Donne-moi ma chance

Chapitre 8 : Je suis de retour vers toi

3815 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 12/01/2021 19:36

Alors qu’on se rhabille, je ne peux m’empêcher de repenser à la vision que j’ai eue il y a quelques secondes de ça. J’en suis encore tout perturbé. C’est insensé et surtout déplacé vis-à-vis d’Ino. J’ai l’impression de l’avoir trompée ou fait quelque chose de mal… J’dis ça mais y a à peine une heure en arrière, j’étais aux toilettes avec Kurenaï à faire des trucs pas catholiques alors qu’Ino venait de me proposer de l’oublier. J’me félicite pas d’être un mec autant en rut prêt à sauter sur la première qui m’le demande…


-           Ça t’a plu ?


La petite voix soucieuse d’Ino me sort de mes pensées, une nouvelle fois. Je lui esquisse un sourire affectueux.


-           Et pas qu’un peu, si tu veux mon avis. J’ai hâte de recommencer.


Je m’approche d’elle et lui donne de timides baisers, avant qu’elle passe ses bras autour de mon cou et colle sa bouche à la mienne pour m’embrasser fougueusement. Cette situation me fait sourire bêtement. Est-ce qu’on serait parti pour un deuxième round ? C’est pile à ce moment que mon téléphone sonne. Ino se détache de moi, ce qui me fend le cœur, et me dit en pinçant ses lèvres :


-           Vas-y, réponds.


Prenant mon téléphone en main, je distingue nerveusement le nom de celui qui ose nous déranger. Je décroche, et de la voix la plus exaspérée, je lance :


-           Quoi ?!

-           Quand t’auras fini de batifoler avec ta belle blonde, faudrait que vous nous rejoigniez. On va chez Naruto pour passer le reste de la soirée. m’annonce Shikamaru sans aucune once de gêne.

-           Yes, on arrive.


Je raccroche, balance mon portable sur la table et m’approche à nouveau d’Ino, les yeux remplis de sous-entendus.


-           Juste le temps de s’y remettre encore une fois.


Je veux me rattraper et me faire pardonner pour ce qu’il s’est passé, même si c’était de loin pas prévu. Je veux qu’elle sache que malgré mon égarement, elle m’a clairement retourné la tête. Et surtout, je veux à nouveau l’entendre hurler de plaisir. Ses cris de jouissance résonnent encore dans ma tête.


La prenant sauvagement contre moi par la taille, elle me stoppe en plaquant ses mains contre mon torse et me dit sensuellement :


-           Mm j’aurais adoré, crois-moi. Mais vaut mieux ne pas les faire attendre. Et puis, on aura tout le plaisir de recommencer là-bas.


Un peu déçu, je tente quand même une dernière petite approche en lui mordant le lobe après lui avoir léché le cou. Puis, je reviens à la raison et m’écarte gentiment d’elle.


-           Si tel est ton désir, princesse.


Je ramasse nos affaires restantes et ouvre la porte et, galant, la laisse passer devant moi. Oui, c’est pour mater ses fesses une dernière fois. Non, je ne suis pas un addicte au magnifique et incroyable corps d’Ino. Quoi que… si, en fait…


-           Tu vas me mater le boule encore longtemps comme ça ? me provoque Ino.

-           Abusé, tu lis dans mes pensées !

-           Je suis une femme, je sais tout mon cher.


Elle me fait un clin d’œil et tire sa langue, en signe de victoire.


-           On se retrouve dehors ? Faut que j’aille me rafraichir un peu.


Sans même attendre ma réponse, elle m’envoie un baiser volant avant de se retourner et de me laisser en plan. Ce qui me provoque un petit rire amusé. 


Alors qu’elle monte en direction des toilettes, je continue mon chemin pour retrouver les autres. Avant de descendre les escaliers, j’aperçois une lumière au fond du couloir provenant de la classe à Kurenaï. Ni une, ni deux, je fonce là-bas, décidé à avoir quelques explications pour ce qu’il s’est passé avant, même si ça ne m'a pas du tout déplu.


Je toque sur l’encadrement de la porte, étant donné que cette dernière est ouverte. J’aperçois Kurenaï, sur le point de partir, qui prépare toutes ses affaires. Je m’adosse à ce même encadrement et croise les bras.


-           Re. je lui dis. T’as disparu tout à l’heure.

