My Hero Academia Lightning Sound

Chapitre 18 : La triste Réalité

Par geoffreycoston06

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L'odeur piquante des antiseptiques et le bruissement régulier des appareils médicaux sortent lentement Kyoka Jiro de sa torpeur. Ses paupières sont lourdes, engourdies par les restes de l'anesthésie. La première chose qu'elle ressent, c'est une douleur sourde et lancinante qui irradie depuis son épaule droite, solidement bandée.

Elle cligne des yeux plusieurs fois pour chasser le voile flou qui obscurcit sa vision. La lumière blanche de la chambre d'hôpital l'agresse, mais alors que ses sens reviennent, son regard se pose immédiatement sur le lit jumeau placé juste à côté du sien, séparé par un simple panneau de verre.

À travers la vitre, elle voit Denki Kaminari.

Il est d'une pâleur effrayante, les yeux clos, immobile. Un tube respiratoire est inséré dans sa bouche et une multitude d'électrodes recouvrent ses tempes pour surveiller son activité cérébrale. Le moniteur cardiaque émet un bip lent, monotone... le bip d'un corps plongé dans un profond coma.

Un frisson de terreur pure traverse Kyoka. Les souvenirs de la nuit lui reviennent en plein visage : le coup de feu, la sensation de brûlure, le cri de rage de Denki, et cette tempête d'éclairs aveuglants. Elle essaie de se redresser d'un bond, mais la douleur à l'épaule lui arrache un gémissement.

Kyoka (la voix rauque, paniquée) : « Kaminari... Denki ! Qu'est-ce qu'il... pourquoi il ne bouge pas ?! »

C'est alors qu'elle remarque la présence des autres. Toute la classe 1-A est là, debout ou assise au pied de son lit. Personne n'a quitté la pièce. Leurs visages sont ravagés par la culpabilité et la fatigue.

Mina Ashido a les yeux gonflés d'avoir trop pleuré. Yaoyorozu lui prend doucement la main gauche pour l'empêcher de s'arracher ses perfusions, des larmes coulant silencieusement sur ses propres joues.

Izuku Midoriya s'avance d'un pas lourd, ses vêtements de héros encore froissés. Il n'ose pas regarder Kyoka dans les yeux, accablé par le sentiment d'avoir échoué à les protéger.

Izuku (la voix brisée) : « Jiro... S'il te plaît, ne force pas sur ton épaule. Tu as perdu beaucoup de sang, mais les médecins ont réussi à te stabiliser. Tu es hors de danger. »

Kyoka (ignorant ses propres blessures, les yeux rivés sur la vitre) : « Je me fiche de moi, Midoriya ! Regarde-le ! Qu'est-ce qu'il a ?! Pourquoi il est branché à ces machines ?! »

Todoroki, adossé au mur, prend la parole d'un ton bas et monocorde, mais empreint d'une profonde tristesse.

Todoroki : « Quand tu as pris cette balle... Kaminari a perdu le contrôle. Il a relâché une quantité d'électricité que son corps n'était pas censé pouvoir générer. Grip a réussi à dévier l'énergie dans le sol pour nous sauver tous, mais... le système nerveux de Kaminari a disjoncté. Son cerveau s'est mis en veille pour ne pas brûler. Les médecins ne savent pas quand il se réveillera. »

Un silence de plomb retombe sur la chambre. Kyoka sent ses larmes déborder et rouler le long de ses joues. Elle serre le drap de son lit à s'en blanchir les knuckles. C'était elle qu'il voulait protéger. C'est pour elle qu'il s'est détruit l'esprit.

À côté de la porte, Bakugo lâche un grognement, ses poings serrés au fond de ses poches. Ses yeux brillent d'une fureur noire, non pas contre Denki ou Kyoka, mais contre ceux qui ont orchestré ce carnage.

Bakugo : « Cet abruti s'est battu comme un vrai bonhomme. Alors arrête de chialer, Jiro. Il n'est pas mort. Et pendant qu'il dort, on va s'assurer que les fumiers de la Commission et les rats de la Ligue paient l'addition jusqu'au dernier centime. »

Kyoka tourne son visage baigné de larmes vers la vitre, posant sa main valide contre le verre, comme pour essayer de transmettre un peu de sa force à Denki. Autour d'elle, la 1-A forme un rempart de silence et de détermination. La détresse de leur camarade vient de transformer leur tristesse en une volonté de fer.

