Les Chroniques d'un Jedi - Tome 9 : L’ombre d’une étoile

Chapitre 11 : Héritages

Par AmiralVyze

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Chapitre 11 — Héritages


Vyze se tenais debout, seul dans le hangar bâbord, dans ses mains, la tunique d'officier impérial, lourde de médailles et de souvenirs amers, semblait peser une tonne. D'un geste lent, presque cérémoniel, il la jeta dans une cuve de fusion thermique. Il alluma le feu avec sa lame secrète noire, le tissu synthétique se recroquevilla, les cylindres de rang fondirent en une masse informe.


Il se tourna vers un coffre en alliage brossé. À l'intérieur reposait sa nouvelle tenue. Il enfila d'abord une sous-tunique renforcée d'un noir mat, puis ajusta une veste d'un gris anthracite profond, coupée pour le mouvement, loin de la rigidité des uniformes de Coruscant.

Enfin, il déplia la pièce maîtresse : une lourde cape de voyage d'un gris orage, doublée d'un tissu sombre aux reflets argentés. Il l'accrocha à ses épaules. Le tissu tomba avec un sifflement de soie lourde, lui donnant une silhouette à la fois imposante et insaisissable.

Il fixa son propre reflet dans une plaque de métal poli. Il n'était plus un pion de l'Empereur. Il n'était plus un serviteur d'un Conseil disparu.

Vyze ajusta ses deux sabres à sa nouvelle ceinture de cuir sombre. Il rangea ses deux pistolets dans ses holsters. La couleur grise de sa cape semblait absorber la lumière de la pièce, le fondant dans la pénombre du vaisseau qu'il avait construit.


Alyna apparut dans l'encadrement de la porte. Elle resta silencieuse un long moment, observant l'homme qui se tenait devant elle.

— Tu as l'air... Commença-t-elle.

— Libre ? Coupa Vyze.

— Dangereux, corrigea-t-elle avec un faible sourire. Mais pour la première fois, tu as l'air d'être enfin chez toi.

Vyze ramassa une poignée de cendres encore chaudes et les laissa filer entre ses doigts.

— L'Empire voulait mon obéissance. Les Jedi voulaient mon détachement. Désormais, ils n'auront que mon ombre.

Il fit battre sa cape d'un geste sec et se dirigea vers la passerelle. Le gris de son uniforme se mariait parfaitement au métal du Delphinus. Le capitaine était de retour sur son navire.


Le Delphinus changeait.

Pas dans sa structure, ni dans ses systèmes, il restait un vaisseau de guerre redoutable, mais dans ce qu’il abritait désormais.

Des enfants… Ils n’étaient plus vraiment des enfants, d’ailleurs.

Arrivé dans le hangar principal, Jaden fut le premier à se redresser. Il resta immobile, les yeux fixés sur cette silhouette qu'il n'avait plus vue depuis les derniers jours de la Guerre Noire, mais en plus sombre, plus mature. Un sourire lent étira ses lèvres.

— Tu as mis le temps, murmura Jaden. Mais tu as enfin la tête de l'emploi.

Ryn et Syla, eux, s'étaient figés. Pour des enfants qui avaient grandi entre le secret et la discipline, voir leur père ainsi était un choc visuel.

— Père ? Souffla Syla, les yeux écarquillés.

Elle s'approcha, tendant une main hésitante pour toucher le tissu lourd de la cape grise.

— Tu ne ressembles plus à un soldat, dit Ryn, le regard brillant d'une admiration neuve. On dirait... un gardien. Comme dans les vieilles légendes que Jaden nous raconte en cachette.

Vyze resta droit, le gris de sa tenue capturait les reflets des consoles d’entretien.

— L'uniforme que je portais était un mensonge, dit-il d'une voix douce mais ferme. Celui-ci est une promesse. Je ne suis plus l'Amiral d'un Empereur. Je suis le Medjaÿ de cette famille.

Il croisa le regard de Jaden.

— On dirait que le "gris" te va mieux que le blanc ou le noir, lança Jaden en s'approchant. Ça fait moins "cible mouvante" et plus "tempête qui arrive".

— C'est l'idée, répondit Vyze avec un clin d'œil discret.

Syla tourna sur elle-même, regardant la silhouette de son père sous tous les angles.

— C'est la couleur du Delphinus, remarqua-t-elle soudain.

Vyze posa une main sur son épaule.

