Voilà plusieurs jours après la tentative de suicide de 9S devant nos yeux. Il semble calme, imperturbable. Il n'a daigné faire la moindre maintenance depuis. Son regard est vide, comme s'il cherchait quelque chose ou quelqu'un.
Je ne pensais pas qu'on pouvait aimer à ce point. Nous autres androïdes, nous sommes formés à des missions. Combat, reconnaissance, analyse, neutralisation. Est-ce parce qu'il est dans l'observation permanente qu'il a développé de tels sentiments ? Comment un être entièrement robotisé peut avoir un coeur ?
Je repense à Pascal et sa joie à peine contenue de découvrir un ouvrage si riche de la culture humaine. Anémone m'a dit qu'une machine n'est pas censée ressentir des sentiments, que c'était interdit en ce qui nous concerne moi et 9S. C'est ce que répétait 2B en permanence.
Mais moi... J'ignore ce que je ressens. Pourtant j'éprouve de la joie et de la tristesse en regardant 9S. J'ai en tête les premiers moments quand on s'est rencontrés. Ça ne fait que quelques semaines qu'on se connait et je me souviens comme si c'était hier de sa joie contagieuse. Peut-être que c'est elle qui a désarmée 2B. C'était peut-être parce qu'il était si différent des autres... qu'elle s'est mise à ressentir pour lui.
De mon côté, j'essaie de passer à autre chose. J'ai été très affectée par ce qu'il s'est passé près du centre commercial. Je trouve dans l'entraînement un exutoire pour faire taire mes complaintes. Mais quand je me couche le soir, je suis envahie par mes pensées. J'imagine face à moi la silhouette de 2B. Je sens à chaque fois la violence du coup que je lui ai porté. Même si je sais que c'était pour son bien et celui de 9S et même si mon esprit a oublié, mon corps en est marqué profondément dans sa chair.
Le lendemain matin, je m'éveille. Ou plutôt je me lève. Je n'ai pas dormi. 9S pas plus. Il n'y a aucune conversation entre nous, seulement un silence à nous glacer le sang. Nous pensons à la même personne, cette même personne qui nous lit dans la douleur. Sommes-nous incapable de nous dépasser ? Est-ce qu'il attend que je fasse le premier pas vers lui ? Est-ce qu'il le veut vraiment ?
Anémone nous a appelé à nouveau. Il semble que certaines machines s'agitent à proximité de l'usine. J'ai voulu m'en occuper seule mais Anémone a insisté pour qu'on y aille à deux. 9S ne semble pas emballé par l'idée. Mais quand Anémone lui dit qu'il a tout intérêt à y aller, son regard change. On dirait qu'une autre personne l'habite dès qu'il s'agit de 2B. Je croyais qu'on avait été formatés tous les deux. Visiblement les sentiments ne l'ont pas été.
Elle m'a confié une petite puce mémoire à ne donner à 9S que lorsque nous serons sur place. Elle contient les derniers souvenirs d'une de leurs retrouvailles et énième fin. Elle nous explique que quand la situation était critique, les YoHRa n'hésitaient pas à se sacrifier sachant que leur mémoire était préservée dans les serveurs de la base lunaire. 2B avait fait un backup de cet instant mais pas 9S. Je ne comprends pas très bien pourquoi elle l'a confié à Anémone. Cette dernière nous dit que la réponse se trouve dans cette puce.
Je tiens ce trésor du passé dans la main. 9S me dévisage. On dirait qu'il est prêt à bondir comme un fauve en cage. Son regard est inquiétant, intimidant. Jusqu'où serait-il prêt à aller, pour elle ? Je préfère ne pas savoir. Pendant tout le voyage, j'ai senti ses yeux se poser sur moi. Il ne faut pas que j'y pense. La mission avant tout. Anénome a mis 9S en garde à mon propos. S'il ne fait pas preuve de plus de compassion à mon égard, il sera personna non-grata au camp. Et vu que le seul point de réparation se trouve dans le camp, je doute qu'il survive longtemps sans maintenance régulière.
Plutôt que de former un groupe, nous avançons l'un derrière l'autre. Je sens une tension énorme émaner de lui. Est-ce mon fardeau pour tout le mal que j'ai fais ? Est-ce que je mérite un tel châtiment ? Je m'arrête un temps. Lui aussi. Je me retourne vers lui. Nous nous regardons. La nature n'est qu'un bruit de fond. Il a ce feu dévorant qui illumine ses yeux. Je me décide à lui parler. "Je veux être la première à la voir.". Refus catégorique de 9S. C'était prévisible.
Nous sommes tous deux échaudés. Mais j'insiste. Je brandis l'arme de 2B devant ses yeux. C'est une provocation pour lui. Mais je lui explique que j'ai moi aussi un lien avec 2B aussi puissant que le sien. Il en rit presque. Cette fois c'est la goutte de trop. Je m'emporte tant qu'il en est surpris. Je lui jette ma douleur au visage sans détour. Il ne rit plus. Ses yeux ont changé. Il a compris que je ne plaisantais pas. C'est peut-être une petite victoire mais c'est la plus belle que j'ai eu depuis que nous nous connaissons.
9S ne dit plus rien. Il semble ébranlé par l'échange violent que nous avons eu. Je voudrais m'excuser mais ce n'est peut-être pas le bon moment. Je dois me concentrer sur la mission. Sur la route qui mène à l'usine, nous trouvons des fortifications de fortune. Visiblement les machines sont en état de guerre. Contre qui ? Contre quoi ? Impossible à dire.
Je demande à 9S s'il peut infiltrer les arrières de l'ennemi. Il ne réagit pas. Je lui parle alors de la puce. À nouveau son regard change. C'est fou comme son système est prompt à s'agiter à la seule évocation de 2B. Je sais que ce n'est pas bien mais c'est mon seul levier d'action sur sa léthargie.
Anémone nous a doté de dispositifs de communication cryptés de la résistance. Et étrangement il est étonnement loquace quand il est loin de moi. Après qu'il ait désactivé les défenses des robots, les avoir paralysés, j'interviens. J'ai une sensation nouvelle qui me traverse l'esprit. Je sens ses yeux sur moi... Mais ce n'est plus de la haine... Je me sens en sécurité.
Je reste immobile un instant malgré l'insistance de 9S à me mouvoir. Pourquoi tu n'es pas comme ça à mes côtés ? Pourquoi tu te fermes à moi ? Je voudrais tant que l'on se parle enfin. Je me mets en mouvement. Je me fraye un chemin jusqu'aux portes de l'usine. L'endroit est désert. Pas pour longtemps car une immense machine sort des flots. Une machine en piteuse état. Est-ce qu'elle a été réactivée pour protéger l'endroit ? C'est plausible.
9S me dit de faire attention et d'attirer ses attaques sur moi le temps qu'il s'occupe de la désactiver. J'observe combien il est prévoyant pour moi. Est-ce par habitude ? Est-ce parce qu'il était ainsi avec elle ? Sa voix m'apaise tant. Mon corps est détendu, mes réflexes accrus. J'ai l'impression d'être "accro" à cette voix posée.
9S a été d'une efficacité redoutable. En même temps, ce n'est pas étonnant puisque le sommet du crâne de ce monstre est fendu d'un trou béant. J'en déduis qu'une puissante explosion l'a mis hors de combat. 9S me prévient que les machines ont reculées dans l'usine et que notre mission s'arrête ici. En réalité, il est surtout impatient de découvrir ce qui se trouve dans la puce.
Dois-je l'attendre ou la regarder maintenant ? La seconde option serait un manque de respect envers lui. Alors j'attends. Quand il arrive près de moi, j'ai la puce dans la main. Je lui dis dans les yeux que je vais la regarder. Il ne dit mot. Je la pose sur ma tempe et soudain je vois la même créature que nous venons d'affronter. 2B et 9S sont sur le sommet de cette créature avec leur boîte noire dans leur main respective. Une lumière les envahit, un bruit sourd me secoue.
Puis je me retrouve au camp. Anémone parle avec 2B. Cette dernière lui dit que ce n'est pas la première fois qu'elle sacrifie 9S. Mais que c'était la fois de trop. 2B semble si émotive, si mal en point. Cela contraste avec le récit que m'en a fait Anémone. Elle souffrait de faire du mal à chaque fois à 9S. Elle ajoute qu'elle ne supportera pas de le perdre à nouveau.
Quand je retire la puce, un silence pesant s'installe. 9S m'observe, il attend. Il me demande ce que j'ai vu. Je lui tends la puce car je suis incapable de dire le moindre mot. Je suis bouleversée. 9S a porté la puce à sa tempe. Je ne saurais dire ce qu'il ressent à ce moment précis mais c'est comme s'il s'était arrêté. Les mots de 2B semblent résonner en lui. Sa main tremble puis le reste de son corps suit. Il est sous le choc. Qui ne le serait pas quand on apprend que celle qui vous aime a dû vous ôter la vie des dizaines de fois ?
On dirait qu'il me cherche du regard. Il ne veut pas y croire. Mais au fond de lui, il sait que c'est la vérité et elle a un goût amère. Il s'effondre à terre, les mains et les genoux au sol. Il a encore la puce dans la main. Il pleure, sans discontinuer. Et moi aussi je pleure. J'ai tellement mal pour lui.
Nous étions physiquement proches, nos larmes étaient partagées. Mais je ne me suis jamais autant sentie seule. 9S a erré tel un fantôme vers le camp de la résistance et s'est enfermé dans notre local. Anémone m'a remercié d'avoir été là pour 9S mais que le chemin de la guérison est encore long.
Elle a encore quelque chose à donner à 9S. Une lettre manuscrite de la main de 2B. Elle a été rédigée le jour précédent la bataille ultime qui a vu l'effondrement de la base et celle de 2B. Elle me propose de la lire avec elle. Je ne sais pas ce que je vais y découvrir. Je suis déjà à fleur de peau mais Anémone m'encourage à sauter le pas.
Quand je découvre son contenu, ce n'est pas un mot d'amour. Ni une confession. C'est un message posthume. Elle lui dit tout, sans filtre. La lettre semble tachée, comme si des larmes avaient coulées sur le papier. Elle a couché sa vérité avant de lui avouer une sentence terrible.
Quand la guerre sera terminée, elle se détruira pour toujours. Elle effacera au préalable toutes ses données de récupération pour ne plus jamais revenir. Elle profitera de l'ivresse de la victoire, pour en terminer définitivement. Elle finit par trois mots qui me frappent violemment le coeur. "Je t'aime."
Je sens ma respiration se couper soudainement, je n'arrive plus à crier ma douleur que je ressens pourtant si fort. J'ai envie... J'ai envie de hurler. Je panique tellement qu'Anémone alerte tout le camp pour m'aider. L'agitation de tous fait même sortir 9S de sa tanière. Il se précipite vers moi, me demande ce qu'il m'arrive. Je m'accroche péniblement à son pantalon. Il ne comprend pas mon geste mais n'ose m'interrompre. Et soudain... Je me sens... partir...
...
...
...
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. On m'a dit que je me suis effondrée au sol. Je ne me suis pas réveillée avant une semaine. À mon chevet, 9S est resté. C'est la première fois que je le vois si inquiet pour moi. J'entends sa voix. Je l'écoute sans lui répondre. Mais mes yeux sont fixés sur lui. Il a fallu que je frôle l'arrêt pour qu'il daigne s'ouvrir à moi ?
Je t'en veux. Je t'en veux tellement de m'avoir ignorée alors que je souffrais comme toi. Je ne sais pas si je pourrais te pardonner un jour. Car je sais que dès que j'irai mieux, tu courras vers elle sans te soucier de moi. Je me demande comment tu me vois ? Comme une remplaçante ? Je ne vaux pas plus à tes yeux ?
Je peux enfin me lever. Je suis très vite retournée au combat pour faire taire toutes ces questions qui m'envahissent. Je m'entraîne, le jour comme la nuit. Je ne veux plus être hantée par ma sensibilité, je ne veux plus être vulnérable. Je me suis ouverte à toi, j'espérais que tu en fasses de même. Je n'ai plus confiance en toi comme avant.
Je vois 9S discuter avec Anémone. Mais au vu de son visage, elle ne semble pas lui faire le moindre cadeau. Tant mieux. Je veux que tu souffres pour moi, je veux que tu ressentes tout le mal que tu m'as fait. Je n'aurai aucune compassion comme tu n'as eu aucune compassion pour moi. Et si tu refuses alors tu n'as pas ta place parmi nous.
9S semble s'activer, il est dans une panique totale. Il tente de me parler à plusieurs reprises mais je fais la sourde oreille. J'entends la déception pointer dans sa voix chaque fois que je ne lui réponds pas. Et je dois avouer que j'ai une certaine satisfaction à le voir ramper devant moi. À le voir... souffrir.
Ça rend mes nuits de repos encore plus agréables. On se trouve dans la même pièce. Je sais qu'il pense à moi désormais, je sens ses yeux se poser sur moi. Tu voudrais que je vienne vers toi, que je te dise des mots doux ? Peut-être même que tu te mets à rêver de moi ? Tu rêves de m'embrasser ? Mais est-ce pour moi ou 2B ? Tu n'as qu'à faire l'amour avec ton fantôme. Après tout, c'est ce que tu voulais non ?
Une nuit, j'ai joué avec ses nerfs. Je faisais semblant de rêver de lui. "9S, tu me rends folle ! Fais-moi l'amour !". Je l'imagine déjà se tordre de douleur mentale. Je veux qu'il ne pense qu'à moi, je veux être le fantôme de ses nuits et de ses désirs inavoués. Je veux qu'il se plie à la moindre de mes volontés.
Le lendemain, je le vois courir partout pour moi. C'est un garçon bien dressé. C'est comme ça que tu as été élevé par elle et c'est le seul langage que tu comprends. Tu aimes être soumis, 9S ? Tu aimes qu'une femme te domine ? Tu étais prêt à tout pour elle. Je veux que tu sois prêt à tout... pour moi.
C'est ce que je me disais avant qu'Anémone ne me sermonne à mon tour. Elle a refusé jusqu'ici de m'en parler mais je sens que cette fois-ci, elle ne tolère plus mon petit jeu. Elle avait archivé le récit qu'elle a écrite elle-même à propos d'une mission à Pearl Harbor. Elle m'a dit que je ne serais peut-être pas touchée autant que la première fois que je l'ai lu mais qu'elle comprendrait qu'elle s'adresse avant tout à une survivante qui sait l'importance de ne pas briser les liens qui restent.
J'ai hésité à lire le récit. Anémone s'est moquée de moi. "Où est la fière et froide A2 qui me faisait face autrefois ? Celle qui ne tremblait pas devant mes écrits ?". Soudainement, j'ai un éveil en moi. Comme si une fierté passée m'avait frappé à l'intérieur de la poitrine. Je saute le pas. Je découvre alors l'horreur de la tragédie à laquelle j'ai participé.
À nouveau je me sens bouleversée. Je sais que j'y étais. Et même si je n'en ai plus le souvenir, les mots d'Anémone me saisissent les tripes. C'est là que je comprends que mon jeu pervers est entrain d'avoir des conséquences désastreuses pour 9S. Il a déjà trop souffert pour 2B. Et moi je souille sa mémoire par mes provocations malsaines.
