Danse avec moi, loin de cet enfer || Le choix de Toya Todoroki

Chapitre 7 : Victime ou coupable ?

Par Sevvka

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Note : On en apprend un peu plus sur Yumei dans ce chapitre ! J'en profite pour placer un avertissement, puisqu'il contient des mentions de violence conjugale sur la scène en italique.


J'espère que cette histoire vous plait jusqu'ici ! N'hésitez pas à me donner votre avis, et les likes sont aussi toujours les bienvenus. Ça me permet de savoir comment m'améliorer ou si vous appréciez la fic et ça me donne une motivation supplémentaire de continuer ✨


Bonne lecture, et à mercredi pour la suite !


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"Une scène de crime glaçante s'est déroulée cette nuit dans la ville de Gifu, quartier de Kandamachi. Une femme de 24 ans, identifiée comme Yumei Sasaki, journaliste chez Juzo News, est activement recherchée par les autorités. Elle est soupçonnée d'avoir violemment agressé son fiancé, dont l'identité n'a pas encore été divulguée, à l'aide d'une arme blanche. Selon un témoin, les faits se seraient produits à leur domicile vers 2h du matin.


La victime a été transportée en urgence à l'hôpital où son pronostic vital est toujours engagé. Actuellement, le personnel médical reste dans l'incapacité d'estimer ses chances de survie. Bien que la suspecte soit toujours en fuite, la police locale a confirmé avoir retrouvé l'arme du crime et dispose d'éléments solides témoignant de sa probable implication dans cette tentative d'homicide.


Plus inquiétant encore, les enquêteurs établissent actuellement un lien avec un autre crime commis cette même nuit dans les bas-quartiers de la ville. Trois personnes y ont perdu la vie, brûlées vives, un modus operandi qui semble porter la signature du membre de l'Alliance des Super-Vilains connu sous le nom de Dabi.


Les forces de l'ordre lancent un appel à la population : toute personne dans le secteur susceptible de détenir un indice sur la localisation de Yumei Sasaki ou de Dabi est invitée à contacter immédiatement la police ou les héros locaux. Tout renseignement, aussi infime soit-il, pourrait s'avérer déterminant dans cette enquête."


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La pièce est plongée dans le noir. Seule la lumière de la lune l'éclaire de quelques rayons blafards. Elle est assise sur le lit, ses jambes ramenées contre elle, recroquevillée contre le mur. Malgré l'heure avancée, il est impossible qu'elle trouve le sommeil. Pas après ce qu'elle a fait. Elle sait qu'il va revenir bientôt, et elle sait ce qui l'attend.


Elle voudrait pleurer, mais elle n'en a plus la force. Elle laisse retomber son front sur ses genoux, les épaules basses. Cette attente est abominable, insupportable. Vivement que tout ça se termine... Autour d'elle, plus rien n'a de couleurs. Ni les posters de ses héros préférés, ni les lampes LED de son ordinateur en veille, ni les motifs fleuris des draps sur lesquels elle est assise. Tout est gris, terne, à l'image de la vie qu'elle mène depuis quelques semaines.


Elle sent son esprit glisser doucement, mais elle est vite ramenée à elle par un bruit sourd. La porte de son appartement vient de claquer violemment. Sa respiration s'accélère. Elle se fait encore plus petite, terrifiée par les pas qui s'approchent lourdement de la pièce dans laquelle elle se trouve.


Ensuite, tout va très vite. La porte se déverrouille, puis s'ouvre. "C'EST DE TA FAUTE !!", elle se rappelle avoir entendu ces mots. Elle se lève, animée par son instinct de survie et un besoin pressant de fuir à la vue de ce regard haineux posé sur elle. Elle tente de quitter la pièce, mais il ne lui en laisse pas l'occasion. Il l'attrape avec force et la frappe au visage, elle tombe. Et il la frappe encore. Encore et encore...


