Chevalier, mais pas trop ...

Chapitre 42 : DANS LA CHALEUR DE LA NUIT

Par Sumoenjun

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Disclaimer : cf. chapitre 1



Attention, ce chapitre contient des passages sexuellement explicites.

 

 

CHAPITRE 42

DANS LA CHALEUR DE LA NUIT

 

 

—   Franchement, Iris … hmmm, tu ne m’aides pas … hmmm, du tout, reprocha Saga à sa dulcinée qui l’inondait de baisers sur le chemin du retour.

—   Si ça te déplaisait vraiment, tu aurais déjà couru devant moi.


Saga capitula. Enfants, elle retournait ses théories et propos contre lui ; quand il était le Grand Pope, elle n’avait pas hésité à le narguer alors qu’elle risquait énormément. Dorénavant, il devrait se montrer un peu plus ferme s’il ne voulait pas être manipulé.


—   Garde ton énergie pour la suite. Allez ! Encore deux cents mètres et on y est. Plus aucun baiser pendant ce temps.

 

Iris fut agréablement surprise de voir que Saga tint bon. La maison était en vue mais la porte était grande ouverte ce qui intrigua Saga.


—   Je vois qu’on n’est pas partis très longtemps, le rassura Iris qui le précéda. J’ai quitté la maison à toute vitesse quand j’ai senti ton cosmos. Je n’ai pas pris le temps de fermer à clef, même si je ne risque pas de me faire cambrioler. Et pendant que j’y suis, merci d’avoir veillé à ce qu’elle soit toujours habitable après mes années à Asgard même si j’ai dû faire quelques travaux.


Saga sourit en se passant nerveusement la main derrière la nuque. Elle savait. Il ne voulait même pas savoir comment. Ce qui signifiait qu’elle était aussi pleinement consciente de l’identité du Pope.


—   Quand as-tu su que j’étais Arès ? risqua-t-il sur le pas de la porte.

—   Rentre d’abord ! lui intima-t-elle tout en refermant la porte et en se dirigeant vers la salle de bain.


Elle répondit à Saga tout en jetant ses chaussettes dans le panier à linge de la salle de bain où elle entreprit une rapide toilette, malgré l’heure et l’envie qui la taraudait, pour se débarrasser du sel et se refaire une figure plus humaine. Saga demeura dans le couloir dans le champ auditif.


—   Je te dirai à peine quelques minutes après mon arrivée, quand je me suis jetée sur toi. J’ai senti ton odeur à défaut de reconnaître ton cosmos qui était biaisé. J’avoue que je reniflais souvent ta tunique à Asgard. Et une fois au palais, j’ai eu confirmation. Tiens, à toi. Débarrasse-toi de ces loques, lave-toi et rejoins-moi dans la chambre, dit-elle vêtue d’un simple drap de bain.


Saga déglutit et fit aussi vite qu’il le put. Comme il avait passé des années à partager des moments presque familiaux dans cette demeure, il sortit très vite une serviette dont il se fit un pagne et rejoignit Iris pour écouter les quelques détails qui manquaient à son histoire. Il la trouva assise sur le lit, un coussin entre la tête de lit et son dos. Saga s’installa face à elle, main dans la main.


—   Quand je t’ai fait ma proposition, tu as eu les mêmes réflexes que lors de la cueillette des roses. Tu as soupiré et tu as haussé les épaules. En plus, j’imaginais sans peine ta tête de déterré sous le masque : tu devais lever les yeux au ciel et puis les fermer comme sous l’effet d’une migraine. Et enfin, tu es resté muet quelques instants quand j’ai retiré le masque pour le briser ; tu ne regardais pas ce que je faisais mais bien mon visage.


Sans transition, elle se jeta sur Saga et reprit ce qu’elle lui avait défendu du faire jusqu’à la maison. Il lui rendit ses hommages mais entre deux inspirations, il ne put s’empêcher un commentaire qui risquait de la mettre mal à l’aise.


—   Tu es très entreprenante. Est-ce que je dois ça à Milo ?


Iris stoppa net ses baisers sur le torse. Elle leva son regard froid. Saga savait qu’il venait de gaffer ; et de son côté, il était à des années lumières de la perfection : trois femmes souvent partageaient ses ébats. Il s’en voulait de lui avoir posé cette question car elle avait le droit de reprendre le cours de sa vie après son décès. Milo était un rival, certes, mais il était la première personne qu’il aurait inscrite sur la liste des prétendants. Il détourna la tête ; Iris la lui remit dans l’axe.


—   Désolé, ça ne me regarde absolument pas. Tu as le droit de …


Iris mit son index sur sa bouche.

 

—   J’avoue que c’était tentant. Très tentant ! Milo était là après ton décès : c’est lui qui m’a soutenue quand j’étais devant ton cadavre, qui m’a aidée à t’inhumer, qui m’a fait sortir quand je ne voulais plus voir personne, avec qui j’ai pu discuter de choses et d’autres. Tout ça alors que lui-même venait de subir la perte de Camus. Il m’a bluffée car il n’a jamais rien tenté de graveleux alors que cette fois, j’étais plutôt réceptive parce que dans une position de faiblesse. J’ai passé de très bons moments avec lui et je lui voue un très grand respect alors que petits, on s’écharpait souvent. Mais si la situation n’avait pas connu de tels bouleversements, je crois que oui, j’aurais été avec lui.


