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Chapitre 2 : « Ferme les yeux »

Par LDverm

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Mon souffle était court, mon corps hésitait entre accélérer afin de ne pas arriver en retard ou s’arrêter net là où je me trouvais.

Malgré le confinement décrété par la garde et les multiples coupures électriques qui paralysait la ville, Il y avait quelques personnes dehors. Des jeunes comme moi qui se rendaient aux différentes casernes de recrutement, des junkies, des hommes ici et là à l'air douteux essayaient tant bien que

mal de refourguer les objets voler lors des émeutes.

 

Comme pour nous rappeler que la bulle dans laquelle nous nous réfugions était sur le point d'exploser, la garde était présente à chaque coin de rue.

 

Ils avaient laissé de coter les délits mineurs pour se concentrer sur des affaires plus graves.

 

Sombres et à l’afflux du moindre débordement, les membres de la garde en poste ne souriaient jamais.

Avaient-ils eu un lavage de cerveaux afin de ne pas montrer la moindre émotion ?

Toujours en nombre paire, je suppose qu'il devait y avoir une égalité parfaite entre Liberator et Exter.

 

En pleine réflexion, j’avançais vers la fontaine où m'avait donner rendez-vous Helmet.

 

Nous avions l'habitude de nous y retrouver avant d'aller en cours, c'est donc un itinéraire que je connaissais bien mais aujourd’hui il me paraissait plus long qu'à l'accoutumer.

 

J’aperçus, les boucles blondes que je cherchais à travers la foule avant même la fontaine inactive.

 

 

J'espérais qu'il remarquerait la belle chemise que j'avais mise pour l'occasion, ma chemise à carreaux tendance avant qu'il n'y ait plus de mode.

 

 

Mes craintes devaient sûrement me donner un air suspect. La question me parut tout de suite idiote.

 

 

Il avait vu tout ce qui n'allait pas mais pas la chemise. Je savais qu'Helmet prenait la situation très au sérieux et peut-être était-ce moi qui était trop futile. Après tout qui en avait à faire d'une chemise dans un tel moment ?

 

 

Pourquoi me parlait-il de retard, il n'y avait pas d'heure précise, ni même de jours pour se rendre dans une caserne de recrutement. Encore sur ma chemise, tout ce qu'il disait m’agaçait.

 

 

Cela me réchauffa le cœur et effaça la rancœur que j'avais. La gêne et le fait qu'il avait une question

me fit rougir. Après tout si c’était comme dans les films où le beau garçon se rend compte que la fille banale est son âme sœur lorsqu'ils avancent tous deux vers leur destin.

 

 

Je ne pus m’empêcher de répondre dans les méandres de mon esprit «  j'ai couru pour te rejoindre, idiot. »

 

 

Pendant l’énumération de mon déménagement je me rendis compte que le sac qu'il m'avait donné était étrangement léger.

 

 

Helmet parlait rarement de sa famille, le fait qu'il ait pris quelques souvenirs d'eux prouvaient peut-être qu'il voulait vraiment faire partie de la garde. Moi je voulais juste être avec lui.

 

Une fois sur place, l'ambiance était tendu. Des activistes semaient le trouble à coup de slogan et pancarte anti-recrutement, entourer de la garde protégeant la file d'attente de la caserne.

 

Un manifestant me sauta au visage en hurlant « Je suis de la garde meurtrière !».

 

Helmet s'interposa, entre l'individu et moi rester en arrière figé sur place par l'attaque.

Quatre membres de la garde vinrent maîtriser mon assaillant avant que deux d'entre eux ne le transportent jusqu'au camion de la militaire non loin ce qui augmenta la tentions entre les parties.

 

 

C'était la première fois qu'un membre de la garde me parlait directement. D'un naturel discret je venais d’être interpellé telle une délinquante prise la main dans le sac.

La femme tourna les talons et alla rejoindre son équipier.

 

 

Il me prit la main afin d'ouvrir un passage jusqu'à la file d'attente.

