Pendant que le soleil se couche lentement sur la ville, projetant de longues ombres sur les ruines des anciens affrontements, un tout autre rassemblement se tient dans un entrepôt désaffecté à la périphérie.
La Commission est tombée, le gouvernement est affaibli, et pour la Ligue des Vilains, c'est l'opportunité parfaite.
À l'intérieur de la bâtisse délabrée, une douzaine de criminels de bas étage, des marginaux et des déserteurs de l'ancienne faction de la Commission sont rassemblés. Face à eux, Tomura Shigaraki est assis sur un tas de décombres, observant la pièce à travers les doigts de la main qui lui couvre le visage. À ses côtés, Dabi adosse son dos brûlé contre un pilier, un sourire sardonique aux lèvres, tandis que Toga Himiko joue avec un couteau, assise sur une caisse en bois.
Un criminel (hésitant, s'avançant) : « Vous... vous dites que la Commission est détruite. Mais Yuei est toujours là. Les flics collaborent avec les héros pro pour reconstruire le système ! Qu'est-ce qui nous prouve que vous pouvez gagner ? »
Dabi laisse échapper un rire sec, une petite flamme bleue dansant au bout de ses doigts.
Dabi : « Vous n'avez toujours rien compris. Le système ne se reconstruit pas, il agonise. Sedo a essayé de le maintenir avec des secrets et des Nomus, et il s'est fait écraser par ses propres pions. La confiance du peuple est brisée. »
Shigaraki se lève lentement. Son regard rouge brille à travers les interstices de ses doigts sales.
Tomura Shigaraki : « Les héros fêtent leur petite victoire... Ils croient que faire tomber un directeur corrompu a réglé le problème. Mais la société est une maison vermoulue. Jinjiro Sedo était l'un des piliers. Maintenant qu'il est tombé, le toit va s'effondrer. Rejoignez-nous, et nous raserons les fondations. Laissez les héros s'amuser tant qu'ils le peuvent encore. »
Sous la menace et la promesse d'un monde sans règles, plusieurs criminels s'inclinent. La Ligue grandit dans l'ombre, se préparant à frapper le coup de grâce.
Bien loin de cette noirceur, le samedi suivant se lève sous un ciel d'un bleu parfait. Comme promis, la classe 1-A (rejointe par la 1-B au grand complet) s'est installée sur les berges herbeuses d'une magnifique rivière à la sortie de la ville.
L'odeur de la viande grillée remplit l'air. Satō et Bakugo s'occupent des barbecues géants. Enfin, surtout Bakugo, qui hurle sur quiconque s'approche de sa grille.
Bakugo (les yeux injectés de sang, une spatule à la main) : « Pousse-toi de là, Double-Face ! Tu vas refroidir mes braises avec ton côté droit ! Si la viande n'est pas saisie à la perfection, je vous explose tous ! »
Todoroki recule d'un pas, très calme, une assiette vide à la main.
Todoroki : « Je voulais juste un morceau de poulet, Bakugo. »
Un peu plus loin, Mina anime les jeux extérieurs avec l'énergie d'un capitaine de camp de vacances. Elle a organisé un tournoi de volley-ball et de frisbee. N'ayant pas dormi de la nuit le week-end précédent, elle s'est bien rattrapée toute la semaine et déborde de force.
À un moment, le frisbee est lancé trop fort par Tetsutetsu et atterrit dans les buissons. Mina et Kirishima se précipitent en même temps pour le ramasser. Leurs mains se touchent à nouveau sous les feuilles. Mina s'arrête, mais cette fois, pas d'acide, pas de panique. Elle lève les yeux vers lui et sourit.
Kirishima (un peu timide, lui tendant le disque) : « Bien joué sur le dernier point, Ashido. T'es vraiment la meilleure pour motiver tout le monde. »
Mina (les joues légèrement roses, mais l'esprit serein) : « Merci, Eijiro. Ça fait du bien de jouer pour de vrai, sans borne d'arcade entre nous. »
Le fait qu'elle l'appelle par son prénom le fait sourire jusqu'aux oreilles. La gêne de la semaine passée a définitivement laissé place à une douce complicité.
Alors que le soleil commence à décliner, teintant la rivière de reflets orangés et dorés, les quarante élèves se rassemblent autour d'un grand feu de camp de fin de journée.
