Chapitre 9 — Ce que la guerre prend
Le Sénat de Coruscant n’avait jamais été aussi silencieux.
Les combats venaient à peine de s’éloigner de l’orbite que les sénateurs reprenaient déjà place, visages tirés, voix basses, conscients d’avoir frôlé l’anéantissement. Les murs encore marqués par les impacts semblaient écouter.
Vyze avançait dans les travées sans armure, sans sabre apparent. Pour la première fois depuis longtemps, il n’était ni stratège, ni amiral. Il était simplement un homme cherchant quelqu’un.
— Vyze !
Il se retourna aussitôt.
Alyna se tenait à quelques mètres, droite malgré la fatigue, les traits marqués par des nuits sans sommeil. Quand leurs regards se croisèrent, le reste du Sénat disparut.
Ils se rejoignirent sans un mot.
Elle posa ses mains sur son manteau, comme pour s’assurer qu’il était bien là.
— J’ai vu la bataille depuis les galeries, dit-elle doucement. J’ai vu le ciel brûler !
Vyze hocha la tête.
— Et moi, j’ai senti ta peur… Même au milieu du feu.
Ils s’étreignirent brièvement, avec retenue, trop de regards, trop de symboles autour d’eux, mais suffisamment longtemps pour se rappeler pourquoi ils tenaient encore debout.
— Palpatine est sain et sauf, reprit Alyna. Le Sénat parle déjà de reconstruction… comme si tout était terminé.
Vyze eut un sourire sans joie.
— Ce n’est que le début.
Ils allaient s’échanger un baisé quand ils furent interrompus par un officier de transmission qui s’approchait, hésitant.
— Amiral Polaekys… Ordres prioritaires du Haut Commandement.
Vyze se détacha lentement d’Alyna.
— J’écoute.
— La Cinquième Flotte doit être redéployée immédiatement vers la Bordure Extérieure. Plusieurs systèmes sont menacés. Vous êtes requis sans délai.
Le silence retomba entre eux.
Alyna ferma brièvement les yeux.
— Tu dois partir.
Ce n’était pas une question.
— Oui, répondit Vyze. Et je ne sais pas pour combien de temps.
Elle posa instinctivement une main sur son ventre.
Vyze suivit le geste. Un nœud se forma dans sa poitrine.
— La Force est troublée, dit-il à voix basse. Plus que jamais.
— Alors promets-moi une chose, dit Alyna en le regardant droit dans les yeux. Ne cherche pas à tout voir. Ne porte pas seul ce que la galaxie refuse de regarder.
Il prit sa main.
— Je te le promets !
Ils restèrent là encore un instant, comme s’ils tentaient de graver ce moment dans leur mémoire.
— Reviens, murmura-t-elle.
Vyze inspira lentement.
— Je reviendrai, je te le promets !
Mais au fond de lui, une intuition glacée murmurait une vérité différente :
Ce n’était pas la distance qui les séparait.
C’était le temps.