Sonnée, sa tête lui tourne, la douleur est vive. Elle croit entendre un autre homme intervenir, essayer de faire revenir son assaillant à la raison. Son instinct reprend le dessus. Elle parvient à se relever, à les bousculer tous les deux, et se précipite de toutes ses forces vers la cuisine. Elle ne sait plus trop ce qu'elle fait, animée par un désir féroce de survivre, mais aussi, de renvoyer la douleur qu'on lui fait subir depuis trop longtemps maintenant. Elle s'empare du couteau à viande, et au moment où son agresseur l'attrape par-derrière, elle pivote.


Et elle le plante. Dans son ventre. Sans aucune hésitation. Et elle crie de rage en même temps.


Il jure, s'écroule. L'autre homme arrive juste après, il lui crie quelque chose, se penche vers la victime pour l'aider. Cela lui laisse assez de temps pour quitter la pièce en courant. L'autre tente d'abord de la rattraper, mais il renonce rapidement et la laisse fuir à toutes jambes dans les rues noires de la ville.


Et elle court. Elle trébuche, se relève.


Et elle court.


...


"Yumy ?"


Yumei est brusquement tirée de ses pensées. Ses souvenirs de la nuit dernière s'évaporent aussitôt alors qu'elle tourne la tête vers Himiko, qui l'observe d'un air curieux. Elle réalise en même temps qu'elle était en train d'écraser frénétiquement son omelette avec ses baguettes, l'éparpillant en bouillie au fond de son bol.


"Tu n'as pas faim ?"


La jeune femme lui répond un "mmh" songeur, un sourire un peu triste sur les lèvres. En effet, malgré son ventre vide, ces dernières heures beaucoup trop riches en émotions lui ont coupé l'appétit. Et puis, elle est habituée depuis un moment à manger très peu. Mais elle ne se sent pas de confier ses tracas à ses nouveaux amis. Elle n'en a pas envie, pas encore, désireuse de passer à autre chose pour le moment.


Sa rencontre avec Spinner l'avait, bien malgré elle, tirée en arrière. Ramenée à sa vie avant le Front, à ses souvenirs traumatisants. Mais elle n'en voulait pas à l'homme-lézard, qui avait d'excellentes raisons de se méfier d'elle en l'apercevant déambuler dans les couloirs du Manoir. Comment le pourrait-elle, alors qu'il y a quelques heures à peine, elle était encore journaliste people ? Enquêtrice spécialisée dans la vie des héros, leurs réussites professionnelles et (ce qui intéresse le plus la population, bien entendu), les détails croustillants de leur vie privée.


Elle n'appréciait pas spécialement son travail. Elle n'a jamais trop assumé ses intrusions dans la vie d'honnêtes gens, et elle s'arrangeait toujours pour trouver les scoops les moins controversés possibles. Elle a écrit des articles sur la vie d'All Might, sur les inspirations fashion de Best Jeanist et, bien sûr, sur les secrets du succès de Hawks, le brûleur d'étapes (elle n'avait malheureusement pas trouvé grand chose). Elle savait ce qui animait les foules. Elle creusait pour chercher le petit détail, la petite information qui provoquerait les émois. De ce fait, elle avait acquis non seulement un sens de l'observation hors paire, mais également une mauvaise tendance à la curiosité mal placée.


Et elle ne juge pas ces compétences comme des qualités, au contraire. Elle se sent même plutôt soulagée de pouvoir quitter cette vie et ce persona, forgé pour survivre dans ce monde qu'elle a doucement appris à détester. Les héros n'ont plus d'importance, désormais. Aujourd'hui, ce sont les vilains qu'elle apprend à côtoyer et à aimer.


Les vilains et... Scoop qui lui aurait valu trois mois de salaire et dont elle ne s'est toujours pas remise. Le Numéro 2 des héros : Hawks.


"Dis, Yumy !"


Cette fois, c'est Twice, assis en face d'elle, qui la tire de ses pensées. Ce dernier s'est resservi une assiette (malgré avoir dit plus tôt qu'il n'avait pas faim) et a relevé son masque pour pouvoir manger, dévoilant un visage amical mais fatigué, une longue cicatrice traversant verticalement son front.


"J'y pense que maintenant, mais tu ne nous a pas encore parlé de ton alter ! Tu dois bien en avoir un aussi ? Enfin, tu n'as peut-être pas envie de nous le dire... Alleeez, dis-nous c'est quoi !"