Denki s'assied sur un tronc d'arbre, une guitare acoustique entre les mains. Il plaque quelques accords simples, mais étonnamment justes. À ses côtés, Kyoka sort sa propre guitare, accorde ses cordes d'un geste expert et commence à jouer une mélodie douce, chaleureuse, qui capte immédiatement l'attention de tout le groupe.
Tokoyami apprécie l'ambiance crépusculaire en silence, tandis que Momo et Kendo distribuent des guimauves grillées.
Denki (regardant Kyoka avec un sourire fier) : « Alors, la rock-star, tu nous chantes un truc ? »
Kyoka lève les yeux au ciel, feignant l'exaspération, mais son regard est plein d'affection. Elle commence à chanter d'une voix douce, portée par le clapotis de l'eau et le crépitement du feu. Denki l'accompagne à la perfection, leurs deux instruments se répondant en parfaite harmonie.
Izuku, assis aux côtés d'Ochaco qui s'est endormie la tête posée sur son épaule, regarde ses camarades. Il repense aux paroles sombres de Jinjiro Sedo dans sa cellule, et aux rumeurs sur les mouvements de la Ligue des Vilains. « Le monde exige du sang », disait Sedo.
En voyant Mina rire avec Kirishima, Denki échanger un clin d'œil avec Kyoka, et les classes 1-A et 1-B unies et prêtes à se battre les unes pour les autres, Izuku sait que Sedo avait tort. Ce qui sauvera le monde, ce n'est pas la peur. C'est ce moment précis. Cette lumière. Cette promesse d'un avenir qu'ils défendront ensemble, jusqu'au bout.
La mélodie de Kyoka et Denki s'éteint doucement sous les applaudissements chaleureux des deux classes. Le crépitement du feu de camp et le clapotis de la rivière prennent le relais, installant une ambiance parfaite pour les confidences.
Installée tout près de Kirishima, son gobelet de jus à la main, Mina retrouve son âme de perturbatrice. Elle scrute les visages éclairés par les flammes d'un air machiavélique.
Mina : « Bon ! La musique c'était super beau, j'ai presque versé ma petite larme. Mais maintenant que la nuit tombe, il est temps de passer aux choses sérieuses. On va jouer au jeu des anecdotes les plus embarrassantes. Et interdiction de mentir ! »
Un gémissement collectif s'élève autour du feu. Iida lève immédiatement la main, l'air paniqué à l'idée de transgresser une quelconque règle de bienséance.
Puisqu'il adore être le centre de l'attention, même pour les mauvaises raisons, Denki pose sa guitare et lève fièrement le doigt.
Denki : « Oh, j'en ai une légendaire ! Vous vous rappelez le premier mois au dortoir, quand j'ai utilisé mon Alter pour recharger mon téléphone et que je suis passé en mode "crétin" ? »
Sero : « Évidemment, on a tous la vidéo, mec. »
Denki : « Ouais, bah vous n'avez pas la suite ! Je me suis mis à errer dans les couloirs en mode court-circuit complet. J'ai confondu la porte de la chambre de Bakugo avec celle des toilettes. Je suis entré, il était en train de dormir, et je lui ai gentiment tapoté la tête en bavant et en disant "Bonne nuit, maman". »
La moitié de la rivière résonne des éclats de rire de la 1-B. Bakugo s'étouffe à moitié avec sa guimauve grillée, ses mains commençant à crépiter dangereusement.
Bakugo : « ESPÈCE D'ABRUTI ! Je savais bien que c'était toi ! J'ai cru que j'avais halluciné à cause de la fatigue ! Viens là que je te refasse une coupe de cheveux ! »
Pour calmer le début d'explosion de Bakugo, Ochaco pousse gentiment Izuku du coude, un sourire espiègle aux lèvres.
Ochaco : « Allez, Deku ! Raconte celle de la rentrée des classes, elle est tellement mignonne ! »
Izuku (devenant instantanément de la couleur d'une fraise) : « A-Ah ? Non, Uraraka, s'il te plaît, pas celle-là... »
Mina : « Balance, Midoriya ! Balance ! »
Izuku (cachant ses yeux derrière ses mains) : « Bon... Le deuxième jour à Yuei, j'étais tellement stressé et j'analysais les Alters de tout le monde dans ma tête en marchant. Je ne regardais pas devant moi. Je suis entré de plein fouet dans All Might qui était sous sa forme de civil... et j'ai eu tellement peur de lui faire mal que j'ai hurlé "Pardonnez-moi, Monsieur le Sac d'os !" avant de m'enfuir en courant. »
Un silence incrédule s'installe, suivi d'un rire général. Monoma de la 1-B se tient les côtes.