-           Oui. Toi aussi, il me semble.


Elle hausse ses sourcils. Je rigole nerveusement.


-           Tu vas pas t’y remettre ?

-           Me remettre à quoi ?


Je me rapproche d’elle. Assez près pour effleurer un doigt sur sa joue. Par chance, elle se laisse faire.


-           A faire ta p’tite crise de jalousie. Quoi que, ça m’a beaucoup plu, finalement.

-           J’ai passé l’âge de faire des crises de jalousie, Kiba.

-           C’était quoi, alors ?

-           Eh bien, Ino espérait que je puisse passer une bonne soirée. Alors, c’est ce que j’ai fait.


Elle me lance un sourire charmeur. Je replace une de ses mèches derrière son oreille.


-           Avec celui dont tu dois prendre tes distances ? C’est trop dur de te passer de moi, c’est ça ?


Provocateur, je pose délicatement mes lèvres sur son cou et lui fait quelques doux et légers baisers. A ce contact, elle pousse de petits soupirs silencieux et sa peau frissonne à nouveau.


-           T’enflamme pas, Kiba. C’est juste… compliqué.

-           J’aime ce qui est compliqué, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué. je lui réponds en fixant son regard intensivement. J’ai tout mon temps.


Je prends sa main dans la mienne et la ramène vers ma bouche pour lui embrasser ses doigts un à un, tout en gardant le contact de mes yeux dans les siens. Puis, je recommence mais en faisant intervenir le bout de ma langue cette fois-ci. Elle mordille sa lèvre inférieure et dévie son regard. J’arrête tout et relâche délicatement sa main, ce qui la surprend.


-           Mais si tu veux pas en parler, te forces pas. J’vais pas t’embêter avec ça…

-           Non, tu ne m’embête pas, Kiba. Tu as raison, je te dois des explications. Mais certainement pas ici... Asuma n’est pas là ce soir, il est à une soirée poker chez un ami et ne revient que demain dans l’après-midi. Tu peux venir à la maison pour en discuter si tu veux. Enfin, si tu n’as rien d’autre de prévu, bien sûr.


Je réfléchis une demi-seconde. J’ai hâte de retrouver Ino, mais la proposition de Kurenaï est tentante. Au fond, j’aimerais connaitre le fond de sa pensée. J’aimerais, par-dessus, tout arrêter de me torturer l’esprit et savoir ce qu’il peut advenir de nous deux. Désolé, Ino… Je fais au plus vite.


-           Ça m’va. On fait comme d’habitude ?

-           Moi la première et toi cinq minutes après, oui. me sourit Kurenaï.


Elle me tend les clés qui servent à fermer sa salle et part devant. Pendant mon attente, je prends mon téléphone et envoie un message groupé à Shikamaru et Ino, en leur indiquant :


Moi :

Allez-y déjà. Vous rejoins plus tard. Problème avec un des chiens.


Best excuse ever ! C’est tout ce qui m’est venu à l’esprit au moment-même. M’enfin, c’est tout à fait plausible. Etant un grand amoureux des chiens, leur santé et bien-être passe avant tout. Et ça, Shikamaru et Ino le savent très bien. Donc, peut-être que mon excuse passera inaperçue, qui sait ?


Cinq minutes plus tard, je ferme la porte derrière moi et file en direction du parking pour récupérer mon scooter. Une fois sur place, je mets mon casque, démarre la bête et roule en direction de chez Kurenaï.


//


Arrivé dans sa rue, je laisse tout mon bazar sur un parking commun prévu pour les invités du quartier. En temps normal, je viens plutôt à pied, vu qu’on habite pas si loin que ça finalement, une quinzaine de minutes à peine. J’ai tendance à préférer marcher jusque chez elle, ce qui me permet de me changer les idées.


Avant de m’éclipser, mon esprit divague quelques secondes. Je m’en veux ainsi d’avoir laissé Ino en plan et puis j’angoisse aussi de savoir ce que Kurenaï a à me dire. En même pas l’espace d’une soirée, je me retrouve dans une situation peu banale. J’espère juste que les choses ne se compliqueront pas, à force. Si seulement je pouvais contrôler cet organe chiant et n’en faisant qu’à sa tête qu’est le cœur. Et puis un autre un peu plus en bas, par la même occasion.