D’un côté, Saga se sentit ridicule d’avoir demandé des comptes ; de l’autre, il était rassuré que le Scorpion ne l’ait pas touchée. Il devait reconnaître qu’il était assez possessif. Iris le vit absorbé dans ses pensées et préféra le distraire en s’asseyant à califourchon sur l’entrejambe de Saga, écartant ainsi les pans de son drap de bain, pour voir plus sûrement ses cuisses sans rien dévoiler de son intimité. Saga ne mit que quelques instants à manifester une réaction purement mécanique.


—   Je crois que tu es très satisfait de ma réponse.


L’homme tentait de maintenir son self-control.


—   Qu’est-ce que tu attends, poursuivit-elle. Je sais que tu t’y prendras bien parce que tu as beaucoup d’expérience.


Saga arqua les sourcils, inquiet.


—   Je ne t’en veux pas pour le nombre de femmes qui ont défilé dans tes quart…


Saga s’empara de ses lèvres. Fougueusement. Son cou eut droit aux mêmes attentions. Il la fit basculer sur le dos, lui niché entre ses jambes. Dans le procès, sa serviette tomba. Il progressa plus bas pour arriver jusqu’aux limites du drap de bain qui devenait incommodant. Avec l’index et le majeur, il défit le dernier rempart et admira ce qu’Iris lui offrait. Une peau d’albâtre, des hanches larges et rondes, un ventre ferme, des épaules carrées mais surtout une poitrine des plus généreuses de laquelle il ne pouvait détacher son regard. Si la vue était satisfaisante, le toucher et la palpation furent extatiques et le goût divin. Iris se tordait sous ses caresses et se baisers, le souffle court. Elle se cramponnait indifféremment aux épaules de Saga, à se chevelure, ne pouvant plus coordonner ses mouvements logiquement.

 

—   Allons jusqu’au bout, proposa Iris.


Saga arrêta brusquement ses hommages.

 

—   Tu es plus que prêt, observa-t-elle.


Saga détourna le regard.


—   Quoi ?! Y a un problème ? Ton pénis est pourtant en érec…

—   C’est pas ça, coupa-t-il. J’ai très envie…

—    … mais ?

—   …


Iris réfléchit à la vitesse de la lumière et combla l’argumentation défaillante. C’était une évidence.


—   Ixion, c’est ça ? Pour ton information, sache que je lui ai réglé son compte une seconde fois aux Enfers. Ça fera toujours partie de mon passé mais là, c’est complètement différent. Et j’ai aussi très envie avec l’homme que j’aime. Pour terminer, je ne suis pas dans ma période de fertilité, conclut-elle en touchant le membre raidi qu’elle positionna devant son but.


Comment refuser une telle invitation ? Saga s’exécuta mais en douceur pour laisser sa partenaire s’habituer à l’intrusion. Légère crispation d’Iris mais elle l’encouragea à progresser. Saga était au maximum et s’arrêta. Iris acquiesça et le ballet commença. De lentes ondulations puis des mouvements plus rapides. Saga variait les rythmes ; Iris se laissait mener. Leur respiration était courte et bruyante ; leurs baisers toujours plus profonds. Puis Saga ressentit assez rapidement les prémices de l’orgasme d’Iris. Ses hanches bougèrent plus rapidement jusqu’à ce qu’Iris se cambre et prononce son nom dans un pur moment de délire. Saga observa sa partenaire revenir des hauteurs alors que lui-même n’avait pas encore atteint le sommet, histoire de contenter Iris une seconde fois.


Tout en restant ancré en elle, il l’enjoignit à se relever pour qu’elle se retrouve assise dans son giron. Comme elle pesait sur son membre, elle avait l’impression que Saga la pénétrait plus profondément. Ce furent de nouvelles palpitations d’anticipation dans son bas ventre. Cette fois, elle tenta quelques mouvements du bassin sous le regard approbateur et fiévreux à la fois de son mentor. Les petits accoups qu’elle effectuait étaient délicieux pour Saga qui y répondit ardemment. La tension remontait à nouveau, plus forte, au point qu’Iris noua ses bras autour du cou de son amant, haletant à côté de son oreille. Il n’en fallut pas moins à Saga pour accélérer la cadence et atteindre l’orgasme quelques secondes avant Iris.


Le couple resta imbriqué pendant quelques minutes encore, le temps de retrouver leurs esprits. Un sourit mêlant satisfaction et affection se refléta sur leur visage. Malgré l’excitation de leurs retrouvailles, ils étaient fourbus et avaient clairement besoin de repos. Saga se retira de l’intimité d’Iris. Tous les deux s’écoulèrent côte à côte. Saga rabattit le drap molletonné sur leur corps tremblant encore de plaisir. Comme elle le faisait il y a quelques années, Iris se recroquevilla contre le corps de Saga. Juste avant de s’endormir, elle murmura, les yeux déjà fermés :


—   Je t’aime, Saga. Je t’ai toujours aimé.

—   Je t’aime, Iris. Depuis le jour où tu as ouvert les yeux sur moi.




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