My Hero Academia Lightning Sound

Chapitre 7 : Le choix de Ren

Par geoffreycoston06

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Pour se rapprocher du Disséquateur, Grip doit intercepter son principal informateur : Zuberi "Le Passeur", un criminel cynique dont l'Alter lui permet de manipuler la densité des ombres pour étouffer les sons et la lumière. Il se terre dans les cales d'un cargo désaffecté, entouré de mercenaires d'élite.

Grip s'infiltre par les conduits d'aération du navire, son arsenal pesant lourd sur ses épaules. Mais dès qu'il pose le pied dans les coursives métalliques, le cauchemar commence.

L'obscurité générée par l'Alter du Passeur est totale. C'est le terrain de jeu idéal pour la paranoïa de Ren.

Alors qu'il progresse dans un couloir rouillé, sa visière thermique capte un mouvement. Il épaule son fusil à pompe, prêt à tirer. Mais dans l'obscurité, l'ombre s'étire et prend les traits d'Hotaru. Elle est couverte de sang, ses bras tendus vers lui, et Ren croit entendre sa voix murmurer à travers le métal : « Pourquoi tu ne m'as pas sauvée, Ren ? Pourquoi tu étais avec les élèves de Yuei au lieu d'être avec moi ? »

Grip (hurlant, perdant son sang-froid) : « Non... Hotaru ! Efface-toi ! Tu n'es pas là ! »

Ren baisse son arme, pris d'un vertige violent. C'est l'erreur fatale. Ce n'était pas sa sœur, mais un mercenaire qui profitait de la pénombre. L'homme lui décoche une rafale de pistolet-mitrailleur à bout portant.

L'armure noire de Grip encaisse les balles, mais le choc le projette en arrière. Pour la première fois de sa carrière, Ren oublie d'activer son Ancre Cinétique. Il percute le mur de fer, le souffle coupé, sa visière tactique se fissurant sous l'impact.

Le Passeur et ses hommes l'encerclent, comprenant que le redoutable "Grip" est diminué. Les attaques pleuvent. Des lames, des décharges d'énergie, des coups de masse.

D'habitude implacable, Ren est désynchronisé. Chaque fois qu'il essaie de stabiliser son esprit pour ancrer ses gantelets ou ses armes dans l'espace, l'image de ses parents démembrés s'interpose devant ses yeux.

Il tente d'ancrer le sabre d'un ennemi : il rate son ciblage de quelques centimètres parce qu'il croit voir la main de sa mère Mei retenir son bras. La lame ennemie entaille profondément son épaule.

Il tire au jugé avec ses blasters jumeaux, gaspillant ses munitions contre des murs vides, hanté par des rires d'enfants qui résonnent dans les parois du cargo.

Grip est en train de se faire massacrer par des criminels de seconde zone. L'homme qui a abattu un cartel à lui seul est à genoux, ruisselant de sang et de sueur, sa poitrine haletante.

Zuberi "Le Passeur" s'avance, un rictus sadique aux lèvres, une dague d'ombre pointée vers la gorge de Ren.

Le Passeur : « Alors c'est ça, le monstre qui fait trembler les gangs ? Tu n'es qu'un fou qui parle tout seul dans le noir. Le Disséquateur a bien fait de purger ta race. »

Le mot magique. Le Disséquateur.

L'évocation du meurtrier agit comme un électrochoc. La haine pure, froide et tranchante, balaie instantanément les hallucinations. La paranoïa ne disparaît pas, mais elle se transforme en une rage focalisée. Ren lève les yeux, sa visière brisée brillant d'un éclat rouge sinistre.

Au moment où la dague du Passeur s'apprête à lui transpercer le cou, Ren active son Ancre absolue sur sa propre boîte crânienne et son cou. La dague d'ombre frappe une zone de l'espace totalement indestructible et se dissipe dans un sifflement.

Profitant de la surprise du Passeur, Grip détend son bras, plante son grappin barbelé directement dans la mâchoire du criminel, et l'ancre au plafond de la cale.

Le Passeur hurle, suspendu dans le vide par la force immuable du câble de Ren. Les autres mercenaires, terrifiés par ce sursaut de violence inhumaine, reculent. Ren se relève pesamment, ramassant son fusil à pompe. Il saigne de l'épaule et du flanc, son corps est à bout, mais son esprit est verrouillé sur sa proie.

Il s'approche du Passeur suspendu, son visage ensanglanté à quelques centimètres du sien.

