Le tombeau des Jedi

Chapitre 8 : Partie 2 : La naissance d'une Jedi

Par EmmaMacWicard

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Finn et Kiera furent accueillis avec soulagement par leurs amis à leur retour du voyage dans les terres hostiles de Mygeeto. Ils les informèrent que tout était prêt pour le départ vers Malastare. Finn et Kiera furent presque obligés par leurs amis de montrer leur sabre. Cela représentait beaucoup d’espoir pour les résistants de voir de nouveaux apprentis Jedi. Ils se sentaient plus forts, plus confiants pour l’avenir et moins désarmés.

— Je suis tellement fier de toi, mon pote, dit Poe avec émotion. Un chevalier Jedi, attends que Rey voie ça !

Chewie émit un cri puissant.

— T’inquiètes pas mon ami, je suis prêt à aller la rejoindre, à aller l’aider. Et je suis prêt à aller faire cette course. Ce qui est sûr, c’est que j’y serai jamais arrivé sans l’aide de Kiera.

La jeune femme releva la tête.

— Sans toi, je ne n’aurai jamais pu faire tout ça, reprit Finn.

— Ça t’aurait peut-être juste pris plus de temps, mais tu aurai fini pas y arriver.

— C’est gentil d’avoir confiance en moi.

— Merci aussi pour tout ce que tu fais pour la Résistance, ajouta Poe. Tu fais partie des nôtres, maintenant.

Blue glapit bruyamment.

— Ouais, toi aussi mon grand.

Les deux pilotes partant le lendemain, ils passèrent donc la journée à s’entraîner et découvrirent le plan de bataille pour leur retour sur Ajan Kloss avec la cargaison de coaxium. Un moment de grand danger.

Après avoir passé une bonne nuit, Finn et Kiera rassemblèrent leurs affaires et rejoignirent le contrebandier dans son vaisseau. Il s’agissait d’un cargo léger YT-1930, un corellien très stable en vol, optimisé pour le transport et sûrement allègrement modifié.

— Bienvenu dans mon palace, fit le contrebandier. Pas mal, hein ? Il reste un dortoir que je n’ai pas transformé un dépôt. Je ne fais pas passer que des marchandises, si vous voyez ce que je veux dire…

Leur hôte se dirigea vers le cockpit pendant que les deux autres déposaient leurs affaires près des lits superposés. Kiera trouva ce qui ressemblait à un récipient et y déposa des cristaux de sel rouge pour Blue. Elle rejoignit Finn et mit sa ceinture pour le saut dans l’hyperespace.

— Bien accrochés, les amis ? C’est parti.

Le pilote actionna la manette et les étoiles devinrent des traits de lumière, puis laissèrent place à un tunnel de couleurs bleues et blanches.

— Comment vous avez obtenu ce Vulptex, demanda le contrebandier pendant qu’il maintenait le vaisseau dans sa lancée.

— Il appartenait à mon maître. Il l’a acheté il y a des années de ça pour faire des courses de vitesse. Il gagne à tous les coups, répondit Kiera et posant sa main sur le pelage de cristal. J’ai passé pas de mal de temps à m’occuper de lui. Être rentable lui a permis d’avoir un bon traitement.

Une fois le vaisseau stabilisé dans l’hyperespace, Kiera se leva et alla s’asseoir à une petite table où Finn la rejoignit.

— Tu vivais où avant de partir ? demanda-t-il pour engager la conversation.

— Peu importe. Je n’espérai qu’une chose, c’était de m’en aller.

— Tu crois vraiment que je peux maîtriser la Force ? Je l’ai sentie en moi, je sens qu’elle est là, mais je ne sais pas comment l’utiliser.