— C'est la couleur de ceux qui choisissent leur propre chemin, Syla. Ni la lumière aveuglante, ni l'obscurité totale. Juste nous.

Ryn, d'ordinaire si bavard, restait silencieux, fixant les deux sabres laser qui pendaient désormais fièrement à la ceinture de son père, sans rien pour les cacher.

— Est-ce qu'on aura des capes comme la tienne ? Demanda-t-il enfin.

Vyze regarda vers l'immensité de l'espace devant eux.

— Un jour, Ryn. Quand vous aurez compris que ce n'est pas la cape qui fait l’homme, mais ce qu'il est prêt à sacrifier pour la porter.


Sur le pont d’entraînement, les jumeaux de Vyze enfilèrent leurs casques de vol, un peu trop grands encore, mais ajustés avec soin. Devant eux, alignés comme des promesses d’avenir, plusieurs chasseurs ARC-170 d’entraînement attendaient.

— Pas de manœuvres héroïques, prévint Vyze, bras croisés. Juste ressentir le vaisseau.

Ryn sourit.

— Comme toi avec la Force ?

Vyze hésita une fraction de seconde.

— Comme toi avec l’espace.

Les moteurs s’allumèrent.

Les chasseurs quittèrent le hangar, avec deux pilotes vétérans en copilotes.

Vyze les suivit du regard, silencieux, il monta dans son vieux chasseur Jedi Actis Eta-2 gris anthracite et alla les rejoindre pour commencer leurs instructions. Il ne voyait pas des soldats en devenir, il voyait des vies qu’il espérait préserver.


Vyze se plaça entre eux.

— Mes enfants… je vous ai appris à écouter la Force depuis votre plus jeune âge. Aujourd’hui, je vais vous apprendre à la comprendre.

Il marqua une pause, les observant tour à tour.

— Mais avant ça, vous allez écouter vos pilotes référents. Ce sont les meilleurs chefs d’escadron que nous avons. Ensuite… quelques tours autour du Delphinus.

Les manœuvres commencèrent.

D’abord hésitants, Ryn et Syla apprenaient vite. Très vite. Leurs ARC-170 répondaient encore avec une légère rigidité… mais leur instinct compensait déjà leurs erreurs.

— Formation en V, ordonna Vyze.

Ils s’exécutèrent immédiatement.

Puis Vyze accéléra et s’éloigna du croiseur. Les deux chasseurs se placèrent derrière lui, parfaitement alignés.

— Ici Leader Gris à Escadre Junior. Nous passons en conditions réelles, lança-t-il. Fiez-vous à votre instinct… c’est le seul conseil que je peux vous donner.

Le trio fila à pleine vitesse.

— Ailerons en position d’attaque… On arrive à portée. Feu à volonté !

Le ciel s’illumina aussitôt : Les tourelles du Delphinus ripostèrent sans retenue. Les tirs croisés formaient un véritable mur de lumière, mais bien sûr il s’agissait de lasers d’entraînement.

Ryn et Syla tinrent la formation, ils esquivaient. Trop larges parfois, trop justes d’autres fois, mais ils tenaient.

Vyze plongea alors avec son Actis Eta-2, passant entre les pylônes en V inversé du croiseur dans une trajectoire millimétrée, un passage suicidaire que seuls les pilotes d'élite osaient emprunter.

— Suivez-moi !

Les jumeaux se séparèrent instinctivement, l’un à gauche, l’autre à droite.

Ils se retrouvèrent à la proue, demi-tour serré, un tir frappa Syla.

— Je suis touchée !

— Romps la formation. Retour à la base. Maintenant !

Aucune hésitation. Elle décrocha.

Ryn resta.

— On continue, dit Vyze. Cible la passerelle.

— Père… ? Mais il y a Maman là-haut…

— Ne t’inquiète pas pour elle. Mon croiseur a connu pire.

Ils plongèrent vers la passerelle.

— Cible verrouillée. Feu !

Ryn lâcha une rafale continue. Les impacts frappèrent la verrière en transparacier dans une pluie d’énergie.

Puis un tir le toucha.

— Père ! Ils m’ont eu !

— Parfait. On rentre.


Le calme retomba brutalement.

Sur le pont d’envol, Ryn et Syla se tenaient au garde-à-vous.

Vyze les observa longuement : Silencieux. Droit. Implacable… Un amiral.

Puis, enfin :

— Pilotes…

Il marqua une pause.