Monoma : « Appeler le plus grand des héros un "sac d'os", c'est digne de la 1-A, ça ! Quelle audace ! »
Contre toute attente, c'est Kyoka qui prend la parole ensuite. Elle tripote ses jacks auriculaires, un peu intimidée mais décidée à participer.
Kyoka : « Bon, à mon tour. Quand j'étais au collège, j'écoutais de la musique à fond dans ma chambre avec mon casque. Je chantais un morceau de death metal ultra agressif, en faisant des sauts sur mon lit et des solos de air-guitar complètement ridicules. J'étais tellement à fond dans mon monde... que je n'ai pas vu que mes jacks s'étaient branchés par accident sur les haut-parleurs du salon. »
Denki écarquille les yeux, un immense sourire aux lèvres.
Denki : « Non ?! »
Kyoka (soupirant, le visage rouge) : « Si. Mes parents étaient en train de prendre le thé avec les voisins. Ils ont entendu mes hurlements de métalleuse possédée pendant dix bonnes minutes avant que mon père ne vienne frapper à ma porte en pleurant de rire. »
Le jeu continue, les anecdotes s'enchaînent. Tetsutetsu raconte comment il est resté coincé dans un tourniquet de métro à cause de son Alter en métal, et Momo avoue avoir accidentellement créé un dictionnaire de 500 pages au lieu d'un simple carnet de notes pendant un examen.
Finalement, Mina regarde Kirishima, un sourire complice et plus du tout gêné aux lèvres.
Mina : « Et toi, Kiri ? C'est quoi ton pire moment ? »
Kirishima croise les bras, un sourire nostalgique et viril aux lèvres, regardant les flammes.
Kirishima : « Honnêtement ? Mon pire moment de solitude, c'était le week-end dernier à la salle d'arcade. Un certain match de danse m'a tellement pris par surprise que j'ai cru que mon cœur s'était transformé en pop-corn. J'ai bugué pendant au moins trois jours. »
La classe explose en sifflets et en cris de joie. Mina cache son visage dans ses mains en riant, tandis que Kirishima lui jette un regard tendre.
Autour du feu, les barrières tombent une à une. Dans cette vulnérabilité partagée, parmi les rires et les secrets inavouables, les deux classes ne forment plus qu'un seul et même groupe. Ils oublient pour quelques heures leur statut de futur héros pour savourer la plus précieuse des anecdotes : celle d'être de simples adolescents, maladroits, vivants, et terriblement soudés.
Alors que les rires de l'anecdote de Kirishima s'estompent doucement, une paire de gants et de bottes flottantes s'agite frénétiquement près du feu. Toru Hagakure, l'étudiante invisible, vient de ramasser une bouteille de soda en verre vide sur la table des boissons.
Elle se glisse au centre du cercle avec une énergie débordante, posant la bouteille sur une pierre plate, pile entre les deux classes.
Toru (la voix surexcitée) : « Les anecdotes, c'était super pour s'échauffer, mais j'ai LE jeu parfait pour pimenter la fin de soirée... Le jeu de la bouteille ! Action ou Vérité, et la bouteille choisit les victimes ! »
Un frisson de pure panique traverse instantanément plusieurs élèves. Mina se fige, les yeux écarquillés, tandis que son gobelet de jus de fruits lui échappe presque des mains. Après la semaine de doutes et d'insomnies qu'elle venait de surmonter pour s'en remettre, l'idée de remettre son destin amoureux entre les mains d'un morceau de verre la terrifie au plus haut point.
Mina (hurlant presque, agitant les mains) : « Non, non, non ! Hagakure, s'il te plaît, pitié ! On est quarante ici, ça va être le chaos absolu ! On n'a pas besoin de ça, la musique c'était très bien ! »
À ses côtés, Kirishima toussote maladroitement, fixant soudainement ses propres chaussures avec un intérêt de géologue. Plus loin, Izuku commence à bafouiller des calculs de probabilités sur les chances que la bouteille s'arrête sur lui ou sur Ochaco, tandis qu'Ochaco elle-même cache son visage rouge derrière ses mains.
Malheureusement pour Mina, l'idée de Toru reçoit un soutien massif de la part des éléments les plus perturbateurs. Mineta a les yeux en forme de cœurs, Monoma sourit déjà à l'idée de piéger la 1-A, et Denki, fidèle à lui-même, s'avance en frottant ses mains.
