Chapitre 7 — Les lumières qui demeurent
L’explosion fut silencieuse.
Une lumière blanche, pure, engloutit l’Étoile de la Mort de l’intérieur, puis se déploya comme une fleur funeste dans le vide. Des fragments incandescents furent projetés dans toutes les directions, avalés par l’attraction de la planète forestière en contrebas ou dispersés dans l’espace.
Sur la passerelle du Delphinus, personne ne parla.
Les écrans confirmaient l’impensable : l’arme ultime de l’Empire n’existait plus.
— C’est fini… murmura un officier.
Vyze ne répondit pas tout de suite. Il fixait les débris, sentant dans la Force une onde immense, violente, mais aussi… libératrice. Quelque chose venait de se briser. Pas seulement une station de combat.
— Non, dit-il enfin. C’est terminé pour ce soir.
Jaden esquissa un sourire fatigué.
— Ça reste une sacrée victoire.
Vyze inclina la tête.
— Oui. Et une dette payée.
Sur Endor, la nuit était douce.
Les feux s’élevaient entre les arbres géants, éclairant des visages marqués par la fatigue, la joie, l’incrédulité. Rebelles, pilotes, soldats, alliés improbables… tous célébraient ensemble. Des rires éclataient. Des verres s’entrechoquaient. Des chants improvisés naissaient sans paroles fixes, mais chargés d’un même soulagement.
La galaxie respirait à nouveau.
Vyze observait la scène à distance, debout à l’orée de la clairière. Jaden se tenait près de lui, les bras croisés, laissant son regard errer entre les flammes et les étoiles visibles à travers la canopée.
— Tu te rends compte, dit Jaden. L’Empire est brisé.
— Pas encore, répondit Vyze doucement. Mais il est mortel. Et c’est tout ce qui comptait.
Un peu plus loin, Luke s’était écarté de la fête. Il se tenait immobile, face à la lisière sombre de la forêt, là où la lumière des feux n’atteignait presque plus rien.
Vyze sentit le changement avant même de le voir.
La Force… se calmait.
Comme un lac après une tempête.
— Il les voit, murmura Jaden.
Vyze hocha lentement la tête.
Ils avancèrent de quelques pas, restant à distance respectueuse.
Là, entre les troncs et les ombres, trois silhouettes se dessinaient.
D’abord, un vieil homme vert à la posture voûtée, au regard malicieux, soutenu par un bâton invisible.
Puis un autre, grand, serein, enveloppé d’une paix infinie.
Et enfin… une troisième présence, plus hésitante au début, mais qui s’affirma peu à peu.
Luke souriait, les yeux humides.
— Ils sont là, dit-il doucement, sans se retourner. Tous les trois.
Vyze sentit sa gorge se serrer. Il voyait Yoda. Il voyait Obi-Wan. Et il voyait Anakin Skywalker.
Non pas le seigneur noir, ni le guerrier brisé… mais l’homme tel qu’il aurait dû être. Apaisé. Libre.
— Tu les vois aussi, demanda Luke, presque avec crainte.
— Oui, répondit Vyze. Et depuis plus longtemps que toi.
Jaden inclina respectueusement la tête.
— Maîtres, murmura-t-il.
Les silhouettes ne parlèrent pas.
Elles n’en avaient plus besoin.
Yoda posa son regard sur Vyze. Il n’y avait ni reproche, ni regret. Seulement une fierté tranquille.
« Le chemin que tu as choisi… difficile il fut. Mais juste, il est resté. »
Obi-Wan sourit légèrement, comme s’il retrouvait enfin un vieil ami après une trop longue absence.
Anakin, lui, fixa Vyze un instant de plus.
Un regard chargé de reconnaissance silencieuse.
Puis les formes commencèrent à s’estomper, se fondant dans la Force comme des braises qui refusent de s’éteindre brusquement.
Luke inspira profondément.
— Merci, dit-il simplement.
Vyze posa une main sur son épaule.
— Ce n’est que le début, Luke. La galaxie va avoir besoin de toi. Mais ce soir… profite.
Luke hocha la tête et repartit vers la fête.
Vyze et Jaden restèrent encore un moment, immobiles, écoutant les rires, les chants, les battements d’un avenir incertain mais enfin possible.
— Tu crois qu’ils sont vraiment partis ? Demanda Jaden.
Vyze esquissa un léger sourire.
— Non. Tant que quelqu’un se souvient… Tant que quelqu’un choisit la lumière.
Au-dessus d’Endor, les étoiles brillaient d’un éclat nouveau.
Et pour la première fois depuis très longtemps, la Force ne criait plus.