— Tu vas apprendre, comme tous les Jedi avant nous. Je pense que tu as peur de ne pas être à la hauteur de ce que toi et les autres attendez de quelqu’un qui possède la Force. Je ne pense pas que cela implique d’être un Jedi. Mais il est vrai que nous avons de plus grandes capacités et qu’il est bon de les mettre au service de la Lumière. Rien n’oblige à suivre la voie des Jedi. Je ne sais même pas ce qu’elle vaut et, honnêtement, regarde où ça les a menés. Ils ont peut-être passé trop de temps à suivre des instructions et des règles dans de vieux livres en oubliant de se fier parfois uniquement à la Force pour choisir leurs actions. Ils se sont sûrement lié les mains à se plier aux règles, faisant d’une voie un couloir qui les empêchait de voir pleinement les choix qui s’offraient à eux et de ressentir profondément la Force. Je sais que ces règles sont là pour éviter les dérives, mais elles manquaient probablement de souplesses.

— Je crois pas que je sois capable de devenir un Jedi, je suis pas Rey, je suis pas Luke.

— Moi non plus. Et toi, tu es Finn. Et le monde s’en fiche que tu ne sois pas Rey ou Luke. Il ne te le demande pas. Le sabre de Luke t’a choisi, un cristal kyber t’a choisi, fais-leur confiance. Fais-toi confiance. La Force n’est pas quelque chose que tu peux impressionner ou convaincre. Elle sait ce qu’il y a dans ton cœur. La Force est avec nous, Finn.

— Ouais, elle aussi avec les Chevaliers qui se baladent quelque part dans la galaxie prêts à nous tomber dessus.

— La Force ne s’offre pas à l’obscurité. Ils la prennent. Quiconque s’en empare est puni de ses actes. C’est comme si la Force pourrissait entre leurs mains et qu’ils s’en servaient pour faire du poison. Puissant et malsain. Si nos intentions sont bonnes, ce qui est le cas, nous aurons la Force à nos côtés.

— Wow… je crois que je commence à y croire, conclut Finn avec un sourire.

Après un certain temps, les étoiles reprirent leur place autour d’eux et le vaisseau sorti de l’hyperespace.

— Bienvenu sur Malastare, mes amis.

La planète qu’ils avaient devant eux semblait offrir de nombreux paysages différents. Ils pouvaient voir de grandes surfaces vertes couvrant une bonne partie de l’ensemble, mais aussi des étendues d’eau et des chaînes de montagnes.

— Ça a l’air sympa, déclara Kiera.

— Ça va vous passer. La course de la Vinta Harvest est la deuxième course la plus difficile de la galaxie et tout est basé sur les différents paysages. Préparez-vous à affronter les éléments, mes amis.

Une communication de l’extérieur les interrompit. On leur demanda leurs identités pour atterrir. Les accès avaient été limités au public de la course et aux pilotes. Ils furent escortés jusqu’au hangar de stationnement.

Ils furent accueillis par un Besalisk habillé de tellement d’étoffes que Kiera ne pouvait compter les couches et ne remarqua pas tout de suite qu’il avait quatre bras. Il avait la peau beige, un visage avec une large bouche et une crête partait de son front vers l’arrière de sa tête.

— Bonjour, chers amis ! fit-il en écartant les bras comme signe de bienvenue. Je suis le sénateur Berett et un très bon allié de la Résistance, ajouta-t-il avec un clin d’œil. J’ai cédé la place d’un de mes pilotes pour vous et j’espère que je ne le regretterai pas. Je connais les qualités de la flotte de la Résistance et je vois une victoire au bout de cette merveilleuse course. Et je vois que vous avez mis le Général Finn en première ligne.

— Ouais… fit ce dernier sans trop savoir quoi dire. Je vous remercie au nom de la Résistance de nous permettre de participer à cette course, monsieur le sénateur…

— Oh, je vous en pris c’est normal. Et puis l’échange est égal. Qui est l’autre pilote ?

— Moi, répondit Kiera. Ravie de vous rencontrer, je m’appelle Kiera Seren.

— Ravi également, dit le sénateur soudainement moins sûr. Et vous ?

Il se tourna vers le contrebandier qui inclina son chapeau et sourit :

— Un honnête citoyen, monsieur.

— Vous êtes certaine que deux êtres humains sur cette course soit une bonne idée ? Les pods sont des machines dangereuses.

