu'il n'y a pas de traces d'habitations, vous pensez que ces sources d’énergie proviennent du sous-sol. Le plus important et "extraordinaire" dans tout ça, c'est que cette énergie possède une signature similaire à celle produite par les E2PZ. Donc, vous supposez que les souterrains de cette planète abritent très certainement non pas des E2PZ, mais des éléments, tels que les cristaux qui les composent ! Pourquoi est-ce que cet endroit ne serait pas une usine de fabrication, tiens ? Comment avez-vous terminé déjà ? Ah oui ! « Et donc, je pense qu’aller sur MX25-140 est une initiative qui se révèlera plus que fructueuse ! » J’ai raté quelque chose ? »

 

Rodney était soufflé. Le scientifique ne sut pas quoi répondre et Ronon lança :

 

-       « C’est bizarre, avec le résumé de Sheppard, je comprends beaucoup mieux d’un coup. »

 

Mc Kay se tourna vers le Satédien, l’air condescendant :

 

-       « Ça ne m’étonne pas, vous parlez le même langage basique, tous les deux !

-       Bah au moins, on se comprend. »

 

Teyla éclata de rire et dit avec douceur :

 

-       « Rodney, je suis d’accord avec vous, il faut vraiment se rendre là-bas.

-       Merci Teyla ! Bon, il ne nous reste plus qu'à...

-       Activation non programmée de la Porte des Étoiles ! 

-       Oh non, pas encore ! s’exclama Rodney. Je vous préviens, ne comptez pas sur moi s’il faut sauver quelqu’un ! MX25-140 est beaucoup trop… »

 

Mais ses trois comparses n’entendirent pas la fin de sa phrase, qui se noya dans le bruit de l’alarme et de la Porte leur parvenant de la salle d’embarquement. En désespoir de cause, il les suivit en salle de contrôle, où Woolsey était déjà là, bras croisés derrière le dos.

 

Il eut un regard un peu embarrassé envers John, qui s’arrêta net dans sa course et demanda, soudain inquiet :

 

-       « Quoi ?

-       C’est le code de Kalia, Colonel, annonça Richard.

-       Quoi ?! répéta John. »

 

« Oh non… » Le code de Kalia était destiné à être utilisé uniquement si l’enfant était en danger. Rodney ânonna, bêtement surpris :

 

-       « Vous voulez dire… Kalia, la fille de John et Mara ?

-       Vous connaissez beaucoup de Kalia ? répliqua John, irrité.

-       Non, mais… C’était pour être sûr, bafouilla-t-il en rougissant. »

 

Ronon et Teyla se regardèrent, gênés, et John maugréa :

 

-       « C’est son code, mais elle n’a pas passé la Porte !

-       On reçoit un signal audio et vidéo, Colonel, l'informa Foley.

-       Affichez. »

 

Ils se tournèrent vers l’écran à leur droite et soudain, le visage de Kalia d’Aléna leur apparut.

 

Malgré lui, John resta saisi. Ça ne faisait que six mois qu’il ne l’avait plus vue et elle semblait déjà avoir grandi…

 

Son regard vert si semblable au sien exprimait une gravité et un sérieux sans précédent. Il s’approcha de l’écran et lança :

 

-       « Kalia ! Kalia est-ce que tu m’entends ?

-       Pa… Colonel ? Colonel Sheppard ?

-       Oui c’est… C’est moi Kalia.

-       Colonel… »

 

Elle ferma les yeux, soulagée. Mais l’enfant se reprit bien vite et déclara :

 

-       « Vos savants ont laissé… Cette sorte de boîte pour que l’on puisse parler à distance et… Je ne savais pas si ça allait marcher.

-       Nous vous entendons très bien Kalia, assura Woolsey. Est-ce que tout va bien pour vous ?

-       Hélas… Non. »

 

John sentit comme une pierre qui lui tombait dans la poitrine. Il s’exclama :

 

-       « Tu es blessée ? Ta mère est blessée ?

-       Ma mère… Maman… »

 

Il observa les prunelles vertes être brouillées par des larmes que l’enfant tentait de refouler. Elle parut faire un énorme effort sur elle-même pour garder une certaine contenance et inspira profondément avant de déclarer :

 

-       « Maman a été enlevée.  J’ai besoin de toi. »

 

John se sentit blêmir et Rodney lâcha :

 

-        « Oh c'est pas vrai, c'est quoi le problème encore ? »

 

Ils se tournèrent tous vers lui avec un regard réprobateur, mais le scientifique ne se démonta pas :

 

-       « Quoi ? lança-t-il. Ils sont partis il y a à peine six mois et c'est déjà la pagaille apparemment ! »

 

Personne ne releva et John eut du mal à admettre qu'en effet, six mois était un délai bien court pour qu'une nouvelle attaque envers Mara soit menée.