La porte de la chambre d'hôpital s'ouvre à la volée dans un fracas violent, coupant court au silence pesant qui s'était installé.

Kyotoku et Mika Jiro déboulent dans la pièce, le souffle court, les vêtements en désordre et les visages décomposés par l'angoisse. Les parents de Kyoka, à peine remis de leur propre enlèvement la veille, ont tout plaqué dès qu'ils ont appris la fusillade de la nuit et l'hospitalisation de leur fille unique.

Mika se jette littéralement vers le lit de Kyoka, ignorant les élèves de la 1-A qui s'écartent précipitamment pour lui laisser le passage. Elle entoure le visage de sa fille de ses mains tremblantes, ses larmes coulant sans s'arrêter.

Mika (la voix brisée par les sanglots) : « Kyoka ! Oh mon Dieu, ma chérie... Quand la police nous a dit qu'on t'avait tiré dessus... J'ai cru que... j'ai cru que je t'avais perdue ! »

Kyotoku, d'ordinaire si excentrique et protecteur à sa manière de rocker, a le regard noir, hanté par la culpabilité. Il serre les poings à s'en faire blanchir les doigts, fixant le bandage imposant sur l'épaule de sa fille.

Kyotoku : « Tout ça... c'est à cause de nous. Si ces monstres ne nous avaient pas pris pour cibles hier... vous n'auriez jamais eu à courir dans ce piège. C'est notre faute, Kyoka. C'est notre faute si tu es sur ce lit... »

Kyoka (la voix faible mais ferme, retenant ses propres larmes) : « Non, papa... Ne dis pas ça. Vous n'y êtes pour rien. C'est la Commission... et la Ligue. Ils ont triché. »

C'est alors que Kyotoku lève les yeux et remarque, à travers la vitre de séparation, le corps inerte de Denki Kaminari, entouré de machines et d'écrans de contrôle. Il se fige, comprenant instantanément le tableau.

Kyotoku (le ton adouci par le choc, se tournant vers Izuku) : « C'est... c'est le gamin à l'électricité, n'est-ce pas ? Celui qui était venu chez nous avec Kyoka ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ? »

Izuku s'avance respectueusement, baissant la tête devant les parents de son amie.

Izuku : « Monsieur, Madame Jiro... Denki a utilisé toute sa puissance pour contrer l'attaque et nous protéger après que Kyoka a été touchée. Il a... il a sauvé tout le monde. Mais son corps a subi une surcharge massive. Il est dans le coma. »

Mika Jiro se tourne vers la vitre, portant une main à sa bouche, étouffant un cri de détresse. Elle se rappelle ce garçon si poli, un peu maladroit, qui souriait bêtement en écoutant leur musique.

Kyotoku s'approche du lit de Kyoka et pose une main lourde et rassurante sur sa tête, puis il se tourne vers l'ensemble de la classe 1-A, son regard brillant d'une détermination nouvelle.

Kyotoku : « Écoutez-moi bien, vous tous. Je ne suis qu'un musicien, je ne connais rien à vos guerres de héros. Mais je sais reconnaître un gamin qui a du cœur. Ce Kaminari... il s'est brisé pour ma fille et pour vous. On ne va pas l'abandonner. À partir d'aujourd'hui, ma femme et moi, on va squatter ce couloir s'il le faut. On va lui jouer la musique qu'il aime, on va lui parler tous les jours jusqu'à ce que son cerveau de punk se réveille. »

Kyoka serre la main de sa mère, touchée au plus profond d'elle-même par les mots de son père. Le salon de la 1-A s'est peut-être déplacé à l'hôpital, mais avec l'arrivée des parents Jiro, la pièce est désormais remplie d'une force chaleureuse. Ils ne sont plus seulement des élèves en détresse : ils sont une famille unie, prête à veiller sur Denki jusqu'à son dernier souffle, pendant que dans l'ombre de la ville, l'Ancre Noire prépare sa vengeance.

Une semaine entière s'est écoulée depuis la tragique nuit dans la zone industrielle. Sept jours de rituels immuables dans la chambre d'hôpital.

