Lip’ est rapidement entouré de toute la fratrie Milkovich ainsi que des Gallagher, Ball-Fisher et de Tami. Mandy sort de ses bras pour aller dans ceux de son aîné et ses deux autres frères, ainsi que Sandy, se mettent autour d’elle comme pour la protéger des regards.
Il n’a pas besoin de regarder sa famille pour savoir qu’ils forment un cercle plus large encore pour cacher les enfants Milkovich des autres visiteurs de la cour ou encore des membres du jury.
Mike est le seul qui passe cette sorte de barrière naturelle.
« Désolé. » lance Iggy avec une grimace, tenant toujours sa petite-sœur dans ses bras.
L’avocat pousse un soupir avant de regarder l’aîné Milkovich.
« Je ne dirai pas que c’est une bonne chose que tu ais parlé sans l’intervention du juge, mais je ne vais pas te mentir en disant que cela n’était pas une bonne chose. »
« Ça a aidé alors, tu penses ? » demande V’, se tournant légèrement pour éviter de regarder Mandy.
Ils se souviennent tous de comment Fiona et elle ont traité la jeune femme et Mickey lors de leurs passages chez eux. Les remarques et les insultes cachées.
Lui, regrette ses actions et paroles. Elles aussi.
« Je pense que ça n’a pas fait de mal de montrer que vos mots, le fait qu’Iggy et Colin disent qu’ils se sont toujours occupés de Mandy et Mickey, ne sont pas que des mots. Qu’ils sont prêts à risquer le juge pour la défendre. Comme ils ont pu le faire en risquant la colère de Terry par le passé. »
« T’es stupide... » marmonne Mandy à son grand-frère qui ne fait que ricaner.
« T’as de la chance surtout que j’ai pas sauté par dessus la balustrade ouais. »
« Pff, vous étiez tous prêt à passer par dessus. » ronchonne Debbie gentiment. « Lip’ et Ian se retenaient au banc, j’suis sûre y a des traces de leurs ongles. »
Les yeux bleus, glacials, se font sur lui et il fait une moue embarrassée. Ne sachant pas vraiment où se mettre face à ça. Mandy ne fait que l’attraper par la chemise pour l’embrasser avec ferveur.
« Heoh ! J’suis toujours là ! » râle Iggy en se détachant rapidement de sa sœur, sous le rire des autres.
Lip’ regarde cette jeune femme qui a tant vécu et il ne peut s’empêcher de l’embrasser à nouveau, bien plus doucement et chastement que le précédent. Il la laisse se coller de nouveau à ses deux frères aînés, le plus vieux et Colin se mettant tous deux autour d’elle comme pour la protéger des autres personnes quand bien même ils savent qu’ils sont tous là pour eux.
Sans faire attention, il se tourne vers Ian et Mickey qui, au contraire des autres, sont dans une toute autre humeur. Une boule monte à sa gorge en pensant à ce qui allait arriver ensuite.
Mandy semble suivre son regard vu qu’elle se sépare de ses deux aînés pour aller vers le troisième d’entre eux, pour aller vers son frère de seulement un an de plus. Elle le prend dans ses bras et, alors que les autres font comme s’ils ne voyaient rien, lui regarde Mickey se tendre avant d’attraper sa petite-sœur dans ses bras, la serrer fortement contre lui et acquiescer à ce qu’elle semble dire.
Chose encore insolite chez les Milkovich, Lip’ regarde sa compagne embrasser la joue de son frère qui à l’air totalement ahuri par cela. La faisant rire de ce rire cristallin qui lui donnait envie de lui offrir le monde si elle le demandait.
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« Nous reprenons l’audience et procès de Terry Milkovich. » déclare la voix calme du juge Lahey-Whittemore alors que tous le monde reprend sa place en silence. « Je pense que nous pouvions arrêter les questions en vu de cette deuxième plainte, passons à la suivante monsieur Ross. »
Mike, son dossier à la main alors qu’il n’en a pas réellement besoin, se lève et prend une respiration bruyante.
« La troisième plainte est une plainte pour viol par proxy sur mineur sous menace armée. Plainte déposée par monsieur Mikhailo Milkovich, une année après celle de mademoiselle Milkovich soit en 2013. Le 3 juin pour être précis. La plainte stipule une autre personne, Svetlana Yevgenivna aujourd’hui Sheffield, qui a été également soumise à la menace armée de la part de l’accusé. »
Terry émit un son que Mickey reconnaît entre mile, celui du dédain. Parce qu’il se fiche de Svetlana. Tout comme de la santé de ses gosses, tant que ces derniers lui rapportent de la thune.
« Monsieur Mikhailo Milkovich, si vous voulez bien venir à la barre. »
Nope. Il ne veut pas.
Il n’en a aucune putain d’envie.
Il y a trop de gens, trop de personnes autour de lui. Il veut fuir et disparaître. Il veut retourner dans son appartement au Mexique avec la pire des colocataires, Isaura, qui lui volait tous ses plans culs ou presque. Il veut être partout sauf ici.
« Mick’. » marmonne Ian à ses côtés et il regarde son mari avec l’impression de sortir enfin d’une noyade.
Les yeux verts sont tendres et empathiques, chose qu’il déteste et a tellement besoin à l’instant. Le visage de Ian fait un mouvement vers la cour et il papillonne des yeux un instant avant de se rappeler qu’on l’avait appelé.
Il ferme les yeux fortement, se passe les mains sur ces derniers en respirant fortement et se laisse entraîner par Mike.
« Besoin d’un verre d’eau ? » demande le juge avec bienveillance, une lueur que Mickey pense reconnaître dans les yeux.
Il secoua la tête et s’excuse pour sa non-réaction.
« On peut y aller. » fit-il à Mike, avec plus de force dans la voix qu’il n’en a réellement.
L’ami de sa sœur a un sourire en coin à sa phrase avant de reprendre un visage plus sérieux.
« Pouvez-vous nous expliquer cette plainte ? »
Il a un ricanement amer à la question.
« Y a vraiment besoin ? » L’avocat lui fait signe de parler et il soupire, ses mains agrippants les accoudoirs de sa chaise. « Uh. Ian et moi nous voyions déjà depuis un moment à l’époque. J’savais que Terry ne devait pas être là pour une affaire dans une autre ville et mes frères comptaient en profiter pour aller au bar tranquille et se trouver un endroit où – uh – dormir sans dormir j’imagine. » son expression fit ricaner quelques membres du jury « Ma sœur prévoyait de voir Lip’. J’ai donc décidé de profiter aussi et d’inviter Ian à la maison. »
Mickey se rappelle encore de l’air de chiot abasourdi de son maintenant mari, bordel ce mot est réel, alors qu’il demandait s’il avait été invité à une soirée pyjama. P’tit con qu’il était à l’époque. Toujours par ailleurs.
« On – uuh – On ne jouait pas au scrabble quand Terry est rentré plus tôt que prévu. »
« Vous étiez entrain d’avoir des relations sexuelles c’est ça ? »
Mickey se mord la lèvre, son pouce passant sur sa bouche.
« Yup. » répond-t-il avec une énième boule au ventre.
« Continuez. »
Il se demande comment Mandy a réussi à parler. Il se demande si la boule dans sa gorge va disparaître et le laisser dire ce qu’il a dire.
Le brun cherche Ian du regard et ce dernier a les deux mains jointes devant sa bouche, ses coudes sur ses genoux, les yeux sur lui et il le voit trembler, probablement à cause d’une de ses jambes. Il sait que le roux a ses arrières. Il les avaient toujours eu.
« Terry est arrivé alors qu’on – uh – avait du sexe. Il s’est mit à hurler et a attrapé Ian pour commencer à le tabasser, disant qu’il ne laissait pas un gars convertir son fils en pédale. J’ai – Je suis rentré dans la bagarre et – j’ai pris un coup de flingue dans la tête. Ian et moi étions en sang et Terry avait son flingue pointé sur nous. »
Il revoit le moment où il imaginait son paternel le tuer d’une balle dans le crâne, comme ça, sans préavis ni aucun au revoir. Une mort clean après une dernière rouste. Et la mort de Ian sur la conscience car il avait été sûr que le roux le suivrait dans la minute.
« Au lieu de nous flinguer comme je l’imaginais faire, il a appelé quelqu’un en disant d’envoyer la russe. Une jeune femme est arrivée dix minutes après qui m’ont parût des heures. »
Il se souvient du corps de Svetlana sur le sien, de sa chaleur alors qu’il était incapable de la lever. Du regard de Ian, détruit et le suppliant d’il ne savait quoi.
« Sous ses ordres, elle s’est déshabillée et s’est installée sur moi. Forçant Ian à regarder alors qu’elle - »
Mickey ferme les yeux et prend une grande respiration. Il sent l’odeur du parfum à deux balles de Svetlana, l’odeur de la maison pourrissante, de son propre sang.
Il ressent le regard de Ian sur lui, passé et présent. La présence du flingue face à lui, passé. Le regard haineux de Terry, passé et présent.
« Elle est partie après que j’ai – soit disant terminé. Terry a gardé son flingue sur Ian le temps qu’il se rhabille et l’a sorti de force. Puis m’a tabassé un peu plus. Avant d’appeler nos oncles pour dire qu’il avait baisé la tarlouze hors de moi. J’crois qu’il y a eu une fête. J’me souviens pas de ce qu’il s’est passé après que je me sois effondré au lit à cause de mon crâne fêlé. »
« Crâne fêlé ? » demande Mike avec une fausse surprise. « Nous n’avons aucune radio de cela. »
« Quand on vit avec Terry, on apprend vite à reconnaître les différents types de douleurs que des os peuvent faire. » répond-t-il en haussant légèrement les épaules, ton neutre, désabusé.
Son souffle reprend légèrement à cette phrase banale, qui ne l’est pourtant pas. C’était sa vie de tous les jours. Elle n'aurait pas dû l’être. Il le sait maintenant. Il le sait en voyant Liam, toujours avec son casque, et Franny grandir.
Il lance vaguement un regard aux Gallagher et il voit l’horreur dans leurs yeux. Hors Lip’. Donc le frère et meilleur ami de Ian était bien au courant. Cela ne l’étonne pas vraiment.
Mais les autres membres de la famille non. Carl et Fiona lancent tous deux des regards de fureurs dans le dos de Terry. Debbie a la main sur la bouche, horreur sur son visage, de même que V’. Kev’ semble triste. Tami et Emi, qui devaient penser que rien de pire après Mandy ne pouvait arriver, avaient clairement oublié les différentes plaintes et le rappel était douloureux.
« Qui vous a convaincu de porter plainte ? »
« Mandy. Et Iggy. Mandy a plus ou moins deviné ce qu’il s’était passé parce que Terry était trop heureux de hurler son exploit et elle m’a soigné pendant sa fête. Je l’ai dit à mon frère, Iggy, sans vraiment m’en rendre compte. J’étais toujours à l’ouest dû à mon crâne. Il a pointé son flingue sur Terry après ça, le forçant à quitter la maison. Et ça m’a convaincu d’essayer la voie légale, vu que j’voulais pas mon frère en taule pour avoir buté notre donneur de sperme. »
« Oui, je pense que toute la cour a compris que vos aînés étaient prêts à beaucoup pour vous et votre sœur. » déclare Mike avec un sourire doux. Sourire qui disparaît quand il se tourne vers le juge. « Je n’ai plus de question. »
Pas qu’il y ai vraiment eu de questions a envie de dire Mickey, mais qu’importe. Il a plus peur de finir entrain de tabasser Glaziev qu’autre chose à l’instant. Ce dernier se lève et s’avance vers la barre avec un sourire faux qu’il a déjà envie de lui faire bouffer.
« Vous sortiez avec le petit-ami de votre sœur ? »
« Elle servait de fausse copine, elle sortait avec Lip’. Que Ian et moi soyons quelque chose n’était pas un vrai problème. » répond-t-il avec un sourcil haussé, ne voyant pas où il voulait en venir.
