Je joue contre ta joue, pique, pique dans mon cou.
Le feu de ta fureur folie file contre ma fleur.
Tes mains armées, doigts affamés, longs et habiles.
Farandole, sarabande ? danse futile…
Non, pas futile…
Défendre et résister, courage et pourparlers…
Un château fort, un assaut fort, le pont-levis reste levé.
Ris-tu ? Non, tu protestes, et tu t’entêtes et tu me tentes.
Tourne ma tête, roule mon ventre, quand tu inventes.
Tes lèvres rouges soufflent tempêtes, vents et marées,
Dans une ronde volupté aux voiles larges et haut hissées.
Nacres précieuses, écumes amères et enivrantes,
Tu aimes ? tu baves, tu me tourmentes !
Te chasser, oui, mais ta rage est lourde
Entre mes cuisses. Ta bouche sourde
S’attèle encore et encore, coule dedans, coule dehors.
Tu aimes ? s’obstine ma volonté fière,
Tremblante. Tes dents carnassières mordantes
Menacent.
Loup ! Ta queue s’agite et m’électrise.
Ne délaisse pas, Non ! me voilà comme tu aimes,
Soumise.
Tu aimes ?
J’en crève écartelée, vois-tu ? Mors ! Moi… maudite, maudissant.
Mors !
Mes mots s’abîment en vagissements.
Ha, j’aime ! glapit l’étroitesse fendue ; mienne.
Circonflexe sous ta voûte chevelure, bouche perplexe,
Talentueuse, aux rêves rugueux et exaucés,
Murmure enfin l’ode incantée,
« J’aime ».