Après trois heures d'attente , nous avions épuisé tous les sujets de conversation. Nous étions revenu sur des événements passés, actuel, en inventer de nouveaux, en rigoler jusqu'à ne plus les trouver drôle. Un coup debout, puis assis ou appuyés sur différents éléments à notre porter quand nous avancions, les minutes devenaient pénible.

 

Le « futur » de la garde n'avait pas fière allure.

 

Certains motivés racontait comment ils s'imaginaient au sein de la garde à coup de grands gestes théâtral , d'autres prenaient des poses en s’évertuant à dire le nouveau slogan de la garde de façon héroïque.

 

 

Cette question me révulsa encore plus qu'imaginer l'attente à venir.

 

 

 

 

 

La gêne sur mon visage répondit à sa question.

 

 

J'entendis son râle d'agonie en m’évertuant à ne pas y prêter attention. Je n'osais pas lui dire que j'avais mangé ce qu'il y avait dans mon sac lorsqu'il prit une pause pour aller se soulager à l'abri des regards.

 

Enfin, notre tour était arrivé, la délivrance nous donna un regain d’énergie.

Nous étions un groupe d'une vingtaine de candidats à être entré dans le bâtiment.

 

Les premiers pas furent timides, cela se voyait que nous avions tous une appréhension. Après tout qu'allait-il se passer ?

 

Beaucoup de personnes étaient entrées dans ce bâtiment mais je pense n'avoir vu personne en ressortir.

 

Deux personnes s'occupaient de l’accueil d'une part et d'autres d'une immense pièce, vêtues d’uniforme semblable à ceux de la garde mais d'un bleu foncé propre aux équipes médical.

 

 

Je me tournai vers Helmet qui fit de même.

 

 

Je n'arrivais pas à croire, qu'un simple « ouais » serait la dernière chose qu'il aurait entendue de moi si nous ne nous retrouvions pas. Dans combien de temps allions-nous nous revoir ?

C'était peut-être plus facile de cracher un « ouais » plein de désinvolture que de me mettre à pleurer car je n'avais aucune envie d'être là.

 

Après avoir pris les papiers d'identité des membres de mon groupe, l'homme qui s'occupait de notre accueil nous fit entrer dans une autre pièce plus petite où il n'y avait que des sièges.

 

Assise je me demandais comment cela se passait-il pour Helmet quand soudain une femme m'appela.

 

 

Je la suivis à travers le dédale de couloirs comme un caneton après sa mère, scrutant l'enfilade de pièce la boule au ventre.

 

 

Sa voix douce me mis un peu à l'aise. Peut-être était-ce la force de la garde de nous envoyer de belle et grande blonde dans leurs centres de recrutement afin de mieux nous amadouer.

 

 

Mon regard s'attardait sur les numéros des différentes pièces, jusqu'à apercevoir la fameuse salle 54.

 

 

Nous étions dans une grande salle où régnait une odeur aseptisée, en son centre il y avait un ACM. Cet appareil à la pointe de la technologie servait à prendre différentes mesures, passer des scanners, faire des prises de sang et bien d'autres choses. Aucun détail anatomique ne pouvait lui échapper.

 

Un homme entra et me demanda de me déshabiller avant d'aller la rejoindre au poste de contrôle.

Tout aussi détendu qu'elle, il revint m'installer dans l'ACM une fois que je fus dévêtu.

 

Quoiqu'il arrive reste calme.

 

Je me retrouvais pied et poings lier au propre comme au figurer avec de parfaits inconnus, aiguilles plantées dans les bras.

 

 

Un bruit sourd retentit dans la pièce, puis au sein de l’énorme coffre qui se referma sur moi.

J'arrivais à retracer tout le parcours de la substance qui m'était injectée. Je ne sais pas ce qu'elle contenait mais une chose est certaine, je n'avais jamais ressentit une telle brûlure.

 

Les entraves m'irritaient la peau, car je me débattais pour sortir de mon enfermement.

 

La douleur intense qui parcourait mon corps et le fait d'être dans un espace réduit me mis dans un état second. La situation m'échappait. Je voyais le film de ma propre vie défiler, des moments tristes, d'autres joyeux tantôt en accélérer tantôt au ralentit.

 

Je n'étais plus là.




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