Yumei se sent un peu mal à l'aise. Elle s'attendait à cette question, bien sûr. Mais elle a trop peur d'en parler pour le moment. Du moins, elle ne souhaite pas le faire avant d'avoir pu en discuter avec Dabi, quand ce dernier se sera décidé à pointer le bout de son nez. Elle ne veut pas mettre l'homme dans une situation encore plus inconfortable. Une fois au courant qu'elle peut prédire le futur, ses compagnons finiront très probablement par faire le lien entre son attitude troublée et l'irruption brusque de Yumei dans sa vie. Et puis, au-delà de ça... elle voudrait tellement oublier l'existence de cet alter qui a fini par faire de sa vie un enfer.


Alors elle a préparé un mensonge tout fait. L'excuse d'être une sans-alter aurait pu fonctionner, mais elle aurait rapidement éveillé les soupçons. En tant que journaliste, elle sait qu'une histoire plus construite, plus émotionnelle et plus détaillée a de meilleures chances de convaincre les foules.


Elle a suivi de près l'affaire de l'arrestation des Huit Préceptes de la Mort, ainsi que les sombres machinations qu'ils opéraient dans l'ombre. Elle a été mise au courant, ainsi que ses collègues, de l'existence d'un produit capable de supprimer des alters. Pas pour écrire un article dessus, au contraire : la Commission leur a formellement interdit d'en parler dans la presse. Cette dernière avait jugé plus prudent de tout leur révéler, puis de menacer son agence et chacun de ses employés, plutôt que de risquer qu'elle ou un de ses collègues ne divulgue l'information après avoir mis son nez un peu trop près de leurs affaires. L'existence d'un produit capable de réduire à l'impuissance n'importe quel héros en quelques secondes était une réalité qui ne pouvait surtout pas être révélée au grand public, sous peine de créer un mouvement de panique.


Ses nouveaux compagnons ne sont pas au courant qu'elle est juste une journaliste people. Son mensonge tout préparé devrait donc les convaincre assez facilement.


"En fait... J'ai perdu mon alter." Elle détourne les yeux, essayant d'avoir l'air faussement déçue. "J'étais sur le terrain le jour de l'arrestation de Kai Chisaki et sa bande des Huit Préceptes, vous en avez sûrement entendu parler ? J'ai pris une balle anti-alter..."


Himiko et Twice s'échangent aussitôt des yeux ronds. Spinner, quant à lui, plisse les yeux, semblant se plonger dans de grandes réflexions.


"Ouhaa, mais c'est dingue !" s'exclame l'adolescente. "On était au même endroit ! On s'est peut-être déjà croisées, alors ? Mais je t'aurais sûrement remarquée, tu es si mignonne..."


Elle se met à réfléchir, comme pour essayer de raviver un souvenir perdu. Gênée, Yumei se mordille la lèvre inférieure.


"Ça, c'est vraiment pas cool... Désolé pour toi !" Twice mime des larmes coulant sur ses joues avant de recommencer à manger. "Ça doit être terrible de vivre sans son alter... C'était quoi ?"


Yumei se sent bête. Pendant la journée, elle avait bien pris le temps de réfléchir au mensonge précédent, mais elle n'avait pas pensé à cette question-là. Elle rougit légèrement, chipotant à ses cheveux qu'elle ramène derrière l'une de ses oreilles, le regard fuyant.


"Ahem... C'était... mmh... un alter spécialisé dans l'espionnage...

— Oh, je comprends ! Pratique pour une journaliste. Tu devais enquêter sur des fameux cas ! N'enquête pas sur moi, s'il-te-plait !"


Yumei ne dit rien, toujours gênée. Elle croise les yeux de Spinner qui n'a pas dit mot depuis le début de leur conversation. Elle comprend. Au plus ils discutent, au plus l'hétéromorphe semble se méfier d'elle. Elle se sent donc obligée de rajouter :


"Mais je vous promets que je ne suis pas là pour vous espionner, vous utiliser ou vous faire du mal... Je ne sais plus, et je n'ai pas envie de le faire. Je veux juste... Vivre. Dans un monde qui ne me rejette pas."