 

Kalia reprit, tâchant de se montrer plus explicite :

 

-       « Cela fait deux jours qu’elle a disparu. Atlaïr, l’ensemble des Conservateurs et du peuple… Nous l'avons tous cherché, mais nous n'avons pas réussi à la retrouver. Je me suis dit qu’avec… Vos Jumpers et les détecteurs que vous avez utilisés pour nous sauver sur le vaisseau ruche, vous pourriez avoir plus de succès. Je t’en prie… J’ai besoin de ton aide ! »

 

Ces derniers mots étaient un cri du cœur, qu’elle s'efforça aussitôt de rendre plus solennel :

 

-       « Enfin… Je demande officiellement l’appui du peuple Atlante pour retrouver notre Présidente, Monsieur Woolsey. »

 

John se tourna vers Richard, qui eut un air consterné, saisissant immédiatement son intention :

 

-       « Vous allez y aller… commenta Woolsey.

-       Avec ou sans votre autorisation, même tout seul, oui. Comprenez que… J’ai d’autres responsabilités que les vôtres. »

 

Il y eut un silence de plomb. John redressa la tête, presque sur un air de défi, que Woolsey ne tenta même pas de relever :

 

-       « Bien alors… Go ! Partez avec votre équipe.

-       Mais euh… Qui va aller sur MX25-140 ? objecta Rodney d’une petite voix.

-       L’équipe de Lorne et Zelenka peut s’y rendre, dit aussitôt John à Richard.

-       Oh, Zelenka… fit Mc Kay avec regret.

-       Très bien Colonel, je vais en informer le Major et le Docteur. »

 

John eut un regard de remerciement et se tourna vers l’écran où Kalia attendait sa réponse, pétrie d’angoisse :

 

-       « On arrive Kalia. On sera là d’ici dix minutes. »

 

Il vit le visage de sa fille s’éclairer de soulagement.

 

-       « Merci, soupira-t-elle.

-       Mademoiselle Kalia… J’espère que mon équipe permettra de retrouver votre mère… Enfin, Madame la Présidente. 

-       Merci, Monsieur Woolsey, répéta Kalia. Colonel Sheppard… Nous vous attendons avec impatience. »

 

Et sur ce, Kalia coupa la communication. John se tourna vers son équipe et Mc Kay lança, désabusé :

 

-       « On a compris, on se prépare et hop ! au hangar à Jumpers !

-       S’il vous plaît…

-       Et pour le détecteur ? intervint Teyla.

-       On en a équipé les Jumpers après l’épisode du vaisseau-ruche, expliqua Rodney.

-       Je vois…

-       Bon, alors en route ! dit Ronon. »

 

John les regarda tous les trois, toujours aussi reconnaissant envers le Ciel d’avoir une telle équipe d’amis. Teyla le lut sur son visage et eut un sourire avant de le précéder vers le vestiaire.

 

Dix minutes plus tard, ils étaient fin prêts et John fit décoller le Jumper du hangar :

 

-       « Salle de contrôle ici Sheppard, prêt pour le décollage.

-       La salle d’embarquement est dégagée Colonel, vous pouvez y aller.

-       Bien reçu. »

 

Ce fut une des rares fois où John pesta contre la lenteur que la manœuvre délicate lui imposait de respecter. Une fois face à la Porte et à l’horizon des évènements, il déclara à Woolsey par l’intermédiaire de sa radio :

 

-       « Woolsey, on est prêts. Rendez-vous dans 24h. Si d’ici là vous n’avez plus de nos nouvelles…

-       Je sais Colonel. J’invaliderai vos codes d’identification. Je connais la procédure.

-       Bien.

-       Bonne chance à vous tous. »

 

John souffla un bon coup.

 

-       « Bon, allons-y. »

 

Et il lança le Jumper à travers la Porte. La traversée ne sembla durer qu’une seconde, avant qu’ils ne débarquent sur la nouvelle Aléna.

 

Il cligna des yeux, comme ébloui.

 

Il faisait un temps superbe sur la planète, il eut l'impression de se retrouver sur Terre, par une belle journée de printemps.

La nouvelle Aléna était splendide, recouverte de verdure, à perte de vue. Elle lui rappelait la planète des Ewoks, dans Star Wars. Pourtant, la Porte des Étoiles se situait dans une zone dépourvue de la moindre végétation. Un parterre de pierre conduisait de la Porte à l’entrée de la forêt. John posa le Jumper près de l'anneau et aperçu au travers du pare-brise, sa fille et Atlaïr.

 

L'enfant darda son regard sur lui, mais à présent, elle semblait terrifiée. Elle fit même un léger "Non" de la tête, d'un air suppliant. Intrigué, John observa Atlaïr : lui non plus, n'en menait pas large.

 

Il bondit de son siège, suivit par les trois autres. Ouvrant la porte arrière, il s’élan…

 

BAM !

 

Un violent coup lui percuta le crâne, et il s’étala au sol avec un cri de douleur. Confusément, il entendit l’arme de Ronon se charger et Rodney s'étrangler :

 

-       « Hé, mais qu’est-ce que vous faites ?!