Denki : « Oh, c'est le jeu de la roulette russe des sentiments ! Moi je vote oui à 100 % ! Allez Toru, fais tourner cette bouteille ! »
Toru ne se fait pas prier. Elle donne une impulsion vigoureuse au goulot de verre. La bouteille tourne, tourne, son ombre projetée par les flammes dansant sur les visages anxieux des élèves. Elle ralentit... passe devant Todoroki, frôle Bakugo (qui grogne une menace de mort), et s'arrête net.
Le goulot pointe directement vers Denki Kaminari.
Le cul de la bouteille pointe vers... Kyoka Jiro.
Un grand « OUUUUUH » collectif s'élève autour du feu. Mina, temporairement sauvée, retrouve immédiatement son sourire sadique pour se venger de Kaminari.
Mina (pointant Denki du doigt) : « Ah ! Le karma, Kaminari ! Le karma existe ! Alors, Action ou Vérité ? »
Denki (essayant de garder un air cool malgré une goutte de sueur sur la tempe) : « Même pas peur ! Je choisis Action ! Je suis un homme d'action ! »
Toru tape des mains, invisible mais rayonnante de malice.
Toru : « Parfait ! Puisque la bouteille t'a lié à Jiro... Ton action, c'est de lui chanter une sérénade improvisée en la regardant droit dans les yeux, à genoux, en lui tenant la main pendant une minute entière ! Et sans rigoler ! »
Le silence se fait. Kyoka écarquille les yeux, ses jacks auriculaires s'agitant frénétiquement sous le coup de la gêne.
Kyoka : « Attendez, quoi ?! C'est moi la victime là, pourquoi je suis punie avec lui ?! »
Mais la pression du groupe est trop forte. Sous les encouragements et les applaudissements de Sero, Kirishima et de la 1-B, Denki s'exécute. Il glisse de son tronc d'arbre, pose un genou à terre devant Kyoka et attrape délicatement sa main droite.
Il prend une grande inspiration, abandonne son air idiot et la regarde droit dans les yeux. Les reflets du feu de camp illuminent son regard, soudainement beaucoup plus doux. Il commence à chanter a cappella, d'une voix étonnamment juste pour une fois, un vieil air de ballade romantique en adaptant les paroles pour la taquiner sur son style rock.
Kyoka essaie de détacher son regard, de faire la grimace, mais face à la sincérité soudaine de Denki, ses joues virent progressivement au rouge vif. Elle ne retire pas sa main. À la fin de la minute, Denki lui fait un petit clin d'œil, et toute la classe explose en cris de joie et en sifflets.
Kyoka (retirant enfin sa main, bousculant gentiment Denki) : « T'es idiot, Kaminari... T'as de la chance qu'on soit entre amis, sinon je t'aurais envoyé cent décibels dans les oreilles. »
Denki se rassoit, le cœur battant un peu plus vite, tandis que Kyoka réajuste nerveusement sa veste, un sourire discret aux lèvres.
Toru se repositionne au centre, les gants posés sur les hanches.
Toru : « C'était magniiiii-fique ! Allez, on remet ça ! Qui veut faire tourner la bouteille cette fois ? »
Mina croise les doigts sous sa veste, fixant le morceau de verre posé sur la pierre. Elle sait que le jeu ne fait que commencer, et à voir le regard joueur que Kirishima vient de lui lancer par-dessus les flammes, elle se dit que cette soirée au bord de la rivière pourrait bien réserver d'autres surprises de taille.
L’ambiance est déjà électrique autour du feu après le passage de Denki et Kyoka. Les rires fusent, et certains élèves s’en sortent de justesse avec des « Vérités » bien croustillantes. C'est alors que Monoma, un sourire machiavélique aux lèvres, se lève et lève un doigt en l'air pour réclamer l'attention.
Monoma : « Tout cela est bien gentil, la 1-A... Mais ce jeu manque cruellement de piquant et d'enjeux ! Pour que la 1-B montre sa supériorité en termes de courage, je propose une variante, une vraie règle de fin de soirée : Une personne lance la bouteille. La personne désignée par le cul de la bouteille devra embrasser la personne que le goulot désignera ! Pas d'échappatoire ! »
Un énorme vacarme s'élève instantanément autour du feu.