— Ne vous inquiétez pas, monsieur le sénateur, répondit Kiera. Nous savons ce que nous faisons.

La confiance de la jeune femme sembla déteindre sur le Besalisk qui se ressaisit, bomba le torse et hocha la tête.

— Bien, sur ce, je vous retrouve demain. Ah oui, j’oubliais. Je vous ai mis à disposition plusieurs gardiens pour surveiller votre cargo et vos podracers en attendant, bonne journée.

Le sénateur s’éloigna tranquillement et rejoignit un Toong qui attendait à l’entrée.

— Bon, voilà qui est réglé, dit le contrebandier. Je vous laisse l’accès au vaisseau pour y passer la nuit. Je vais aller voir si je peux faire quelques affaires avec notre grand allié de la Résistance.

Leur pilote parti à la poursuite du sénateur, laissant les deux amis derrière.

— Tu as des crédits sur toi ? demanda Kiera.

— Ouais.

— Alors, allons voir ce qui nous attend et boire un verre après ça.

Finn et Kiera rejoignirent le hangar où se trouvaient leurs podracers. Ils devaient y retrouver l’autre allié qui avait fourni une place de pilote et essayer les machines.

Les engins étaient de deux tailles différentes. L’un avait une nacelle avec une coupe aérodynamique de stabilité et l’autre était de forme plus cylindrique et plus légère.

— Pas mal, hein ? fit une voix sur leur droite.

Finn et Kiera tournèrent la tête et découvrirent une Tholothian, une humanoïde avec des écailles sur le crâne et de longs tentacules qui en tombaient avec souplesse.

— Je m’appelle Kellia et je vous ai laissé ma place comme pilote. Kiera Seren, vous êtes sur le 1-IS4ZN56, dit la Tholothian en désignant le vaisseau turquoise léger, et Général Finn sur le YN-123RO.

— Caractéristiques ? demanda Kiera.

— L’IS est plus rapide et plus maniable, mais plus fragile. Sa légèreté le rend très sensible à l’action des plaques de directions, raison pour laquelle je veux que vous le maniiez un peu avant de le sortir demain. Quant au YN, c’est une belle bête bien solide. Sa cellule d’énergie est plus grosse et ses moteurs plus puissants, mais il a du mal avec les virages serrés, donc il faut absolument les anticiper. Il est beaucoup plus solide que l’IS, ce qui sera un avantage pendant l’épurateur où il va y avoir beaucoup de chocs. On vous a trouvé deux modèles totalement différents et j’espère que ça servira la victoire, même si je reste perplexe à l’idée d’avoir deux pilotes humains.

— Vous inquiétez pas pour ça, déclara Kiera fermement. C’est quoi l’épurateur ?

— Voici mon conseil, dans le premier tour, ne cherchez pas à être devant, restez en vie. Le premier tour est ce qu’on appelle l’épurateur et c’est le moment le plus dangereux. C’est au deuxième tour que vous allez pouvoir commencer à jouer avec les performances de vos pods. Vous êtes placés au centre droit et centre bas. Avancez autant que vous pouvez, mais maintenez-vous le plus au centre possible, car beaucoup de passages sont étroits et si vous êtes sur les bords, c’est le mur ou la chute assurée.

— Bon, il nous reste plus qu’à tout miser sur la Force, déclara Kiera, positivement résignée.

— Ça ne peut pas être pire que de se battre contre le Premier Ordre avec dix vaisseaux contre des centaines de destroyeurs, assura Finn en s’approchant de son pod. On les essaie ?

— Allez-y, vous me suivez avec jusqu’au circuit de test.

Les deux amis montèrent dans leur nacelle et retrouvèrent le bouton d’allumage des moteurs avec les souvenirs qu’ils avaient de Tatooine. Les manettes directionnelles étaient faciles à manier, avec une fermeté dans le mouvement idéale, démontrant la qualité des engins. Kiera fut surprise par la sensibilité de la direction et faillit envoyer son pod dans le mur.

Les hangars étaient tous positionnés dos au circuit d’entraînement de tel sorte que personne ne pouvait voir ce qu’il s’y passait, hormis par l’entrée qui était évidemment soigneusement gardée.

Les tests se passèrent bien et les deux pilotes prirent en main leur podracer sans difficulté. Ce n’était pas les premiers vaisseaux qu’ils pilotaient. Ils travaillèrent sur les virages et le freinage avec de nombreux exercices variés mettant en scène quelques pièges traditionnels de la Vinta. Rien qui ne leur fit peur sur le moment.

Finn et Kiera étaient de plus en plus excités en voyant le temps défilé et la course approcher. La peur montait chez l’un comme chez l’autre et ils décidèrent de sortir le dernier soir pour se détendre et passer le temps en sachant qu’ils ne dormirent pas de toute manière.

Ils trouvèrent un bar bien animé qui leur plut et entrèrent.

— Qu’est-ce que je vous sers ?

— Deux fois ce que vous avez de meilleur pour quinze crédits.

— Pas de problème.

Le barman leur tendit deux verres d’un liquide jaune scintillant. Kiera haussa les sourcils en regardant Finn, puis prit les boissons pendant qu’il payait.

Ils étaient assis depuis deux minutes quand un Theelin aux cheveux vert flamboyant s’approcha d’eux et fila un coup de coude à Finn.

— Vous voulez un bâton de la mort ? chuchota le Theelin

— C’est quoi un bâton de la mort ? demanda Finn, intrigué.

— Oublis, ça retourne l’estomac. C’est pas bon avant une course, répondit Kiera avant de se tourner vers le revendeur. Allez-vous-en, on n’est pas intéressés. Sérieux, les vendeurs de drogues ont une vie terrible. Ils traînent dans les bars et les pires endroits pour refourguer des cargaisons pour lesquelles ils peuvent se faire tuer. Ils ne prennent pas le temps de penser à leur vie.

— En parlant de se faire tuer, commença Finn, je repensai à ce que tu m’as dit sur la Force. Tu crois vraiment que je suis fait pour ça ? J’étais stormtrooper à la base.

— Fait pour quoi ? La Force ?

— Ouais. J’ai envie d’être un Jedi, vraiment. Mais vous avez de l’ascendance derrière vous, pas moi.

— Tu sais, la Force, c’est pas un boulot. Les parents, ça aide peut-être mais on peut s’en passer pour réussir dans la vie. La Force ne circule pas dans notre sang, elle est partout en nous. Ma mère n’est quasiment pas sensible à la Force et elle ne s’est jamais sentie honteuse de quoi que ce soit. La Force est un privilège, mais pas une marque de supériorité. Nous ne sommes pas meilleurs ni moins bons que d’autres. La Force s’exprime en toi alors que tu n’essaies même pas. J’ai l’impression d’avoir devant moi une pierre à l’état brute si incroyable qu’elle arrive à briller sans être taillée. Qu’en je vois le boulot que ça m’a demandé de maîtriser la Force…

— Tu vas finir par me mettre la pression, dit Finn. Assez parlé de moi. À ton tour, c’est quoi ton histoire ?

Kiera hésita un instant, puis commença :

— Comme tu le sais, mon grand-père est Obi-Wan Kenobi. Lorsqu’Anakin, le père de Luke et Leia, est devenu Darth Vader, il a demandé à sa famille, à savoir ma grand-mère et ma mère tout juste née, de se cacher. Ma grand-mère ne s’est jamais remariée. Je ne l’ai pas connue, elle est morte peu de temps avant la bataille de Yavin. Maman dit qu’elle est morte de chagrin. Ma mère a rencontré mon père sur la planète où nous avons élu domicile et ils ont eu deux filles : Seren et moi. Quand j’ai eu dix ans, ils sont arrivés… J’ignorai qui étaient les Chevaliers de Ren à l’époque. Ils ont enlevé deux enfants ce jour-là, dont ma sœur. Mes parents Vader ignoraient leur existence et Obi-Wan voulait veiller sur Luke. Il est parti sur Tatooine où il pensait qu’Anakin ne retournerait jamais et nous sommes allées aussi loin que possible.se sont battus et mon père est mort sans pouvoir les empêcher de prendre Seren. Des marchands d’esclaves ont profité de notre désespoir et menacé ma mère de me tuer si nous ne nous laissions pas faire. J’avais dix ans… je ne comprenais rien de ce qui se passait. Nous avons atterri dans une nouvelle maison où on nous traitait bien. J’ai développé petit à petit la Force et, quand mon maître s’en est aperçu, il en a profité. Je désapprouvai, mais j’étais encore mieux traitée et ma mère par la même occasion. Pour être honnête, ce qui ce passe dans la galaxie, y a qu’au marché qu’on s’en rend compte. Premier Ordre ou pas, je n’ai vu aucune différence. Mais en laissant traîner ses oreilles au bon endroit, on peut tout savoir.

— Tu n’as jamais eu envie de partir ?

— Je crois n’avoir jamais voulu autre chose de ma vie, répondit Keira en souriant. Au départ, c’était par admiration pour l’immensité de la galaxie, après, c’était pour retrouver ma sœur, à sa mort, pour ne plus être une esclave et, aujourd’hui, pour sauver des vies et ramener la paix…

— Comment tu sais que ta sœur est morte ?

— Je l’ai sentie. C’était étrange… et effrayant. J’ai eu l’impression d’entendre un cri inaudible, loin dans les étoiles. Puis ce vide à l’intérieur, comme si on m’avait retiré un organe, que quelque chose manquait. Je me suis mise à avoir mal au ventre et à la tête qui tourne et j’ai compris qu’il s’agissait de Seren.

— Tu ne crois pas qu’elle ait pu passer du côté obscur ? Et que c’est pour ça que tu l’as sentie partir.

— J’y ai pensé. Passer du côté obscur, c’est mourir d’un certain point de vue. Mais c’était plus fort que ça. Obi-Wan l’a senti aussi.

— Pourquoi on ne l’avait pas vu avant ?

— D’après ce que j’ai compris, il faut un grand pouvoir pour passer du monde des morts à celui des vivants, mais surtout, il y a eu l’affaiblissement conséquent de la Force. L’influence du côté obscur est aussi très importante dans l’entourage de la personne auprès de qui tu veux apparaître. Les Chevaliers de Ren sont dévoués au côté obscur. Ils ne cherchent pas à le contrôler, mais se laissent contrôler par lui.

— Tu as appris tout ça au marché ? ironisa Finn

— Tu crois que j’étais volontaire juste pour aller faire les courses ? Non, je suis une mine d’informations. J’ai aussi eu la chance d’avoir Kali Min, mon maître. Elle m’a appris à me battre et à utiliser les rudiments de la Force.

— Alors c’est pas ton grand-père qui t’a appris tout ça ?

— Non, il a pu revenir ici seulement après le réveil de la Force. S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est de profiter du temps qu’on a avec ceux qu’on aime. Ils peuvent partir très vite et très loin.

— Ouais, je vois ce que tu veux dire… Rey est partie tout de suite après la victoire. On a à peine eu le temps de célébrer. On dirait qu’elle a fui… Qu’elle nous a fuis…

— Je vois que ça te fait de la peine. Vous étiez proches ?

— Rey fait partie des premières personnes à m’avoir regardé comme un humain et pas une machine-soldat.

— Qu’est-ce que ça fait d’être stormtrooper ?

— Rien. On ne ressent rien et on t’apprend à rien ressentir. J’ai l’impression que ma vie a commencé quand je suis allé sur le terrain pour la première fois. Jusque-là, j’avais toujours été à la base et ils m’ont transféré dans une unité d’intervention. On accompagnait Kylo Ren sur Jakku quand il a ordonné l’exécution des villageois…

— Tu as tiré ?

— Je n’ai même pas eu le temps. Un camarade s’est fait tuer sous mes yeux. C’était comme si mon casque m’avait coupé du monde toute ma vie et que je le retirai soudainement. J’avais l’impression d’entendre, de voir, de sentir pour la première fois. Après ça, j’ai été incapable de lever mon blaster. Heureusement, c’est passé inaperçu. Poe s’est fait enlever juste après et je l’ai aidé à s’échapper.

— Donc, c’est lui, la première personne qui t’a regardé comme un humain, dit Keira avec un sourire.

— Ouais, carrément. J’avoue qu’à frôler la mort en permanence tout juste après avoir commencé à vivre, ça rend mes sentiments et mes émotions plutôt confus.

— Et tu as essayé de lui en par…

Kiera s’arrêta de bouger. Quelque chose allait se passer. Finn était aux aguets lui aussi. Dans un même mouvement, ils glissèrent discrètement leur main vers leur sabre.

— Sortons tranquillement, murmura Finn en se levant en douceur.

Kiera le suivit et ils se dirigèrent vers une rue à l’écart où leur ennemi pourrait se dévoiler. Les bâtiments étaient très haut autour d’eux et la lumière peinait à se frayer un chemin. L’endroit était lugubre, humide et abandonné. Finn et Kiera se mirent dos à dos et attendirent.

Des bruits mécaniques leur indiquèrent que des robots allaient les rejoindre. Face à Finn se présentèrent deux droïdes de combat et un personnage masqué, tous trois bien armés. Kiera eut droit à deux sortes de boules métalliques qui se déployèrent en robots avec un bouclier.

— T’en as combien ? demanda Kiera.

— Trois. Et toi ?

— Deux squelettes avec un bouclier. Des droïdekas je crois.

— Ça va le faire.

La personne masquée les interrompit :

— Ne le prenez pas mal, on fait juste le tri.

— Je savais pas qu’on était une si grande menace pour la victoire, dit Finn en réponse.

— Ce n’est pas le cas. Mais vous êtes un Général de l’ancienne Résistance et vous avez fait du mal au marché de l’armement.

— Ahhh, donc c’est une revanche personnelle.

— Exactement.

Le chasseur de primes s’arma d’un blaster à charge rapide tandis que les droïdes s’avançaient lentement. L’un de ceux en face de Kiera donna le premier avertissement :

— Vous êtes cerné, en sous-nombre et sous-équipé. Rendez-vous sans combattre.

Cela ne fit que renforcer le ridicule que leur trouvait Kiera à se balader sur leurs trois pattes :

— Fais voir ce que tu as dans le ventre, tête de pioche.

— T’es obligée d’être aussi provocante ? intervint Finn.

— Il me cherche, il me trouve.

Les deux amis se placèrent sur leurs appuis et activèrent leur sabre de lumière.

La rue s’éclaira de bleu et de feu.

Finn n’eut pas trop de mal à se débarrasser de ses adversaires qui ne s’attendaient pas à voir deux utilisateurs de la Force et du sabre devant eux. Malheureusement, il tua le chasseur de primes avec un retour de tir. Ce fut plus difficile pour Kiera. Les lasers des blasters qu’elle renvoyait avec le sabre ne faisaient que s’écraser sur le bouclier des droïdes et elle ne pouvait rien faire d’autre que de reculer. Elle trébucha sur des débris étalés par terre et utilisa la Force pour ne pas heurter le mur. Elle reprit les parades et se concentra. Ce qu’elle voulait, c’était écraser les canons. La Force passa au-delà des boucliers et le métal se mit à plier. Les tentatives de tirs provoquèrent des dysfonctionnements qui mirent ses ennemis à terre dans des gerbes d’étincelles et d’inquiétantes fumées.

— Quelqu’un d’autre à un problème avec la Résistance ?! cria Finn exalté par l’adrénaline.

— Dommage, on ne saura pas qui est le commanditaire. En tout cas, j’espère que c’est bon pour ce soir, protesta Kiera avant de désactiver son sabre et de prendre la route du hangar.

— Ouais, faut pas abuser non plus, dit Finn en la suivant.




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