Chapitre 4 — Là où tout a commencé
Le désert de Géonosis n’était plus vivant.
Le sable, autrefois rouge et vibrant d’activité, s’étendait désormais comme une plaie cicatrisée trop vite. Les vents soulevaient des nuages de poussière qui s’engouffraient dans des structures gigantesques, abandonnées, éventrées.
Vyze posa le pied à terre sans prononcer un mot.
— La Force m’a appelé ici, dit-il enfin.
Jaden observa l’horizon.
Aucune signature biologique.
Aucun mouvement.
— Si elle voulait nous montrer quelque chose, répondit-il, elle a choisi un endroit mort.
Ils avancèrent entre les vestiges.
Des pylônes effondrés. Des docks titanesques à moitié ensevelis.
Des silhouettes d’anneaux de construction qui rappelaient, par leur taille seule, une ambition démesurée.
— L’Empire est passé par ici, murmura Jaden. Mais il n’est pas resté.
Vyze s’arrêta devant une structure éventrée, si vaste qu’on aurait pu y faire entrer une ville entière.
— Non, dit-il. Il a fini ce qu’il avait commencé.
Il ferma les yeux.
La Force était… étouffée.
Comme recouverte d’un voile épais, poisseux, qui absorbait toute tentative de lecture. Même les échos des morts semblaient noyés.
— Je ne ressens rien, dit Vyze à voix basse, pas de colère, pas de peur… Pas même de souffrance résiduelle.
Jaden fronça les sourcils.
— Le côté obscur.
— Oui.
Vyze posa la main contre une paroi froide.
— Il ne crie pas ici. Il dissimule.
Ils pénétrèrent plus profondément dans les ruines.
Des marques impériales effacées.
Des câbles arrachés.
Des traces d’un chantier qui avait cessé brutalement… mais pas inachevé.
— Tu te souviens de ce que tu m’as dit, demanda Jaden, le jour où nous avons vu Géonosis depuis l’orbite ?
Vyze acquiesça.
— « Là où une guerre commence, elle laisse toujours quelque chose derrière elle », répondit-il.
— Et ce n’est jamais ce qu’on croit, ajouta Jaden.
Un silence.
Puis, plus bas :
— Tu penses au projet secret de l’Empire, n’est-ce pas ?
Vyze ne répondit pas immédiatement.
Il regardait une cavité immense, aux parois lisses, trop régulières pour être naturelles.
— Oui.
Jaden inspira lentement, il leva les yeux vers Vyze.
— Thrawn n’est pas loin.
Vyze hocha la tête.
— Non. Et la Force ne m’a pas amené ici pour me montrer le passé.
Il se détourna.
— Elle m’a amené ici pour me rappeler que certains projets naissent dans l’ombre… Et qu’ils finissent toujours par demander un prix.
Jaden sentit un frisson le parcourir.
— Alors pourquoi sommes-nous venus ? Demanda-t-il.
Vyze regarda une dernière fois les ruines.
— Pour comprendre ce que l’Empire cache. Et pour nous rappeler ce que nous refusons de devenir.
Ils repartirent sans emporter quoi que ce soit.
Sur le retour, ils croisèrent Ezra Bridger, Kanan Jarrus et le droïde Chopper, qui étaient venus prendre des nouvelles du dernier Géonosien Klik-Klak, ils s’arrêtèrent face à face :
— Je sens la Force comme une tempête en toi, lança Kanan la main sur son sabre. Es-tu un Sith ?
— Je ne suis ni un Sith… Ni un Jedi au sens où tu l’entends Kanan Jarrus, répondit Vyze d’une voix calme.
Chopper poussa des bips stridents et agressifs en agitant ses bras mécaniques.
— Comment nous connais-tu ? Demanda Erza.
— Je connais chacun des membres du Ghost, je vous trouve… intéressants. Je ne suis pas en travers de votre chemin, si vous voulez passer, passez, mais si tu veux me combattre Ezra Bridger, nous combattrons…
Jaden fit un pas en avant.
— Je vous recommande l’option un. Parce que quelque part au fond de vous, vous ne voulez pas savoir, mais alors vraiment pas savoir, comment mon ami combat.
Chopper poussa un bip d’acceptation, ils se séparèrent là sans plus de mots. Mais Kanan se retourna une dernière fois.
— Mais qui es-tu ?
— Fait appel à ta mémoire, Caleb, répondit Vyze. Rappelle-toi le nom que l’on murmurait pendant la Guerre… Je suis le Delphinus.
Kanan se figea, le nom évoquait bien un souvenir lointain. Il regarda Vyze un instant et compris.
Derrière eux, Géonosis resta silencieuse.
Comme si la planète elle-même retenait son souffle.