Iida (moulinant des bras comme un robot en surchauffe) : « C'est totalement inapproprié dans le cadre d'une sortie scolaire réglementée par Yuei ! Je m'oppose formellement à cette escalade de comportement ! »
Mina (sentant son cœur rater trois battements d'un coup) : « Non mais ça va pas ?! C'est de la folie pure, on va s'entretuer ! »
Mais le reste des élèves, survolté par l'adrénaline et les guimauves, valide la règle à la majorité absolue. Toru Hagakure, qui a toujours la bouteille entre les mains, sautille sur place.
Toru : « Oh lala, la pression est maximale ! Bon... puisque j'ai la bouteille, c'est à moi de lancer le premier défi avec la nouvelle règle ! Attention les yeux ! »
Les gants invisibles de Toru font tourner le verre sur la pierre plate avec une force phénoménale. La bouteille tourne à toute vitesse, reflétant les éclats orangés du feu de camp. Le silence se fait, lourd, pesant. Plus personne ne respire.
Mina ferme les yeux et serre les poings, priant pour que le goulot l'évite. Kirishima, lui, retient son souffle, le regard fixé sur la trajectoire circulaire du morceau de verre.
La bouteille ralentit... son goulot passe devant Sero, frôle Awase de la 1-B, ralentit encore devant Ojiro... et s'arrête d'un coup sec.
Le goulot pointe vers Kirishima.
Le cul de la bouteille pointe vers Toru.
Denki et Sero (hurlant en chœur) : « LE RETOUR DU ROI ! »
Tetsutetsu (frappant le sol) : « Kirishima ! Le destin t'a choisi deux week-ends d'affilée ! C'est ça, la vraie chance d'un homme ! »
Kirishima devient instantanément aussi écarlate que ses cheveux, tandis que Mina ouvre de grands yeux, partagée entre un immense soulagement de ne pas avoir été désignée et un étrange petit pincement au cœur qu'elle essaie de masquer en riant un peu trop fort.
Toru (un peu prise à son propre piège, bafouillant) : « Ah... Euh... Kirishima ? Bon, une règle est une règle, mais... comme je suis invisible, comment on fait ? »
Bakugo (complètement exaspéré, jetant un morceau de bois dans le feu) : « Vous êtes tous d'un ridicule fini. Tête d'Ortie, avance ta joue qu'on en finisse, vous gâchez mon temps de sommeil ! »
Sous les rires et les encouragements, Toru s'approche de Kirishima qui reste assis sur son tronc d'arbre, rigide comme un piquet, son Alter de durcissement manquant de s'activer sous le coup du stress. On entend le bruit des bottes de Toru s'arrêter juste à côté de lui.
Smack.
Un bruit de baiser retentit distinctement sur la joue droite de Kirishima, qui lâche un soupir de soulagement en riant nerveusement et en grattant sa nuque.
Selon la tradition du jeu, la personne qui vient d'être désignée doit maintenant prendre la bouteille et la faire tourner à son tour. Toru glisse le verre entre les mains encore un peu tremblantes de Kirishima.
Toru : « À toi l'honneur, Kirishima ! Voyons voir qui va subir la loi du goulot ! »
Kirishima regarde la bouteille, puis jette un coup d'œil rapide de l'autre côté du feu. Ses yeux croisent ceux de Mina, qui le regarde avec un petit sourire de défi, ses yeux noirs et jaunes brillant sous la lumière des flammes. Elle a l'air de lui dire : « Même pas cap. »
Piqué au vif dans sa fierté et sa virilité, Kirishima affiche son grand sourire édenté. Il pose la bouteille sur la pierre.
Kirishima : « Très bien ! Un vrai mec ne recule jamais devant le destin ! Regardez bien ! »
Il donne un coup sec. La bouteille s'élance à nouveau dans une course effrénée, et cette fois, le regard de Kirishima ne quitte pas une seule seconde la fille rose assise en face de lui...
La bouteille ralentit sa course infernale, le bruit du verre frottant contre la pierre devenant de plus en plus lourd au milieu du silence de mort qui vient de s'abattre sur le groupe. Plus personne ne respire.
Le goulot frôle Shoto, glisse devant Tsuyu, manque de s'arrêter sur Monoma (qui s'apprêtait déjà à faire un discours dramatique), donne un dernier coup minuscule... et se fige net.
Le goulot pointe précisément, sans l'ombre d'un doute, vers Mina Ashido.