J’arrive sur la terrasse et passe par la porte de la baie vitrée, laissée entrouverte par Kurenaï afin que je puisse rentrer. Une fois chez elle, je distingue qu’elle a ouvert une bouteille de vin et déjà rempli deux verres. Alors qu’elle revient dans une tenue plus décontractée que la robe qu’elle portait, je lui dis en me servant d’un des deux verres :


-           Dommage, la robe t’allait à ravir.


De souvenir, elle portait une robe rouge foncé en velours, légèrement décolletée et fendue sur un des côtés, laissant apercevoir sa cuisse. Le truc qui m’a carrément plu mais dont je n’ai pas été capable de complimenter sur le moment, tant j’ai été idiot.


-           Merci, c’est gentil.

-           On a un truc à fêter ? je demande en montrant la bouteille d’un signe de tête.

-           Non, j’ai juste besoin d’encouragements.

-           J’suis si intimidant que ça ?

-           Toi, non. Mes sentiments, oui.

-           Tes sentiments ?


Elle prend le verre restant d’une main et me saisit la mienne avec l’autre.


-           Viens avec moi.


Elle m’entraine avec elle dans le salon et s’assoit en tailleur sur le canapé. Moi à côté d’elle. Alors qu’elle prend une grande gorgée « d’encouragement », je lui demande, légèrement troublé :


-           C’est… une bonne idée avec… ton… problème…?

-           T’inquiète pas, il n’y a aucun souci avec ça. Merci de t’en inquiéter.

-           D’ailleurs, comment tu te sens par rapport à ça ?

-           Est-ce que… ça te dérange qu’on parle d’autre chose ? C’est déjà suffisamment lourd de devoir en discuter tout le temps avec Asuma.


Elle baisse les yeux sur le verre où elle joue nerveusement avec ses doigts. Je prends sa main dans la mienne et la serre délicatement.


-           Je comprends… mais je suis là pour toi, si tu en as besoin. Tu le sais ça ?

-           Je sais et je te remercie pour ton soutien, Kiba. Mais ce n’est pas à toi d’en faire les frais. Je ne veux pas te mêler à toutes ces histoires…


Elle a posé nos mains contre son cœur en souriant timidement.


-           Et si non, pour en revenir à la discussion initialement prévue.


Je me colle à elle et passes mes doigts dans ses cheveux en la regardant intensément. Et si on en discutait pas, finalement ? Si on oubliait tout ça et qu’on passait simplement un bon moment ? J’ai si peur pour la suite. Elle soupire, prend une nouvelle gorgée et continue :


-           Pour être brève, j’ai reconsidéré tout ce que tu m’as avoué la dernière fois. Tant tes sentiments envers moi que les espoirs que tu attendais de ma part. Et, en y repensant attentivement, je dois avouer que oui, tu occupes une certaine place dans ma vie.


Je hausse les sourcils et esquisse un mini sourire, tous mes doutes s’étant dissipés après une phrase seulement. Ayant remarqué que mon égo pourrait refaire des siennes, elle rajoute :


-           Calme-toi. J’ai dit dans ma vie, pas mon cœur. Tout du moins, pas comme tu le voudrais...

-           Peu importe, c’est toujours ça de pris. T’étais vraiment jalouse alors ?

-           Jalouse, non. Mais envieuse, peut-être.


Je ne peux m’empêcher d’élargir mon sourire jusqu’aux oreilles.


-           Mais ça ne va pas arranger les choses. Loin de là. J’aime profondément Asuma. D’un amour pur, vrai et sincère.

-           Et tu veux pas tout gâcher à cause d’un ado de dix-sept ans.

-           J’allais pas dire ça comme ça, mais ça va dans ce sens. Oui…

-           J’comprends.


La joie dans mon sourire se transforme en légère tristesse. Pourtant, ça parait si logique dit à haute voix. J’en avais conscience, tout au fond de moi, mais j’avais de loin pas envie de me l’avouer pour autant. Après quelques secondes silencieuses, Kurenaï renchérit :


-           Kiba, est-ce que tu es sûr d’éprouver des sentiments aussi puissants ?


A mon tour de boire une grande gorgée de vin.


-           Honnêtement ? J’en sais rien… j’sais plus, en fait. Quand j’suis avec toi, j’me sens tellement bien. J’suis heureux, tout simplement. Mais j’ai remarqué la même chose avec Ino. J’suis perdu et j’veux pas que n’importe quel ressentiment vienne gâcher ce qu’on a, toi et moi. Si j’avais su, j’aurais préféré ne rien te dire et tout garder pour moi pour qu’on puisse continuer tout ça. Même si au fond de moi, je regrette absolument rien de ce que je t’ai dit. Que ce soit mes sentiments ou ma proposition complétement folle.