Elle soutient le regard de Spinner, une détermination nouvelle dans les yeux. Ce dernier finit enfin par ouvrir la bouche.


"Je ne te fais pas encore confiance." Ses paroles provoquent un sursaut d'étonnement chez Himiko et Twice. "Mais je dois admettre que tu m'as l'air plutôt sincère. Si Dabi a vu en toi une personne qui peut nous aider, ou qui partage au moins nos opinions, j'ai envie de le croire. Même si, en toute honnêteté... Dabi est un solitaire qui s'entoure plutôt de personnes qui peuvent lui être utile." Et je découvrirai en quoi tu lui es utile.


Il n'a pas prononcé cette dernière phrase, mais Yumei la comprend rien qu'à son regard. Elle déglutit, et décide de lui répondre avec un sourire maladroit.


"Merci Spinner. Je ferai mon possible pour gagner ta confiance."


L'homme-lézard lui adresse un signe de tête entendu, et retourne à son repas.


*********************************


Leur pause terminée, Spinner prend congé d'eux, affirmant (d'un air las) qu'une nouvelle réunion interminable l'attend encore. Alors que Twice et Himiko discutent de leur prochain itinéraire pour continuer la visite du Manoir, Yumei est soudainement prise de fatigue. Après tout, elle est toujours blessée, elle manque de sommeil et elle n'a pas encore repris assez de forces avec le maigre repas qu'elle vient de manger. Et puis, cette journée était si riche en émotions que ça ne lui ferait pas de mal de se retrouver un peu seule. Elle leur fait donc part de son envie de retourner s'allonger, même si elle n'a pas encore sa propre chambre.


"D'accord Yumy !" répond gaiement Himiko. "Tu peux rester chez Hawks pour l'instant, de toute façon il n'est pas là pendant la journée !

— On se charge de te trouver une chambre !"


Twice accompagne ses paroles d'un salut militaire, comme s'il venait de s'attribuer une mission de la plus haute importance. Yumei ne peut s'empêcher de laisser échapper un petit rire amusé.


"Merci tous les deux. Vous êtes de précieux amis."


Les deux compères jubilent, partageant visiblement la même impression qu'elle. La jeune femme ressent une chaleur dans sa poitrine l'envahir doucement, ce qui ne lui était plus arrivé depuis très longtemps.


"À tout à l'heure !"


Elle agite les bras pour leur dire au revoir. De là où ils se sont quittés, elle devrait pouvoir regagner la chambre de Hawks assez facilement. Elle marche à son rythme, d'abord apaisée, mais elle remarque vite les yeux des autres résidents l'observer nerveusement. Sur son passage, elle entend des murmures qui nourrissent un malaise au fond d'elle. C'est vrai, elle est tristement célèbre maintenant... Tous doivent avoir vu les infos. Même si elle est cachée au milieu de hors-la-loi, ils ne sont probablement pas tous des meurtriers comme elle...


Elle se mord la lèvre, accélérant le pas, pressée de pouvoir aller se dissimuler sous une couche de draps protectrice.


Elle arrive rapidement à la chambre et ouvre la porte, soulagée de pouvoir enfin se cacher du monde. Quelle n'est pas sa surprise quand elle tombe nez à nez avec un individu installé nonchalamment sur le lit. Habillé d'un long manteau noir clouté et d'un pantalon assorti, n'ayant pas pris la peine d'ôter ses deux grosses bottes militaires à semelles compensées, Dabi la toise de son regard bleu. Dos contre l'oreiller, un bras derrière la tête, l'autre sur son ventre et un pied posé sur son autre genou : tout dans son attitude révèle une aisance un peu hautaine.


La mine perturbée de la jeune femme, qui hésite à rentrer dans la pièce, a l'air de l'amuser. Il hausse les sourcils et lui offre un sourire tordu, étirant sa peau abîmée et criblée d'agrafes chirurgicales, dévoilant toutes ses dents. Il ne se relève pas, l'accueillant d'une voix faussement mielleuse et respirant le sarcasme à plein nez.


"Alors, Yumei Sasaki ? On se plaît chez les vilains ?"






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