Grip (la voix rauque, dépouillée de tout filtre) : « Où est-il ? Où se cache le Disséquateur ? Donne-moi une adresse avant que je n'ancre ton cœur et que je ne pousse ton corps dans le vide. »

Le Passeur, étouffé par le sang et la terreur, balbutie les coordonnées d'un laboratoire clandestin situé dans le district médical abandonné de Jaku.

Ren enregistre l'information. Il ne tue pas Le Passeur, il le laisse suspendu là, comme un trophée macabre pour la police, et quitte le cargo en boitant.

En marchant sur les quais sous la lune, les fantômes reviennent déjà. Il croit voir Hotaru marcher à ses côtés, lui tenant la main. Ren sait qu'il est en train de perdre la raison. Sa paranoïa va empirer, ses hallucinations vont devenir plus réelles, et la prochaine étape de sa traque l'amène directement dans l'antre du monstre. Grip court à sa perte, et il le sait, mais l'Ancre est lancée et rien, pas même sa propre folie, ne pourra l'empêcher de couler avec sa cible.

L'inquiétude de Denki et Kyoka s'est transformée en une traque silencieuse. Tels qu'ils se l'étaient promis sous l'arrêt de bus, ils n'ont rien dit à Yuei. Au lieu de cela, Kyoka a passé ses nuits à scanner les fréquences de la police et à écouter les vibrations de la ville, tandis que Denki restait en alerte, prêt à intervenir. Lorsqu'ils ont capté les échos de l'assaut sanglant sur le cargo du Passeur, ils ont compris que Ren n'avait plus beaucoup de temps.

Dissimulés dans l'ombre des gratte-ciels, utilisant l'ouïe surdéveloppée de Kyoka pour garder une distance de sécurité, ils observent Grip depuis plusieurs heures.

Ce qu'ils voient les glace le sang. Ren avance d'une démarche lourde, titubante, s'arrêtant parfois au milieu d'une ruelle vide pour parler à voix basse à des spectres invisibles ou pour pointer son arme vers le néant. Sa paranoïa est évidente, son corps est épuisé, couvert de bandages de fortune crasseux. Il est à bout de forces, mais la haine le maintient debout.

Soudain, la silhouette noire de l'Ancre se redresse. Ses mouvements redeviennent mécaniques, froids. Il vient de bifurquer vers le district médical abandonné de Jaku. Il se dirige enfin là où se trouve sa proie : Le Disséquateur.

Le complexe est un labyrinthe d'hôpitaux désaffectés et de laboratoires condamnés. La brume de la nuit rampe entre les bâtiments décrépits. Denki et Kyoka s'infiltrent à la suite de Ren par une vitre brisée au rez-de-chaussée du bâtiment principal.

L'intérieur sent le désinfectant rance, la poussière et la mort. Grâce aux écouteurs de Jiro, les deux apprentis héros perçoivent un bruit terrifiant en provenance des sous-sols : un bruit métallique, régulier, strident. Le glissement d'un scalpel qu'on affûte.

Kyoka (chuchotant, le visage pâle) : « Ils y sont. Grip est entré dans l'aile chirurgicale. Et le rythme cardiaque qu'il y a en bas... il est d'une lenteur inhumaine. C'est le Disséquateur. »

Denki (serrant les poings, des larmes de stress aux yeux) : « On fait quoi, Jiro ? Regarde Kurogami... il tremble. S'il l'attaque dans cet état, avec ses hallucinations, il va se faire tuer. »

Ren Kurogami enfonce les doubles portes de la salle d'opération principale. Les lumières d'urgence blafardes éclairent la pièce. Au centre, debout près d'une table d'opération en inox, se tient un homme grand, d'une maigreur squelettique, vêtu d'un tablier de cuir taché de sang séché. Ses doigts se terminent par des lames d'acier chirurgical amovibles, et ses yeux sont entièrement noirs. Le Disséquateur.

Sur les murs de la pièce, d'immenses croquis anatomiques de la famille Kurogami sont épinglés, comme le travail d'un savant fou.

Le Disséquateur (d'une voix douce, presque affectueuse) : « Ah, le grand frère est enfin là. J'ai gardé les instruments que j'ai utilisés pour ta petite sœur, tu sais ? Son Alter d'Inertie était fascinant à disséquer... »

À ces mots, la paranoïa de Ren explose. Autour du Disséquateur, il ne voit pas un homme, il voit les cadavres de ses parents et d'Hotaru qui le supplient de frapper. Hurlant de rage, Grip dégaine son fusil à pompe lourd et tire à bout portant.