Kyoka a rapidement repris des forces. Son épaule la lance encore, mais elle passe désormais la majeure partie de ses journées assise sur un fauteuil roulant, puis sur une simple chaise, juste à côté du lit de Denki. Elle lui parle, lui fait écouter ses morceaux de rock préférés sur son téléphone avec un casque partagé, et surveille la moindre fluctuation des lignes vertes sur le moniteur de son encéphalogramme. Ses propres parents, Mika et Kyotoku, passent régulièrement pour lui apporter à manger et tenir leur promesse de veiller sur le garçon.

Mais au fil des jours, une question commence à hanter Kyoka. Une question qui se transforme lentement en une traînée de poudre prête à exploser.

Où sont les parents de Denki ?

Au début, Kyoka s'est dit qu'ils habitaient loin, que la police ou Yuei avait mis du temps à les joindre à cause du protocole de sécurité ou du secret défense entourant la Commission. Mais après sept jours, le silence radio est total. Aucun appel, aucune visite, aucun bouquet de fleurs. Rien.

Cet après-midi-là, alors qu'Izuku, Iida et Yaoyorozu entrent discrètement dans la chambre pour lui rendre visite après leurs cours à Yuei, ils trouvent Kyoka le regard noir, fixant la porte de la chambre avec une tension palpable.

Kyoka (la voix blanche, serrant les poings sur ses genoux) : « Ça fait une semaine. Une semaine entière qu'il est branché à un respirateur artificiel, entre la vie et la mort... Pourquoi ses parents ne sont pas là ? »

Les élèves se regardent, mal à l'aise. Iida ajuste ses lunettes, le visage assombri.

Iida : « Jiro... L'administration de Yuei a essayé de les contacter dès le premier matin. Monsieur Aizawa s'en est occupé personnellement. Mais... »

Kyoka (se levant brusquement, la colère brisant sa voix) : « Mais quoi ?! C'est leur fils ! Il a failli mourir ! Il s'est grillé le cerveau pour nous sauver ! Qu'est-ce qu'il y a de plus important dans leur vie de lâche que de venir s'asseoir ici et lui tenir la main ?! Ça m'énerve... Ça me rend folle ! »

Izuku s'avance doucement, tendant les mains dans un geste apaisant. Il a passé une partie de la nuit précédente à chercher des réponses dans les dossiers de la classe, avec l'aide discrète des connexions de Hawks.

Izuku : « Jiro, calme-toi, s'il te plaît... Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas venir. C'est qu'ils ne peuvent pas. Ou plutôt... la Commission l'interdit. »

Kyoka se fige, ses jacks audio tremblant de rage.

Kyoka : « Qu'est-ce que tu racontes, Midoriya ? »

Izuku (baissant les yeux) : « Kaminari a libéré une puissance électrique qui a court-circuité des technologies secrètes du gouvernement. La faction corrompue de la Commission a classé son cas sous "Haute Sécurité Intérieure". Officiellement, pour le grand public et pour sa famille, Denki a été placé dans un centre de quarantaine de Yuei après un "accident d'entraînement majeur". Ses parents ont reçu une interdiction formelle de lui rendre visite sous prétexte que son corps émettrait encore des radiations électriques dangereuses pour les civils. On leur ment. »

La révélation frappe Kyoka en plein cœur. Sa colère ne diminue pas, mais elle change de cible, devenant une haine froide et tranchante envers ce système qui continue de manipuler la vie de Denki, même lorsqu'il est dans le coma.

Kyoka (les dents serrées, des larmes de rage aux yeux) : « Ils le séquestrent... Même ici, sur un lit d'hôpital, ils continuent de l'isoler de ceux qu'il aime pour couvrir leurs propres crimes. Ils ont peur de ce qu'il pourrait dire s'il se réveillait. »

Elle se tourne vers Denki, posant sa main sur son front tiède. Sa frange blonde cache toujours ses yeux fermés.

Kyoka (murmurant, le ton résolu) : « S'ils croient qu'on va les laisser faire... Ils ne savent pas à qui ils ont affaire. Dès que Grip aura trouvé un moyen de faire tomber ces corrompus, je jure que je ramènerai tes parents ici, Denki. Même s'il faut que je détruise la Commission moi-même. »

Derrière elle, la 1-A ressent la même rage. Le silence des parents de Kaminari n'était pas de l'abandon, c'était une énième injustice. Une injustice de plus que la classe est désormais bien décidée à réparer.




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