Je regarde Anémone et lui réclame la lettre qu'elle m'a fait lire il y a deux semaines. Je veux porter cette responsabilité, c'est la seule façon de me racheter auprès de 9S. Elle me tend la lettre l'air circonspect. Mais je la rassure. Je ne veux plus le faire souffrir. Mais le libérer de cette souffrance.
Je vois 9S s'affairer autour de machines, accroupi. On dirait qu'il est focalisé sur ce qu'il fait. Je l'observe un peu avant de m'approcher derrière lui. Je l'enserre doucement dans mes bras, en plaçant mes mains sur son ventre. Ce qui a pour effet de lui faire lâcher ses outils. J'entends sa voix bégayer, son corps trembler et son pouls s'accélérer. Il s'attendait à tout. Sauf à ça.
Nous restons un moment dans cette position où le temps semble s'être arrêté. Aucun de nous ne veut parler, aucun ne veut briser cet instant. Lui par peur que le rêve s'arrête. Moi parce que je me sens bien. Ma joue caresse son dos, mes cheveux crépitent sur le tissu de sa combinaison, mes mains se serrent doucement contre son ventre. Je crois que le son de ma respiration le rassure.
Je lui demande s'il se sent bien lui aussi. Il hésite à répondre. Je lui demande pardon pour ce que je lui ai dis ou pas dit pour ses derniers jours, que je ne lui en veux plus. Lui aussi s'excuse d'avoir été si ignoble avec moi. Ses regrets sont sincères.
C'est à ce moment-là, où toutes les barrières s'effondrent, que je lui demande solennellement de ne plus jamais m'ignorer pour 2B. Il accepte. Pour sceller notre nouvelle confiance, j'embrasse son dos. Je sens son corps se tendre car mon baiser est appuyé. Mes mains se délient, se posent sur sa poitrine. Je sens une chaleur forte émaner de son être. J'en suis certaine à cet instant. Il ne voit plus que moi.
Je décide de me retirer. Son corps réagit instinctivement à mon absence. Quand il se lève et se tourne vers moi, je sens qu'il me dévore des yeux. Pour la première fois... Je me sens exister à travers lui. Mais rester immobiles l'un tourné vers l'autre serait une répétition. Je décide donc de m'éloigner de lui, prétextant que je dois m'entraîner.
Entre nous, tout a changé si vite. Nous ne dormons pas encore ensemble mais chaque jour qui passe, nous nous regardons, nous nous observons. J'habite ses pensées et lui habite les miennes. Puis un matin, il s'est approché de moi et m'a embrassé la joue. J'ai rougis un peu. Je crois qu'il y prend goût, tout comme moi. Ce petit bisou s'est peu à peu transformé en étreinte. Chaque matin, l'un attend l'autre. On ne peut commencer la journée sans notre dose de tendresse.
Mais c'est le soir que mon coeur s'affole. S'il savait que je me retiens de lui sauter dessus. C'est à la fois frustrant et excitant. J'ai une furieuse envie de me coller à lui. Mais lui est-il prêt à aller plus loin ? À tourner la page ? C'est lors d'une nuit que je l'invite à venir s'asseoir sur mon lit. Je dois l'aider à clore ce chapitre douloureux de son histoire. Je me saisis de la lettre. Je lui lis à haute voix.
Il ne dit rien. N'a aucune réaction immédiate. Il se contente de fixer le sol. Mais ses premiers mots ne sont pas pour elle. Ils sont pour moi. Il me dit qu'il comprend pourquoi je me suis effondrée ce jour-là. Je me sens pétrifiée. Je pensais qu'il allait sombrer ou me parler d'elle. Mais à aucun moment m'évoquer moi.
J'ai laissé tomber la lettre. Je me suis jetée sur lui pour l'embrasser follement. Il a fini par me repousser sans comprendre ma réaction. Je me suis jetée à nouveau sur lui pour lui faire comprendre que c'était bien réfléchi de ma part. Cette fois, il s'est laissé faire. Après toutes ces épreuves, après toutes nos souffrances, toutes nos larmes... On peut enfin respirer et vivre.
Pour notre futur.