Le Disséquateur possède un Alter de perception anatomique : il peut voir les flux sanguins et anticiper les mouvements musculaires de ses cibles. D'un mouvement fluide, il esquive les plombs et se glisse dans l'angle mort de Ren. Ses lames de doigts étincellent.

Slash. L'armure noire de Grip est entaillée, le sang gicle. Ren tente de s'ancrer, mais son esprit embrumé par les visions lui fait rater son timing. Il frappe le vide.

Depuis la galerie d'observation supérieure, Denki et Kyoka assistent au désastre. Ren est en train de perdre. Le Disséquateur le découpe méthodiquement, morceau par morceau, savourant sa vengeance et la prime.

Denki : « J'en ai rien à foutre des règles, Jiro. Je ne le laisserai pas mourir ! »

Denki saute de la balustrade, ses mains chargées d'électricité.

Denki : « SÉPARATION DES SYSTÈMES ! DEUX MILLIONS DE VOLTS ! »

Une onde de choc électrique illumine la pièce, frappant le Disséquateur de plein fouet au moment où il s'apprêtait à trancher la gorge de Ren. Le tueur est projeté en arrière, ses muscles paralysés par la surcharge de Chargebolt.

Au même instant, Kyoka plante ses jacks dans le sol, déclenchant une onde sonore qui brise toutes les vitres de la salle d'opération, désorientant le Disséquateur.

Ren, à genoux, crachant du sang, lève les yeux vers ses deux sauveurs. Pour une seconde, à travers sa visière brisée, ses hallucinations se dissipent. Il ne voit plus les morts. Il voit les vivants. Il voit deux gamins de Yuei qui risquent tout pour lui.

Le Disséquateur, tremblant sous l'effet des vagues électriques, tente de se relever, ses lames pointées vers Denki.

La rage de Ren se cristallise. Il déploie son dernier grappin barbelé. Le tir est parfait, sans l'aide d'aucune vision. Le crochet se plante profondément dans la poitrine du Disséquateur. Ren se relève, saisit le câble à deux mains, et active son Ancre absolue.

Le tueur de sa famille est instantanément figé, cloué sur place par la force de l'univers, incapable de bouger un cil, à la merci totale de Grip.

Ren s'approche lentement, sortant son blaster à balles réelles, le pointant directement entre les deux yeux noirs du Disséquateur. Le silence revient dans la pièce, uniquement troublé par les respirations haletantes de Denki et Kyoka.

Denki (suppliant) : « Ren... s'il te plaît. Tu l'as eu. C'est fini. Ne tire pas. Laisse-nous le ramener. »

Grip a le doigt sur la détente. Il regarde le meurtrier de sa sœur, puis il tourne la tête vers Denki et Kyoka.

Le clic métallique du pistolet baissé résonne comme un coup de tonnerre dans le silence de mort de la salle d'opération.

Le blaster glisse des doigts ensanglantés de Ren et s’écrase lourdement sur le sol en inox. Ses forces l’abandonnent d’un coup. Les câbles de son armure lâchent, son Ancre se désactive, et Grip s’effondre à genoux devant le Disséquateur toujours paralysé.

Il arrache sa visière brisée et la jette au loin. Pour la première fois depuis le début de ce cauchemar, ce n'est plus le visage d'un tueur implacable que l'on découvre, mais celui d'un homme de vingt-huit ans, brisé, épuisé et foudroyé par la douleur.

Les larmes jaillissent, traçant des sillons propres à travers le sang et la sueur qui recouvrent ses joues.

Ren (la voix brisée par les sanglots) : « Elle... elle ne reviendra pas. Même si je te tue... ça ne la ramènera pas. Rien ne les ramènera. »

Toute la paranoïa, la rage et les hallucinations qui le maintenaient debout s'évaporent d'un coup, le laissant vide. Ce ne sont pas des larmes de défaite, mais le cri d'un grand frère qui réalise enfin qu'il est seul dans les décombres de sa vie. La digue a cédé. Ren pleure à chaudes larmes, le corps secoué de spasmes, ses mains agrippées au béton crasseux du sol.

Denki et Kyoka lâchent un long soupir de soulagement, leurs propres corps tremblant sous le coup de l'adrénaline. Kaminari s'approche lentement, s'agenouille à côté de Ren sans dire un mot, et pose une main ferme sur son épaule blindée pour lui montrer qu'il n'est plus tout à fait seul. Jiro, quant à elle, utilise ses dernières forces pour ligoter solidement le Disséquateur avec les câbles de Grip, s'assurant que le monstre ne puisse plus jamais nuire.

L'Ancre a arrêté de couler. Elle s'est enfin posée sur le fond, et même si le paysage est dévasté, Ren Kurogami vient de sauver la seule chose qu'il lui restait : son âme.Le calvaire est enfin terminé, mais le corps de Ren paie le prix fort de ces dernières semaines d'enfer. Entre la perte de sang due à ses blessures par lame, l'épuisement total et le contre-coup psychologique de son effondrement, ses yeux se voilent. Il perd connaissance dans les bras de Denki, sa tête basculant en arrière.

Denki n'hésite pas une seconde. Il glisse un bras sous les épaules de Ren et l'autre sous ses genoux, soulevant le Chasseur de Primes malgré le poids mort de son armure noire.

Denki (le souffle court, paniqué) : « Jiro, il est glacé ! Son rythme cardiaque ralentit trop vite, je le sens à peine ! »

Kyoka : « Accroche-toi, Kaminari ! J'ai repéré une clinique de nuit encore en activité à trois blocs d'ici en venant. Évite les grandes avenues, on ne peut pas se faire choper par une patrouille de héros professionnels avec lui dans cet état ! »

Profitant de la brume et de la nuit noire de Jaku, le duo s'enfonce dans les ruelles. Kyoka court en éclaireur, ses jacks tendus pour repérer le moindre bruit de sirène ou de pas. Denki, les muscles brûlants sous l'effort, transporte leur ami brisé, refusant de le lâcher.

Ils finissent par franchir les portes coulissantes d'un petit hôpital de quartier. L'infirmière d'accueil se lève d'un bond en voyant débarquer deux étudiants de Yuei en uniforme de stage, portant un homme en armure de combat ensanglantée et à moitié détruite.

C'est là que Kyoka prend les devants pour protéger le secret de Ren :

Kyoka (essoufflée, feignant la panique professionnelle) : « Vite ! Un brancard ! C'est le Chasseur de Primes accrédité Grip ! On l'a retrouvé dans le district médical abandonné. Il a intercepté le vilain "Le Disséquateur" pour nous protéger pendant notre patrouille ! Le vilain est ligoté là-bas, mais Grip a pris tous les coups ! »

Les internes de garde ne posent pas de questions. Le nom de "Grip" et les licences de Yuei des deux adolescents suffisent à légitimer l'urgence. Ren est immédiatement installé sur un lit roulant et emmené vers le bloc de déchocage sous les néons blancs.

Quelques heures plus tard, les premières lueurs de l'aube traversent les stores de la chambre d'hôpital. Le Disséquateur a été récupéré par la police criminelle grâce aux coordonnées envoyées anonymement par Jiro, et le rôle de Ren a été enregistré comme un acte de légitime défense héroïque.

Ren se réveille lentement. Les perfusions de calmants et de sang ont stabilisé son état. Il n'a plus ses armes, plus son armure de mort, juste une blouse d'hôpital blanche.

Assis sur des chaises au pied de son lit, Denki et Kyoka dorment à poings fermés, complètement exténués par leur nuit. Denki a encore des traces de suie sur les joues, et Kyoka a ses écouteurs autour du cou.

Ren regarde ses mains. Elles sont propres. Le sang a été lavé. Pour la première fois depuis des mois, les visages d'Hotaru et de ses parents ne lui apparaissent pas comme des spectres vengeurs, mais comme un souvenir lointain, douloureux, mais apaisé.

Il lâche un long soupir. L'Ancre a arrêté de couler, et alors que ses deux jeunes gardiens dorment à ses côtés, Ren Kurogami sait qu'il a une longue route pour se reconstruire... mais que cette fois, il marchera vers la lumière.

Trois mois se sont écoulés depuis la nuit sanglante du district de Jaku. Après une longue période de convalescence, à la fois physique et psychologique, Ren Kurogami a repris du service. Mais le « Grip » d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec le bourreau aveuglé par la paranoïa. S'il porte toujours son équipement lourd, l'ancre blanche sur son torse symbolise désormais une promesse : celle de rester un garde-fou inflexible, ancré dans la réalité, protégeant ceux que le système oublie sans jamais basculer dans la gratuité du sang.

L'occasion rêvée de tester sa nouvelle philosophie se présente lors d'une traque dans le secteur commercial de Musutafu, où un groupuscule de trafiquants de matériel de soutien illégal tente de s'évanouir dans la nature.

L'assaut de Grip est propre, rapide et chirurgical. En moins de dix minutes, les trois principaux suspects sont immobilisés au sol, les bras verrouillés dans le vide par son Ancre Cinétique.