-       Tais-toi ! »

 

John tâcha de se relever, des points blancs lui brouillant la vue. Il sentit Teyla qui l’aidait à se redresser et reporta son attention sur ce qui se passait devant lui.

 

Plusieurs Aléniens, pointaient vers eux les armes qu’Atlantis leur avait fournies, d’une poigne ferme. John ne comprenait plus rien à rien… Il s’écria avec colère :

 

-       « Mais bon sang, qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que vous foutez nom d’un chien ?! »

 

Mais aucun des Aléniens ne prit la peine de lui répondre, se contentant de les menacer avec les P90 d'un air hargneux. Puis, ils s’écartèrent et laissèrent passer une femme, dont la physionomie était familière à John. De petite taille et replète, un visage rond encadré de cheveux bouclés, aussi noirs que ne l'étaient ses yeux. Elle tenait Kalia par le bras et elle la jeta sans vergogne aux pieds de John.

 

-       « Kalia ! »

 

Sheppard se pencha vers sa fille, qui marmonnait dans des sanglots effrénés :

 

-       « Je suis désolée Colonel, je suis désolée, ils m’y ont obligé, je suis désolée ! »

 

Un autre homme armé arriva avec Atlaïr, qui jouait du coude pour se libérer de son emprise. À la différence de Kalia, le conservateur était menotté. Il s’arrêta face à la femme, qui affronta son regard en redressant fièrement la tête.

 

Le conservateur lui cracha au visage et vociféra :

 

-       « Quand je pense que je suis le père de tes enfants, ça me dégoûte !

-       Tu étais moins dégoûté quand tu me les as faits, mon cher mari ! rétorqua la femme. Va donc rejoindre tes chers Atlantes ! »

 

Et elle s’essuya rageusement la figure. John comprit alors où il avait déjà vu cette femme : elle s’appelait Salina et était l’épouse d’Atlaïr. John ne savait pas si leur problème de couple manifeste durait depuis un moment, mais c'est sans aucune once de pitié dans le regard qu'elle observa Atlaïr être poussé vers son équipe.

 

John reporta son attention sur Kalia qui, pleurant toujours silencieusement, affichait un air affreusement coupable sur le visage.

 

-       « Kalia, allons relèves-toi… » marmonna-t-il.

 

Il aida sa fille à se remettre sur ses jambes et elle se colla aussitôt contre lui, tremblante de peur. Ça ne l'empêcha pas de lancer avec colère à Salina :

 

-       « Espèce de traîtresse !

-       La traîtrise est une notion qui peut s’exprimer de bien des manières, mon enfant, répondit calmement Salina. Une notion que ta famille s’évertue à perpétuer depuis des générations.

-       Oh je m'en doutais, c’est reparti ! maugréa Rodney. »

 

La femme d’Atlaïr reporta alors son attention sur lui et eut un sourire sinistre. Elle s’avança vers lui en se dandinant presque :

 

-       « Docteur Rodney Mc Kay ! L’homme de la situation ! Le héros de la dernière seconde, hein ? 

-       Que… Quoi, qui ça… Moi ? bafouilla le scientifique, soudain alarmé.

-       Oui, vous ! »

 

Le sourire de Salina s’agrandit et elle lui passa une main sur le visage. Rodney grimaça, comme pris d’une soudaine envie de fuite. La conservatrice déclara :

 

-       « J’ai besoin de vous.

-       Ah… Et bien… Il suffisait de demander, vous savez ? Ce n'était pas nécessaire de… Tendre un piège, hein…

-       Je ne suis pas sûre que vous auriez accepté.

-       Tout dépend du service à rendre… Je ne fais pas d’enfants aux femmes d’une autre planète, au cas où, hein…

-       Et moi je ne suis pas Mara. Non, nous avons besoin de vos connaissances scientifiques.

-       Rodney ne fera rien pour vous, décréta aussitôt John.

-       Ce n’est pas à vous que je m’adresse ! tonna Salina. Il fera ce que je lui demande. Ou bien avant de tuer le reste de votre équipe, je m’appliquerai pour descendre Kalia, devant vos yeux. C’est clair ?

-       Et bien tu n’as qu’à me tuer ! s’écria soudain Kalia.

-       Kalia… dit John du coin des lèvres. Tais-toi. »

 

L’ordre coupa le sifflet de sa fille. Elle le toisa, ahurie, et John reprit à l’attention de Salina :

 

-       « Qu’est-ce que vous attendez de Rodney exactement ?

-       Ça ne vous regarde pas.

-       Rodney est sous mes ordres et ma responsabilité, bien sûr que ça me regarde !

-       Ah oui, se moqua Salina. John Sheppard, l’homme qui se prend pour le sauveur universel… Vous devriez changer Colonel. C’est votre plus grande faiblesse… »

 

Et elle eut un regard pour Kalia. John ne releva pas. Salina ordonna alors :

 

-       « Allez, emmenez-les ! »





Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés