Préface
Ce dernier chapitre va parler de quelque chose de dur et révoltant: le viol. Ce passage risque de blesser ou de choquer certains d'entre vous. Je l'ai encadré grâce à des *. Ce passage n'est pas nécessaire pour apprécier ce chapitre mais je l'ai écrit pour dénoncer la cruauté d'un tel moment. Cela ne dure jamais longtemps et il a le pouvoir malheureusement de déterminer le restant de votre existence. Vous n'êtes pas obligé de le lire si vous vous sentez plus sensible par rapport à cela.
Mémoire d'une princesse déchue
Avec ma vie, mon cœur sombre.
Ainsi, je m’assure d’une absence de jugement de la part d’autrui.
Ainsi, je suis sûre de la conservation de mes secrets les plus noirs.
Sasuke, du haut de ses quatre ans, est devenu très habile de ses mains. Il dessine très bien les oursons et les cœurs sur les parchemins. J’essaye de lui inculquer quelques idéogrammes mais ce petit garnement revient toujours au dessin. Le souffle automnal emporte son matériel à dessin. Nous nous étions installés sur ma petite terrasse. J’aime être à cet endroit. D’ici, je peux voir mon atelier ainsi que la colline où est enterrée ma famille. J’ai pris avec moi quelques coutelas que j’aimerais aiguiser. Cela me distraira de mes obligations de princesse pendant un temps.
Brusquement, j’entends un gargouillis provenir du ventre de mon petit protégé. Je ris. Sasuke fait une moue boudeuse. Il finit néanmoins par rire lui aussi. Je lui demande s’il veut prendre une collation. Il acquiesce. Il s’empresse de ranger son encrier et ses parchemins. Il file à l’intérieur quémander quelques sucreries à ma servante personnelle et du thé.
Le vent joue dans mes cheveux, véritables fils noirs. Je déteste les trop grosses chaleurs. Je suis une fille de l’hiver. J’aime la fraîcheur de l’automne. C’est aussi la saison des pommes et des poires. Je salive déjà à la perspective de déguster ces fruits appétissants. Je ferme les yeux et me laisse aller à ma rêverie.
Mon attention est dirigée vers un inconnu qui pénètre sur mon domaine. Je ne reconnais pas ce pas brusque, cette démarche cavalière et sans noblesse. Il veut se faire discret mais ne connaît pas la définition de ce mot. Est-ce encore un assassin envoyé par mes rivaux ? Je maintiens les yeux fermés. J’attends une occasion de l’attaquer. Tiens, il hésite. Je le sens à ses vas-et-viens incessants. Cela me perturbe. Finalement, il se dirige vers moi. Je sursaute au bruit métallique à mes côtés. Je ne m’attendais pas à cela.
« Femme, appelle ton maître ! Dis-lui que j’ai besoin de son talent. »
Je souris sans réelle joie, contrainte par l’étiquette de mon rang et de mon éducation. Je ne dois pas ébrécher la fierté des futurs clients et encore moins les qualifier de surnoms désobligeants même devant leur grande impolitesse. Cet homme (ce jeunot devrais-je dire) ne sait-il donc pas qui je suis ? Le plus troublant est qu’il pense que le chef de cette famille est un homme. Il est pourtant de notoriété publique qu’une femme domine ces guerriers puissants. Je me permets de l’observer sans daigner répondre à son injonction grossière.
Je ne peux réprimer du mépris envers lui. Il est maigre, voire chétif; ses muscles ne sont pas très développés et sa dégaine manque d’assurance. La couleur de sa chevelure me surprend. Je n’avais jamais vu des mèches si semblables à de l’or. On dirait qu’il a été façonné dans un métal rare. Toutefois, sa tignasse dorée est sauvage et peu appréciable. Ses iris ont la beauté de l’océan lors d’une journée d’été et sont habités par une certaine innocence : le regard d’un jeune homme qui ne connait pas encore les déboires de la vie, ni le prix des conséquences de chaque acte accompli. Il est jeune dans tous les sens du terme. C’est un métal brut !
« Je ne suis pas « femme ». Je suis la dame Hyûga et je suis mon propre maître. Si vous avez la décence de me dire votre nom et la raison de votre venue, j’essayerai de satisfaire votre demande. »
Mes sens m’indiquent qu’un petit corps s’est figé à l’intérieur du pavillon. Sasuke est interpellé par ma conversation. Du coin de l’œil, je le vois s’enfuir avec le plateau. Il va certainement prévenir son grand frère. Ce constat ne me rassure pas, au contraire, j’aimerais prolonger mon entretien avec ce jeune homme.
Il observe les alentours ; il semble sur ses gardes. Il cache un secret. Il est mystérieux. Il m’intrigue. Le départ de Sasuke paraît l’apaiser. Il reprend de l’assurance et poursuit sa demande.
« Je me nomme Naruto. Mes maîtres m’ont chargé de me présenter à vous pour réparer ce katana. De plus, ils demandent expressément que je suive l’entraînement rigoureux de votre maison.
-Vous semblez un peu jeune pour subir cet entraînement sans dommage. Nous avons la réputation que de ne garder que les meilleurs.
-J’ai déjà vingt-six printemps. »
Je fronce les sourcils. J’imagine sans mal mon incompréhension se trahir sur mon visage. Son apparence est si juvénile. Malgré mon incompétence, je suis faite d’un acier plus dur que lui. Décidément, cet étranger m’intrigue de plus en plus. Il me plaît. S’il désire être forgé dans notre maison, je serai ravie de l’accueillir dans notre domaine. Il sera un katana que je façonnerai moi-même.
« Comment êtes-vous parvenu jusqu’à moi ? Il y a des gardes dans cette demeure, des gens pour assurer ma protection. Nous ne sommes pas de vulgaires artisans perdus dans un village quelconque.
-Je les ai évités, répond-il d’une voix hésitante. Les hommes armés me rendent nerveux. Mes maîtres m’ont dit que je ne devais m’adresser qu’à un maitre forgeron. Vous sembliez adroite pour aiguiser les lames. J’ai pensé… J’ai pensé que vous étiez l’assistante du maître.
-Je ne suis pas une assistante. J’ai repris le titre de maître forgeron à la mort de mon père. Je suis à présent le chef de la famille Hyûga. Je suis Hinata.
-Mes hommages, dame Hyûga, présente immédiatement Naruto en s’agenouillant en signe de respect. J’ignorais que le chef de ce clan était une femme.
-Vous êtes pardonné pour votre méprise.
-Hinata-sama ! Hinata-sama ! »
Mon fiancé Uchiwa déboule essoufflé dans la cour intérieure. Il s’entraînait avec les plus jeunes du clan. Il est encore en tenue d’entrainement. Ses longs cheveux noirs sont décoiffés ; la sueur macule son corps. Il se dégage de lui un peu plus de sauvagerie que d’habitude et cela me flatte qu’il délaisse son apparence pour accourir à mes côtés. C’est un homme loyal. Mon observation s’affine. Je remarque des preuves de sa maturité, des détails oubliés, une prestance due à ses entraînements rigoureux. Sa carrure, bien carrée et musclée, est celle d’un homme. Quel contraste avec ce jeunot face à moi !
Pourtant, je ne suis pas aussi emballée par ses compétences que celles que je soupçonne chez ce jeune homme. Ce regard azuré a éveillé quelque chose en moi, une émotion que je ne ressens habituellement que dans ma forge. Je songe aux paroles de mon père, à sa prédiction quant à mes sentiments à venir. J’esquisse un bref sourire. Seul l’avenir nous dira qui de nous deux avait raison.
« Etes-vous blessée, Hinata-sama ? Veuillez excuser mon incompétence. Sasuke m’a prévenu de la présence de cet intrus dès qu’il a entendu une voix étrangère dans votre patio. Hé toi ! Qui es-tu ?
-Paix, Itachi-san, le calmé-je en posant une main sur son épaule. Cet homme est un client.
-Je suis Naruto Uzumaki de l’Akatsuki et j’ai été envoyé ici pour être un de vos élèves. Cependant, si vous me chercher querelle, mon seigneur… dit-il en laissant l’iris de ses yeux se teindre de rouge.
-Un démon ! souffle mon protecteur.
-Voilà qui est intéressant. Naruto-san, je te présente Itachi Uchiwa. Son frère et lui sont les derniers représentants d’une ancienne famille de ninja. Il est très puissant et sera ton maître d’armes dorénavant.
-Mais Hinata-sama…
-Silence ! Je suis le chef et mes décisions font office de loi ! Tu seras son maître. Tu l’entraineras. Il t’obéira en tout et s’il te manque de respect tu auras le droit de le punir comme il se doit. Sinon tu te devras de le protéger. Est-ce clair ?
-Oui, ma dame !
-Bien. Dans ce cas, montre-lui ses appartements, annonçé-je en me saisissant de l’épée cassée. J’ai de l’ouvrage qui m’attend», dis-je en m’accaparant de mon présent.
C’est un sentiment inconnu que je ressens en cette seconde. Ou plutôt oublié. La tristesse, le sens du devoir, la combativité, ce sont les états d’âme qui motivent mon quotidien, chamboulent mon être. Cet étranger, au regard si pur, a permis à une nouvelle facette de mon cœur d’émerger. En tant que responsable d’un clan prestigieux, je ne peux accepter d’être gouvernée par mes émotions. Or, ma décision précipitée au sujet de ce démon m’a clairement trahie.
Dès que je dépasse Itachi, je sais que j’ai commis une première erreur. Aucune protestation n’a franchi ses lèvres ; son corps, son attitude, l’exprime. J’espère que les entraînements que je viens d’imposer se dérouleront sans mal. Mon fiancé a-t-il perçu mon émoi ? Je n’ose réfléchir aux conséquences de mes choix.
Naruto-san est beau.
Je n’ai jamais utilisé cet adjectif afin de qualifier un être humain. Je le réserve à mes créations, à mes biens, à mes animaux de compagnie. Il est ridicule d’attribuer une telle qualité à un être humain ; il est beaucoup trop changeant, aussi bien physiquement que mentalement. Il peut se montrer fourbe, pervers. Or, la beauté, la véritable beauté, est une alliance entre l’âme et le corps que les choses simples sont les seules à atteindre. La réflexion, l’anticipation, le secret sont des complications qui tarissent la perfection d’un être. Nous sommes des lames émoussées par nos sentiments.
Cela ne concerne pas Naruto. Il est tellement pur. Sa force lui provient de sa nature. Son regard azuré n’est pas voilé sous une quelconque étiquette ; il correspond à une fenêtre ouverte sur son esprit. Même s’il cache au fond de lui un être maléfique, il l’a accepté et va de l’avant. Lorsqu’il bouge, je vois un animal, un prédateur, souple et sauvage. Son aspect juvénile est en total désaccord avec son âge réel mais est représentatif de son âme.
« Tu es encore en train de l’espionner. »
Je me raidis. Je suis prise en flagrant délit d’espionnage. J’aurais dû être dans le bureau de mon père à signer des documents en relation avec nos biens. Ces murs m’emprisonnaient. J’avais besoin de respirer l’air libre de l’extérieur. Mes pas m’ont conduite jusqu’au terrain d’entraînement. Là, Naruto s’exerçait, effectuant des enchainements complexes.
Le vent hivernal me fait frissonner. Je serre les pans de mon kimono sur ma poitrine. Le propriétaire de la voix masculine venant de m’interpeller se place à ma droite. Je résiste à l’envie de l’observer, craignant ce que j’y verrai. Je me contente de suivre les mouvements de ma nouvelle recrue.
« A-t-il fait des progrès depuis son arrivée ? je questionne, espérant détourner la conversation.
-En réalité, il est déjà très doué. Kakashi-san a été son précédent maître.
-Ha ! Pourquoi les membres de l’Akatsuki nous le confient-t-ils dans ce cas ?
-Ils veulent que nous en fassions un tueur. »
La réponse ne me choque guère. Je suis connue en tant que « Princesse du Byakugan, Princesse sanglante ». Mon coup d’état en a impressionné plus d’un. De plus, le clan est connu pour son ingéniosité en matière de torture ou d’armes de guerre.
Par contre, cela me contrarie. Une fois qu’une lame touche le sang, elle est souillée. Ce qui est assez contradictoire en soi. Après tout, lorsque je forge un sabre, je le courbe, je l’affûte, je le lisse. Ces détails permettront au sabreur d’attaquer plus efficacement son ennemi en vue de le détruire. Malheureusement, le sang peut être corrosif s’il n’est pas nettoyé correctement. Que fera-t-il comme dégât sur Naruto ? Tachera-t-il son cœur ? Lorsque nous prenons une vie, nous perdons un peu de notre humanité. C’est une compensation afin d’équilibrer l’ordre divin que nous remettons en question par notre acte. Naruto-san sera-t-il assez fort et conservera-t-il son humanité ?
« Cela te déplaît apparemment.
-Nous ne sommes pas de vulgaires assassins, Itachi. Nous sommes un clan fier et respectueux des traditions. La voie du sabre est celle que mes ancêtres ont choisie.
-Leur enseignement a pour fin l’élimination de ton ennemi.
-Leur enseignement est celui du respect de l’adversaire et de l’achever en appliquant son art. Ce qui me déplaît, comme tu l’as dit, c’est qu’on confond notre savoir-faire avec des scélérats sans foi ni loi.
-C’est un démon.
-C’est un homme qui a besoin de discipline.
-Tu es bien trop douce avec lui. »
A cet instant, Naruto tourne son beau visage vers nous. Une impression irraisonnée me souffle qu’il a entendu la moindre de nos paroles et qu’il attend ma réponse à l’affront sous-jacent de mon fiancé. Les saphirs me contemplent. Une flamme y danse, hypotonique, passionnée. J’aimerais me noyer dans ce regard. Je me sens femme lorsque je suis prisonnière de ces yeux. Je me sens chez moi, aimée pour ce que je suis, sans condition, sans attente particulière.
Un frisson me parcourt l’échine. Il faut que je réagisse.
« Douce ? Tu me sous-estimes, Itachi », répliqué-je les joues en feu.
Prise de frénésie, j’avance d’un pas décidé vers les combattants. A ma vue, ils stoppent leurs gestes et s’inclinent en signe de respect. Je ne leur accorde pas un regard. Je me campe devant le démon à la chevelure dorée. Je le toise de mon air le plus féroce. L’homme est mal à l’aise. Il hésite entre se confronter ou céder sous le poids de mon regard.
« On te dit aguerri, Naruto-san. J’aimerais pouvoir évaluer tes talents.
-Comme il vous plaira, ma dame.
-Positionne-toi au centre du terrain. »
Je me déleste d’une couche de mon kimono hivernal. Je choisis un arc avec lequel je suis familière. Naruto m’observe, s’interrogeant sur mes agissements. Il aimerait s’exprimer et se retient à grand peine. Enfin, il a l’impudence de me questionner.
« Que dois-je faire, Ô ma dame ?
-Courir. »
Je ne lui laisse pas le temps de revenir de sa surprise. Je lui décoche mes flèches les unes après les autres, avec toute la vélocité dont je suis capable. Dans un premier temps, j’évite son corps, m’assurant que mes projectiles le frôlent suffisamment pour l’inquiéter sans le blesser. Je veux l’habituer au rythme, le tester dans son endurance. Je change mes cibles et vise les parties de son corps, ensuite, les points vitaux. Il est fabuleux. Il esquive magistralement mes attaques sans pour autant reculer mais il n’avance pas non plus. L’exercice cesse lorsqu’une de mes flèches l’atteint à la cuisse.
Je suis essoufflée. Lui aussi. Des compagnons d’armes l’aident à le relever et retirent le trait de la blessure. Celle-ci se referme rapidement. Cela me rappelle douloureusement qu’il n’est pas humain.
« Pas mal pour un débutant, n’est-ce pas ? »
Son petit sourire en coin ne m’impressionne pas. Il arbore une assurance qu’il ne possède pas. Cette veine tentative en vue de me narguer me laisse de glace.
« Non. Je suis insatisfaite.
-J’ai évité tous vos projectiles sauf un.
-Justement, tu ne les as pas tous évités. Je ne serai réellement admirative que quand tu sauras les esquiver sans encombre en te rapprochant de moi, voire même à me renvoyer certains d’entre eux. Dorénavant, je participerai à ton entraînement. Tous les jours, à l’heure qu’il me plaira, j’exécuterai le même exercice avec toi. Si tu parviens aux résultats énoncés, nous songerons à valoriser tes compétences. »
Il est ravi. Il comprend que nous pourrons désormais nous voir tous les jours sans attirer l’attention. A-t-il volontairement manqué ma dernière flèche à cette fin ? Non. Cet homme ne serait pas aussi calculateur. Je n’arrive pas à me prononcer. Son expression est si énigmatique.
Je baisse légèrement les paupières, masquant de mes cils mes extraordinaires pupilles. Il y a des secrets dans le cœur d’une femme qu’il n’est pas bon d’exposer à son conquérant. Il se doute sans équivoque du plaisir que j’ai eu à formuler cet ordre. Je me réjouis également de le voir tous les jours. Mon métal brut…
Je déteste la chaleur de l’été. Elle m’étouffe. J’ai l’impression qu’elle s’enroule autour de moi et compresse ma poitrine. J’aimerais me dévêtir, dénuder cette peau si sensible. Malheureusement, je suis la régente de ce clan. Il n’est pas honorable de présenter mon corps dépouillé de tout ornement à la vue de mes servantes.
Heureusement, j’ai la possibilité de me cacher dans mes appartements. J’ai ordonné des cruches fraiches et de la glace en provenance de la montagne. Habituellement, on l’utilise pour refroidir le métal. J’ai honte d’avouer que j’en détourne une partie pour mon usage personnel. Si seulement une brise en provenance du Nord pouvait alléger ma souffrance.
Soudain, je pressens une présence près de ma terrasse. J’ose sortir. Les ténèbres du soir cachent l’intrus. J’ai ma lame à portée de main. Je peux me défendre. Heureusement pour lui, un rayon de lune éclaire la blondeur de sa tignasse. Ou bien s’est-il laissé repérer par mes soins afin de ne pas m’effrayer.
Bien que surprise, je l’accueille d’un sourire doux. Il semble si humble. Il me fait penser à un enfant prêt à présenter un cadeau à sa mère sans savoir si cela lui plaira. Il est si attendrissant. Mon cœur bat la chamade. J’espère que ma façade reste impassible quand je lui pose ma question :
« Que fais-tu ici, Naruto ? Je ne pense pas qu’Itachi soit ravi de ton intrusion dans mes quartiers. »
Naruto se contente de hausser les épaules en signe d’indifférence. Il s’en contrefiche. Je ne peux empêcher mon sourire de s’agrandir. Il est vrai qu’Itachi peut se montrer condescendant et hautain. J’imagine très bien les entrainements de ces deux-là. Je suis amusée.
En silence, Naruto sort un petit objet de son kimono et le pose devant moi. Je m’agenouille sur la terrasse en bois. Délicatement, je le prends en le pinçant entre l’index et le pouce, prenant garde à ne pas l’abimer. De mon autre main, je fais tourner le petit moulin à vent en papier avec toute la délicatesse dont je suis capable.
Je suis ravie, un sentiment qui est rare chez moi. Je peux compter les fois où quelqu’un m’a offert un cadeau, un véritable présent et non un pot-de-vin afin de gagner mes faveurs. Mais, je m’interroge. Pourquoi ? Quel est l’intérêt de ce jouet pour enfant pour une dame de ma condition ? Et surtout, la raison de cette offrande ? Naruto a dû réaliser mon interrogation silencieuse. Une étincelle apparaît dans son merveilleux regard océan. Ses lèvres, si hypnotisantes, prononce une explication :
« Je l’ai fabriqué pour que vous le disposiez à l’entrée de votre chambre lors de vos siestes. Si les ailes tournent, c’est qu’une légère brise s’est levée. Vous pourrez dès lors sortir sans crainte ; vous ne serez plus assommée par la chaleur. »
Il ponctue son explication par un hochement de tête respectueux et fait mine de partir. Mon cœur se serre. Je ne veux pas. Je veux prolonger ce moment. Sans m’en rendre compte, je l’appelle.
« Attends ! »
Je saisis sa manche au moment où il met pied à terre. Ma main a agi toute seule. Mon corps ne m’obéit plus, ou plutôt, il obéit à mes sentiments au lieu d’obéir à ma raison. Ai-je tort de laisser cette sensiblerie prendre possession de moi ? Pourtant, à cet instant, je n’ai pas l’impression d’agir à l’encontre de ma position.
La terrasse étant surélevée, je suis à la même hauteur que mon interlocuteur, même dans ma position assise. Naruto a vraiment grandi durant ces deux années d’entraînement. Il a également développé sa musculature, le rendant plus viril. Je ne suis plus devant un adolescent chétif mais un homme en devenir. Je n’arrive pas à croire qu’il est plus âgé que moi. Son âme est toujours celle d’un enfant. Et j’en suis satisfaite. Naruto est si pur.
Je n’ai pu m’empêcher de humer son odeur. Il me rappelle mon enfance, des plats délicieux ou encore les soirées automnales dans les bras de ma mère.
Je plonge dans les saphirs interloqués de ce cher ange blond. Son explication ne me suffit pas. Je veux dévoiler ce que ce regard me cache. Je suis douée pour extirper les secrets des lèvres scellées. Naruto n’échappera à mon art subtil. Je souffle mes paroles dans un murmure.
« Pourquoi Naruto ?
-Je… Je me suis dit que ce genre d’objet pourrait vous être utile… Je voulais vous faire plaisir.
-Pourquoi, Naruto ? je chuchote en l’attirant à moi.
-Je… Je…
-Aurais-je un quelconque intérêt à tes yeux ? »
Le silence ainsi que son regard passionné sont plus éloquents qu’une déclaration émise du plus talentueux orateur. Naruto est incapable de cacher ses émotions. Il n’est pas comme un certain ninja, froid et indifférent à mes charmes. Naruto est un feu ardent dans lequel j’ai envie de me brûler les ailes.
« Comment vais-je te remercier à présent ? » je souris malicieusement en approchant son visage.
C’est de la folie. Il n’est pas digne de moi. C’est un étranger, un démon à la solde de l’Akastuki. J’énumère mentalement toute les raisons et les explications qui font que ce geste est un sacrilège. Pourtant, je ne peux m’empêcher de céder à son caprice.
« Une fois, juste une fois, pensé-je, j’aimerais tant goûter à ses lèvres. Je souhaite prendre possession de ce métal brut. J’aimerais le façonner selon mes désirs. »
Je capture les lèvres craquelées par le soleil de mon beau guerrier. D’abord hésitant, je sens que Naruto devient avide face à ces nouvelles sensations. Quelque chose se mue en lui. Il m’enserre les épaules douloureusement. Il cherche à me dominer, mi, la maîtresse des lieux. Alors que je le taquinais des lèvres, je dois à présent calmer cette ardeur violente. Etouffant sous sa passion, je me dois de le repousser. Devant son air à la fois désolé et déconfit, je ne peux m’empêcher de rire. Je ne suis pas une mère qui gronde son enfant quand celui-ci se montre trop ardent à réaliser sa tâche.
« Doucement, Naruto, je le réprimande gentiment. N’as-tu donc jamais connu les bras d’une femme ? »
Naruto détourne le regard et se mord la lèvre inférieure en signe de contrariété. J’adore quand il exécute ce geste anodin. Il est si adorable. Ses mains n’ont pas quitté leur place et je sens une légère pression. Ma question l’a contrarié. Je ne voulais pas le blesser. J’étais juste étonnée de sa soudaine violence, lui si prude en matière d’amour.
« Naruto ? je l’appelle doucement sans m’écarter pour autant de son étreinte.
-Ils m’ont obligé à connaître des femmes. Toutefois, c’est la première fois que je reçois un baiser. Même si je connais la chaleur de l’intimité féminine, je serai incapable de…
-Je ne suis pas sûre de comprendre », j’avance hésitante.
Naruto se décide à m’affronter et, tout en reprenant une attitude visant à cacher sa gêne, me regarde droit dans les yeux.
« Ces femmes m’ont appris à être brutal, à prendre sans donner, à être une bête même dans mon intimité. Je n’oserai jamais toucher une femme qui m’attire de la sorte de peur de la blesser avec mon ardeur. »
Naruto s’écarte, honteux. Alors, je comprends. Ces hommes, ces monstres, ont tenté de pervertir mon ange blond. Je suis vierge contrairement à Naruto mais j’ai l’impression de détenir un savoir plus grand et plus mature que cet homme-enfant. Un sentiment protecteur m’envahit. Je lui caresse le visage afin de le retenir. Naruto mérite bien plus que du sexe ; il est un être exceptionnel ; il a le droit d’être aimé pour ce qu’il est, peu importe sa différence.
« Dans ce cas, nous pouvons apprendre ensemble comment aimer sans nous blesser. C’était mon premier baiser à moi aussi, j’avoue en baissant les paupières.
-Que faites-vous d’Itachi, Hinata-sama ? Vous vous devez d’être pure pour vos noces.
-C’est exact, cher Naruto. Je me dois d’être pure pour mon futur époux (quel qu’il soit, pensé-je). Cependant, Itachi n’est pas mon mari et rien ne dit qu’il le sera un jour. »
Naruto me scrute. Je sens que je l’ai interpellé par mon mystérieux message. Oui ! Je m’en rends compte à présent. Je souhaite que Naruto soit mien. Les paroles de mon père me reviennent.
« Tu ne veux pas d’une lame finie. Tu préféreras un acier brut, un caractère sauvage. Cela sera un plus grand défi pour le forgeron que tu es en devenir. Un artisan aimera davantage le fruit de son propre art que d’admirer la pièce d’un autre. Tu forgeras un homme fougueux selon tes désirs et, à ce moment-là, ton cœur sera prisonnier de sa volonté. »
Par Bouddha, comme il avait raison ! Je suis prisonnière de cet homme fougueux. Je lui appartiens déjà et j’en suis heureuse. Les liens qui me retiennent à lui sont doux et plaisants. Je vais le façonner selon mes désirs. Il sera mon égal.
Sans qu’un mot n’eût eu besoin d’être prononcé, nous nous approchons en même temps. Mon cœur bat la chamade. Cela est-il aussi le cas chez Naruto ? Sent-il cet organe prêt à bondir hors de lui ?
Lorsque sa langue sort délicatement pour caresser mes lèvres, je suis en train de perdre pied. Je m’abandonne à ses caresses. J’aime son toucher, sa chaleur, cette pression à la fois brutale et délicate qui marque ma peau au fer rouge.
A mes gémissements, à la pression de mes mains fines dans son dos, Naruto répond à mon enthousiasme ; il se contrôle comme il peut mais je sens cette ardeur bestiale. Je perçois que je peux tout lui céder. S’il continue de m’allonger sur la terrasse, je ne le repousserai pas. Étrangement, tout cela me semble normal et dans l’ordre des choses. Naruto peut être me premier et le seul à posséder mon corps. Je suis prête à lui offrir tout ce que mon âme détient pour son bonheur.
Au lieu de cela, Naruto me lâche.
« Je veux que tu sois mienne, souffle-t-il brusquement.
-Fais en sorte d’être digne de devenir mon époux.
-Partons ! Enfuyons-nous tous les deux. Je te protègerai. Je veillerai sur toi. »
Je lui présente un sourire contrit, semblable à celui que l’on présente aux enfants quand ils narrent leurs rêves impossibles. Je lui caresse tendrement la joue et je dépose un baiser sur le front. Je suis si désolée et meurtrie de devoir prononcer ces mots. Le choix ne m’appartient pas.
« Je ne puis… »
Naruto comprend. Nous échangeons un dernier regard, un dernier baiser, une dernière caresse. Ce métal brut devient une ombre parmi les ombres, disparaissant dans les ténèbres de la nuit.
Les portes s’ouvrent avec fracas. Ses cris résonnent dans ces murs. Il chasse les serviteurs. Ses pas sont des tremblements qui perturbent le calme de l’habitation. Il s’approche de moi tel un taureau pris de folie. Enfin, il débouche dans la pièce où je m’exerce à la calligraphie. Je ne relève pas la tête. Je veux temporiser au mieux notre échange. Si je le défie dans cet état, il risque de perdre le contrôle de lui-même.
Mon indifférence semble fonctionner. Il s’assoit devant moi. Sa noblesse a disparu. Un roturier a pris sa place et a effacé toutes ses manières raffinées. Son air courroucé ne m’échappe pas. J’attends. Je préfère qu’il reprenne ses esprits avant de le congédier.
« Il est parti ! aboie Itachi.
-Qui ? fais-je en imitant l’innocence.
-Naruto ! Il est parti. Et tu sais pourquoi ?
-Je n’en ai pas la moindre idée.
-Tu le sais pertinemment. Cela te plaît que je le dise à haute voix. AVOUE !
-Cesse de m’importuner de la sorte. Tu n’obtiendras rien de moi en déchaînant cette rage injustifiée. »
Je me décide à me redresser. Son apparence pitoyable me frappe de plein fouet. Les cheveux détachés sont en bataille. Son kimono est ouvert sur son torse puant de sueur. Il est sale. Une odeur d’alcool chatouille mes narines.
« Tu as bu ? dis-je, scandalisée.
-Il est possible, commence-t-il avec une moue juvénile, que j’ai dû laver mon honneur dans quelques verres avant de venir m’entretenir avec toi.
-Tu es idiot. Aucun homme ne lave son honneur dans le saké. Tu ne fais que le salir davantage.
-Tais-toi, traînée !
-ITACHI ! Je ne te permets pas…
-Non. TOI ! Je ne te permets pas ! Quatre ans ! Cela fait quatre ans de ma vie que j’attends que tu fixes une date pour notre mariage. Au lieu de cela, tu roucoules avec cette chose dans mon dos. Tu l’attends, n’est-ce pas ?
-Tu es IVRE. Je refuse d’avoir cette conversation dans ces conditions. »
Je me lève, désireuse de quitter cet ignoble individu précédemment appelé fiancé. Itachi saisit mon poignet et me tire vers l’avant. Il est plus fort que moi. Je ne peux l’empêcher de m’allonger contre le parquet. Il bloque mes bras. Son visage écœurant est à quelques centimètres du mien. L’alcool a rougi ses joues pâles. L’effet donné est grotesque. Les reflux de saké me retournent l’estomac.
« Tu l’aimes ? Est-ce que tu l’aimes ?
-Itachi… l’imploré-je.
-EST-CE QUE TU AIMES CETTE ABOMINATION ? hurle-t-il en me broyant les poignets.
-Oui. »
Ma voix n’est plus qu’un murmure. J’ai peur. Je suis à sa merci. Personne ne viendra me sauver. Mon tendre Naruto est à des kilomètres d’ici et ne peut être prévenu de ma détresse. Les serviteurs ont été chassés. Sans compter que personne n’est assez fou pour s’opposer à l’Uchiwa, surtout dans cet état de folie. Des larmes s’échappent sans que je parvienne à les retenir. Mes lèvres tremblent.
« Je ne te le permets pas. Tu mérites mieux que ça.
-Itachi, je t’en prie…
-Tu es MA fiancée.
-Ita… Itachi…
-T’a-t-il déjà embrassée ?
-Pitié…
-Je vais effacer ses baisers.
-Non… »
*
Itachi m’embrasse encore et encore. Il détruit de seconde en seconde les merveilleux moments intimes que j’avais construits en la compagnie de Naruto. La chaleur, la passion, l’intensité des sentiments de ce dernier sont remplacés par cette étreinte forcée, mouillée et froide. J'aimerais le repousser. Plus j’use de la force, plus forte est la punition physique qu’il m’impose sous forme de morsure, de pression douloureuse ou de griffure.
« Tu es faible », rit-il.
Il se moque de moi, de mon impuissance. Je souffre. Je suis prisonnière de ma propre faiblesse. Je maudis mon corps féminin si fragile. J’imaginais naïvement que ma position me protégeait de toutes ces agressions. J’enrage !
« Un jour, chuchote-t-il, tu as dit que j’étais une magnifique lame. J’ignore si tu as eu raison d’établir cette comparaison. Ce soir, ma belle Hinata, tu seras mon fourreau.
-NON ! »
Je hurle. J’esquinte mes cordes vocales en supplication, en imploration, en malédiction. Itachi n’a que faire de mes vœux. Tout en maintenant mes bras au-dessus de ma tête, il défait ma tenue. Il se positionne entre mes cuisses. Plus je gigote, plus il acquiert de la facilité. Finalement, il me pénètre. C’est douloureux, humiliant, déshonorant. Itachi ne s’arrête pas. Il me souille encore, encore, encore, encore, ENCORE ! Au bout d’un moment, je n’ai plus la force de me plaindre. Je me contente de subir, de pleurer en silence. Je me convaincs que ce n’est qu’un corps qui est souillé et non mon âme. Pourtant, j’entends cette voix qui pleure en moi.
Après un temps de souffrance qui m’a paru infini, cet être immonde s’écarte de moi. Son sourire me soulève le cœur. Couché sur le dos, il sombre dans l’inconscience.
*
Aussitôt, je m’accapare de ma lame courte cachée dans mes vêtements. Itachi m’avait prise par surprise : je n’avais pas eu l’occasion de l’employer contre lui. Nue, au-dessus de mon bourreau, je suffoque de rage. Je rêve de plonger ce sabre court dans son cœur, de me repaître de sa douleur.
Mais Itachi… Itachi est celui qui… Il m’a protégée… m’a sauvée… m’a endurcie… m’a salie…
Je m’effondre.
Je ne suis plus rien. Je ne suis plus digne du titre de princesse. Je ne suis plus honorable pour mon futur mari… pour Naruto… Je n’aurais jamais le courage d’affronter son regard quand je lui annoncerai ce que j’ai subi cette nuit. Je l’aime tellement. Je ne peux, égoïstement, partager mon déshonneur avec lui. Imaginer son dos se courber, la bouche si gourmande se pincer, la déception marquer ses traits m’envahit de tristesse. Je n’avais rêvé de ce moment que dans ses bras. Je voulais que le feu de la passion me dévore auprès de lui. J’aurais dû le suivre. Maudit soit ma condition de fille dévouée, de princesse de ce clan !