Alors qu'il s'apprête à appeler la police pour la livraison, deux silhouettes familières déboulent par les toits, armes au poing et Alters crépitants. C'est Chargebolt et Earphone Jack. Ils s'arrêtent net en découvrant que le travail est déjà fait, et surtout, en reconnaissant la silhouette massive de Ren.

Le silence s'installe, mais cette fois, il n'est plus lourd de terreur ou de reproches. C'est un silence de soulagement.

Ren retire lentement son casque mat, révélant un visage reposé, les yeux clairs et un léger sourire aux lèvres. Il regarde les deux apprentis héros, remarquant immédiatement qu'ils se tiennent un peu plus près l'un de l'autre que d'habitude, Denki ayant instinctivement passé un bras protecteur devant Kyoka en arrivant.

Grip : « Vous arrivez après la bataille, les gamins. Yuei a baissé ses exigences sur les temps de réaction, ou c'est juste Chargebolt qui traîne les pieds ? »

Denki lâche un immense soupir, un sourire ravi barrant son visage.

Denki : « Kurogami ! Mec, tu nous as fait flipper ! Et d'abord, on ne traîne pas, c'est juste que tu es trop rapide avec tes trucs spatiaux. »

Kyoka range ses modules de poing, un petit sourire en coin, même si elle rougit légèrement en croisant le regard de Ren.

Kyoka : « Contente de voir que tu as retrouvé ton style, l'Ancre. Tu as l'air... plus léger. »

Ren range ses blasters à sa ceinture, s'approchant d'eux à pas lents. Son regard passe de Denki à Kyoka, s'attardant sur la façon dont Denki s'est empressé de réajuster l'un des jacks de Kyoka qui s'était emmêlé dans son col pendant la course.

Grip (le ton moqueur) : « Je suis plus léger, ouais. Par contre, je vois que certains n'ont pas perdu de temps pendant ces trois mois. Dites-moi, vous patrouillez toujours ensemble par pur "professionnalisme", ou c'est l'électricité de Kaminari qui fait enfin vibrer tes écouteurs, Earphone Jack ? »

La réaction est immédiate. Denki se fige, les joues devenant instantanément aussi rouges que ses éclairs sont jaunes, des petites étincelles de panique crépitant sur le bout de son nez.

Denki (bafouillant) : « Quoi ?! Non ! Enfin, je veux dire... on est juste partenaires de patrouille ! Une synchro tactique parfaite ! Rien d'autre, je te jure ! »

Kyoka, quant à elle, détourne brusquement la tête, ses deux Earphone Jacks s'agitant frénétiquement dans tous les sens pour cacher son embarras, tandis que ses oreilles virent au pourpre.

Kyoka (la voix plus aiguë que d'habitude) : « La ferme, l'Ancre ! Occupe-toi de tes prisonniers au lieu de raconter des conneries. Si ce crétin me collait moins aux basques, on serait arrivés plus vite, voilà tout ! »

Ren laisse échapper un véritable rire, franc et sonore. Un son qu'il n'avait pas émis depuis la mort de sa sœur. En les regardant se chamailler pour masquer leur gêne, il ressent une profonde gratitude. Ces deux-là ne l'ont pas seulement sauvé du Disséquateur ; ils l'ont ancré à la vie quand il était prêt à sombrer.

Grip (remettant son casque) : « Allez, je vous laisse les suspects. Considérez ça comme un cadeau de ma part pour votre prochain... rendez-vous. Prenez soin de vous, les amoureux. »

Dans un claquement de câble fluorescent, Grip s'élance vers les hauteurs, disparaissant dans la skyline de la ville. Au sol, Denki et Kyoka se regardent, gênés mais souriants, sachant que leur secret est bien gardé, et que leur ami est enfin redevenu lui-même.

Le retour à la lumière a quand même un prix, et Ren Kurogami est en train de le payer cher. En choisissant d'épargner le Disséquateur et de le livrer à la justice, Grip a envoyé un signal fort au monde souterrain, mais il a aussi réveillé un nid de frelons.

Le Disséquateur n'était pas juste un électron libre ; il était le chouchou des courtiers en ombres du côté des vilains. Le voir tomber à cause d'un chasseur de primes "officieux" qui joue soudain les héros a rendu les syndicats fous de rage. Une nouvelle mise à prix, astronomique, vient d'être placée sur la tête de Grip sur les réseaux du Dark Web.

Désormais, le chasseur est devenu la plus grosse prime du pays. Et les pires mercenaires de la pègre sont en route pour toucher le pactole.





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