« Le même gars que vous aviez menacé de tuer par le passé ? »
Ah, ça.
« Une erreur de communication de la part de ma sœur. »
« Drôle d’erreur de communication. » ricane l’avocat. « Avez-vous des preuves du fait que mon client soit celui qui vous ait battu ? »
« Hors la parole de Ian, non. »
« Vous êtes mariés depuis combien de temps ? »
« Quelques mois, ça date de mars. » dit-il en fronçant les sourcils.
Ne lui dites pas -
« Vous-êtes vous mariés pour le privilège marital durant un procès ? »
« Votre honneur ! Vraiment ? » se lève Mike avec incrédulité face à la question.
Le juge pousse un soupir lasse.
« Rejetée monsieur Ross. Répondez s’il-vous-plaît monsieur Milkovich. »
Il regarde le juge puis l’avocat de Terry avec de gros yeux ronds.
« Non. J’aime Ian depuis que j’ai dix-sept ans. C’est la seule raison. »
« Vraiment ? Car j’ai des témoins me disant que c’est une conversation que vous aviez eu, en présence de mon client et plusieurs membres de votre famille, de comment éviter de plaider contre votre amant durant un procès. »
« Ce - » un rire amer passe ses lèvres. « Croyez-moi, cette question n’a pas mené à notre mariage. »
« Oh ? Pouvez-vous élaborer ? »
« On a failli se marier à la mairie car nous pensions tous deux que l’autre avait en effet commis un crime suite à - » il se gratte la lèvre « un incident. Chose qui s’est révélée ne venant d’aucun de nous deux, faisant réfléchir et repenser mon crétin de rouquin sur le mariage. J’ai signé, parce que encore une fois, j’aime ce crétin depuis que j’ai dix-sept ans, lui non. J’vous annonce que ça n’a pas bien fini. »
« Pourtant vous êtes mariés aujourd’hui, après que cela se soit ‘’mal fini’’. » répète Glaziev en mimant des crochets avec ses doigts. « Comment ça se fait ? »
« Ian s’est rendu compte que j’en avais rien à foutre de sa maladie, que je le choisi contre tout et tous le monde. Il a fait une demande et j’ai dis oui. »
« Ah oui. La bipolarité de monsieur Gallagher. »
Mickey commence à se lever à cela mais ses yeux réussissent à attraper ceux de Ian avant qu’il ne mette un pain dans la tronche de l’avocat. Le roux secoue la tête, lui disant silencieusement de laisser tomber.
Glaziev, souriant malgré la légère peur en le voyant bouger, ricane.
« Sujet sensible hn ? »
Il fronce les sourcils à la provocation. Le juge tape son marteau et coupe l’échange de regard entre lui et l’avocat corrompu.
« Maître Glaziev, une question ? »
« Non. J’en ai terminé votre honneur. »
Ce dernier et Mickey retournèrent tous deux à leur place. Ian se presse contre lui instantanément, sa grande main lui attrapant une des siennes et lui en embrassant le dos. Le corps du roux pressé contre le sien lui fait l’effet d’un ballon se dégonflant. Il va crash, peut-être comme Mandy peut-être en s’endormant. Mais il sait qu’il va finir tout faire pour fuir les questions.
Il est étonné de voir Mike se lever une nouvelle fois.
« Votre honneur, avant d’en finir avec cette affaire, j’ai un autre témoin que j’aimerai appeler. »
Lahey-Whittemore hausse un sourcil à cela mais laisse le blond continuer.
« J’aimerai appeler à la barre Svetlana Yevgenivna aujourd’hui Sheffield, anciennement Milkovich. »
Mickey entend le grincement du banc alors que quelqu’un se lève. Il entend les talons. Il peut presque sentir le parfum vanille à deux balles.
Ses yeux regardent la silhouette de Svetlana passer devant lui sans un regard et leurs yeux ne se croisent que quand elle s’assoit là où il était quelques secondes avant.