Proposition qui tient toujours, si jamais. Je suis toujours prêt à tout pour toi. Que ça soit pour n’importe quoi, à n’importe quel prix.


Je pose ma tête contre sa poitrine et continue dans la même lancée :


-           Mais s’il te plait, oublie tout ça. Fais comme si j’avais rien dit. J’veux qu’on reprenne là où on s’est arrêté, avant que tout parte en vrille. J’veux à nouveau pouvoir te faire jouir et prendre mon pied. Ça me manque tout ça… ton corps, ton sourire, ton odeur. Toi. Si j’te promets de t’oublier, toi, et surtout des sentiments que j’ai envers toi, pour enfin passer sérieusement à autre chose, tu veux bien me reprendre ? Ouais, j’sais que ça ressemble fortement à une autre déclaration mais je t’assure que c’en est pas une. Et j’sais aussi que c’est totalement contradictoire tout ça mais c’est pas le cas. J’veux juste qu’on continue comme avant, sans aucun sentiment. Qu’on ait une relation typiquement charnelle, tu comprends ?


Je relève mes yeux sur Kurenaï qui parait… même moi je ne saurais dire quel sentiment elle fait ressortir après une telle requête. Mais ce que je perçois le mieux, c’est de la confusion et surtout de la tristesse. Triste du fait que je lui ai dit vouloir l’oublier ou que je me mente par rapport à mes sentiments ? Franchement, je préfère enfouir mes sentiments et continuer à la voir que de tout assumer et la perdre. Ça risque de faire mal, mais ça en vaut tellement la peine. Et j’en suis plus que convaincu.


-           Alors ? je demande, anxieux.


Elle sort gentiment de ses longues réflexions. Autant avant elle paraissait perdue et étourdie, autant en ce moment même elle parait si sûre de ce qu’elle fait. Et ce qu’elle fait, maintenant ? Elle se dégage de moi, fait une rotation pour se poser sur mes cuisses, prend mon visage entre ses mains et colle sa bouche à la mienne. Tout ça, en même pas l’espace d’une seconde. J’ai moi-même de la peine à suivre. Un geste qui parait pourtant tout con.


Alors que je suis toujours surpris, elle force le passage entre mes lèvres pour loger sa langue dans ma cavité buccale. Ce n’est que quand elle attaque ma langue avec ardeur que je reprends mes esprits. Je décide enfin de placer mes mains contre son dos pour la presser encore plus contre moi. Tandis qu’elle s’éloigne de moi après plusieurs secondes d’intensité, elle me dit enfin quelque chose :


-           J’ai pas envie de te perdre, Kiba. C’est ton absence qui m’a fait réaliser à quel point tu comptais pour moi. Promets-moi que si on continue, on reste sur les règles qu’on s’est fixées.


Je laisse passer quelques secondes de silence et plonge mes yeux dans les siens.


-           J’te l’promets. je lui dit en souriant, mais malgré tout à contre-cœur. Je te promets que plus aucun sentiment ne se mettra à travers nos moments purement érotiques et torrides. Juste toi, moi et nos pulsions sexuelles. Pas un seul pet d’amour ou une connerie dans le genre.

-           Tu es toujours aussi romantique, à ce que je vois. ironise Kurenaï.

-           Hé, on a dit pas de romantisme ! Je m’adapte moi ! T’as un mari pour ça.

-           C’est vrai. Bien vu.


Je passe ma main sur sa joue et l’embrasse langoureusement.


-           Bon, j’crois qu’on a vraiment quelque chose à fêter. Mais d’une autre façon.


Et d’un geste brusque, je renverse la situation et elle par la même occasion. Alors qu’elle est couchée sur le dos, je plaque mon corps contre le sien. Soulagé, je prends le temps de savourer ce moment qui m’a été pendant trop longtemps inaccessible. La sensation de sa poitrine contre mon torse… mon entrejambe contre son intimité… sentir en entendre sa douce respiration près de mon oreille. Tout ça m’a tellement manqué. J’aimerais ne plus jamais en être privé. 

Laisser un commentaire ?