Si je n’ai plus d’honneur, je me dois de le récupérer. Les samouraïs ne connaissent qu’une voie vers l’honneur. Je calme mon émoi. J’effectue des exercices de respiration. Ma main ne doit pas trembler. De la senestre, je palpe le ventre ; de la droite, j’enfonce mon œuvre d’art dans mes entrailles. La douleur est insoutenable. Ma volonté est plus forte. Je tourne et tourne et remonte la lame.
Itachi se réveille. Il écarquille les yeux face à l’horreur. Il m’accueille dans ses bras quand je me penche en avant.
« Pourquoi ? POURQUOI ?
-Tr… Tranch… Tranche… l… la… tê…
-Je ne peux pas. Je ne peux pas te trancher la tête. Je t’aime, Hinata, dit-il en me caressant le visage. Je t’aime vraiment. Je voulais faire ma vie avec toi.
-P… Pour… Nar… Naru… dis-je en désignant mon arme.
-Tu veux léguer ta lame à Naruto ? »
Je me contente de hocher la tête. Je suis incapable de prononcer des phrases correctes. La douleur. La douleur est obsédante. Je suis obnubilée par elle. Je veux en être délivrée.
Mon fiancé me couche au milieu des vêtements éparpillés. Il lève mon sabre et vise ma gorge. Il pleure. Cela m’aurait touchée s’il n’avait pas anéanti ma pudeur.
« Je le donnerai à Naruto. Je te le promets. Pardonne-moi. »
Il frappe. La douleur cesse. Ma tête roule. Et puis, le néant s’installe…
Le vide m’entoure. Je flotte. Je suis paisible. Le temps s’est arrêté.
Des éclats de lumière envahissent cet espace infini. Des silhouettes en émergent. Deux êtres magnifiques prennent vie devant moi : un homme et une femme. Ils portent des vêtements traditionnels japonais, richement tissés d’or et de perles. Seules leurs petites cornes noires détériorent cette beauté céleste. Je suis incontestablement en présence de dieu et de déesse ou bien de démons.
« Où suis-je ?
-Tu es dans les limbes, jeune Hinata, répond la silhouette féminine.
-Suis-je morte ?
-Oui et…
-Et non. Ton heure n’était pas venue, jeune Hyûga. Tu aurais dû vivre une longue vie.
-Je n’aurais pu. Pas après…
-Tu as été présomptueuse de juger ainsi de la valeur de ta propre vie.
-Sache que vous ne vous appartenez pas à vous seuls. Vous êtes tous liés par des fils invisibles.
-Si un de vos liens disparaît, il entraîne les autres vers la déchéance. Ton acte va avoir des répercussions désastreuses sur ton monde.
-Que voulez-vous entreprendre ? Je suis morte.
-Nous allons t’accorder une nouvelle vie.
-Je refuse, m’exclamé-je en serrant mon corps de mes bras.
-Tu ne peux.
-Si j’ai mis fin à ma vie, c’est par lâcheté. Je ne suis pas courageuse. Je ne peux pas… Je ne peux pas accepter de le voir, pas dans ces conditions. Je ne l’ai pas suivi. J’ai choisi les désirs de mon père avant ceux de mon cœur. J’ai failli dans les deux cas. Je suis… Je suis…, pleuré-je sans parvenir à terminer mon discours.
-Ton nouveau corps a déjà été choisi. Nous allons lui transférer tes souvenirs, ton savoir, ton âme.
-Je refuse. Si vous le faites, je me suiciderai encore.
-Nous avons besoin de toi pour rétablir la logique de ce monde.
-Vous avez besoin de quelqu’un pour accomplir au mieux un destin prédéfini. Je veux être seule juge de ce que vous transmettrez à cette enfant. Je la conseillerai. Je la guiderai.
-Entendu. Cependant, ton âme sera enfermée ici, dans les limbes, jusqu’à la fin de sa vie.
-J’accepte.
-Nous accordons un don à chacun de nos enfants-vision. Quel don souhaites-tu ? »
Je me remémore ma vie, mes remords, mes souhaits. Je sais ce que j’aurais désiré le plus.
« De la force. Accordez à cette enfant une force considérable capable de broyer un homme normal.
-Ainsi soit-il », répondent-ils en chœur.
Mot de l'auteur
Merci d'avoir lu ce chapitre !
Désolée de vous avoir choqué par la réaction d'un chapitre si dur. Si vous avez subi des violences sexuelles, quelles qu'elles soient, vous vous devez de prévenir les autorités compétentes afin de stopper les monstres qui vous ont agressé. Personne n'a le droit de vous toucher sans votre accord et vous avez le droit de dire "non" si quelque chose ne vous plaît pas.
Pour parler d'autre chose, je décide de mettre fin à ce premier tome. Je reviendrai en automne avec le deuxième mais je veux d'abord écrire mes autres histoires (notamment X-Men car cette histoire me trotte vraiment dans la tête!).
En attendant, voici un AMV qui est le prémisse de ce deuxième tome:
https://www.youtube.com/watch?v=9UxkpPslo9g
À bientôt pour de nouvelles aventures et bonnes vacances!