— Ou devrais-je dire… soldats.

Leurs regards ne vacillèrent pas.

— Je suis fier de vous.

Ryn hésita à peine.

— Tu feras de nous des Jedi ?

Le mot tomba comme un choc, Vyze recula d’un pas comme si la question l'avait frappé physiquement. Un silence de plomb s'installa dans le hangar.

— Non…

D'un geste lent, il détacha ses deux sabres laser de sa ceinture. Il les tendit devant lui.

— Ceci… sera peut-être un jour votre héritage. Mais je ne ferai pas de vous des Jedi. L'Ordre est mort, et avec lui ses certitudes.

Il les lâcha.

Les sabres tombèrent au sol dans un bruit sec, amplifié par l’écho du hangar.

Vyze s’approcha d’eux, il posa ses index sur leur front.

— Votre plus grande force… est ici.

Ses mains glissèrent jusqu’à leurs cœurs.

— Et là… La Force n'est pas un titre, c'est ce que vous faites pour ceux que vous aimez.

Syla le fixa.

— Et toi ? Qu'est-ce que tu es ?

Vyze resta figé un instant.

— Moi…

Sa voix se brisa légèrement.

— Si vous aviez vécu ce que j’ai vécu… je ne sais même plus quel nom donner à l'homme que je suis devenu.

Il fit signe à Alyna, qui attendait près de là, de s’approcher.

Puis les prit tous les trois dans ses bras.

— Tant que nous sommes ensemble… rien ne pourra nous atteindre.

Il recula.

Son regard redevint ferme.

— Rompez. Vos instructeurs vous attendent.

— Oui, Amiral ! Répondirent-ils d’une seule voix.

Ils partirent et le hangar redevint silencieux.


Une fois seuls, Alyna posa sa main sur le bras de Vyze.

— Que sommes-nous en train de faire, Vyze ?

Vyze regarda au loin.

— Nous leur montrons le chemin, répondit-il d'une voix sourde.

— Toi… qui as toujours refusé de les mêler à tout ça…

Il ne répondit pas.

Mais il la serra un peu plus contre lui, ses yeux fixés sur ses sabres abandonnés au sol.


Plus bas, dans les entrailles du Delphinus, une autre transmission se faisait.

Les enfants de Jaden, Rho et Lio, travaillaient déjà aux côtés de leur mère, Kara, dans les sections d’ingénierie. Là où l’odeur d’ozone et de métal chaud remplaçait celle du vide spatial.

— Non, pas comme ça, expliqua Kara patiemment. Le Delphinus n’est pas qu’une machine. Il réagit à ce qu’on lui impose.

L’ainé fronça les sourcils.

— Comme un être vivant ?

Jaden, appuyé contre une console, sourit.

— Tu comprends vite.

Ils apprenaient les boucliers. Les circuits secondaires. Les systèmes que l’Empire n’avait jamais complètement compris.

Pas pour détruire. Pour maintenir en vie.


Les Medjaÿ, eux, observaient : Toujours présents. Toujours discrets.

Ils s’étaient entraînés sans relâche depuis leur recrutement. Combat rapproché. Tir de précision. Coordination silencieuse. Certains maniaient des lames courtes. D’autres préféraient les armes à impulsion.

Mais tous partageaient la même chose : Un lien ténu avec la Force. Pas assez pour être Jedi. Trop pour être ignoré.

Ils patrouillaient dans les couloirs.

Gardaient les quartiers familiaux.

S’entraînaient dans des salles que même l’équipage ne fréquentait pas.

— Ils sont prêts, déclara leur chef à Vyze. Pour tout combat.

Vyze hocha la tête.

— J’espère qu’ils n’auront jamais à l’être.

Le Medjaÿ soutint son regard.

— L’espoir ne suffit plus, Amiral.


Le soir, Vyze observa le Delphinus depuis la baie vitrée de son bureau.

Un vaisseau de guerre devenu foyer, un refuge devenu cible.

Ses enfants apprenaient à voler.

Ceux de Jaden apprenaient à réparer.

Les Medjaÿ apprenaient à mourir s’il le fallait.

C’était cela, l’héritage qu’il leur laissait.

Pas une idéologie. Pas un Empire. Pas même une Rébellion.

Mais la capacité de choisir.

Et tant qu’ils apprendraient à choisir par eux-mêmes,

L’Empire n’aurait jamais totalement gagné.




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés