Star Wars Knights of The Old Republic

Chapitre 10 : Taris : en attendant Ordo

3496 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 02/08/2021 20:23

En attendant Canderous, nous nous autorisâmes un moment de relative tranquillité en sirotant chacun un verre que nous estimions avoir bien mérité. Carth et moi, malgré notre rapport hiérarchique, commencions à baisser certaines barrières, et à nous envisager de manière plus informelle, voire amicale. D’ailleurs, depuis quelques temps, nous ne nous appelions plus systématiquement par notre grade militaire, mais bien par notre prénom respectif. Les aventures que nous avions vécues ensemble nous avaient rapprochés, et, même s’il demeurait toujours un certain égard professionnel, je pouvais dire que nous nous apprécions.


« Pendant un instant, j’ai bien cru qu’on ne la retrouverait jamais. » Annonça Carth solennellement, qui prit soin de ne pas nommer sa supérieure en public. « Ca aurait signé la fin de cette guerre, et la chute de la République. »


Je ne répondis pas de suite. Je jetai un coup d’œil à mon camarade, et, tout en levant exagérément les sourcils, je fis une moue qui trahissait chez moi une très grande part de perplexité. J’avais toujours en travers de la gorge les échanges peu chaleureux que j’avais eus avec Bastila jusque-là. Certes, elle était un élément essentiel à la survie de la République, mais j’avais à ce moment enterré toute estime que j’aurais pu avoir pour elle avant de l’avoir secourue un peu plus tôt.


« Oh oui, un drame. Et quelle merveilleuse rencontre, par ailleurs. Un vrai petit bonheur. On ne l’oubliera pas de sitôt, c’est certain. » Répondis-je finalement, sans cacher l’ironie qui se logeait dans mes paroles. 


Carth me fixa avec une certaine incompréhension, très inattendue. Il fronça les sourcils, puis prit la parole :


« Oui, je sais qu’elle n’a pas été facile tout à l’heure. Mais mettez-vous à sa place. Imaginez la responsabilité que l’Ordre et la République ont placée sur ses si jeunes épaules. Il y a de quoi être un peu sur les nerfs. D’ailleurs, je regrette un peu de m’être laissé emporter par mon agacement lorsque nous échangions tous. »

Je ne répondis rien et me contentai de fixer Carth avec confusion. Celui-ci me rendit exactement le même regard et reprit :


« Vous êtes toujours sur cette petite déconvenue à bord du vaisseau ? Allons, vous n’allez pas vous faire un avis définitif sur cet évènement mineur ? » Demanda Carth, qui prit encore soin de ne pas donner d’information compromettante en nommant clairement l’Endar Spire dans un lieu aussi bondé qu’une cantina.


Je lançai alors un nouveau regard incrédule à Carth. Ce dernier avait pourtant passé beaucoup de temps avec Bastila sur l’Endar Spire. Comment pouvait-il se montrer aussi indulgent avec elle ? Cela n’avait pas de sens. A moins qu’elle ne lui réservât pas le même traitement qu’à moi.


« Vous plaisantez ? » Ajoutai-je. Je ne savais pas quoi dire d’autre à ce moment précis.


« Comment ça ? » Me répondit Carth. « Je ne vous suis pas bien, Corem. Certes, elle n’est pas d’une première approche très engageante, mais c’est quelqu’un de très estimable. J’ai pu moi-même m’en rendre compte. Elle est bien plus sage que je me l’imaginais, et je dirais même qu’elle pourrait être d’une compagnie humainement très enrichissante. J’ai pu échanger avec elle, sur le vaisseau. Elle m’est apparue comme quelqu’un de très fiable, digne de confiance, capable de prendre du recul sur les évènements et sur ses propres agissements. »


Je n’en croyais pas mes oreilles. J’observai Carth quelques secondes avant de répondre à ces dernières paroles, qui, de mon point de vue, semblaient provenir d’une autre dimension.


« Vous voulez dire que vous, elle vous laisse parler sans vous démolir et vous piétiner juste après ? Est-ce que la femme que j’ai sauvée est bien cette même femme dont vous me faites l’éloge ? Vraiment, éclairez-moi, Carth. »


Carth avait l’air de se noyer dans cette atmosphère de profonde incompréhension. Il comprit enfin que je ne faisais pas référence à cette incartade sur l’Endar Spire.


« Elle vous a encore malmené ? » Demanda le Lieutenant qui paraissait ne pas vouloir croire que Bastila s'en était encore prise à moi.


« Parce qu'avec vous, elle est aimable ? » Demandai-je aussitôt.


« Eh bien, je n'ai pas tant à me plaindre de son attitude auprès de moi. » Admit le Lieutenant, presque gêné, qui, visiblement n'avait pas le droit au même traitement que moi.


Je dirigeai le regard vers mon verre, posé sur le plateau de la table, que je tenais entre mes deux mains. Je secouai la tête avec exaspération, poussai un soupir défait, puis repris :


« C’est bien ce que je pensais. Elle a quelque chose contre moi. Soit. On n’est pas obligé de tous s’aimer, mais j'estime qu'elle n'a pas à me rabaisser à chaque occasion qui se présente. Qu'elle soit ma supérieure ou non. Bon sang, moi aussi je me suis démené comme un fou pour la sortir de là ! Je ne demande même pas qu'elle me remercie, mais je voudrais qu'elle cesse de s'en prendre à moi aussi gratuitement. »


« Vous n'avez qu'à lui dire. Ce sera plus simple. » Répondit très simplement le Lieutenant, les yeux dans le vague.


« Merci Carth, mais non merci. » Répliquai-je en pouffant légèrement.


« Pourquoi pas, après tout ? Si ça ne lui plait pas, elle vous le fera savoir, point. Elle ne va pas vous abandonner sur la planète, et son statut un peu particulier ne lui permettra pas de s'en prendre à vous professionnellement parlant. Si jamais elle tentait quelque chose, je vous soutiendrai. Je ne suis pas un officier général, mais j'ai l'oreille de certains hauts gradés. »

« Merci Carth. » Repris-je avec reconnaissance. « J'apprécie. »


« Ne me remerciez pas. Je vois bien ce que vous valez. Et même si j'ai une certaine estime pour notre amie, je ne laisserai pas un homme aussi fiable que vous se faire bousculer injustement. Même par elle. »


Je regardai mon Lieutenant avec gratitude. De je décidai de lever légèrement mon verre, comme pour faire honneur à l'homme en face de moi. Carth imita mon geste, un sourire bienveillant aux lèvres. Nous bûmes alors chacun une gorgée de notre breuvage respectif, et cessâmes notre échange, portant attention à l'arrivée prochaine du mystérieux Mandalorien, qui fit son apparition une dizaine de minutes plus tard. 


Je l'aperçus à une vingtaine de mètres de nous, tournant la tête de tous les côtés, très certainement à ma recherche. Carth leva alors une main pour indiquer notre présence à l'homme, qui dirigea alors son attention vers notre table. Il afficha d'abord un air incertain, à la vue de mon Lieutenant, qu'il n'avait pas sollicité. Cependant, lorsqu'il sembla m'apercevoir à son côté, il initia le pas vers nous. 


Canderous Ordo était un type plutôt impressionnant : malgré une taille plutôt standard, il avait des épaules et un buste particulièrement larges. Et le vêtement sans manche qu'il portait révélait une musculature dessinée imposante. Il avait un visage très symétrique, une mâchoire carrée, un regard assez peu chaleureux. En bref, un type qu'on n'éviterait de trop ennuyer. Néanmoins, ses cheveux grisonnants et ses quelques rides ne pouvaient cacher le fait que l'homme n'avait plus vingt ans. Pourtant, alors que je l'observai traverser la cantina pour nous rejoindre, il était clair que cet homme éveillait les craintes autour de lui. Clients et personnel se retournaient à son passage, tous affichant une expression inquiète. Ordo était connu ici. Tous le monde pouvait reconnaître le Mandalorien lorsqu'il surgissait. Et je suis certain que les quelques ignares qui ne savaient pas qui était Canderous Ordo se sentiraient soudainement anxieux à la vue d'un tel homme.


« Vous aviez peur de venir seul ? » Aboya tout à coup le Mandalorien, qui avait finalement rejoint notre emplacement.


Abasourdi par un tel ton, je lançai un regard surpris vers Carth, qui me le rendit aussitôt. Décidément, est-ce que j'allais ne faire la rencontre que de personnes aussi chaleureuses ? Je tournai alors la tête vers l'homme de main, qui, se tenant debout à côté de notre table, soutenait mon regard avec impatience.


« Et alors ? » Lui dis-je, jouant son jeu. « Je ne suis pas un combattant, je ne suis qu'un homme on ne peut plus normal. Quelle honte il y a à vouloir se montrer prudent lorsqu'on rencontre un Mandalorien, travaillant pour le seigneur du crime local ? » Ajoutai-je en tenant avec insolence le regard de Canderous.


Quelques courtes secondes passèrent, et je vis le Mandalorien soudainement adopter une expression presque enthousiaste, un sourire amusé remplaçant la moue fermée qu'il affichait jusque là. Il se tourna, saisit une chaise à une table derrière nous par le dossier, et vint s'installer à côté de nous. Il leva ensuite une main et claqua des doigts en direction d'un serveur proche, celui-ci hochant la tête avec zèle, et trottina ensuite vers le bar où un Rodien s'affaira aussitôt à la confection d'une quelconque boisson. Canderous dirigea ensuite son attention vers moi, toujours souriant. 


« Ils savent ce que je veux. » Me dit-il, presque fier d'avoir une telle influence ici. Sans transition, il revint vers les dernières paroles que j'avais dites. « Pour un gars normal, vous avez fait beaucoup de bruit dernièrement. Et ce n'est pas qu'une métaphore. »


Je me contentai d'observer le Mandalorien, sans dire un mot. Carth faisait de même. Il n'était de toute façon pas le centre des attentions d'Ordo.


« Et dites un peu ! » Poursuivit l'homme de main vivement, comme s'il venait subitement de penser à quelque chose. « Il est où le joli prix que vous avez remporté ? » Me demanda-t-il avec un sourire, cette fois-ci, curieux. « Je peux vous assurer que tous les pilotes étaient très motivés cette saison. Vous la gardez chez vous ? Vous allez la revendre ? »


« Vous la voulez ? » Dis-je alors avec urgence, proche de couper la parole au Mandalorien. « Si je pouvais, je vous en ferais cadeau, croyez-moi. Mais je vous préviens, c'est un cadeau empoisonné. » Ajoutai-je sur un ton entre la plaisanterie et l'exaspération réelle.


Carth m'assena alors un coup de coude assez violent pour me provoquer une vive mais courte douleur au bras. Je lui lançai un regard froid, et poursuivit en direction du Mandalorien, qui semblait de plus en plus jovial à notre contact.


« Mais apparemment, tout le monde n'est pas de mon avis. » 


Le serveur sollicité plus tôt par Canderous apparut à notre table, et vint déposer la boisson commandée devant l'homme de main. Avant de disparaitre, il s'inclina très légèrement, en signe de respect pour le Mandalorien, qui ne sembla pas y prêter attention. Il saisit aussitôt le verre et but une gorgée généreuse de son breuvage. 


« Si vous êtes venu pour négocier cette femme. » Repris-je avec certitude et avec le sérieux que la situation nécessitait. « Vous perdez votre temps. Il est bien sûr hors de question que nous la cédions à qui que ce soit. »


Canderous me fixa alors, étrangement perplexe, puis fixa ensuite Carth ; il fit deux ou trois allers-retours ainsi, avant de répondre, sur un ton taquin :


« Comment ça 'nous' ? Oh, vous vivez ensemble ? C'est une garde partagée ? Pardon, je ne m'en étais pas rendu compte ! »


Carth et moi regardâmes l'homme avec une pointe de lassitude. 


« Je sais parfaitement qui vous êtes, tous les deux. » Poursuivit le Mandalorien, qui s'était alors approché de nous, et avait adopté un volume bien plus discret. « Et je sais aussi que ce si joli prix n'est pas une simple officier de la République. Je suis d'ailleurs très surpris que Brejik ne l'ait pas reconnue. Enfin, ça ne fait que prouver une fois de plus que c'était un arriéré. Et, par ailleurs, vous croyez que je ne sais pas qu'elle a largement contribué, si ce n'est initié le bazar qui a suivi votre course ? »


« Voilà ! Enfin quelqu'un de sensé qui admet que c'est en partie de sa faute ! » Répliquai-je assez puérilement. Carth m'assena à nouveau un coup de coude, ce qui fit légèrement sourire Ordo.


« Vous n'êtes pas 'normal', et elle non plus. Et ça tombe bien, car, pour mon très prochain projet, il me faut des personnes atypiques. » Termina l'homme de main avant d'être presque coupé par Carth.


« Que voulez-vous ? » Demanda l'officier qui paraissait préoccupé par les derniers propos du Mandalorien. Canderous lança alors son attention vers mon Lieutenant, et lui répondit avec sérieux :


« La même chose que vous tous. Je veux quitter cette fichue planète. Mais on sait tous que c'est impossible pour le moment. »


« Pourquoi nous solliciter si, à votre sens, c'est impossible ? Et pourquoi vous voulez quitter Taris ? » Poursuivit Carth.


« Parce que je sais comment rendre cet objectif atteignable. Mais ce ne sera pas une promenade de santé. Quant à mon souhait de quitter la planète : regardez un peu ce qu'il se passe ! Je n'ai plus rien à attendre de Taris. Les Sith ont placé une quarantaine stricte, des lois martiales ont été adoptées dernièrement. Ils feront tout pour retrouver votre amie. Et croyez-moi, les dignitaires républicains n'agissent pas contre les Sith ; Dreshan Norr est à la botte de Malak, il est prêt à tout pour préserver son rang. J'ai combattu lors des guerres mandaloriennes ; je sens quand quelque chose va mal tourner. Et les prochaines semaines, ou peut-être même les prochains jours vont être sombres, j'en suis sûr. »


Ces paroles provoquèrent chez moi un tressaillement de stupeur. Dreshan Norr, la passation. C'était lui ce jour-là, en charge de débusquer Tavhir de son terrier et d'installer Bastila Shan au commandement de l'Endar Spire. Il serait à la botte du Seigneur Noir ? Serait-il responsable de l'attaque de notre croiseur, juste au dessus de Taris, planète dont il était le représentant officiel ? Comme par hasard, lors du crash des capsules de sauvetage, l'armée Sith était déjà très confortablement installée, comme si elle n'attendait plus que le piège se refermât sur nous. L'idée était insoutenable, mais il fallait l'accepter : le Sénateur était un traître. 


« Bon sang ! » Poussa vivement Carth, abattant son poing sur la table. « On s'est tous laissés berner ! »


« Du calme Carth. » Répliquai-je avec douceur. L'homme ne réagit pas physiquement, mais sembla se tranquilliser. « Qu'avez-vous en tête, Canderous ? » Demandai-je ensuite.


« Il n'y a qu'un seul moyen de quitter Taris. L'Ebon Hawk. » Annonça l'homme solennellement.


« L'Ebon Hawk ? » Répondit Carth doucement.


« C'est un petit vaisseau cargo. Il est la grande fierté de Davik, car c'est certainement l'un des tas de ferrailles les plus rapides de la Bordure Extérieure. Seulement, depuis l'arrivée des Sith, le vaisseau n'a plus jamais quitté les hangars de Davik. Si on veut s'en aller, il nous faudra ce vaisseau. »


« C'est formidable ! » Clama vivement Carth. « Votre statut au sein de l'Echange devrait nous permettre d'approcher le vaisseau facilement, non ? »


« Bien sûr. Mais il y a d'autres paramètres qu'il nous faut régler avant même de penser poser un doigt sur la tôle de ce vaisseau. »


Canderous tourna la tête, comme pour s'assurer qu'il ne trainait pas d'oreilles indiscrètes. Puis il regagna sa posture précédente, et, toujours aussi discrètement que possible, il reprit ses explications :


« On ne quittera jamais la planète en un seul morceau sans les coordonnées et les autorisations nécessaires. Si on décidait de s'envoler sans ça, les systèmes de défense Sith nous réduiraient en charpie avant même qu'on ait rejoint l'atmosphère. Il nous faut les codes d'autorisation de sortie. Et ces codes peuvent être récupérés dans la base militaire Sith du quartier administratif. »


« Vous songez à vous infiltrer dans une base militaire Sith ? » Demandai-je avec perplexité.


« Moi, certainement pas. » Répliqua le Mandalorien presque amusé par la question. « Vous serez très bien pour ça. »


« Je vois. » Reprit Carth désabusé. « Ca a tout un tas de 'bonnes' idées, mais pour l'exécution, faudra repasser ! »


« Je suis en mesure de vous fournir un vaisseau. » Se défendit Canderous. « Je crois que c'est là un élément indispensable à votre fuite, non ? »


« La vôtre aussi. » Ajoutai-je, les bras croisé, tentant au mieux de montrer mon mécontentement au mercenaire. 


« En effet. » Admit-il. Quelques secondes passèrent, puis il reprit : 


« Je pourrais participer à cette petite sauterie. Mais dites-vous que mes moindres faits et gestes sont racontés à Davik. Notre entretien est certainement déjà arrivé à ses oreilles. Si on apprend que je m'amuse à infiltrer une base Sith, soyez certains que Davik va très vite établir les liens et comprendre que je projette de voler l'Ebon Hawk. Et là, on peut tous dire adieu à notre saufconduit. »


Carth me lança un regard défait. Je poussai un soupir las et bus la dernière gorgée de ma boisson.

 

« Ca fait mal de l'admettre, mais ça se tient. » Annonça finalement Carth. 


« Bon, est-ce que nous collaborons ? » Demanda le Mandalorien avec urgence, et ce que je ressentais comme un soupçon d'espoir. 


« Est-ce qu'on a d'autres alternatives ? » Dis-je sans attendre de réponse. 


« Parfait. Vous pouvez me faire confiance. » Nous assura le mercenaire. « Pour démontrer ma bonne foi, je vous invite à rejoindre au plus vite le quartier commerçant, où vous pourrez trouver la boutique d'une 'cliente' qui doit de l'argent à Davik. Elle possède la boutique de droïdes, pas très loin de la base Sith. Vous lui demanderez de ma part de bien vouloir vous céder T3-M4, un petit tas de boulons, capable de contourner certains systèmes de sécurité Sith. Il pourra vous faire entrer dans la base. Elle ne vous posera pas de question, ne vous en faites pas. »


« Vous nous demandez de dépouiller une pauvre femme de sa marchandise ? » Demandai-je alors, sur ton quelque peu scandalisé, ce qui sembla provoquer un certain agacement chez le Mandalorien, qui répliqua aussitôt avec pédagogie.


« Ce n'est pas 'une pauvre femme'. C'est une personne qui est venue trouver Davik pour de la trésorerie, et qui n'a pas été en mesure de rembourser dans les temps. Ce sont les affaires. Elle doit de l'argent, elle n'en a pas, nous compensons notre perte d'une autre manière. Après, si vous souhaitez payer le droïde, libre à vous. Il vaut cinq mille crédits. En temps normal, je serais venu récupérer cette argent après votre passage, mais j'avoue ne plus avoir grand chose à faire des petites transactions de l'Echange. Mais, dans l'immédiat, on a besoin de ce droïde. Et les malheurs de cette femme nous arrangent tous. »


J'aperçus Carth lever les sourcils en désapprobation. Mais il ne broncha pas. De mon côté, j'avais une furieuse envie d'envoyer le Mandalorien paître, et trouver une autre solution pour pénétrer dans la base. Néanmoins, force était de constater qu'on ne pouvait pas se permettre d'être exigeants. Ce que nous devions à présent faire était totalement immoral, mais nous n'avions pas le choix. Il fallait quitter Taris. La survie de Bastila Shan valait largement cet écart éthique ; d'ailleurs cette idée, qui devait pourtant me rasséréner, eut le don de m'irriter encore davantage. 


« Entendu, je marche. » Finis-je d'une voix dépitée. Carth se courba pour venir me tapoter solidairement l'épaule avant de regagner sa position initiale et ajouta :


« Alors ne perdons pas plus de temps. En route, Corem. Nous en profiterons pour rappeler notre petite Twil'ek, qu'elle ne se mette pas dans une situation compliquée pour rien. »


Je hochai la tête en approbation. Carth et moi nous levâmes de notre place et, après avoir salué brièvement le Mandalorien, quittâmes la cantina, en direction de la fameuse boutique.





Merci de votre lecture. J'espère que ça vous a plu !

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